Sy
SyS MALADIES
fërence de structure des voies urinaires chez riiomme* et chez la femme , celle-ci y est bien moins exposëe. Dans les pays chauds, on observe rarement des concrétions calculeuses d’un certain volume dans les reins ou la vessie, en raison de ce que les particules de sable que dépose l’urine, sont ordinairement évacuées , avant qu’elles ne puissent s’agglomérer, par suite de l’état de relâchement des parties.
Une attaque de gravelle est accompagnée d’une douleur fixe dans les lombes, d’engourdissement dans la cuisse du côté affecté , de nausées, de vo-
missenriens, et assez souvent d’une légère suppression d’urine. A mesure que la cause irritante descend du rein dans l’uretère , la douleur est quelquefois tellement aiguë , qu’elle occasionne des syncopes et des convulsions.
■ Les symptômes' qui font reconnaître la présence d’une pierre, dans la vessie , sont les fréquentes envies d’iiriner, l’écoulement de l’urine en petite quantité, et souvent interrompu subitement, avec une douleur au gland. Le malade ne peut supporter aucun mouvement fatigant , et ne peut faire aucun exercice péni[)Ie , sans éprouver de grandes douleurs et, quelquefois meme , une hématurie ou une suppression momentanée. Outre ces symplômes, il ressent de la douleur au^'col de la vessie , du ténesme , des démangeaisons et du malaise â l’anus, de fréquenles nausées , et quelquefois un engourdissement des deux cuisses ou de l’une d’elles, avec rétraction d’un des testicules.
Comme toutes les tentatives qui ont été faites jusqu’à présent pour dissoudre les calculs , ont prouvé l’impuissance de fart à cet égard , nous devons considérer cette maladie comme ne pouvant être guérie que par la lithotomie ; opération toujours très-dangereuse , mais plus particulièrement encore chez les vieillards, où la maladie est souvent compliquée de quelque affection organique 5 et dont la santé générale est al térée. En pareil cas , on ne devrait jamais la tenter.
Lorsqu’en raison de ces causes ou d’autres analogues, on préfère un mode de traitement palliatif, il faut avoir recours aux lithontriptiques, qui préviendront une plus grande accumulation de matière calculeuse, et rendront les organes moins sensibles à l’irritation du calcul.
Parmi. les lithontriptiques, falcali fixe paraît être le plus énergique et le plus généralement usité. On peut l’employer , et dans son état caustique (i), et dans celui de sous-carbonate (2). L’eau alcaline gazeuse a été beaucoup vantée pour ses vertus dans les maladies calcule uses et néphritiques , et on la substitue assez généralement à beau de potasse et aux autres lithontriptiques actifs, dont l’administration prolongée est ordinairement accompagnée de suites fâcheuses. La dose est d’environ un verre trois fois par jour ,
(1) Aquæ Kali . gutt. xxx.
In jusculi cyatho ter in die,
(2) 7f Natri præparat . . . 3 j, — 5 ij.
bis lerve in die.
58o MALADÏES
avant le déjeuner, avant le dîner et avant le souper. Quand restomac en'suppotte une plus grande quantité, on peut en prendre la valeur d’une pinte dans la journée. Si éelte eau est froide pour cet organe, au contraire, ou produit des flatuosités, on y ajoutera une ou deux cuillerëes à thé d’eau-devie . L’irritation des voies urinaires est-elfe grande, on peut verser avec avantage quelques gouttes de teinture d’opium dans chaque dose , en ayant le soin de cesser du moment où la douleur Vient à s’abattre. Il n’est point ne'cessaire d’observer un regime particulier pendant rusage de ce médicament, si ce n’est qu’on doit s’abstenir des acides, du beurre et des substances grasses.
Les sels alcalins deviennent incapables de nuire lorsqu’on les combine à l’acide carbonique , comme dans beau gazeuse , et l’on n’observe nullement qu’ils perdent par là leur vertu dissolvante. C’est à M. Colbourne , de Bath, que l’on doit rintroduction de ‘cette eau dans la pratique medicale , et depuis lui ses effets avantageux ont été décrits , et fortement préconisés par les docteurs Lalconer, PerciVal eLautres.
Quand on ne peut se procurer l’appareil propre à préparer l’eau alcaline aérée, et inventé par le docteur Nootb , On peut faire dissoudre vingt grains de potasse rarbonatée daris deux ou trois cuillerées de jus de citron. Ce mélange doit être avalé sur-le-champ , et peut être adminislré trois ou quatre fois par jour, il est douteux cependant que ses effets soient aussi puissans que ceux de l’autre moyen. En suivant la méthode
LOCALES. 58 î
àe preparer l’eau alcaline gazeuse avec la machine inventeepar ledocteurNoolh, on me Ulans chaque pinte d’eau un quart d’once d’alcali végétal fixe. '
La potasse aérée est une préparation employée maintenant comme lithontrip tique à l’hôpital de Saint-Barthélemy et ailleurs, à la dose de deux gros dans une pinte d’eau distillée , deux fois par jour, avec un gros d’ammoniaque carbonatée.
