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MODE DE PROPAGATION

La partie libre du flagelle représente environ le Liers de la longueur totale.

Le protoplasme contient souvent, surtout dans la moitié antérieure, des granulations chromatiques.

La multiplication se fait par bipartition, le centrosome, le noyau et le flagelle se dédoublent (4, fig. 13), enfin le protoplasme se divise.

Trypan. gambiense est inoculable à un grand nombre de Mammifères.

Les singes s'infectent facilement pour la plupart ; les Cynocéphales seuls sont réfractaires. Les Macaques meurent en trente à soixante jours. Les principaux symptômes sont l'amaigrissement, l'anémie, des poussées fébriles et, à la dernière période, l'hypothermie avec somnolence.

Les chiens meurent d'ordinaire en cinq à six semaines; ils guérissent quelquefois.

Chez les cobayes et chez les lapins, l'infection a une marche lente Les trypanosomes, nombreux chez les cobayes à la période terminale, sont toujours très rares chez les lapins.

La durée moyenne de la maladie chez les rats est de trois mois. L'infection chez les souris est de durée et de gravité variables.

Chez la chèvre et chez le mouton, l'infection ne se traduit par aucun symptôme apparent et la guérison est la règle. De même pour les Bovidés.

Chez les Équidés l'infection produite par Trypan. gambiense est d'assez longue durée et peut se terminer par la mort.

En Gambie, les chevaux sont assez souvent atteints de trypanosomiase, mais il s'agit d'une maladie bien distincte de la trypanosomiase humaine, produite par Trypan. dimorphon qui, par ses caractères morphologiques comme par son action pathogène sur les animaux, se distingue nettement de Trypan. gambiense (1).

MODE DE PROPAGATION. — 11 résulte des recherches de D. Bruce et de ses collaborateurs dans l'Ouganda que les Glossina palpalis sont les principaux agents de dissémination de la trypanosomiase humaine. Des Cercopithèques exposésauxpiqûres de Gl. palpalis qui au préalable avaient piqué des nègres atteints de la maladie du sommeil se sont tous infectés (Bruce, Nabarro et Greig).

Dans l'Ouganda, la distribution des Gl. palpalis est exactement la même que celle de la trypanosomiase humaine et ces tsélsé ont été trouvées également en abondance dans les autres régions de l'Afrique équatoriale où la maladie du sommeil est endémique (Congo, Gambie, Bas Bio-Nunez, Bufisque au Sénégal). Il est

(1) J. E. Dutton et .1. L. Toni), Johnston a. Thompson y a les Labor. Report., t. V, 1903. — Laveiian et Mesnil, Acad. des se, 21 mars 1004, et Trypanosomes et Trypanosomiases. Paris, 1904, p. 199.

A. LAVERAN. —

TRYPANOSOMIASE HUMAINE.

probable qued'autres espèces de Glossina sontcapables de propager également la maladie.

Le transport des trypanosomes par les Glossina paraît être purement mécanique ; rien n'indique une évolution des parasites dans ces mouches.

DIAGNOSTIC. — Le diagnostic est difficile à la première période de la maladie; les poussées fébriles sont facilerhent confondues avec les accès palustres, d'autant plus que la trypanosomiase et le paludisme sont souvent endémiques dans les mêmes localités.

A la vérité, la fièvre n'a pas les mêmes caractères dans ces maladies; elle est rémittente, irrégulière dans la trypanosomiase, d'ordinaire intermittente et à type régulier dans le paludisme, mais ce n'est pas là une règle absolue ; chez les anciens palustres en particulier on observe souvent des fièvres irrégulières. La fièvre de la trypanosomiase résiste à la quinine, mais les fièvres palustres ne cèdent pas toujours facilement à l'emploi de ce fébrifuge.

L'hypersplénie est moins constante clans la trypanosomiase que dans le paludisme ; enfin on observe, dans la première de ces maladies, quelques symptômes qui sont rares dans le paludisme : accélération du pouls et de la respiration (en dehors même des poussées fébriles), œdèmes partiels et érythèmes fugaces.

La filariose, qui s'accompagne de poussées fébriles irrégulières comme la trypanosomiase, est également facile à confondre avec cette dernière maladie à ses débuts.

