‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 15 sur 33 · VET · texte numérisé non relu

VET

“if Iiifus. Quassiæ | j.

Tinct. Columb. ••••••.•)

Spirit. Carvi. . ( ^

Olei Anisi {^sivp, sacchar, instill. ) . . gutt. ij. M.F. Haustus.

(1) '2f Semin. Anisi contus. 3 iij.

Florum Cbamæmel. 5 fi.

Coque ex

Aquæ fontis tbi] ad 3

Colat. adde

Natri vitriol . . g fi.

Olei 011 V. ............ ^ J. «

M. F. Enema.

(2) "if Tinct. Sennæ Compos . 3 1*.

- Jalap . 3 ij.

M.F. Haustus.

VEL

"21 Pulver. Eliabarb. ........ f

- Jalap . \ ® î-

HG'I CACHEI^ÎES.

I’attentioii/, s’il existe une grande irritation de l’estomac , des nausëes , des vomissemens répë- ^ tës , de les donner sous la forme pilulaire , pour les rendre plus propres à être retenus. Si la maladie rësiste , et que la constipation persiste avec opiniâtretë , que la distension , la soif, la chaleur et tous les autres symptômes de la fièvre augmentent , nous devons alors avoir recours à la saignëe , afin de prëvenir l’inflammation et ses suites. Ce n’est, au reste, que dans les attaques aiguës seulement que nous avons à redouter une semblable terminaison.

Lesaiitispasmodiques énergiques, Passa fœtida, Pëther, etc. , avec les infusions de raifort et de gingembre , et les ferrugineux, se sont montrés quelquefois avantageux dans le traitement de la tyrnpanite.

Pour exciter l’action des intestins distendus , on a recommandé , en même temps qu’on administre ces remèdes ;, d’appliquer des substances froides , telles que de l’eau à la glace ou de la neige , sur le ventre , qu’on doit ensuite serrer avec un bandage de flanelle. J’ai eu à soigner.

Cülomelan. . . . . gr. v^.

Synip. simpl . «... q. s.

M. F. Massa m piliilas x pro dos. distrihuenda.

VEL

Extract. Colocynth. comp. . . , , . 3j.

Calomel . . . gr. v.

Oiei Carvi . . gutt. iij.

M. cl in pilulas v. divide pro dos.

CACmXIES. 263

il y a quelque temps, une personne atteinte d’une tympanite intense, et j’ai souvent applique chez elle, avec un grand avantage , de la glace pilée , sur l’abdome 1. Il est probable que les frictions avec la térébenthine , les huiles , le liniment ammoniacal, ou le Uniment camphré, peuvent procurer quelque soulagement, et exciter les intestins à évacuer l’air accumulé. On peut encore essayer l’application d’un vésicatoire , si ces moyens restent sans effet. *

On a posé en question si le bain tiède , assez long-temps continué pour devenir antispasmodique et relâchant, ne pourrait pas produire de bons effets dans cette maladie, aussi bien que dans le trismus'’'.

Pour procurer du soulagement dans les cas désespérés , où l’air est répandu dani5 la cavité de l’abdomen, il peut devenir nécessaire de recourir à l’opération de la paracentbèse , en même temp^ qu’on administrera des toniques.

Dans le cours de cette maladie, les alimensles moins venteux doivent être préférés. Les acides minéraux, et les liqueurs spiritueuses à petites doses auront encore un bon effet, en calmantda tendance à la putridité.

Pendant la convalescence , le malade doit faire une attention particulière au régime, évitant tout aliment -de nature veitteuse , et ne faisant usage que de ceux qui sont légers et de facile digestion. En même temps il se mettra en garde contre la constipalion , par l’emploi des laxatifs stomachi-

* Templets Pratice of Physic , pag. '234.

204 CACHEXIES,

ques , et cherchera à entretenir ses forces à l’aide d’un exercice convenable , et des autres moyens conseillés au sujet de la dyspepsie.