Le docteur Duncan pense qu’une solution de sus-carbonate de soude dans l’eau pure (à la dose de quatre scrupules par pinte ) est préférable à l’eau de soude gazeuse , en raison de ce que l’acide carbonique ne s’en dégage pas par l’action de l’air , mais que par l’addition d’une petite quantité d’acide citrique ou tartarique, il s’opère une effervescence très-marquée. La soude , par cela qu elle est combinée à un excès de gaz acide carbonique dans cette préparation , la rend nonseulement a sez agréable au goût, mais encore peu sujétte à attaquer l’estomac ; et le docteur Duncan pense que c’est la seule forme sous laquelle la soude puisse être administrée à doses suffisantes, et pendant un espace de temps assez long pour en retirer de l’avantage dans les maladies calculeuses.
L’acide muriatique , donné à la dose de vingt ou trente gouttes , trois ou quatre fois par jour, et étendu d’eau , a , dans plusieurs cas , paru très-avantageux pour apaiser les douleurs lorsque les malades urinaient On dit en outre
* Memoirs of the Medical Society, vol. v, art 8 , and vol. vi > art. 8o.
qu’il est un excellent lilhontriptique. L’effet constant de ce médicament , après plusieurs doses , est de faire déposer une quantité considérable d’un sédiment calculeux dans Turine. Une fois meme, deux concrétions de couleur cendrée sortirent de la vessie. Dans le calcul formé de phosphate de chaux , c’est assurément un excellent remède ; mais il n’est d’aucun secours contre celui d’acide urique , comme le lecteur en sera convaincu par les faits suivans.
Depuis long-temps, on a observé qu’une matière arénacée forme un des matériaux de l’urine, où elle est dissoute chimiquement, et est évacuée avec elle. Les chimistes ontprouvéque cette matière était un acide doué de propriétés particulières. Scheele l’a nommé acide lithicfue^ et le docteur Pearson acide urique^ nom qui indique son origine et est plus significatif; l’analyse de différens calculs a prouvé qu’ils différaient entre eux.
"Wollaston en a reconnu de quatre espèces. I®. Le calcul fusible , formé d’acide phosphorique, de magnésie et d’ammoniaque, ce que Fourcroy appelle phosphate ammoniaco-magnésien ; 2°. le calcul mural, entièrement formé d’oxalate de chaux; 3®. le calcul de phosphate calcaire, formé par le sel de ce nom ; et 4“- le calcul d’acide urique , beaucoup plus fréquent que les autres, et fourni par cette matière contenue dans Furine , qui se dépose en partie par le refroidissement au bout d’un, de deux ou de trois jours, quand un commencement de décomposition se
manifeste. 'Wollaston, en établissant quatre espèces de calculs , a , en même temps , fait connaître les moyens de les distinguer les unes des autres , lorsque Ton peut s’en procurer un petit fragment pour Texaminer chimiquement'^. Le calcul d’acide ujâque estsoluble dans les préparations alcalines très-faibles et dans l’eau de chaux, mais l’acide nitrique n’agit pas sur lui. Le calcul fusible est un peu soluble dans l’eau, il l’est beaucoup dans l’acide carbonique et dans les plus faibles menstrues acides. Les calculs moraux sont les plus difficiles à dissoudre , et les dissolvans alcalins n’ont aucune action sur eux: mais Fourcroy a trouvé que l’acide nitrique étendu d’eau les dissout presque entièrement au bout d’un certain temps , ne laissant que la matière animale qu’ils contiennent. Les calculs de phosphate calcaire sont solubles dans l’acide muriatique.
En recommandant l’usage des lithontriptiques pour les calculs dans les voies urinaires , lé médecin doit tâcher de déterminer la nature de la concrétion qu’il veut attaquer au moyen d’injections par l’urètre avec desliqueurs que l’on a reconnues dissoudre les calculs hors du corps; par là , on pourrait peut-être éviter la lithotomie.
L’uva ursi ( i) est un remède que l’on a quel-
* Medical and Chirurg. Review ^ vol. pag. 486, and vol. v, ^pag. 3o6.
{i)'^ Pulv. Uvæ Ursi . . § 6.
Pulp. Prun. Gallic . | j.
Syrup. Althææ *. . q* s.
M. F. Electuarium cujus siimat quant, nue. mosch, ter in die.
qiiefois aiîssi employé contre les calculs urinaires et la ne'phrile ; mais il n’a aucun effet lithontriptique , et ne fait que raffermir les organes et rendre la sexrétioii pins nahirelle.
Dans les viole ns paroxysmes de douleur, on doit avoir recours aux fomenta lions et aux laveînens (ï); et quand ces derniers sont insuffisans , le malade , mis dans un bain chaud , doit boire abondamment des tisanes délayantes mucilagineuses , et prendre quelque préparation d’opium (2).
Dans les cas de graveîle , on doit tenter de dissoudre la matière calcaire par les mêmes moyens.
(t) Tif Terebinlh. Venet. , . . , . • • . S ij.
Vitell. Ovi . q. s. Adde
pecoct. pro Enemate ....
Magnes, vitriol. . .
Olei Oüv .
