G R. WURTZ. — FIÈVRE DE MALTE
durée de cell>e forme esl en général plus courlc que celle du lype ondulant.
Njcolle distingue une forme à symptômes s'imposanl comme une maladie véritable, et une forme atténuée, qui est d'un diagnostic plus délicat. Dans cette dernière forme les accès sont atténués et il y a absence totale de sueurs. L'état général est également meilleur (I j.
MARCHE, DURÉE. — La marche est variable suivant les cas ; il en est de même de la durée (un mois à deux ans). La fièvre de Malte présente à ce sujet une particularité bien marquée : il n'existe pas d'autre maladie microbienne, évoluant sur le mode aigu ou subaigu, qui montre des alternatives de rémissions et de rechutes ayant une durée aussi longue.
PATHOGÉNIE. — L'agent pathogène de la fièvre de Malte est un microcoque très fin, découvert par Bruce en 1887 et qu'il a appelé inicrococcus melilensis.
Ce microbe se trouve dans la rate des malades (10 fois sur 10 dans les cas graves; Bruce). Il n'existe pas dans le sang de la circulation.
C'est un microeoque un peu ovale, de 33 (j. de diamètre, se montrant seul, ou en diplocoque, ou en petites chaînettes courtes, qui ne dépassent jamais quatre éléments. Il est muni de 1 à 4 flagella.
Il pousse assez peu abondamment dans le bouillon, mieux dans la gélose peu alcaline. Les culLures n'ont rien de bien caractéristique. Elles se montrent, sur gélose, sous forme de petites taches claires semblables, au début, à des perles, puis opaques; au bout de trentesix heures, les cultures sont ambrées et transparentes puis opaques.
Ces culLures pures, inoculées au singe et aux autres animaux en série, ont reproduit la maladie. Il a également été fait cinq inoculations positives chez l'homme.
Chez le cobaye, par injection intrapéritonéale on détermine la production d'orchites. Les cultures dans le bouillon sont agglutinées par le sérum des malades.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Les principales lésions que 1 on ■ constate à l'autopsie d'un individu mort de fièvre de Malle portent sur l'intestin et sur la rate. La muqueuse intestinale est hyperemiée par places, ou dans toute sa longueur.
Les plaques de Peyer et les follicules clos sont intacts, le plus souvent. Parfois seulement on observe un gonflement des plaques de Pever.
11 y a très rarement de la suppuration et de petits abcès à la surface de l'intestin.
Les sanglions mésentériques sont augmentes de volume.
La rate est grosse, diffluente, hyperémiéc ; les corpuscules de Malpighi augmentés de volume. Le foie esl souvent aussi augmenté
(1) Nir.oi.t.iîcl Tmm.o, Presse médicale, 1905, p. 113.
TRAITEMENT
3e volume; les canaux biliaires sonl gorgés d'une bile épaisse.
On observe également de la congestion des poumons et des reins. Bruce, dans un cas, a constaté l'existence d'une glomérulo-néphrite. Les poumons sont parfois hépalisés.
DIAGNOSTIC. — Le diagnostic de la fièvre de Malle, au début, est des plus délicat. La grande similitude de celte pyrexie avec la fièvre typhoïde l'a vraisemblablement l'ait méconnaître dans bien des cas. L'absence de taches rosées lenticulaires dans la fièvre de Malte est un des bons signes cliniques qui permettent une différenciation, le sérodiagnostic mis à part. Plus Lard la marche caractéristique de la température, les sueurs profuses, l'apparition de douleurs articulaires feront penser à la fièvre de Malte. Les orchiles, les névralgies, l'état général du malade pendant les rémissions, seront encore un indice en faveur de celle dernière affection.
La fièvre récurrente, la tuberculose à forme typhoïde et même les abcès du foie ont été confondus avec la fièvre de Malte. C'est surtout par le séro diagnostic que l'on arrivera à différencier sûrement cette infection des autres maladies fébriles qui peuvent la simuler.
Le sérum aggluline dès le cinquième, jour de la maladie. Il conserve celle propriélé pendant trois ans. Comme pour la fièvre typhoïde, le séro-diagnostic peut se faire avec les cultures mortes (formolées à 4 p. 100) aussi bien qu'avec les cullures vivantes.
PRONOSTIC. — La fièvre de Malle est généralement bénigne, le pourcentage de la mortalité, d'après les auteurs anglais, variant de 3 à 5 p. 100. La mort est le plus souvent le fait de complications intercurrentes (pneumonie, broncho-pneumonie).
Séro-pronostic. — La séro-réaclion serl non seulement au diagnostic, mais encore au pronostic (Wright). Voici les conclusions de cel auteur, résumées :
La maladie durera longtemps si la séro-réaclion, d'abord élevée, tombe ensuite.
TRAITEMENT. — Prophylaxie. — Manson recommande de ne pas aller à Malte, ou dans les ports où la fièvre méditerranéenne psi endémique, pendant l'été. Les gens résidant dans une localité infectée.feronf bien de passer l'été à la campagne.
Thérapeutique. — Elle se borne purement au traitement des symptômes. Il n'y a rien de particulier à indiquer.