III» Gonflemens aqueux, ( Intiimescentiæ

aqoosæ. )

De rHjdropisie.

L’Hydropisiq est un amas, contre nature, d’un fluide séreux ou aqueux dans le tissu cellulaire ou dans les différentes cavités du corps, et cette maladie reçoit différens noms, suivant son siège. Dans le tissu cellulaire , elle est appelée Anasarque ; dans la cavité du crâne , elle est nommée HrdrocépJiale ; dans la poitrine , Hjdvothorax^ ou Hy drop isle de poitrine dans la cavité de l’abdomen , Ascite; dans celle de l’utérus, Hydrometre j et dans le scrotum , Hydrocele. L’eau peut être aussi renfermée dans l’ovaire , et alors ia maladie est appelée Ascite de ïoeaire.

•Les enfans , les jeunes gens et les adultes sont également sujets à des épanchemens dans les différentes cavités du corps.

Les causes de Fhydropisie sont une prédisposition héréditaire , de fréquentes salivations , les évacuations excessives et long-temps continuées, un usage abondant de liqueurs spiritueuses, si propre à détruire les facultés digestives ; les squirrhes du foie, de la rate, du pancréas; l’ictère , la diarrhée , la dysenterie , l’asthme , la

'*■ Etymologie, aqu'a. ~

goutte les fièvres intermittentes de longue duree , la fièvre scarlatine, et quelques exanthèmes; la suppression d’une e'vacuation habituelle , la disparition subite des éruptions cutanées, l’ossification des valvules du cœur, les polypes dans le ventricule droit , les anévrismes des grosses artères , les tumeurs qui exercent une compression considérable sur les parties voisines , une affection organique des poumons, la rupture du canal tboi achique , l’exposition à Fbomidité , une atonie des vaisseaux ahsorbans , une débilité générale ou locale , et tout ce qui tend à relâcher le ton des organes.

De V Iljdropisie du tissu cellulaire ou Anasarque.

(Anasarca.)"^

. Cette espèce d’bydropisie se manifeste d’abord par un gonflement des pieds et des malléoles, lequel, pendant quelque temps, disparaît le matin. La tumeur est molle , non élastique ; quand on la presse avec le doigt, elle en conserve l’empreinte durant quelques instans , et la peau devient beaucoup plus pâle que de coutume.

Le gonflement s’étend par degrés vers les parties supérieures, gagne. le tronc, et meme , dans les derniers momens , la face et les paupières ; alors la respiration devient difficile , ruriiie est rendue en petite quantité ; elle est foncée en couleur et laisse déposer un sédiment rougeâtre ; le ventre est resserré , la transpiration est presque nulle , la face est jaune , la soif considérable,

* Etymologie.. Avcitf , supra,

car O.

la maigreur extrême. A ces symptômes succèdent de la torpeur, de la pesanteur, une toux fatigante et une fièvre lente.

Chez quelques malades , Teau suinte à travers les pores de l’épiderme ; chez d’autres, elle soulève l’épiderme en forme de petites vésicules ; et, quelquefois même, la peau, ne permettant pas à la sérosité de la traverser , est comprimée et distendue au point de donner à la tumeur une dureté extraordinaire.

La maladie doit toujours être regardée comme susceptihle d’une plus prompte guérison , quand elle est occasionnée par la faiblesse locale ou la débilité générale , que lorsqu’elle a été produite par l’obstruction d’un viscère , et lorsqu’elle est récente , que lorsqu’elle existe depuis longtemps. La moiteur de la peau, la diminution de la soif , et une augmentation dans la quantité des urines, sont des symptômes très-favorables. Dans quelques cas , la nature fait d’elle-même des efforts puissans , et la maladie disparaît par une crise spontanée , soit par le vomissement et le flux de ventre , soit par une évacuation considérable d’urine ; mais cela n’arrive pis souvent.