Tinct. Opii
Mo F. Enema.
VEL
“if Decoc. Semin. Lini . • • .
Nalri vitriol. . .
Olei Pûcini ........
. . . Si]. -ri
Tinct. Opii ........
M. F. Enema,
(2) Aquæ Fæniculi 5)6*
- Kali gutt. XXV.
Spirit. Ætlier. nitros. . . . 3 fi.
Tin et. O pii . *. • , . gutt. xx-xxx.
M. F. Haustus quartis horis sumendus.
Pendant un accès aigu de gravelle, lorsqu’il survient une néphrite , ou que Ton a à la craindre , an doit tirer une quantité de sang proportionnée à Tage de l’individu, et mettre ensuite celui-ci dans un bain chaud, à la sortie duqnel on re couvrira immédiatement la partie avec de la flanelle trempée dans une infusion chaude de plantes émollientes, ou avec des vessies remplies d’eau tiède ; on peut faire prendre fréquemment des lavemens émoliiens et anodins (i), et administrer les opiacés jusqu à ce que la douleur .et Fieri tàtion aient disparu. Pour seconder ces moyens, le malade doit boire abondamment des tisanes mucilagineuses délayantes , telles que l’infusion de graines de lin , la solution de gomme arabique , ou ta décoction d’orge , etc. , au:5|quelles on peut ajouter une petite quantité de nitre, s’il existe beaucoup de chaleur fébrile, ou s’il parait y avoir quelque tendance à l’inflammation.
Si la douleur et la chaleur dans la région des reins ne s’abattent pas en douze heures , et que le pouls reste aussi dur et aussi fréquent , on peut répéter la saignée.
Quand la douleur est un peu diminuée , il sera convenable de donner quelque médicament laxatif, tel que Fhuiie de ricin ; mais si Festomac ve-
‘ (i) ^ Decoc. Amyli . . • * % xij.
Olei Oliv . ; . . 5 fj.
Tioct. Opii . . . gult. XL.
M. pro Enemate»
nait à la rejeter, on la remplacerait par deux gros de sulfate de magne'sie dans une infusion de graines de lin , avec quatre ou cinq gouttes de teinture d’opium.
Les diurétiques et les ve'sicatoires sont nuisibles.
Dans les douleurs locales produites par l’action stimulante des corps étrangers, ou bien dans les cas où des graviers descendent le long de l’urètre, l’application du froid sur la partie affectée a souvent un effet très-salutaire. Le docteur Darwin parie d’un cas de cette nature , dans lequel un individu , qui éprouvait des douleurs excessives et continuelles par la présence de graviers dans l’uretère , obtenait du soulagement plusieurs fois dans la journée , en appliquant sur la partie douloureuse un sachet de lieige ou de glace pilée, et en la laissant fondre sur l’endroit. Quand on ne peut avoir ni neige , ni glace , on peut produire du froid en faisant évaporer de l’éther.
Le régime des individus affectés de la pierre ou de la gravelle doit être léger et nourrissant ; ils doivent éviter avec soin les liqueurs fermentées , les vins tartareux , et tous les acides.
L’eau gazeuse alcaline est très-convenable ; mais nous nous croyons autorisés à conclure que les acides de toute espèce sont nuisibles , et produisent , chez ceux qui sont disposés à ces maladies, la formation des concrétions calculeuses , en causant la séparation de l’acide urique que contient Furiiie. En effet, nous voyons tous les jours les
maladies calculeuses être aggravées par les boissons acides, et soulagées parles substances alcalines.
L’eau de Seltzer a quelquefois été employée avec beaucoup d’avantage dans les maladies des voies urinaires , spécialement dans celles qui dépendent d’un calcul. L’effet dissolvant qu’elle peut avoir dans ce cas n’est pas encore déterminé; mais il esî certain qu’elle rend moins douloureuse l’évacuation des urines muqueuses, chargées de graviers et souvent purulentes.
On dit aussi que les affections douloureuses des reins et de la vessie, compliquées de la présence d’un calcul, sont très-soulagées par l’usage interne et externe de l’eau de Buxton. Plusieurs individus encore ont retiré beaucoup de soulagement en buvant chaque jour une pinte d’une décoction faite avec une poignée de racines de
poireaux et quelques jets de fenouil.
ORDRE HUITIÈME
DIALYSES ( nr^LrsÆS *
Caractère. Solution de continuité sensible à la vue ou au toucher dans quelque partie du corps.
Des Ulcérés. (Ulcéra.)
En parlant ici des ulcères , je n’ai nullement intention de m’occuper de ce qui est du ressort
* Etymologie, àtaXvay dissolvo.
de la chirurgie; aussi me bornerai- je à faire quelques observations sur ceux qui sont lies à une affection constitutionnelle, et à décrire la nouvelle méthode d’après laquelle M. Baynton traite ceux qui sont invétérés.
Les ulcères proviennent ordinairement d’une lésion externe , comme une plaie , une contusion , etc. , qui est entretenue par l’effet d’un mauvais traitement ; ou ils sont la suite de l’inflammation , de la syphilis , du scorbut , ou de quelque autre maladie.