Le changement de climat n'est pas indiqué d'une façon aussi formelle que pour le paludisme, caria fièvre peut guérir à Malte même, ou persister, vu sa durée qui est souvenl si longue, dans le pays de rapatriement (Manson). On devra rapatrier pendant la saison froide.
Si la réaclion est faible, d'une façon persistante ;
Le pronostic est
mauvais.
K/VLA-AZAU
R. WURTZ
SYNONYMIE. — Fièvre dum-dum. Splènomégalie à Piroplasma Donouani.
DÉFINITION. — Le kala-azar (fièvre noire) ou fièvre dum-dum est une affection qui sévit dans une province de l'Inde, l'Assam, où elle est assez fréquente dans les vallées traversées par le Bramapoutre,
Fia, 14. — Piroplasma Donovani, d'après Lavcran cl Mesnil.
1 et 2, hématies d'aspect normal, contenant chacune un petit P''™P^7™j 3, 4 et 5 hématies altérées contenant 2 à 8 parasites; 6, 7 et 8 parafes b,es snhériques ovalaires ou piriformes ; 9, parasite p.r.forme en vo,e de division j iS 2 parafe piriformes accolés, provenant probablement d'une d.v.s.on par b,, a ilion élément parasitaire sphérique grand; 12, 13 et 14, formes de mu -
plication par division répétée du no.au; 15 et 17, grands leucocytes monon c ah es avec parasites inc us dans le protoplasme et même dans le noyau (hg. lb,| ^TolynucSe àvec un parasite inclus dans le protoplasme (grossissent^ 1000 fois environ).
et qui est caractérisée par de la fièvre, une grosse rate une teinte foncée des téguments, et par la présence, dans le sang des malades, d'un sporozoaire spécial appelé Piroplasma Donovam (fig 14 .
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. - Lo kala-azar a probablement une distribution géographique très étendue : c'est a m s. «M » signalé par Cathoire en Tunisie, par Llevellyn Phdipps au Ca.rej Castellani à Ceylan, Reeve à Omdurmann, et Marchand et Ledingharti chez un soldat revenant de Chine.
SYMPTOMES. — Ce sont les accès do fièvre qui attirent tout d'abord l'attention. La lièvre peut être, au début, continue ou rémittente; elle peut se montrer sous l'orme d'accès irréguliers avec température très élevée, comme ceux qu'on observe au début du paludisme. Ces accès sont suivis, à brève échéance, d'une cachexie grave. Ils ne sont pas influencés par la quinine
Pg. 15).
La mégalosplénie est le symptôme dominant. Elle est habituellement précoce et inte'nse, la raie pouvant occuper toutle flanc gauche, occasionnant une distension exagérée des parois de l'abdomen, qui contraste avec la maigreur cachectique des membres.
La couleur delà peau est grise, foncée, hyperpigmenlée comme dans la cachexie paludéenne. Certains auteurs attribuent cette teinte à la saleté des malades.
Manson et Low ont décrit deux formes cliniques de l'affection. Une forme subaiguë et une forme chronique.
Dans la première, qui ressemble beaucoup au paludisme, il y a des accès de fièvre, à forme récurrente, survenant dans l'après-midi, précédés de frissons et suivis de sueurs profuses, comme dans l'accès de fièvre intermittente. Le lendemain, la température retombe à la
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normale. La raie augmente de volume el le malade s'anémie et s'amaigrit à tel point qu'il devient squeleltique. On observe parfois des intervalles d'apyrexie durant plusieurs semaines.
La durée totale de cette l'orme est de quelques mois. Elle se termine par la mort (cachexie, diarrhée, ou pneumonie intercurrente),
Dans la forme chronique, il y a le même début, mais la fièvre est moins forte, la splénomégalic el l'anémie sont moins marquées. Les rémissions sont plus fréquentes el la durée delà maladie plus longue.
On constate, dans le sang de la rate, el aussi dans le sang périphérique des malades atteints de kala-azar, les parasites, tantôt libres, tantôt cndoglobulaires, qui ont été décrits pour la première fois en 1903 par Leishman, puis par Donovan, et étudiés en France par Laveran el Mesnil.
Ces parasites peuvent être plus ou moins nombreux dans une hématie. Ce sont de petits éléments piriformes, ovales ou sphériques, présentant une grosse masse nucléaire et une autre plus petite diamétralement opposées le plus souvent.
Dans le sang périphérique, les parasites sont plus petits que dans la rate.
Ils se rencontrent encore dans la moelle des os el dans les ganglions mésenlériques (Manson). Ross n'admet pas que ce parasite soit un piroplasme. Il en fait une espèce spéciale : Leishmania.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Les lésions que l'on trouve à l'autopsie des malades atteints de kala-azar sont les mêmes que celles de la cachexie paludéenne. Il y a pigmentation du foie, de la rate et des reins. Le foie contient plus de fer qu'à l'étal normal, et la moelle jaune des os est changée en moelle rouge.
DIAGNOSTIC. — Jusqu'en 1903 le kala-azar élait confondu avec le paludisme. On l'en différenciera parla constatation de la présence du parasite et aussi par ce fait que la fièvre n'est pas justiciable de la quinine.
Le pronostic est très grave. La maladie est meurtrière el l'issue presque toujours mortelle.
TRAITEMENT. — Aucun médicament, même la quinine, n'a pu enrayer la marche fatale de la maladie.