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PSEUDO-TUBERCULOSES PAR CORPS ÉTRANGERS

granulation tuberculeuse. H. Martin (1), dans une série de travaux, confirma ces vues. En inoculant à des lapins, dans le péritoine et dans la circulation générale, des corps étrangers finement pulvérisés ou en fine émulsion (poudre de lycopode, de cantharide, de poivre de Cayenne, l'huile de croton dans de l'huile d'amandes douces), il obtint dans le péritoine et dans le poumon le développement de granulations en tout semblables aux granulations tuberculeuses, et. présentant comme elles à l'examen histologique des cellules épithélioïdes et des cellules géantes. Ces expériences, qui furent invoquées au début par les adversaires de la spécificité du tubercule, avaient une portée beaucoup plus générale. Comme Baumgarten, H. Martin montrait la différence fondamentale qui sépare ces pseudo-tubercules des granulations bacillaires : celles-ci inoculables et virulentes, indéfiniment en séries ; celles-là stériles et ne donnant ni généralisation granuleuse, ni production locale indéfinie de nouvelles granulations par réinoculations successives.

Le fait n'en était pas moins intéressant et montrait, comme nous l'avons déjà vu plus haut, que ce n'était pas la granulation tuberculeuse simple, produit d'irritation du bacille au contact des tissus, qui était spécifique, puisque des corps étrangers inertes pouvaient la provoquer. Les recherches histologiques modernes ont confirmé ces vues. Kostenisch et Volkow (2), dans leurs recherches sur l'histogenèse du tubercule, ont montré que l'inoculation dans les tissus de particules d'encre de Chine amenait, à l'intensité près, les mêmes phénomènes qu'on observe au pourtour des bacilles inoculés ; c'està-dire qu'on y retrouve :

1° La production d'un exsudât ;

2<> L'afflux des leucocytes polynucléaires ;

3° La réaction des cellules fixes et des cellules endothéliales ;

4° L'afflux des leucocytes mononucléaires ;

Le tout aboutissant à la formation d'une néoplasie analogue au tubercule, mais s'en différenciant d'une façon absolue par l'absence de tout phénomène de dégénérescence caséeuse, et naturellement par l'absence de bacilles tuberculeux.

Ces productions nodulaires non tuberculeuses ont été observées chez l'homme, soit au niveau de blessures accidentelles avec corps étrangers, de plaies chirurgicales, etc. ; soit par les ophtalmologistes au niveau de l'iris, de la conjonctive, etc. Dans ces cas, les corps étrangers sont représentés par des poils, des fragments de verre, de plomb, de soie, de catgut, de gaze, etc. On les a vues quelquefois se développer autour de corps étrangers organiques — particules alimentaires tombées dans le péritoine au travers d'une perforation de l'estomac, — ou de cristaux de cholestérine venant d'un kyste de

(1) H. Martin, Revue de med., 1882; Arch. de physiol. norm. et path., 1883.

(2) Kostenisch et Volkow, Arch, de méd. expér., 1882.

l'ovaire rompu, etc.: enfin on a rencontré des productions de ce genre dans les tumeurs épithéliales et dans les sarcomes (1).

Les pseudo-tubercules peuvent encore avoir pour origine des œufs de vers, des cysticerques, des échinocoques. Laulanié (2) a signalé chez le chien l'existence de granulations grises souvent très nombreuses, de structure identique aux granulations tuberculeuses, au centre desquelles on trouve uniquement des œufs de Strongylus vasorum, qui sont parvenus par embolie dans les vaisseaux des poumons. A. de Joug (3) (de Leyde) a retrouvé, chez la chèvre et chez le mouton, une maladie analogue, due au Strongylus rufus, et pouvant envahir des organes autres que le poumon, et en particulier les ganglions lymphatiques.

On a signalé des faits semblables dus à une douve ou à un acare.