Quand un ulcère existe depuis long-temps, et qu’il est devenu une sorte d’émonctoire habituel , on ne doit jamais en tenter la cicatrisation sans le remplacer à l’aide d’une évacuation artificielle , au moyen d’un ou de plusieurs cautères. Quelques personnes, particulièrement des vieillards, sont devenues les victimes d’une semblable imprudence. Mais quand un ulcère est récent, on doit le cicatriser. •
Quand des granulations s’élèvent au-dessus du niveau de la peau , le sulfate de cuivre peut les détruire et favoriser la cicatrisation. M. Home recommande , dans ces cas , l’application de la rhubarbe , mais ses vertus paraissent trop faibles.
Pour améliorer les ulcères fétides et les disposer à se cicatriser , on emploie avec succès un cataplasme composé d’une demi-livre de cataplasme farineux ordinaire, et de deux onces de poudre de charbon de bois. Des carottes bouillies , et mises ensuite en pulpe , de manière à former un
cataplasme , sont pareillement employées avec lin égal avantage. Dans les cas d’ulcères qui demandent à être traités par des remèdes antiseptiques puissans , le cataplasme effervescent de la pharmacopée chirurgicale * sera très-convenable.
La poudre d’écorce du xanthcÉylon (connu dans les Indes occidentales sous le nom de massue d’Hercule), appliquée à la surface des ulcères invétérés , passe depuis long-temps pour un puissant détersif et un excellent cicatrisant, après que l’on a remédié à la gangrène.
Dans les ulcères de longue durée , et quand la constitution est viciée , l’on doit en même temps diriger ses soins contre la maladie locale, et tâcher d’améliorer la santé générale , en administrant des altérans, tels que les pilules de Plummer, une solution d-oxy-muriate niercuriel , et une 'décoction des bois sudorifiques. Dans les cas où nous avons sujet de soupçonner qu’une diathèse syphilitique existe sourdement , ces médicamens sont de toute nécessité.
Quand les ulcères sont la suite du scorbut, outre les applications locales , on doit donner à l’intérieur les antiscorbutiques.
Il arrive assez souvent que différentes espèces d’ulcères se compliquent de callosités d’une nature spécifique , lesquelles peuvent disparaître et être immédiatement remplacées par de nouvelles. Quel que soit le plan de traitement que l’on adopte , il est évident que l’on doit se proposer
V oy'cz torn. I , pag. i65.
pour but d’amener l’uicère à l’ëtat d’ulcère simpie , et quelle que soit la nature de celui-ci , le traitement suivant, recommandé par M. Baynton , ne peut qu’être convenable.
On doit d’abord enlever , avec le rasoir , les poils qui peuvent entourer la plaie , faire attention à ce quelle pus ne puisse être retenu de manière à prendre de l’acreté et à enflammer la peau , disposer les pièces d’appareil pour les enlever avec facilité chaque fois qu’on les renouvelle , ce qui peut arriver deux fois dans les vingtquatre heures , si la suppuration est très-abondante, et qu’il y ait beaucoup d’irritation , quoique presque toujours je ne l’aie fait qu’une fois dans cet espace de temps.
On doit préparer un emplâtre en mêlant dans une cuillère de fer , sur un feulent , quatre onces de dyachylon ordinaire , avec un demi-gros de résine jaune, et en étendant de légères couches du mélange sur des bandelettes d’un calicot doux et poreux , d’une longueur et d’une largeur convenables. On doit alors rafraîchir les bords calleux de l’ulcère , et couper les morceaux d’emplâtre , ainsi préparés , en bandelettes de deux à trois pouces de largeur, et d’une longueur telle qu’elles puissent entourer le membre, et offrir encore après, un boutde quatre pouces de longueur. La partie moyenne de la bandelette doit alors être appliquée sur le côté du membre opposé â la partie inférieure de l’ulcère , de manière que le bor.d inférieur de l’emplâtre puisse êtiAî placé à environ un pouce au-dessous du niveau
de l’nlcère ; et les extrémités de la bandelette seront tirées graduellement sur celui-ci. D’autres bandelettes doivent être appliquées de la même manière au-dessus les unes des autres , jusqu’à ce que toute la surface de l’ulcère et le membre soient couverts entièrement par l’emplâtre , à un pouce au-dessus et au-dessous de la partie malade.
Le tout sera alors enveloppé avec des compresses de calicot, douces , et pliées en trois ou quatre doubles ; une bande de calicot , de trois pouces de largeur et de quatre ou cinq aunes de longueur, et [u-opre à recouvrir le membre depuis le pied jusqu’au genou, doit être appliquée avec autant de force que le malade pourra l’endurer, et aussi également que possible , en commençant sur l’articidation tibio - astragalienne , pour la conduire deux ou trois fois autour du pied , et ensuite au-dessus des malléoles jusqu’à ce que l’on soit parvenu au genou, observant que chaque tour, par son bord inférieur, recouvre environ les deux tiers de celui qui est précisément au-dessous.