En ouvrant les cadavres des personnes mortes d’anasarque , on trouve tout le tissu cellulaire distendu par la sérosité ; les glandes et le foie sont endurcis , et souvent en suppuration ; il y a des ossifications et des concrétions fibrineuses dans les gros vaisseaux : la consistance du sang lui-même est- plus ou moins altérée , selon le degré de la maladie et la nature de 'sa cause.

cachexies; 267

Dans le traitement de Fanasarque , nous devons avoir en vue trois indications : 1®. eloigner les causes de la maladie ; 2®. évacuer le fluide séreux qui s’est déjà amassé ; et 3®. rétablir la tonicité générale , et donner des forces à l’économie.

Il faut , dans tous les cas d’hydropisie , rechercher avec soin si la maladie est essentielle ou symptomatique ; car c’est en éloignant les causes que nous pouvons en effectuer la guérison. Par exemple , si l’anasarque est survenue par suite d’intempérance , de l’abus des liqueurs spiritueuses , du séjour dans un lieu humide , ou de grandes évacuations , 'des saignées surtout , ce sont des circonstances qu’il faut éviter avec soin à l’avenir. Si elle arrive après de longues fièvres intermittentes, des obstructions dans les viscères abdominaux ou thorachiques , etc., le traitement doit être différent.

Dans les gonflemens séreux , provenant de la pression d’une tumeur sur quelque gros vaisseau lymphatique, la seule chose à faire est d’enlever la tumeur. Quand la faiblesse d’un membre , par suite d’entorse ou de contusion, a donné naissance à un pareil œdème , la meilleure méthode à suivre est de soutenir les parties affaiblies avec un bas lacé ou une bande de flanelle , jusqu’à ce que , par l’effet du temps , des bains froids et des frictions , elles aient repris leur ton naturel.

Quand des gonflemens œdémateuK surviennent en raison de la section de quelqu’un des vaisseaux lymphatiques d’un membre , comme cela

. 208 CACHEXIES.

arrive quelquefois dans l’extirpation des ganglions squirrheux de l’aisselle, de légères ponctions à la partie inférieure du membre , occasionnent sur-le-champ du souLigement.

Le traitement des maladies dont l’hydropisie du tissu cellulaire peut dériver, a déjà été exposé dans différens endroits de ce traité ; mais malheureusement elle peut dépendre et dépend même souvent de maladies incurables, telles que les polypes du cœur, les ossifications des valvules de cet organe et des gros vaisseaux , les érosions du canal thorachique , et le squirrhe du foie , de la rate, etc. En pareil cas , la médecine est de fort peu de secours.

Pour remplir la seconde indication , c’est-àdire celle d’évacuer le fluide séreux qui est déjà amassé, nous devons , ou avoir recours à de petites ponctions , et à des scarifications faites immédiatement dans le tissu cellulaire , ou tâcher d’exciter certaines excrétions. Si on se décide à pratiquer des incisions , on aura soin de ne pas les faire trop profondes ; car les ouvertures faites à la peau dans les cas d’anasarque , sont aisément atteintes de gangrène.

Pour favoriser d’ailleurs l’évacuation de la sérosité , on baignera les parties scarifiées trois ou quatre fois par jour dans quelque décoction émolliente (i).

(i) Fol. Malvæ .

Fîor. Chamæmel. . . .

Aquæ fonlis' .

Paiilispcr coque et cola.

ââ I j 6.

\ ib iv.

CACHEXIES. 269

Dans les premiers temps de la maladie, des cautères faits avec la pierre au-dessous des deux genoux, ou de Fun d’eux seulement , ont quelquefois été employés pour évacuer Feau des parties supérieures ; mais ils sont loin d’être d’un effet aussi assuré que de petites ponctions ou de légères scarifications; et, s’ils sont pratiqués dans des parties qui ont perdu leur ton , ils peuvent causer la gangrène.

