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PRONOSTIC ET MORTALITÉ

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En 1832, à l'hôpital, la moyenne du séjour pour les cas mortels fut deux jours et vingt-trois heures pour les hommes ; quatre jours cl onze heures pour les femmes (Blondcl).

En 1849 (I), la moyenne du séjour à l'hôpital pour les cas mortels fut de trois jours six heures pour les hommes; de trois jours huit heures pour les femmes.

A Londres, en 1850, d'après Farr, sur 10G82décès cholériques, GG51 eurent lieu dans les vingt-quatre premières heures, 2 461 après vingt-quatre heures, 1 045 rfprès quarante-huit, le reste plus tard (Griesinger).

Pour les cas guéris en 1832, la durée moyenne du séjour à l'hôpital fut, pour les hommes, de quatorze jours ; pour les femmes, quatorze jours et quinze heures.

Briquet a cherché à évaluer la durée des diverses périodes du choléra et donne les chiffres suivants :

La diarrhée prodromique a une durée de trente heures environ en moyenne (minimum uue à deux heures, maximum huit jours) ; la période phlegmorragique a une durée moyenne de un jour (minimum une à quatre heures, trois jours au maximum). Enfin le slade algide a une durée moyenne de Un jour (minimum douze heures, plusieurs jours [Y] au maximum).

Les évaluations suivantes de Lorain ont plus de précision : Lorain a évalué la durée de la période d'attaque en notant le moment de la réapparition de la sécrétion urinaire qui en marque la fin. Sur 13 malades, il a vu la sécrétion urinaire se rétablir (c'est-à-dire l'attaque finir) : le deuxième jour 2 fois; le troisième jour 5 fois ; le quatrième jour 1 fois ; le sixième jour 3 fois ; le septième jour 1 fois; le huitième jour 1 fois.

Oddo, chez 123 malades où il a noté, en 1884, la date de l'établissement de la réaction, a obtenu les chiffres suivants :

2 fois la réaction a eu lieu 2 heures après l'attaque.

PRONOSTIC ET MORTALITÉ. — Toutes les formes et périodes du choléra ne sont pas également dangereuses, et dans chacune d'elles le clinicien peut, à certains signes, mesurer le degré de danger que court le malade.

La marche foudroyante d'un cas laisse peu d'espoir ; le choléra léger, au contraire, n'a qu'une mortalité relativement restreinte (13 p. 100 d'après Laveran).

Des trois périodes dont se compose l'évolution cholérique, la période prodromique ne comporte aucun danger; l'algidité est la plus grave; la réaction a sa gravité, grande encore quoique inférieure à celle de la période précédente.

Les symptômes qui doivent faire mal augurer d'un cas donné sont :

(1) D'après Laveran.

200 L.-H. TIIOINOT. — CHOLÉRA ASIATIQUE.

.7. Dans la phase d'attaque : les crampe* violentes et étendues; le relâchement des sphincters; un pouls fréquent (135-140), misérable, et surtout l'absence de pouls ; V&nxiété respiratoire et la modification du rythme normal ; l'abaissement continu el général de la température, même s'il n'est pas trop considérable (Lorain) ; l'anime prolongée.

h. Dans la réaction : la somnolence ; l'abaissement de la température centrale et le retour de V 'algiditè ; le coma; Yalaxo-adynamie ; la survenanec d'une pneumonie ou de gangrènes périphériques.

Le taux de la mortalité en bloc n'est pas facile à fixer. La plupart des statistiques connues pèchent en ce qu'elles ne comportent que des cas de choléra caractérisé, et les plus fausses de toutes sont les statistiques hospitalières : ici l'erreur est double, car seuls les cas graves se font traiter à l'hôpital, et la population hospitalisée n'est pas de celles dont le choléra aie plus de mal à triompher. Quoi qu'il en soit, voici, à titre d'indication, quelques statistiques hospitalières ayant trait au choléra de 1892, au choléra contemporain.

Galliard, en 1892, a soigné 498 cholériques et en a perdu 179, soit une mortalité de 50 p. 100. Lesage, à l'hôpital Sainl-Anloine, sur 251 cas a eu 102 décès, soit 47 p. 100; en défalquant 11 moribonds à l'entrée, le pourcentage s'abaisse à 37 p. 100. Dclpeuch, à Lariboisicre, a eu 64 cas, 26 morts, soit G0 p. 100. Barié, à Tenon, 64 cas, 13 morts, soit 20 p. 100. Bourcy, 42 cas, 14 décès, soit 33 p. 100. Siredey, à l'Hôtel-Dieu, 104 cas, 49 décès, soit 48 p. 100. La mortalité réunie de tous ces services donne 43 p. 100.