Toute l’étendue des parties affectées doit alors être bien mouillée avec de Feaii de fontaine froide; et si l’inflammation est vive , et que la suppuration soit âcre ou excessive , on renouvellera cette espèce d'ablution autant de fois que la chaleur des parties l’indiquera , ou au moins toutes les heures. » Le malade peut alors prendre de l’exercice , en raison de ce que j’ai , dit M. Baynton , généralement remarqué que
mes malades étaient plus à leur aise quand ils ànarchaient beaucoup , et que leur guérison , loin 4’ê'tre retardée, était au contraire la plupart du temps accélérée par ce genre d’exercice : je pense que les cures obtenues par un tel traitement , seront bien moins longues que celles obtenues par toute espèce de traitement pendant lequel le malade garde le lit.
Je préfère appliquer de bonne heure le matin rappareil recommandé , avant la manifestation de r œdème , qui survient si fréquemment dans <de telles circonstances ; et cela , premièrement , dans i 'intention de rendre le ton aux vaisseaux lymphatiques , en soutenant leurs parois», «et, secondement, dans l’espoir de mieux rapprocher les bords «divisés.
J) Je préfère encore, ajoute-t-il, l’usage du calicot à celui du linge , par Fexpérience que j’ai de sa supériorité sur bien .des 'points : il n’expose pas les parties à cette gêne et à cetteconstriclion qui a lieu avec le linge ; il est plus perméable , et conséquemment propre à prévenir la iformation des sinus, qui peuvent être occasionnés par la rétention dn pus-, si l’appareil est aussi serré qu’on le recommande ; il paraît plus en rapport avec la peau , et , .par son élasticité , il permet un peu l’action musculaire , tout en soutenant suffisamment les parties ; enfin il est bien moins cher. J’ai déjà dit que le calicot poreux est 'trèsavantageux, et je préfère celui qui est doux et bien uni à celui qui est plus fm et moins perméable. ljned)ande de la même étoffe est, je
p^nse, très-préférable au linge ou à la ilanelie ; elle est plus élastique et plus douce , moins gênante et plus propre elle a de plus l’avantage d’être un bien meilleur conducteur de cette chaleur morbide qui existe si constamment dans les parties enflammées , et qu’il est essentiel de combattre. »
Le grand nombre d’observations rapportées par M. Baynton prouve évidemment la supériorité de sa méthode sur toutes celles qui ont été mises en usage jusqu’à présent, et démontre que l’on peut guérir promptement les plus mauvais et les plus anciens ulcères chez les indigens, même dans les cas où la peau ne peut pas prêter assez pour recouvrir tant soit peu les parties dénudées.
M. Baynton, se demandant à quoi on doit attribuer ces avantages, dit qu’on ne peut les rapporter aux ingrédiens de l’emplâtre agglutinatif , aux effets du bandage, à l’exercice employé, ni à aucune nuance constitutionnelle , puisque les mêmes effets ont toujours été le résultat de sa méthode, que les malades fussent jeunes ou vieux, robustes ou émaciés, sobres ou intempérans ; d’ailleurs les onguens , composés des mêmes substances que l’emplâtre agglutinatif, les bandes, l’exercice, etc., sans V attention df amener les parties divisées les unes vers des autres ^ ont été employés de toutes les manières et dans un grand nombre de cas, sans procurer de semblables avantages. M. Baynton répond lui-même à cette question ,
Descriptive Aç count of a New Method of treating old Ulcers of the legs.
en renvoyant à la doctrine de Hunter sur ce sujet , laquelle enseigne que les ulcères , dans leur cicatrisation , diminuent d’ëtendue par le resserrement des granulations nouvellement formées : or, ce resserrement est secondé, dit-il, par les effets mécaniques de Templâtre agglutinatif.
Une autre théorie sur le même sujet, est celle de M. Simmons'^, chirurgien de Thopital de Manchester, lequel approuve fortement Femploi des emplâtres agglutinatifs , recommandés par M. Baynton, et parait regarder cette méthode comme une des plus heureuses découvertes de la chirurgie moderne ; car, par ce procédé , on peut faire plus en une semaine qu’on ne fait en plusieurs suivant l’ancienne méthode. Mais quiconque, dit-il, voudra s’en servir, dans le cas d’ulcère chronique étendu , à la partie interne de la jambe , par exemple , sera convaincu de l’impossibilité de rapprocher la peau. Ses avantages consistent donc à offrir un bandage qui donne du ton et fait disparaître l’induration , et à tenir la surface ulcérée de niveau avec la peau environnante. La marche de la cicatrisation ressemble à celle de la congélation de l’eau, ou à la cristallisation des sels, phénomènes qui, l’un et l’autre, sont favorisés par une surface unie. Cette opinion de M. Simmons sur la méthode de M. Baynton me paraît très-plausible.
Doctor Dune arC s Annals of Medicine Jor 1797, artic. i4*
Sgü
Des Brûlures.