On a parfois aussi établi des vésicatoires dans la même intention ; mais l’objection faite contre les cautères leur convient également , et par conséquent on ne doit y avoir recours qu’avec beaucoup de circonspection et de grandes précautions. On a encore proposé , dans le même but , l’application de feuilles de chou aux jambes et aux pieds ; mais leur effet est trop léger pour qu’on y puisse compter.

La provocation des diverses excrétions a été pareillement préconisée. On parvient à agir de cette manière au moyen des émétiques , des purgatifs , des diaphorétiques et des diurétiques , qui tous tendent à augmenter Faction des absorbans.

Les émétiques (i), dans plusieurs cas, ont

(i) Tf Yini Antirnonii . . . . 3 j 13.

VEL

“if Oxymeîl. Sciüæ . » . , S vj.

Vini Ipecacuan. ..... i .. . 5 (5.

M. F. Haustus.-

VEL ,

Oxymeiî. Scilf 3 j.

üyO CACHEXIES,

réellement été suivis d’un très-bon effet. Pour en retirer cependant tous les avantages possibles , il faut en répéter fréquemment l’administration. Si l’on trouve qu’ils affaiblissent le malade sans aucune amélioration dans les symptômes, il est raisonnable d’abandonner leur usage.

Le sulfate de cuivre , donné comme il est conseillé au chapitre de la Phthisie , ou suivant la formule ci-dessous indiquée (i) , parait trèsconvenable , comme ayant moins de tendance à affaiblir qu’aucun autre émétique.

Les purgatifs sont également très - employés dans les cas d’hydropisie ; et comme Faction stimulante des drastiques (2) s’étend très-prompte-

Aïitirnon. tartar. . . . gr. j.

Aq. Meuthæ sativ. . . 5 jS.

M. F. Haustus.

(i) ‘2f Vitriol, cupri . gr. v. ad x.

Pulv. Ipccacuanhæ . gr. iv.

M. F. Pulv is secundo vel tertio quoque marie sumendus.

(2) ^ Scammon .

gr. xiij

Calomel. ..•«.•t,».»..

gr- V.

Cryst. Tart . .

Pulv. Zingiberis . .

gr. V.

M. F.Pw/m pro dos.

VEL

Pulv. Jaîap . ^

- Scammonii i

âà gr.

- aromatic. . .

M.Y.Pulvis.

VEL

^ Gummi Gambog . . , . .

gr. iij.

Terito hene cum

CACHEXIES. <2^1 îïieïit dans toute Féconomie , ils sont plus généralement usités que les laxatifs ou les minoratifs. La crème de tartre cependant a été administrée avec un succès marqué ; mais on est dans l’usage de la combiner avec quelque drastique , comme le jalap , l’élatérium , la scammonée et la gomme gutte (i).

Pour tirer des purgatifs le plus d’avantage possible , il faut en répéter l’administration à des intervalles courts ; car si la purgation n’est pas portée rapidement au degré nécessaire pour exciter l’absorption , l’évacuation ne fait qu’affaiblir l’économie , et , par là , augmenter l’afflux des fluides dans les parties déjà infdtrées.

On a encore conseillé les diaphorétiques dans l’hydropisie du tissu cellulaire. Parfois, effectivement , la sueur peut produire un bon effet ; mais en général elle est plutôt nuisible, et ne tend qu’à ajouter à la débilité qui existe. Pour cette raison,

Tinct. Sennæ. comp . . % & et addc

“ Jcilîip «• . ••• •*• •• • 5 ijft

Syriip. Zingib. « . . 5 iij.

'bH.Y . Haas tus,

VEL

Exti^act. Colocynlhid . 9 J*

Elateriî . . gr. j.

0!ei Caryophill. ......... gult. ij.

M. F. P Huiez v. pro dos.

Crystall. Tart. . ; . . « . 3 iij.

Carnbog . gr. ij.

