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TRAITEMENT. — PROPHYLAXIE

battue avec succès parle sérum de Yersin. Son action thérapeutique est d'autant plus sûre qu'il est employé à des doses plus élevées et, comme pour le sérum de la diphtérie, à une date plus rapprochée du début de la maladie.

Calmette et Salimbeni recommandent de faire aussitôt que possible une injection sous-cutanée d'au moins 20 centimètres cubes ; c'est à une injection intraveineuse de 20 centimètres cubes suivie quelques heures après d'une injection sous-cutanée de 40 centimètres cubes qu'il faudrait avoir recours dans les cas graves ; contre la pneumonie pesteuse, il faut toujours employer les injections intraveineuses. Et l'on continue le même traitement tous les jours jusqu'à cessation de la fièvre, et même jusques et y compris les premiers jours de la convalescence; on pourra même le reprendre un peu plus tard si l'on craint une rechute ; aussi faut-il parfois employer des doses considérables de sérum pour obtenir un résultat. Le Dr Vassal, à la Réunion, en a employé 440 centimètres cubes chez un enfant de dix ans pour arriver à triompher du mal. « À Madagascar, on n'est parvenu à enrayer la dernière épidémie de Majunga qu'en employant des injections intraveineuses. Ces injections ont le double avantage d'agir plus rapidement etde demander une quantité moindre de sérum pour obtenir la guérison. » (Kermorgant.)

Au lazaret de Buenos- Ayres, le Dr Penna est arrivé à juguler en quarante-huit heures des cas très graves en pratiquant une première injection intraveineuse de 60 centimètres cubes suivie d'une autre également intraveineuse de 40 centimètres cubes au bout de douze ou de vingt-quatre heures. Le Dr Vassal, à la Réunion, et Noc, en Nouvelle-Calédonie, ont pu de même guérir des cas très graves en injectant dans les veines dès le début des doses de 40 et même 60 centimètres cubes.

Sous l'influence du sérum les douleurs diminuent, la céphalalgie, le délire, les vomissements disparaissent, la température s'abaisse, le cœur bat plus fort, plus régulièrement, le pouls se relève, le bacille spécifique disparaît du sang, l'état général s'améliore rapidement, les bubons se résorbent et la guérison peut être obtenue en trois ou quatre jours. D'autres fois les bubons suppurent, mais cette suppuration n'empêche pas la guérison. Avec les injections intraveineuses on a enfin pu guérir des malades atteints de pestes septicémiques ou pneumoniques, formes considérées jusqu'alors comme à peu près fatales. Le tableau suivant, emprunté au D' Vassal, peut donner une idée des résultats obtenus parla sérothérapie curalive.

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