Dans tous les accidens de cette nature, il paraît de la plus grande importance de porter remède à l’instant ; car, par ce moyen, la violente angoisse est apaisée, et le soulèvement de l’épiderme , qui , dans les moindres brûlures , est ordinairement assez considérable pour rendre la guérison fort longue , est en grande partie prévenu. Le moyen que l’on peut employer le plus promptement et avec plus d’avantage dans de telles circonstances*, est de plonger la partie brûlée dans de l’eau très-froide , ou de l’exposer au jet d’une pompe. Le passage de la souffrance au soulagement est vraiment subit. D’ailleurs , on a toujours de l’eau quand on veut; et après y avoir laissé la partie pendant un espace de temps convenable , il suffira de la couvrir avec des linges mouillés et de diriger sur elle , de temps en temps, des courans d’air, au moyen d’un petit tube ou d’un soufflet , jusqu’à ce qu’un froid considérable survienne. L’éther ou l’acool, en raison de leur grande volatilité , pourraient être aussi employés avec avantage. Par ce simple procédé , une large étendue de peau qui avait été carbonifiée , et qu’entourait un cercle inflammatoire très-grande, a été parfaitement guérie en fort peu de temps , sans escarre ni ulcération , la croûte s’étant desséchée , et ayant laissé une surface saine.
Depuis long-temps, l’application delà glace a
été beaucoup recommandée par sir James Earle
et par quelques autres praticiens distingués.
Depuis long-temps aussi l’on est dans l’usage, à l’hôpital Saint-Thomas , dans le cas de brûlures parle feu ou les liquides bouillans , de bien oindre les parties avec une plume trempée dans un liniment huileux (i) ; mais cette application paraît très-inefficace , et je pense qu’il serait plus avantageux de se servir de compresses trempées dans de l’eau froide , de l’éther, de l’alcool, ou un mélange réfrigérant (2) , aussi long-temps qu’il existe dans les parties de la chaleur et de l’inflammation. Quand ces symptômes s’abattent , le liniment indiqué , ou du cérat étendu sur de la charpie fine , pourront entrer dans le pansement.
Pour modérer la douleur et procurer du sommeil , dans les cas où la brûlure a une grande ctendue, on aura recours aux opiacés. Quand il survient beaucoup de chaleur fébrile , on emploiera les doux laxatifs et les réfrigérans, et la méthode antiphlogistique sera strictement observée.
(1) Olei Oliv. . . . . 5 iij.
Aquæ Calcis . 5 vj.
M. F. Linimentum,
(2) ^ Spirit. Vini . . . 5 ij-
Aquæ Calcis . .
F. Lotio,
VEL
Of Aquæ Litharg. acet. 5 j.
Spirit. Camphoræ . . 3 ij.
Aquæ disùll* • « t. « t, • . * • • * ihj*
Si les parties deviennent livides et noires, de manière à menacer de gangrène, le vin de quinquina et les autres moyens conseilles doivent être mis en usage.
Au lieu de l’application de Feau, de la glace et des autres sédatifs dont nous venons de parler, une méthode tout-à-fait opposée a depuis peu été recommandée par le docteur Kentish"^. Il conseille Fapplication des stimulans , tels que l’essence de térébenthine, l’alcali volatil fluor et l’éther, appliqués de manière à empêcher Faction réfrigérante qui résulte de leur évaporation. Les parties malades doivent être plongées deux ou trois fois dans de l’esprit de vin ou de l’eau-devie camphrée, ou de l’essence de térébenthine chauffés au bain-marie , et recouvertes deux fois par jour avec un liniment étendu sur un linge doux , et dans la composition duquel entre le basilicon jaune ordinaire , amolli avec de l’essence de térébenthine. Au second pansement, les parties doivent être lavées avec de l’esprit de vin rectifié , ou avec de la teinture d’opium chaude. Quarid la suppuration s’établit , on doit employer des applications plus douces. Comme moyen de stimulation générale , en même temps , il recommande l’usage interne de Féther, de l’eau-de-vie, de l’opium et des autres excitans, aune dose proportionnée à la gravité de la blessure immédiatement après l’accident, et répétée une ou deux fois dans les douze premières heures , et ensuite le vin ou la bière, jusqu’à ce que la suppuration s’établisse J
* Essay on Burns.
Ce mode de traitement, dont le docteur Kentish parle avec beaucoup d’emphase , demande de sa part une plus longue expérience, et exige d’ailleurs l’approbation des autres praticiens. Avant que d’abandonner la méthode antiphlogistique, il faut que nous soyons entièrement convaincus que la sienne a des avantages réels. B.ell nous a laissé cependant quelques observations * qui tendent grandement à la recommander , et qui prouvent que le soulagement est produit dans l’espace d’une demi-heure , pourvu que l’huile de térébenthine soit employée le plus promptement possible après l’accident ; et que Jamais la douleur ne s’est prolongée plus de deux heures. « Dans plusieurs cas légers , dit-il , dans lesquels j’ai vu employer l’eau froide , il fallait toujours l’espace de six et assez souvent de huit heures pour que le malade fût délivré des douleurs atroces qu’il éprouvait ; cardans l’instant où l’application de l’eau n’avait plus lieu, la douleur renaissait avec beaucoup plus de violence. Je me rappelle qu’un chirurgien distingué de Newcastle , M. Anderson , fit part au docteur Kentish , il y a plus de deux ans, qu’une dame ayant eu les deux avantbras fortement brûlés par de l’eau bouillante, depuis l’extrémité des doigts Jusqu’au dessus des coudes, l’huile de térébenthine fut appliquée à l’un d’eux aussitôt après l’accident, et l’autre futplongé dans de l’eau froide , renouvelée autant de fois qu’elle commençait à s’échauffer; le bras sur lequel l’huile de térébenthine fut appliquée cessa entiè-
* Medical and PhysicalJournal, voU iii, 206.