Pulv. INucis «losch. . . ï*

M. F. Pulvis.

272 CACHEXIES,

les medicamens dont ils’agit ont été rarement réclamés , particulièrement quand il y a déjà une grande faiblesse et un relâchement général. Cependant , si Ton désirait en faire essai , lorsque les autres remèdes ont été sans succès , on les administrerait (i) eri faisant rester le malade dans son lit , avec une chemise et des caleçons de flanelle appliqués immédiatement sur la peau , et en lui faisant prendre abondamment des boissons tièdes , parmi lesquelles aucune ne peut être plus convenable que l infusion de moutarde dans le petit lait.

Une autre manière de provoquer la transpiration , et par là d’augmenter l’absorption dans le tissu cellulaire , consiste à employer de l’air

(i) :if Pulv. Ipecac, comp .

Conserv. Rosæ .

M. F. Bolus tertid horâ sumendus.

' VEL

■ ^ Camphoræ . ^ ,

Pulv. Antimonii . * .

. . gr. ij.

Couf. aromat.

. . gr. xij.

M. F. Bolus.

VEL

^ Pulv. Jacob, ver . . . •

• • §Y. y. pro dos.

- • VEL

"if Aquæ Ammou. acetat.' .

- Raphaui- .

. . Ij.

Viui Antimonii . .

• • gutt. XXX.

Spirit. Animoif. comp. . . • , ,

, , gutt. XX.

Syrup. Zingib .

M. F. Haustus.

CACHEXIES.

échauffé ou des vapeurs chaudes. Si les jambes enflées d’un malade hydropique sont renfermées dans une boîte dans laquelle on élève la température de l’air au moyen d’une ou* dé deux lampes, il survient bientôt une sueur scopieuse qui reste sur la peau , en raison dé la cireotiscription de l’atmosphère , renouvelée seulement autant qu’il le faut pour entreteuiF la combüstion des lampes. En même tenrps les vaisseaux lymphatiques du tissu cellulaire, sont stimulés par la chaleur : aussi le gonflement disparaît-il trèspromptement.

Il serait possible' de faire sur un individu attaqué d’une anasaî'que générale , un essai inté-' f cessant , en le plaçant dans' une chambre échauffée à 120 degrés du thermomètre de Earenheit. Il en résulterait probablement une transpiration générale et copieuse, et une absorptiou cellulaire universelle de la part des poumons et de toutes les autres parties. Les expériences du docteur Fordyce dans des chambres chaudes ,7 ont démontré qu’un pareil degré de chaleur p eu t[ .être, enduré pendant plusieurs- minutes sans incommodité.

Une manière différente d’adapter la chaleur au traitement de l’anasarque et de quelques autres maladies , serait de plonger le malade dans un sac de peau huilé , ou dans une baignoire d’étain , où l’on ferait parvenir un courant d’air chaud ou des vapeurs*, que l’on dirigerait sur tout Je corps , excepté la tête ; et, de cette manière , les absorbans des poumons pourraient

274 CACHEXIES,

être excites en raison de la sympathie de ces organes avec la peau

Avec les stimulans , on peut quelquefois augmenter Faction des vaisseaux absorbans , et par là diminuer la^quantitê des fluides aqueux épanchés dans des cavités. C’est ainsi qu’on a quelquefois eu recours au mercure ; mais ce médicament cause , après son action , un affaiblissement marqué, et est, par cela même , grandement nuisible. Le mercure ne peut donc convenir que quand il est dans le cas de guérir la maladie dont l’hydropisie dépend.