II. — PSEUDO-TUBERCULOSES DUES A DES MICROORGANISMES AUTRES QUE LE BACILLE DE KOCH, ET VIRULENTES.

Les pseudo-tuberculoses de ce groupe diffèrent des précédentes, comme nous l'avons vu, par la présence dans les granulations de microorganismes vivants, et par la propriété par conséquent d'une extension et d'une généralisation chez le sujet malade, et par la possibilité de la transmission en série de la maladie d'un individu à un autre ou d'une espèce à une espèce voisine. Ces pseudo-tuberculoses sont donc peut-être d'un intérêt pathologique plus grand, puisqu'elles soulèvent la possibilité de la contagion de l'homme à l'homme, de l'homme aux animaux ou réciproquement. On peut les désigner sous le nom de tuberculoses atypiques, par opposition à la tuberculose typique due au bacille de Koch. Les microorganismes qu'on a rencontrés jusqu'ici appartiennent soit à la classe des Schizomy cèles, qui comprend des microorganismes monocellulaires, microbes habituels aux maladies infectieuses ordinaires (pseudo-tuberculoses microbiennes), et à celle des Hyphomycèles, plus spécialement au groupe Aspergillus (pseudo-tuberculoses mycosiques).

Pseudo-tuberculoses microbiennes. — L'étude de ces tuberculoses est encore bien confuse, et il est impossible à l'heure actuelle d'en faire une description synthétique. Aussi en donnerons-nous simplement une nomenclature, d'après les auteurs qui les ont décrites.

Pseudo-tuberculose zoogléique de Malassez et Vignal. — En 1883 et 1884, Malassez et Vignal (4) étudièrent une forme de tuberculose dans laquelle le bacille de Koch était absent. Examinant et étudiant un nodule tuberculeux provenant d'un enfant mort de méningite tuberculeuse, ils découvrirent au lieu et place du bacille

(1) Kruckmann, Virchow's Arch., vol. CXXXVIII.

(2) Laulanié, Arch. de physiol. norm. et path., 1884.

(3) A. de Joug, IVe Congrès de la tuberculose, Paris, 1898.

(4) Malassez et Vignal, Soc. de biol. et Arch. de physiol.

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de Koch un organisme arrondi en chaînettes, se présentant en arnas et pelotonnées, confondues dans une masse dite zooglée. Ces microorganismes se cultivèrent facilement, et donnèrent aux cobayes des tuberculoses zoogléiques expérimentales. Des faits de ce genre furent observés par Eberth (1), Nocard (2), Amrusch (3), Chantemesse (4), Nocard et Masselin (5). En 1889 et 1890, la tuberculose zoogléique fut étudiée plus en détail par Grancher et Ledoux- Lebard (6) et retrouvée par Tartachowsky (7).

Tantôt les cultures de tuberculose zoogléique provenaient de Thomme, tantôt des animaux, chez lesquels elle semblait s'être développée spontanément ou accidentellement (lapin, cobaye, poule), tantôt du sol ou de l'air.

Les microorganismes se présentent sous la forme de microcoques ou de bacilles en chaînettes, confondus dans une masse (zooglée). Ils se cultivent sur tous les milieux et se décolorent par la méthode d'Ehrlich qui colore le bacille tuberculeux; à l'exception de la tuberculose zoogléique, décrite par Amrusch, qui restait colorée par cette méthode.

Ce qui caractérise ce microorganisme, c'est son polymorphisme non seulement dans les cultures, mais dans les tissus mêmes. Inoculées en séries, les zooglées disparaissent. On voit apparaître des bacilles courts et des microcoques ovoïdes, et c'est en se basant sur cet aspect que Grancher et Ledoux-Lebard, Nocard, ont admis l'identité de la tuberculose zoogléique avec la tuberculose strepto-bacillaire de Charrin et Roger dont nous allons parler.

Le pseudo-bacille tuberculeux est tué par la dessiccation et une température de 60° (Pfeiffer) (8) ; il est inoculable aux lapin, cobaye, souris, lièvre. L'inoculation provoque la dégénérescence vitreuse des éléments anatomiques (Grancher et Ledoux-Lebard) avec ou sans formation nodulaire, les tubercules formés pouvant être habités ou non.

Les bacilles pseudo-tuberculeux sont plus épais que les bacilles de Koch, paraissant souvent formés de deux bacilles placés bout à bout. Dans les vieilles cultures, ils prennent une forme courte ovalaire, ressemblant à des microcoques qui se disposent en chaînettes dans le bouillon.

Le sérum des animaux infectés produit le phénomène de l'agglutination, et amène le développement filamenteux du bacille (9).

(1) Eberth, Fortschr. der Med., 1885, elArch.f. Path. u. Phys., 1887.— Soc. de biol., 1885.

(2) Nocard, Soc. de biol., 1885.

(3) Amrusch, Wien. med. Jahrb., 1886.

(4) Chantemesse, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1887.

(5) Nocard et Masseli>, Soc. de biol., 1889.