Pour fixer le diagnostic, il est indispensable de rechercher les trypanosomes dans le sang; les parasites n'existent pas, à cette période, dans le liquide cérébro-spinal et, en général, les ganglions lymphatiques ne sont pas encore hypertrophiés ; quand cette hypertrophie existe, on peut facilement rechercher les trypanosomes en ponctionnant ces glandes et en examinant les quelques gouttes de liquide ainsi obtenues.

Les trypanosomes sont d'ordinaire très rares dans le sang et il est exceptionnel que l'examen d'une préparation histologique ordinaire du sang permette de constater leur présence. Bruce et Nabarro conseillent de procéder comme il suit. On recueille dans un tube contenant un peu de citrate de potasse 10 centimètres cubes du sang de la veine et on centrifuge pendant 10 minutes; au bout de ce temps, le plasma est retiré et centrifugé de nouveau. On répète cette opération quatre fois et on examine au microscope le sédiment formé à la suite de la quatrième centrifugalion.

Il est indiqué aussi d'inoculer le sang (4 à 6 centimètres cubes) à des animaux d'épreuve; les cobayes conviennent bien pour cette expérience ; le sang sera injecté dans le péritoine.

A la deuxième période, lorsque se produisent les tremblements, la

TRAITEMENT

céphalalgie et la tendance au sommeil, le diagnostic devient plus facile, d'autant plus que la provenance des malades fournit une précieuse indication.

A cette période, la trypanosomiasc peut être confondue avec la paralysie générale ou avec certaines affections cérébrales (syphilis, tumeurs) qui s'accompagnent aussi de somnolence.

On recherchera les trypanosomes dans le sang, dans les ganglions lymphatiques et aussi dans le liquide cérébro-spinal.

Caslellani, Bruce et Nabarro recommandent de procéder comme il suit : on retire par ponction lombaire 10 centimèlres cubes de liquide cérébro-spinal, on centrifuge un quart d'heure et on examine le dépôt avec un grossissement de 150 à 200 diamètres. Les trypanosomes ne sont jamais nombreux. Dans les cas où l'examen direct est négatif, on peut inoculer le liquide cérébro-spinal à des animaux d'épreuve (rats, cobayes) qui s'infecteront si ce liquide contient des trypanosomes, si peu nombreux qu'ils soient.

PRONOSTIC. — Les auteurs s'accordent à dire que la maladie du sommeil se termine toujours par la mort, mais le nom de maladie du sommeil ne s'applique qu'à la deuxième période de la trypanosomiase humaine et il est possible que le pronostic soit moins grave. à la première période, surtout chez les malades soumis à une médication appropriée.

TRAITEMENT. — Les auteurs recommandent l'emploi de la médication tonique et en particulier du fer, de la quinine et de l'acide arsénieux (Low, Castellani, Broden).

Les essais de sérothérapie et d'immunisation par différentes méthodes n'ont pas donné de résultats satisfaisants jusqu'ici. Le sérum des Cynocéphales ayant l'immunité naturelle pour la trypanosomiase est actif quand on l'emploie à forte dose (0sr,20 de sérum desséché pour une souris de 20 grammes environ), mais cette propriété du sérum de Cynocéphale ne paraît pas pouvoir être utilisée dans la pratique (1).

P. Manson a employé sans succès chez une malade atteinte de trypanosomiase les injections de sérum de cheval ; ce résultat était à prévoir, puisque le cheval s'infecte par Tri/pan. gambiense.

Les deux médicaments les plus actifs que nous possédions actuellement pour le traitement des trypanosomiases sont, sans contredit, l'acide arsénieux et le trypanrolh. L'acide arsénieux employé à close suffisante fait disparaître les trypanosomes de la grande circulation pendant un certain nombre de jours; il ne guérit presque jamais; le trypanrolh employé seul guérit, chez de petits animaux (souris principalement), quelques trypanosomiases (Mal de caderas, Surra, Mbori) ; mais, dans la plupart des cas, des rechutes se produisent. Dans

(1) A. Laveran, Acad. des sciences, 18 juillet, 1901.