On a cherché pareillement à stimuler les parties infdtrées par des frictions pratiquées tous les matins avec des flanelles chaudes et sèches , et on en a retiré de très-bons effets. Les linimens volatils etdesiautres stimulans analogues ne peuvent être" utilés que dans les bydropisies partielles,

Pour faire disparaître le gonflement des jambes provenant du manque d’action des vaisseaux absorbans , un bain de pied chaud et salé a été souvent employé avec succès. La quantité de muriate de soude doit être d’environ la trentième partie de celle de l’eau, avec à peu près un quatre-vingtième de sulfate de magnésie, ou de sel cathartique amer , ce qui constitue la force moyenne de l’eau de mer des côtes d’Angleterre. Les jambes doivent être plongées pendant une. demi-heure tous

* Cette expérience et la précédente ont été proposées par ie docteur D a’rwin. Zoonomîa , vol. ii, art. iy , Sorbentia.

CACHEXIES. 275

les soirs, durant quinze jours , dans ce pëdiluve ëlevë à environ 96 ou 98 degrés du thermomètre de Farenheit.

Le docteur Reid , dans son Traité sur les bains de mer, recommande ceux-ci contre les gonflemens œdémateux , et paraît s’être bien trouvé de leur usage. Il conseille de frictionner en même temps , et dans le bain même , les membres enflés , avec la précaution de les frotter constamment des extrémités vers le tronc , ce qui favorise la progression des fluides dans le système absorbant. Si le bain de mer est chaud , il y a double action stimulante , et de la part du sel , et de celle de la chaleur. '

L’évacuation la moins capable de causer de la faiblesse , et en même temps la plus avantageuse, est celle des urines. C’est pour cette raison qu’ici les diurétiques sont plus généralement employés que toute autre espèce de médicament ; et quand ils échquent, ce qui arrive souvent , nous pouvons présumer que c’est, dans la plupart des cas , parce que leur usage a été discontinué trop tôt.

Aucun diurétique ne paraît plus actif que la digitale. La propriété quelle a d’augmenter la sécrétion de l’urine , et de concourir ainsi à la cure des hydropisies , est déjà connue depuis long-temps. Cependant , comme elle agit puissamment sur le système nerveux, qu’elle détruit sa mobilité , et qu’elle affaiblit les propriétés vitales en diminuant la rapidité de la circulation , quelques praticiens l’ont regardée comme un re-»

mède peu convenable dans riiydropisie ; néanmoins de fortes doses en ont été données en pareil cas sans aucun inconvénient.

Un fait curieux et qui n’est pas généralement connu, c’est qu’un état de relâchement etd’affaiblissement général est la circonstance la plus favorable pour les effets de la digitale. Le docteur Withering avait déjà remarqué , que dans les individus qui ont la fibre tendue et une grande force naturelle , et qui sont attaqués d'ascite ou d’anasarque , la digitale réussit rarement, et que, au contraire , quand le pouls esl faible , ou intermittent, que les membres ou le tronc sont infiltrés sans tension forcée , la face pâle et la peau froide, l’action diurétique de cette plante est plus marquée.

Observons encore ici , que lorsque l'a digitale est donnée à des doses assez fortes pour exciter des nausées, ou le narcotisme , elle n’agit plus comme diurétique. Lorsque pendant long -temps on en continue l’usage, son action narcotique semble éteindre sa vertu diurétique. Une diarrhée qui survient dans le cours de l’administration de ce remède , a les mêmes résultats.

Si la digitale n’agit point dans l’e pace de la première quinzaine , il faut la changer pour quelque autre diurétique ; car il arrive assez souvent, qu’àprès avoir échoué avec un médicament de cette classe, nous réussissons avec un autre. Les diurétiques sont en elfetles médicamens les plus incertains dans leur manière d’agir , et souvent un diurétique , beaucoup moins énergique en

CACHEXIES. 277

apparence, procure Fe.ffet que l’on desire, et qu’on n’a pu obtenir de ceux dont les vertus sont mises à un rang beaucoup plus élevé.

La digitale^ dans les cas d’hydropisie, peut être donnée en infusion ou en teinture saturée , comme nous l’avons indiqué au chapitre de la phthisie ; on peut encore la faire prendre en substance, dans une tasse à thé, de quelque infusion diur éti que ( i ) .