rement de faire souffrir au bout d’une demi-heure; l’autre continila à être douloureux, lorsqu’il était sorti de l’eau, même pour un instant, pendant plus de six heures : et , autant qu’il m’en souvienne , il fut beaucoup plus de temps à guérir. »
D’après de nouveaux renseignemens , il paraît que les médecins du voisinage du docteur Kentish ont presque tous adopté son mode de pratique , et sont pleinement convaincus de son efficacité. M. Hammick , médecin de l’hôpital royal de la marine à Plymouth , lui a aussi adressé des félicitations , et regarde son procédé comme supérieur à tous ceux qui sont employés dans ce vaste établissement, où les expériences sont si faciles , en raison des fréquentes explosions de la poudre a canon à bord des vaisseaux de sa majesté. «Ainsi, dit-il, la marche vers la suppuration est en général rendue plus prompte ; ces marques irrégulières ou covitures que l’on observe après les autres applications , ne se rencontrent pas après l’usage de la térébenthine , et la cicatrice n’est pas aussi sujette à se rompre que cela arrivait autrefois : ce qui donnait lieu à la formation d’ulcères très -douloureux et très-rebelles. »
Dans le second essai du docteur Kentish sur les brûlures , où il tâche de réfuter l’opinion de sir James Earle sur les avantages de l’application de la glace , se trouvent quantité de faits rapportés pour établir la supériorité de sa méthode stimulante. Dans le cours de sa pratique il a ce-
Médical and PhjsicalJ ournal ^ vol. iiij pa§. 262,
6qo maladies
pendant fait quelques changemens à son premier plan de traitement. « Je n’ai trouve' rien de meilleur , dit-il, dans le premier degré de la brûlure , où Faction de la partie est seulement augmentée, que l’huile de térébenthine chauffée et le digestif de térébenthine. Dans les brûlures superficielles, quand la douleur a cessé , il est couverîahle de quitter cette application au bout d’environ vingtquatre heures , cet espace de temps , dans le plus grand nombre des cas , étant suffisant ; au second pansement on emploiera un digestif suffisamment épaissi avec de l’huile ordinaire , et le troisième jour on appliquera le cérat de pierre calaminaire. J’ai fréquemment vu une inflammation secondaire produite par ce remède , ce qui , la première fois , me donna beaucoup d’inquiétude. Cet accident a été également observé par plusieurs personnes de l’art. Le remède le plus certain , en pareil cas , est une pommade huileuse ou du cérat , avec un large cataplasme chaud par-dessus ; s’il y a beaucoup de malaise général , on administrera un anodin proportionné à l’âge du malade. »
M. Parkinson , de Leicester , est un autre partisan de la méthode stimulante , et vante beaucoup l’efficacité de l’esprit de vin pour remédier à la douleur et à l’inflammation occasionnées par l’action du feu ou d’un liquide bouillant sur quelque partie du corps Il recommande de couvrir les parties brûlées avec des morceaux de vessie amollis dans l’eau chaude , et de mouil-
* Memoirs oj the Medical Society j vol. v, art. 7.
LOCALES. 6oî
kr constamment ceux-ci avec une liqüeur spiritueuse ; la douleur cesse , dit-il , ordinaire-» ment au bout d’une demi -heure; mais dans les brûlures étendues et profondes , cette application doit être continuée pendant douze ou vingt-quatre heures , au bout duquel temps on trouve que l’inflammation a entièrement disparu. Pour cicatriser l’ulcère , le cérat de cire et d’huile suffit.
Dans le second volume des Medical Facts and Oh sensations y John Hunter a inséré les remarques d’un brasseur distingué d’Edinburgh ( David Cleghorn) , sur des brûlures par le feu et l’eau bouillante, dont les accidens ont été combattus avec beaucoup de succès par l’application du vinaigre. Le docteur Kentish est porté à attribuer les bons effets du vinaigre , dans ce cas , à l’alcool qu’il contient.
Quant à moi, je suis d’avis que le traitement antiphlogistique est plus convenable pendaiitla sensation de chaleur et de douleur ; mais s’il se présente des symptômes de faiblesse, je pense que la méthode stimulante doit avoir la préférence.
La différence de constitution des individus , les périodes ou les degrés de la maladie entrent pour beaucoup dans le succès de la méthode employée. S’il n’existe d’autre accident qu’un léger soulèvement de l’épiderme , le meilleur remède est l’application réfrigérante de l’eau ; mais lorsque les tégumens sont brûlés , que l’épiderme est entièrement détruit , qu’il y a beaucoup de phlyctenes et de la douleur , et qu’il existe en même temps
6o2 maladies
une atonie générale , Faction stimulante de la térébenthine sera assurément préférable , car les effets sédatifs du froid dans de telles circons^ tances pourraient éteindre le principe vital.