(6) Grancher et Ledoux-Lebard, Arch. de méd. expër., 1889, 1890.

(7) Tartachowsky, Soc. des méd. russes, 1896; Presse méd., annexes CCGXL.

(8) Pfeiffer, Berlin, klin. Wochenschr., 1889.

(9) Ledoux-Lebard, Ann. de Vlnst. Pasteur, 1897.

616 H. BARBIER. — TUBERCULOSE PULMONAIKK.

Les inoculations donnent des lésions analogues à celles du bacille de Koch, surtout marquées dans le foie, où la dégénérescence vitreuse peut se montrer sans granulation nodulaire.

Pseudo-tuberculose bacillaire de Charrin et Roger (1), de Dor (2).— Tuberculose spontanée du cobaye, due à un petit bacille de 1 jx, poussant facilement sur tous les milieux, sauf les milieux glycérines; inoculable aux cobaye, lapin, chien, chat, et amenant des granulations viscérales, surtout dans le foie et dans la rate (3).

Pseudo-tuberculose bacillaire humaine [faits de Du Cazal et Vaillard (4), Hayem et Lesage (5), Legrain (6), Charrin (7), J. Courmont (8), P. Courmont (9)]. — Les faits de ces auteurs ont été observés chez l'homme et sont des exemples de tuberculose atypique à forme grave rapidement mortelle: dans l'observation de Legrain, il y avait également des bacilles de Koch, rares il est vrai, dans les crachats.

Dans les observations de Du Cazal et Vaillard, Hayem, les malades ont présenté des phénomènes algides, avec diarrhée et mort rapide. On trouva des nodules d'aspect tuberculeux sur le péritoine, dans le pancréas, dans les capsules surrénales.

Dans tous les cas, on isola un petit bacille qui n'a rien de commun avec le bacille tuberculeux.

Dans les deux observations de J. Courmont, les cultures furent négatives : les malades avaient présenté l'aspect d'une tuberculose sans bacilles de Koch; mais l'inoculation des organes fut positive (lapins, cobayes) et se caractérisa par la rapidité de l'évolution chez l'animal et l'absence des lésions ganglionnaires qu'on observe d'habitude dans la tuberculose de Koch inoculée.

Dans l'observation de Charrin, il s'agit d'un malade mort avec des symptômes typhoïdes chez qui, à l'autopsie, on trouva une granulie sans bacilles de Koch, mais avec un petit bacille court qui se développa sur tous les milieux de culture.

Enfin, dans le cas de P. Courmont, il s'agit d'un malade avec hémarthrose torpide sans lésions osseuses, avec épanchement sanieux roussâtre péri-articulaire, et qui meurt cachectique six mois

(1) Charrin et Roger, Acad. des se, 1888.

(2) Dor, Acad. des se, 1888.

(3) D'autres pseudo-tuberculoses microbiennes ont été décrites chez les animaux. Preisz et Guinard ont observé chez le mouton une pseudo-tuberculose due à un bacille que Nocard identifia plus tard (Nocard, Ann. de Vlnsi. Pasteur, 1896) à celui qui provoque la lymphangite pseudo-farcineuse du cheval. Vallée (Vallée, Congrès de la tuberculose, 1898) en a signalé une autre espèce chez le veau.

(4) Du Cazal et Vaillard, Ann. de VInst. Pasteur, 1891.

(5) Hayem et Lesage, Soc. méd. des hôp., 1891.

(6) Legrain, Bull, méd., 1891.

(7) Charrin, Soc. de biol., 1891.

(S) J. Courmont, Congrès de la tuberculose, 1893. (9) P. Courmont, Arch. de méd. expér., 1898.

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après. Les liquides de l'articulation contiennent un strepto-bacille, décolorable par la méthode de Gram et d'Ehrlich, cultivable sur tous les milieux et donnant au lapin, au cobaye, des lésions de tuberculose plus ou moins généralisée, avec cette particularité que les séreuses sont le plus souvent atteintes, avec épanchement séreux et hémorragique souvent. L'examen du membre amputé chez le sujet avait montré une tuberculose de la synoviale avec cellules géantes, sans bacilles de Koch.

Autres pseudo-tuberculoses, signalées chez les animaux. — Courmont a décrit chez le bœuf une pseudo-tuberculose strepto-bacillaire.