Le docteur Cai eno*, de Yienne, assure que la digitale jaune ( Digitalis lutea^ possède des vertus diurétiques plus fortes que celles de la digitale pourprée, et n’a aucun des inconvéniens de celleci. Il est parvenu, dit-il , à guérir plusieurs hydropisies avec la digitale jaune , après que les autres espèces avaient échoué.

La crème de tartre est un autre diurétique qui est souvent aussi employé ici avec un très-heureux effet. Comme ce sel n^a aucune qualité délétère et .que les plus minces praticiens peuvent se permettre d*e l’ordonner, quelques personnes lui ont accordé la préférence sur la digitale ; mais il n’est pas encore suffisamment prouve qu’il possède des qualités énergiques. Les expériences des docteurs Home'^^ et Ferriar'^'^^ sont

* Memoirs o/* the Royal Academy oj" Berlin Jor 1794 and 1 795.

** Clinical Observations , Experiments ^ etc. y pag. 349*

*** Medical Histories and Reflections .

(1) '2f Pulv. Digit . gr. j. «(i gr. j f5.

Confect, aromalicæ ... ... gr. X.

M. F. Bolus manh et vesperh sumcndiis

^7^ CACHEXIES.

en sa faveur ; mais d’après ma propre pratique 7

je penche pour une opinion opposée.

Dans quelques cas cependant la crème de tartre diminue très-promptement Fœdème, produit une augmentation dans la sécrétion de l’urine , et détermine des selles aqueuses ; mais le plus souvent elle diminue Finfütration plus rapidement qu’on ne serait porté à l’attendre d’après l’accroissement d’action des reins. Quand ses effets doivent être avantageux , ils arrivent ordinairement très-vite , et le flux de Furine se trouve augmenté dans les vingt-quatre heüres ; mais quelquefois ils ont été retardés jusqu’à la fin de la troisième ou de la quatrième semaine. On la donne depuis la dose de deux gros , jusqu’à celle d’une ou de deux onces par jour , parce que , par l’effet de l’habitude, elle perd beaucoup de son action. Quand la quantité en est considérable , il vaut mieux la diviser en trois ou quatre prises , que de tout donner à la fois ; peu d’estomacs auraient la faculté de la supporter. Avec la gomme gutte , elle constitue un médicament puissant, qui, selon les circonstances, peut seconder ou remplacer la digitale. On devra retil er aussi les plus grands avantages de la jonction de la crème de tartre avec la digitale (i) en y joignant de temps en temps les purgatifs.

(ï) ^ Crystal. Tart . S ij.

Piilv. aromat . . gr. V.

- - Digitalis . gr. 15 — j.

M. F. Pulvis ter in die sum'endiis.

CACHEXIES. 279

Pendant long-temps on a cru de la dernière nécessité de supprimer totalement les boissons dans tous les cas d’hydropisie ; mais assez souvent cette pratique a été portée très-haut sans aucun avantage. Elle paraît cependant tombée en discrédit , puisque de nos jours on permet d’administrer les diurétiques, mais plus particulièrement la crème de tartre, dans de grandes quantités de boissons aqueuses. Ce mode de traitement paraît beaucoup plus convenable que l’autre, parce que les diurétiques ne peuvent parvenir aux reins que quand ils y sont portés par une grande quantité d’eau. Quand cependant, après quelques essais , la quantité de l’urine ne paraît pas augmentée par l’administration de l’eau ou des fluides aqueux (i), on en discontinuera l’usage.

(i) ^ Baccar. Junip. cont .

Radie. Raphan. cont . * * 5 ‘ ^

Aq. fontis . . - • tfeij.

Coque ad%\. col, et adde

Kali acetat . 5 iij.

Spirit. Juniperi . | ij\

Capiat cyathum tertiâ vel quartâ horâ,

VEL

Seminiim Lini . . |j.

