R. WURTZ. — FIÈVRE DE MALTE
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L'âge cl lo sexe ne jouent aucun rôle dans l'étiologie. Les indigènes sont plus souvent atteints que les étrangers, mais il n'existe pas d'acclimatement.
La fièvre de Malle se montre pendant les temps chauds et secs, à Malte, pendant les mois d'été, de mai à mi-octobre (Hughes). Les mauvaises conditions hygiéniques, la saleté semblent être des causes prédisposantes. On observe souvent des cas à bord des navires.
Quant aux causes occasionnelles, elles n'ont rien que de banal. On a incriminé les excès, les fatigues, les tares constitutionnelles.
SYMPTOMES. — L'incubation de la fièvre de Malte a une durée variable, de cinq à quinze jours, ainsi qu'on a pu le constater par l'inoculation directe à l'homme, dans cinq cas. Le début est celui de toutes les infections : malaise, lassitude, douleurs osseuses, céphalalgies, perte de l'appétit, etc. Le malade continue néanmoins à vaquer à ses occupations pendant quelque temps, puis la céphalalgie devient inlense : il s'alite. Il y a de la soif et de la constipation. La langue saburrale, la sensibilité du creux épigaslrique indiquent qu'il existe du catarrhe gastrique.
De plus, il y a un peu de toux, et l'auscultation révèle, en arrière et aux bases du poumon, surtout à la base gauche, l'existence de râles sibilants et ronflants, avec, ça et là, quelques bouffées de râles sous-crépitauls. On peut observer du délire nocturne.
Ce tableau clinique, calqué sur celui de la fièvre typhoïde, s'accompagne de douleurs iléo-cœcales, de constipation, parfois aussi de diarrhée (celle-ci survenant surtout après un écart de régime). Les selles sont foncées, puantes ; il n'y a pas de taches rosées.
La fièvre est rémittente. La température augmente le soir et diminue la nuit, sans revenir à la normale. 11 y a des sueurs profuses le matin. La raleel le foie, surtout la raie, sont augmenlésdc volumectscnsibles àla pression.
Après un ou deux septénaires, l'étal général, s'amende. Il y aune rémission: la langue
FORMES
se nettoie, l'appétit revient, sans toutefois que la température tombe. La céphalalgie persiste d'abord, puis s'atténue ; le sommeil cesse d'être agité; et le malade, qui est faible et anémié, commence à s'alimenter, mais il y a toujours de la fièvre.
11 peut survenir, à cette période de la maladie, soit un pseudorhumatisme, soit d'autres complications. Les fluxions articulaires sont erratiques ; elles constituent presque une des caractéristiques do la maladie. Un jour, un genou est tuméfié, sensible et rouge; le lendemain le coude, ou toute autre jointure, puis successivement toutes les articulations seront atteintes. Ce pseudo-rhumatisme a une intensité variable; il est lantôt très douloureux, tantôt léger et bénin.
L'épididymite est également un épiphénomène assez fréquent, de même que les névralgies (sciatiques, névralgies intercostales) et les myalgies (portant surtout sur le deltoïde et les muscles fléchisseurs).
On constate souvent des éruptions, érythème polymorphe, érythème noueux, urticaire.
Les broncho-pneumonies et.les bronchiles capillaires ne sont pas rares.
Toutes ces complications sont d'intensité variable, graves ou légères. Il y a une diversité infinie sur ce point, suivant les cas.
FIÈVRE. — Le trait le plus caractéristique de la fièvre de Malle est la marche de la température.
Dans les cas bénins, le thermomètre peut monter, par oscillations successives, pendant une semaine, jusqu'à 39° ou 40°, puis, après des sueurs nocturnes abondantes, la température redescend graduellement jusqu'à 37°. La fièvre cesse et tout se termine sans complications, en un laps de temps de trois semaines environ. Celte marche à type classique est cependant l'exception. Le plus souvent, après une rémission de quelques jours, la fièvre se réveille, pour être remplacée de nouveau, après un temps variable, par une période d'apyrexie ou par un état subfébrile.
Les types de fièvre que l'on observe dans la fièvre de Malte sont : le type intermittent, le type continu ou le type rémilfenl. La forme conlinue prédomine au début, la forme rémittente à la fin de la maladie. Dans les cas graves, avant la mort le Ihermomètre monte à 43" et 44° et s'y maintient quelque lemps après la mort.
FORMES. — D'après Hugues, qui a donné le nom de fièvre ondulante à la fièvre de Malte, à cause de la marche de la température, on doit distinguer :
1" La l'orme ondulante ;
2° La forme maligne caractérisée par un état typhoïde, de l'hyperpyrexie, de l'asthénie cardiaque, la mort survenant en cinq à vingt jours;
3° La l'orme intermittente, caractérisée par une l'orme nettement intermittente, se prolongeant pendant des mois avec des variations moins prononcées que celles que l'on observe dans le paludisme. La
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