PSEUDO-BACILLES TUBERCULEUX ACIDO-RÉSISTANTS
lequel les bacilles sont soumis à la coloration et à la décoloration.
Nous conseillons donc la technique suivante (1) :
1° Pour la préparation du colorant : broyer 1 gramme de fuchsinerubine dans 10 centimètres cubes d'alcool absolu; ajouter petit à petit 5 grammes d'acide phénique neigeux, puis 60 centimètres cubes d'eau distillée, toujours en agitant. Verser dans un flacon. Rincer le mortier avec 40 centimètres cubes d'eau distillée qu'on ajoute au contenu du flacon. Laisser reposer vingt-quatre heures et filtrer (liquide de Ziehl).
2° Pour le temps de coloration ;
1° Colorer à chaud dans ce liquide pendant dix minutes ;
2° Décolorer par l'Az03H au tiers pendant deux minutes ;
3° Lavera l'eau.
Certains bacilles acido-résistants ne résistent pas à l'action secondaire de l'alcool absolu : ils ne sont pas alcoolo-résistants. Pour cela, on complète ainsi la technique :
4° Séjour dans l'alcool absolu pendant trois minutes ;
5° Recoloration au bleu de Unna pendant cinq minutes ;
6° Alcool absolu le temps nécessaire pour décolorer le bleu.
Cette recoloration par le bleu de Unna permet de recolorer en bleu les bacilles accidentellement acido-résistants, qui le sont faiblement d'ailleurs, tandis que les bacilles de Koch restent colorés en rouge et résistent à l'action prolongée de l'Az03H au tiers.
Parmi ces bacilles acido-résistants, il faut séparer ceux qui sont à la fois acido et alcoolo-résistants, et qui le sont, non accidentellement en raison de certains milieux de culture donnant cette propriété, mais héréditairement et comme caractère fondamental de race (2).
Ce groupe comprend :
a. Le bacille de la tuberculose (humaine, aviaire, bovine, pisciaire);
b. Certains bacilles cultivés, et en particulier celui de la lèpre :
c. Un groupe de bacilles (dits tuberculoïdes ou para-tuberculibacilles) pathogènes, chez les animaux (veau, cobaye et lapin), d'une certaine façon qui les rapproche des bacilles tuberculeux atténués et dans certaines conditions, en particulier quand on les mélange avec du beurre.
Un des caractères d'injection de ces bacilles tuberculoïdes c'est de ne pas donner de tuberculose oculaire (Flugge), ni d'infection générale (Mœller), ni de réinoculation en série avec les organes pseudotuberculisés. Les phénomènes généraux des inoculés sont atténués.
(1) Bezançon et Philibert, Congrès de la tuberculose, Paris, 1905; Bull, mèd . , 1907 ; Soc. d'études scientifiques pour la tuberculose, 1907. — Philibert, Les pseudobacilles acido-résistants. Thèse de Paris, 1908. — Cabiran, Les faux bacilles de Koch de l'expectoration. Thèse de Paris, 1908.
(2) F. Bezançon et Philibert, F.oc. cit. — Mœller, Revue de la tuberculose, 1905.
Ils nesontpasd'ailleurs pathogènes pour l'homme. Ilseomprennent :
1° Les bacilles du beurre :
2° Les bacilles du lait ;
3° Les bacilles de l'herbe (Timothée bacille ou (.ras bacille I, Gras bacille II de Mœller);
4° Le bacille du fumier :
5° Le bacille delà pseudo-pommelière des bovidés de Mœller;
6° Des bacilles humains trouvés dans la gangrène pulmonaire (Rabinowitch) : dans la sérosité du vésicatoirel Mœller): sur l'amygdale (Beck); chez un typhique, dans l'intestin (Mirinescu ; dans le mucus nasal (Karlinski).
A part ces derniers, dont les cas sont d'ailleurs uniques pour chacun d'eux, le diagnostic de ces bacilles tuberculoïdes avec le bacille tuberculeux n'a pas grande importance, puisqu'on ne les rencontre pas dans les exsudats recueillis chez l'homme. Mais il n'en est plus de même quand il s'agit de la recherche du bacille tuberculeux vrai dans le lait, dans le beurre ou dans la terre (Mœller .
Les pseudo-bacilles tuberculeux acido-résistanis se distinguent des précédents en ce que leur acido-résistance n'est plus une qualité de race persistant sur les milieux de culture, mais qu'elle dépend uniquement des conditions de pullulation où ils se trouvent. De plus, ils ne sont pas alcoolo-résistants. Ce sont ou des streptothrix ou des bacilles pseudo-diphtériques.
Ils se rencontrent dans certaines circonstances, chez l'homme et chez les animaux, en particulier dans le produit de sécrétions des glandes sébacées. On les a trouvés : dans le smegma d'où ils peuvent contaminer l'urine et causer une erreur de diagnostic; dans les comédons sébacés et dans le cérumen; dans les sécrétions interdigitales des orteils: dans le tartre dentaire; dans des produits d'expectoration : gangrène du poumon, dilatation bronchique; dans certaines suppurations de l'oreille; dans des liquides de ponction pleurale; dans Yathérome ; dans les cadavres ; dans les cryptes amygdaliennes ; dans les matières fécales.
Ces bacilles ne sont pas pathogènes, et on peut penser qu'ils acquièrent leur acido-résistance en s'emparant des matières grasses des milieux organiques où ils végètent. L'expérience a permis de donner accidentellement cette acido-résistance à différents bacilles qui en sont dépourvus, en les cultivant dans des liquides séro-fibrineux ou en présence du bacille de Koch.
Quoi qu'il en soit, on doit se préoccuper de ces bacilles quand on fait l'examen de certains liquides pathologiques, et en particulier de l'urine, afin de ne pas faire une erreur grave de diagnostic en les confondant avec le bacille tuberculeux.