Preisz et Guinard (1), Guinard et Morey (2), chez le mouton, ont signalé des cas de pseudo-tuberculose, à foyers caséeux, contenant un fin et court bacille se colorant par le Gram, amenant chez le cobaye et le lapin la production de granulations analogues aux granulations tuberculeuses.

Des faits analogues ont été observés : chez l'antilope par Cornil et Toupet (3) ; chez le lapin par Parietti (4) ; chez le lièvre par Mégnin et Mosny (5) (1891); chez les bovidés par Vallée (6). Charrin et Gouget (7) ont signalé, chez le lapin, une curieuse localisation épidémique de pseudo-tuberculose strepto-bacillaire sur l'appendice. Le strepto-bacille cultivé a amené la production de tubercules lymphoïdes, localisés surtout dans la rate, dans le foie, dans l'appendice.

Comme on le voit, il s'agit encore de faits épars sans lien anatomique et bactériologique. Ce qu'on peut dire, c'est que les lésions de la tuberculose atypique ne diffèrent guère de celles de la tuberculose commune typique ; elles siègent de préférence sur les organes abdominaux.

Les microorganismes qu'on a rencontrés sont probablement d'espèces différentes; ils ont pour caractères fondamentaux communs de se cultiver facilement sur tous les milieux, et de se décolorer par la méthode d'Ehrlich. L'inoculation de cultures ou de viscères malades amène une pseudo-tuberculose expérimentale, que l'examen histologique ne peut différencier de la tuberculose typique. On peut dire seulement que les follicules pseudo-tuberculeux prennent Je plus souvent la figure des granulations lymphoïdes; mais ce n'est pas un caractère distinctif, non plus que la dégénérescence caséeuse centrale qui peut se montrer dans certaines formes de pseudotuberculose, et même avec une marche rapide comme dans la tuberculose zoogléique de Malassez et Vignal.

(1) Preisz et Guinard, Journ. de méd. vétér., 1891.

(2) Guinard et Morey, Semaine méd., 1893.

(3) Cornil et Toupet, Pseudo-tuberculose chez l'homme et les animaux, 1888.

(4) Parietti, Cenlralbl. fur Bakt., 1890.

(5) Mégnin et Mosny, Congrès de la tuberculose, 1891.

(6) Vallée, Congrès de la tuberculose, 1898.

(7) Charrin et Gouget, Soc. de biol., 1897.

Au point de vue clinique et expérimental, certaines de ces pseudotuberculoses se comportent comme des septicémies, et peut-être des réserves sont-elles à faire sur l'interprétation à donner de la présence de ces microorganismes, dits pseudo-tuberculeux, chez des sujets porteurs de lésions caséeuses anciennes, pouvant être devenues inhabitées par le bacille de Koch. C'est ainsi que le bacille de Preisz et Guinard, dont l'inoculation ne donnait d'ailleurs que de petits foyers purulents, a été démontré par Nocard identique à celui qui provoque la lymphangite pseudo-farcineuse du cheval (1).

Mycoses du poumon. — Parmi les mycoses du poumon, la plus connue est celle qui est due à Y Aspergillus fumigatus et désignée sous le nom d'aspergillose. Cependant, d'autres espèces de champignons ont été décrites ; nous devons signaler en particulier un Cladothrix rencontré par Eppinger (2) chez un homme mort de méningite cérébro-spinale avec abcès du cerveau, chez qui on trouva des granulations miliaires de la plèvre et du poumon, avec adénite bronchique sans bacille de Koch. L'examen bactériologique révéla la présence d'un Cladothrix, qui, inoculé au cobaye et au lapin, amena une éruption analogue aux tubercules miliaires.

h'aspergillose est plus étudiée. Elle a été signalée chez l'homme dès 1856 par Virchow, puis par Friedreich (de Wurzbourg), Dusch et Pagenstecher, Furbringer. Au Congrès de Berlin (1890), Dieulafoy, Chantemesse et Widal en apportèrent de nouvelles observations, travaux confirmés par Rénon, Laulanié, etc.

L'aspergillose s'observe à l'état spontané, chez les pigeons, sous forme d'une lésion nodulaire buccale, d'apparence caséeuse, pouvant se généraliser et donner lieu à la formation de granulations tuberculeuses atypiques dans le poumon, dans le foie, quelquefois dans l'œsophage, dans l'intestin, dans le rein, et contenant à leur centre un mycélium de champignon. Elle a été reproduite expérimentalement par l'inoculation, dans les veines et dans la trachée de jeunes animaux, des spores de Y Aspergillus fumigatus.

