‹ Nouveau traité de médecine et de thérapeitique.../ [electronic resource]Chapitre 48 sur 121 · L.-H. T1IOINOT. — CHOLÉRA ASIATIQUE · texte numérisé non relu

L.-H. T1IOINOT. — CHOLÉRA ASIATIQUE

générale, que l'attaque cholérique suspend les maladies antérieures ; le choléra disparu, elles reviennent, se complètcnlsi elles sont aiguës, se prolongent si elles sont chroniques. En règle générale, d'ailleurs, l'attaque cholérique ne pardonne guère à ceux quelle surprend déjà malades (Griesinger).

La bronclule el la pneumonie s'effacent dès que paraît le choléra ; la lièvre tombe, le point de côté pneumonique disparaît avec la toux, ainsi que l'expectoration, la dyspnée; à l'autopsie l'exsudatpneumonique se montre desséché.

Le rhumalisme articulaire aigu semble ainsi jugulé subitement ; il fait retour après l'attaque.

Le choléra chez les tgphoïdiques n'est pas une rareté. Briquet el Mignot en ont vu quatre cas tous mortels; Friedlaender avait étudié ce point dans le service de Wunderlich; Léon Colin en a ciLé un exemple en 1873 ; et Ratjen, à Hambourg, en a vu trois cas, dont un mortel. Simmonds en a également rapporté un cas où, à l'autopsie, le bacille virgule fut trouvé dans l'intestin et le bacille d'Eberlh dans la rate, llamernyck a autrefois établi que la surveilance du choléra fait disparaître rapidement la tuméfaction splénique, el Friedlaender a montré que le premier signe révélateur est un abaissement profond de la courbe thermique. L'association morbide du choléra et de la fièvre typhoïde semble de toute gravité.

Lorsque le choléra surprend un paludéen en accès, la mort survient rapidement (Heidenhain).

La coqueluche cesse au moment de l'atlaque, pour revenir ensuite.

Le diabète peut cesser tout à coup ; il reparaît après la guérisondu choléra.

Les épanchements pleuréliques se dessèchent immédiatement. Le flux diarrhéique balaye de même instantanément tous les épanchements séreux ou sous-cutanés des brightiques, des cardiaques, des cirrhotiques, mais cette amélioration d'un jour est compensée par le danger de l'attaque, presque toujours fatale chez ces malades.

Chez les tuberculeux, les troubles pulmonaires s'atténuent au minimum ; mais si le malade survit à l'attaque, ce qui est rare (2 sur 9 des cas de Briquet et Mignot), la tuberculose s'exaspère ensuite, et emporte rapidement le malade (Dielt, Briquet et Mignol).

b. Diverses infections aiguës peuvent se greffer sur le choléra, non pas à la période d'attaque — tout s'efface devant ce formidable processuS) mais à la période de réaction, ou pendant la convalescence.

Pendant la réaction on peut observer des infections banales, telles que Vérgsipèle, de mécanisme facile à saisir, ou des infections plus différenciées, telles que la diphtérie (angine diphtérique surtout), ou la fièvre typhoïde. Galliard a cité un cas probant de f. typhoïde

KORMES CLINIQUES.

apparaissant au seizièmejourdu choléra, etGirode un cas où le double examen bactériologique fut démonstratif (1).

B. Choléra et états physiologiques. — a. Choient des femmes enceintes. — En rassemblant 227 cas empruntés à Boucliul, Hennig, Drasche, Queirel, Galliard, Ratjen (2), on obtient 136 morts, 91 guérisons, soit une mortalité de 62 p. 100, ce qui confirme l'opinion classique de la haute gravité du choléra chez les femmes enceintes (3).

En totalisant 217 cas sur lesquels nous avons des détails suffisants, nous voyons que 114 femmes ont avorté ou accouché prématurément et 103 n'ont pas avorté, ce qui donne 51 p. 100 environ d'avorlements ou accouchements prématurés. Enfin, parmi les 114 femmes ayant avorté, 59 sont mortes, soit un peu plus de 50 p. 100, et parmi les 103 femmes non avortées 68 sont mortes, soit 67 p. 100 : c'est-à-dire que, d'une part, le choléra délerminel'avortementdans la moitié des cas au moins, et que, d'autre part, il tue plus souvent encore les femmes qui n'avortent pas que celles chez lesquelles il détermine l'expulsion du fœtus (4).

En règle générale, l'interruption delà grossesse est d'autant plus à craindre que celle-ci est plus avancée et que le choléra est plus grave. L'expulsion du fœtus se fait dans la période de réaction, et non dans la période algide (Lorain).

L'enfant vient le plus souvent au monde mort, ou, tout au moins, ne larde pas à succomber après la naissance : il y a cependant des exceptions.

Chez les femmes qui succombent sans avorter, il est prouvé que la mort du fœtus a toujours précédé celle de la mère, d'où l'inutilité d'une opération césarienne post morlem.

Le mécanisme de l'avortement est encore obscur. Il a paru naturel à quelques auteurs d'incriminer les hémorragies de l'appareil génital, et surtout celles de l'utérus, que l'autopsie montre si fréquentes chez les femmes succombant à la période algide. Slavjanski a fait intervenir une endomélrite hémorragique, facteur de l'avortement, et des hémorragies utérines chez la cholérique, mais celte endomélrite n'est pas hors de contestation, et, somme toute, si l'hémorragie intra-utérine peut expliquerquclqucs avortemcnls, elle ne les explique pas tous. Il semble que, pour quelques cas, il y ait lieu d'admettre

(1) Voy. Fièvre typhoïde. Voy. aussi, à l'article Suette miliairb, les rapports de la suctte et du choléra.

(2) Cette statistique comprend les cas reunis par M. Charpentier dans le Bulletin de l'Acad. de mèd,, 1X87; nous y avons ajouté ceux de Ilirsch (185!) (d'après Cricsinger), de Galliard (1802), de Ratjen (1892).

(■1) Moutard-Martin (186fi) seul a eu une série heureuse. « Parmi les femmes accouchant avant ternie sous l'influence de la maladie, une seule a succombé » dit-il.

(i) Les statistiques partielles donnent quelquefois un résultat contradictoire : telle celle de M. Queirel, qui donne 70 p. 100 de mortalité avec avorteraient et 50 p. 100 sans avorlcnienl.

Page 1