122 A. LAVERAN. — TRYPANOSOMIASE HUMAINE.

ces conditions, il était indiqué de combiner ces médicaments qui isolément donnaient des résultats incontestables mais passagers; j'ai réussi par le traitement mixte (acide arsénieux et trypanroth) à guérir des animaux atteints de Surra, de Mbori (1) et aussi des animaux infectés avec Trypan. gambiense.

Cette médication pourra sans doute rendre des services dans le traitement de la trypanosomiase humaine, mais, avant de l'appliquer à l'homme, il faudra définir mieux qu'elles ne le sont encore les conditions du traitement chez les animaux.

Une bonne hygiène et une alimentation abondante sont des facteurs importants du traitement de la trypanosomiase humaine ; chez les travailleurs nègres, misérables et surmenés, la maladie sévit avec une

intensité particulière.

PROPHYLAXIE — La trypanosomiase humaine étant propagée par les Glossina (tsétsé), il importe de se protéger contre les piqûres de ces mouches dans les régions où cette maladie est endémique.

L'emplacement de l'habitation sera choisi loin des endroits humides, marécageux, où abondent les tsétsé loin aussi des cases des indigènes où se trouvent des individus atteints de la maladie du

^habitation sera protégée au moyen de toiles métalliques contre la pénétration des mouches. .

Ouand on doit traverser une région où abondent les tsétsé, i est indiqué de fixer à la coiffure une moustiquaire en tulle qui protège la tête et le cou ; les mains seront protégées à l'aide de gants en fil épais et les cous-de-pied au moyen de guêtres

On dormira sous une moustiquaire, si habitation n es pas protégée par des toiles métalliques; il est d'ailleurs rare que les tsétsé piquent pendant la nuit.

<« A. Laver an, Acad. «es sciences, 4 de la série benzopurpurine, a ete employé avec ' ■°«^8 P™ Wochenschr., 28 mars dans le traitement du Caderas chez les souris (Berlin. et 4 avril 1901).

TABLE DES MATIÈRES

PALUDISME, par A. Laveran 5

Synonymie 5

Étiologie ; 6

a. Répartition du paludisme à la surfa'ce du globe 6

b. Conditions générales favorables à l'éclosion du paludisme 8

c. Paludisme congénital. Prédispositions individuelles. Peut-on acquérir

l'immunité pour le paludisme? 10

d. Agent pathogène. Historique 11

e. Description de H. malariœ; son évolution dans le sang de l'homme... . 11 /'. Évolution de II. malariœ, dans le corps des Anophèles 18

g. Les Anophèles sont les agents de propagation du paludisme? 20

h. Existe-t-il plusieurs espèces d'hématozoaires du paludisme 21

i. Hématozoaires analogues à H. mnlarise trouvés chez différentes espèces

animales; classification des hématozoaires endoglobulaires 22

i. Examen du sang. Procédés de conservation et de coloration des hématozoaires 25

Incubation 26

Formes cliniques ' 27

Fièvre intermittente 28

2° Continue palustre 35

3° Accès pernicieux 37

4° Fièvres larvées 46

5° Cachexie palustre 47

Complications el maladies intercurrentes 51

1° Complications 51

2° Maladies intercurrentes 58

Analomie pathologique 63

1° Lésions anatomiques du paludisme aigu... 64

2° Lésions anatomiques du paludisme chronique..: 67

Palhogénie 71

Diagnostic 74

Diagnostic différentiel 78

Pronostic 84

Médication quinique 86

Succédanés de la quinine 9<>

Prophylaxie 103

1° Destruction des moustiques 103

2" Mesures à prendre pour se protéger contre les piqûres des moustiques. 105

3° Prophyluxic médicamenteuse 107

TABLE DES MATIÈRES

TKYPANOSOMIASE HUMAINE

l'ro parla : Maladie du sommeil, par A. Laveran no

Historique 110

Géographie médicale

Description de la maladie

Première période M-S

Deuxième période... 116

Analomie pathologique • 117

Agent pathogène, étude expérimentale sur différentes espèces animales lis

Mode de propagation 11 9

Diagnostic

Pronostic *2'

Prophylaxie • 122

CotiBEii., Imprimerie Êd. UliÉf*.

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