Des faits de ce genre ont été observés chez le canard par Cornil.

On connaît une aspergillose spontanée chez les mammifères, en particulier dans les races équines et bovines, chez les oiseaux et spécialement chez les pigeons, et enfin dans les œufs en incubation. Le développement de la maladie se fait par l'intermédiaire de la paille ou des graines contenant le parasite.

L'infection a été réalisée expérimentalement chez les oiseaux, chez le cobaye, chez le lapin. L'inoculation amène la formation d'un pseudo-tubercule, dû au développement in situ de filaments mycé-

(1) Nocard, Ann. de Vlnst. Pasteur, 1896.

(2) Eppinger, Ueber eine pathog. Cladothrix und eine durch sie herforgerufene Pseudof.uberculose ( Wiener klin. Wochenschr., 1890, n° 17).

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liens, et d'un afflux de leucocytes qui les englobent. Tout autour, le tissu pulmonaire est congestionné, il se fait même dans certains cas un processus actif de sclérose.

VAspergillus fumigatus est plus virulent que YAspergillus niger.

La pseudo-tuberculose aspergillaire a été observée chez riiomme soit à l'état de pureté — aspergillose primitive, — soit associée à la tuberculose pulmonaire vulgaire — aspergillose secondaire. On la rencontre chez les hommes exposés au contact d'animaux malades, et contaminés par eux, ou chez ceux qui vivent dans des atmosphères de poussière végétale pouvant contenir YAspergillus (gaveurs de pigeons, peigneurs de cheveux, grainetiers, meuniers). Les spores pénètrent dans le poumon par inhalation, elles y déterminent la production de pseudo-tubercules qui provoquent dans le poumon des accidents de sclérose ou d'ulcération.

En dehors de l'association de l'aspergillose avec la tuberculose vraie, la mycose se présente tantôt sous forme de grains arrondis, faisant saillie à la coupe du poumon, creusés ou non de cavités s'ouvrant dans les bronches, et constitués par les parois alvéolaires congestionnées et plus ou moins infiltrées de mycélium et de leucocytes développés dans les alvéoles contigus: ils ressemblent ainsi assez aux alvéoles d'un rayon de miel (Rénon).

Tantôt la pneumomycose prend l'aspect actinomycosique, sous forme de grains blancs, sphériques, développés sur les parois des cavités, et dans lesquels YAspergillus offre une disposition rayonnée. Tout autour, le tissu pulmonaire est congestionné.

Dans quelques cas, il se fait dans le poumon, au pourtour du pseudotubercule, un processus soit de sclérose pure, soit de sclérose combinée à la suppuration qui peut aboutir à la formation de cavernes.

Les symptômes de l'aspergillose se rapprochent plus ou moins de ceux de la tuberculose pulmonaire. Des hémoptysies peuvent en marquer le début, se répétant à plusieurs reprises. En même temps, les malades accusent de l'anorexie, de l'affaiblissement des forces, de l'amaigrissement. Les symptômes fonctionnels pulmonaires ne tardent pas à s'accuser : la toux est quinteuse, sèche d'abord, puis accompagnée d'une expectoration verdâtre, purulente, souvent sanguinolente. Les signes physiques sont ceux d'une congestion permanente ou d'une induration du parenchyme pulmonaire : S — , R — , avec toutes les nuances expiratoires et inspiratoires: V -{-• Les signes peuvent siéger au sommet. Les symptômes généraux sont la fièvre, qui ne dépasse guère 38°, 5, la perte des forces, etc.

Plus tard, on perçoit des signes cavitaires.

Dans un grand nombre de cas, le bacille de Koch coexiste avec YAspergillus, ce qui jette, dans certains cas, une incertitude sur le rôle réel de ce dernier champignon.

Le diagnostic chez l'homme se fait par l'examen des crachats

qui montre l'absence de bacilles de Koch et la présence du champignon. Celui-ci se colore bien par la thionine phéniquée. On peut les ensemencer aussi sur le liquide de Raulin.

Le pronostic est moins grave que dans la tuberculose vulgaire, sauf quand celle-ci coïncide avec l'aspergillose, et alors le rôle de la mycose apparaît bien secondaire.

Il y aura lieu dorénavant de rechercher les cas de sporotrichose pulmonaire dont un cas a été signalé sur les voies aériennes supérieures et sur la trachée (1).

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