Mais que de variations dans la mortalité cholérique quand, au lieu de prendre la mortalité globale, on descend aux détails. El d'abord, il est certain que cette mortalité globale n'est plus aujourd'hui ce quelle était autrefois : le choléra de 1892 a été bien différent du choiera de 1832. La maladie s'est atténuée d'épidémie en épidémie, à mesure que nous nous éloignions de sa première incursion en Europe. Si l'épidémie qui dernièrement atteignit à Lisbonne sept mille personnes et causa cinq décès est bien du choléra asiatique, que faut-il penser de l'atténuation possible aujourd'hui du terrible choléra indien de 183-, 1849 clc ?

Dans une même épidémie, déplus, lamorlalilé varie d'une période à une autre : il existe un acmé où la mortalité est au maximum, pour

décroître ensuite. .

Les constituantes diverses de la mortalité globale vanenl aussi singulièrement d'intensité. Le choléra se montre particulièrement grave lorsqu'il frappe certaines catégories d'individus : aliènes, vieillards, misérables, malades et les femmes enceintes.

Sur trois aliénés atteints, dit Briquet, d'après les enseignements des épidémies de L849et 1832, il y a généralemenl deux décès! Eu 188*, les cinq asiles joints en France ont fourni 395 cas, dont 265 décès, so.t 6, décès sur

DIAGNOSTIC

100 cas! En 1892, à l'asile de Bonneval, 50 cas, 34 morts, soil 70. p. 100.

Les vieillards ne sont pas pins épargnés^ Hayem, scindant en doux la stalistique de son service en 1892, montrait qu'au-dessous de cinquante ans 30,17 p. 100 des atteints avaient succombé, et 56,3 au-dessus de cinquante ans. Mais c'est parmi les vieillards proprement dits que le choléra montre sa haute gravité. Les épidémies anciennes à la Salpêtrière et à Bicêtre l'ont bien prouvé (Briquet). A l'asile de l'avenue de Breteuil, en 1884, sur 79 sujets atteints, 65 moururent, soit plus de 80 p. 100. Sur 25 sujets atteints en 1892 à l'asile départemental de Nanterre, dans une salle de la section des vieillards, 23 moururent, soit 92 p. 100. Ici le facteur vieillesse s'est doublé du facteur misère.

D'une façon générale, la gravité du choléra est portée au summum aux deux extrêmes delà vie: les nouveau-nés succombent presque infailliblement ; les enfants, dans la première année, meurent dans la proportion de 80 à 90 p. 100, proportion que nous retrouvons chez les vieillards à partir de soixante-dix ans.

Les misérables ne résistent guère non plus : la preuve en est dans la gravité des épidémies de prisons, maisons de répression, bagnes, elc. Au bagne de Brest, en 1849, 133 décès sur 189 malades, soit 70 p. 100 ; à Rochefort, 50 décès sur 72 cas, soil 70 p. 100. En 1884, à la maison de répression de Saint-Denis, 28 cas, 20 morts, soit 71 p. 100; enfin, à la maison de Nanterre, en 1892, la gravité atteint 92 p. 100!

Nous avons dit ailleurs ce qu'était le choléra chez les individus qu'il surprend en état pathologique, individus auxquels il ne pardonne qu'exceptionnellement, et chez les femmes enceintes : inutile de revenir sur ces points bien acquis.

DIAGNOSTIC. — Divers étals pathologiques présentent des symptômes choléri formes : lels les indigestions graves, les obstructions intestinales d'ordre médical ou chirurgical, les péritonites d'origines diverses, el surtout les empoisonnements par champignons, tartre slibié, arsenic. En temps d'épidémie, il y aura plutôt tendance à croire au choléra en présence de ces accidents qu'à commettre l'erreur inverse. Hors des époques d'épidémie, un examen de quelques inslanls, les commémoratifs, elc, remettront les choses en ordre. L'inlérèl véritable el la difficulté du diagnostic, c'esl de saisir la nature cxacle des premiers cas d'une épidémie de choléra asiatique, de faire la dislinclion en un mot de ces cas si menaçants avec les cas de choiera noslras. Ce n'est pas là un diagnostic d'ordre purement scientifique; l'intérêt prophylactique, qui commande d'éloufl'er le germe dès sa première manifestation, y est en jeu toul entier.

Pour arriver à poser ce diagnostic délicat, deux ordres de moyens sont à noire disposition : les caractères épidémiologiques el les caractères biologiques, les caractères cliniques étanticide nulle valeur.

Le choiera noslras, syndrome d'origine colibacillairc quelquefois (Gilbert el Girocle), mais d'essence qui nous échappe encore dans la majorité des cas, est un choléra individuel : il peul frapper

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