- Sinapeos . . . %

Aqiiæ ferventis . . . . tb >j.

Post horas xij. col. et adde

Rali nilrati . . . • • 5 ij.

Spirit. Raph . %

VEL

of Radie. Raph. incis . . . ^

" Semin. Sinap. . V ^

sSo cAcmxïEs;

Les differentes preparations de scüîe (i) ont été très-vantees contre l’hydropisie ; mais quoi-

Aq. bullient . tfej.

Infunde per lioras xij et adde colat,

!Rali præpar. 5 iij.

Spirit. Junip . . . . . 5 ij*

VEL

"if Baccar. Junip. cont . % i],

Cremor. Tarlari | 6.

Aq uæ distillât . tfe iv.

V JDecoque ad ib ij. et adde colat.

Spirit. Raphani comp. ^ | ij.

Itibra una bihatur quotidie.

VEL

“if Ciner. Genistæ . 5 ^j.

Baccar. Junip. coiitus. . . . , . J

Semin. Sinap. contus . v ^ J*

Kali acetati ........... 3 iij.

Infiind. in Vini Rhen. ib iv. per horas xxx. Col. et SLirnat cochl. iij ter quaterve die,

(i) ^ Oxymell. Scillæ 5 ij.

Confect, aromat . 9 j,

Aquæ Nue. moschal . * . . | j <5.

Spirit. Juniperi . . ^ iij.

F. Haustus bis vel ter in die sumendus.

VEL

“2^ lAali acetati ^

Acet. Scillæ . 5 j (5.

Aquæ Fœniculi . 5 j.

Spirit. Raph. . . • . . . 5 ij.

Tinct. Lavend . 5 6.

M. F. Haustus.

VEL

“if Pulv. Scillæ . ^i*

€ACHEXIES; Î2S1

ce medkament ait quelquefois de bons effets, les avantages qu’on peut en retirer ne sont jamais aussi certains que ceux que procurent ordinairement la digitale ou la crème de tai%’e. La combinaison de la scille et du calomel a été essayée , mais sans un succès bien évident.

L’esprit de nitre dulcifie est un autre diurétique auquel on peut avoir recours quand les medicamens de cette classe ont échoué (i).

Pulver. aronial . . ,

Ni tri purifie . .

V aa gr. vii|

Synip. Zingib . . ,

1M. F.Bo/w5 ter in die capiendus.

VEL

Scill. exsicc. pulv. . . . ^ ^ .

, gr.ij.

Pulver. Zingib.

Olei Juniperi

. gutt. V.

Gonserv. Aurant .

M. F. Bolus,

VEL

Pulv. Scillæ . • .

Cremori T art. . . .

Sacchari alb. pulv . .

F. Pulvis mane et vespere sumendus.

(i) "if Âquæ Ammon, acet.

— - Raphani . * > .

Spirit. Æther. nitros .

Tinct. Lavend .

Syrnp. Zingib .

• ^ ij*

M.F. Haustus ter in die capiendus»

VEL

"if Decoct. Hordei .

Spirit. Juniperi .

. 5 ij.

282 CACHEXIES.

Une decoction de genêt vert, bue en grande quantité , est aussi un diurétique énergique , particulièrement dans les cas d’anasarque.

Les pilules de Bâcher (i), dont l’ingrédient principal est l’hellébore , sont au nombre des diurétiques les plus usités contre l’hydropisie. Toutes les fois qu’elles produisent une copieuse évacuation d’urine , elles diminuent l’œdème ; mais , dans les cas de longue durée , elles affaiblissent évidemment le malade , quoique données avec précaution.

La teinture de tabac (2) , dans quelques occasions , a réussi , quand les autres diurétiques avaient échoué ; son usage a été recommandé par le docteur Fowler , d’Yorck. Au reste, il est bon

Spirit. Æther. * *nit. . S j.

Oxymel. Scillæ • . « . S ij.

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