Des Dartres. (Herpetes. ) ^
Les dartres sont des éruptions de larges taches pustuleuses dispersées ça et là à la surface du corps , d’une couleur blanchâtre ou rouge , et qui, à la longue , se Joignent les unes aux autres, donnant issue à un fluide séreux limpide , et formant des ulcères. Après un certain temps, il se développe des écailles rugueuses, qui, venant à se détacher , laissent à découvert une surface rouge. Les mêmes symptômes se renouvellent jusqu’à ce qu’on parvienne à guérir la maladie , ou qu’elle disparaisse spontanément , ce qui arrive peu souvent. Mais comme elle est locale , et bornée à la peau , rarement la santé générale s’en ressent.
Le défaut de propreté , le mauvais régime , et un séjour dans les lieux humides , *en sont les causes ; mais certaines constitutions semblent particulièrement y être disposées.
La guérison des dartres doit être effectuée par des lotions de sulfate de zinc et d’acétate de plomb , et par l’application de pommades contenant du zinc oxydé (i) , du mercure, ou de l’acide sulfurique.
* Etymologie, EpTreîv , repiare.
(i) 'if Zinci Calcinati
LOCALES. 6o3
Une forte décoction de feuilles fraîches de digitale , est aussi une très-bonne application. Un remède très-efficace est de toucher deux ou trois fois par jour les parties affectées avec fhuile fraîche de noix.
Quand la maladie est invétérée , il faut avoir recours aux médicamens internes , aux pilules de calomélas et d’antimoine (i), à une solution d’oxy-muriate de mercure, à la décoction d’écorce de saule , de salsepareille ou de gaïac , au julep d’acide sulfurique (2) , et à une diète végétale et lactée. Les bains chauds peuvent également être avantageux.
De la Teigne. (Tinea. )
Cette maladie consiste en une éruption pustuleuse du cuir chevelu causée par une matière âcre particulière qui ronge la peau et étend en-
Adipis suillæ . . ^j.
M. F. Un^uentum.
(1) ‘2f Galomelanos . .
Suif. Antimon. præcip .
Guaiaci Gummi resinæ . 5 ij.
Bals. Copaïb. . . q. s.
M. V.Pilulœ LX. Capiat j. — iv. omni node liorâ decubitus.
(2) ^ Acid, sulph . 5 ij.
Aquæ fontis . ^ j 6* Adde
Syrup, simpl. . • . . . ij.
M. Capiat ^ j vel 5 ij bis terve in die ex qquæ purcz c^'atho.
6o4 MALADIES
suite son acrimonie aux parties adjacentes. Les enfans , particulièrement ceux de la 'basse classe du peuple , en sont principalement atteints.
La teigne reconnaît le plus ordinairement pour causes la malpropreté , la mauvaise nourriture , le lait d’une nourrice malsaine ; mais elle est quelquefois prod uite par un contact immédiat , en employant un peigne imprégné de la matière fournie par la tête d’un teigneux.
Quand les moyens convenables sont mis en usage , cette maladie est rarement difficile à guérir. Le traitement consiste à raser exactement la tête , et à la couvrir ensuite avec un onguent composé de soufre ou d’oxy-muriate de mercure et de poix (i), avant l’application journalière duquel on fera des lotions alcalines ou excitantes (2). Si ces moyens sont sans effet, nous
(1) ^ Picis liquid . îb fi.
Ceræ flavæ ^fi.
Flor. sulpli . I ij.
F. ünguentum.
VEL
:2f. Unguent. Picis ......... § ij.
Hydr arg. rauriat. . . gr. vj.
(2) ^ Nicotianæ . . . . ^ ij.
“Aquæ fontis . . . tfe j.
Coque ad Vô) fi. et colaturæ adde
Aqiiæ Rali . 5j.
M. F. Lotio.
VEL
^ Kali suîphurat . 5 fi*
Aquæ Calcis . îbj.
Balsam. Saponis . | j.
LOCALES. 6o5
pouvons y substituer des applications astringentes ou excitantes , en dirigeant en même temps nos soins d’après l’êtat de la santé générale.
Dans les éruptions teigneuses que l’on observe sur la tête des enfans , et lorsqu’une matière ichoreuse claire s’étend sous l’épiderme et excorie les parties , l’application de l’onguent indiqué cidessous (i) est très-avantageuse, et manque rarement d’effectuer une guérison radicale. On doit s’en servir tous les soirs, recouvrir ensuite la tête avec une vessie ou du linge , et la laver le lendemain matin avec de l’eau de savon.
Dans le traitement de la teigne , on a retiré de grands avantages de couper les cheveux aussi près que possible, de laver les parties avec de l’eau de savon chaude , et ensuite de les saupoudrer soir et matin avec du charbon pulvérisé.
Outre ces applications externes, il peut quelquefois être nécessaire d’administrer des médicamens altérans (2). Les doses en doivent différer selon l’âge et la constitution du malade ; et s’il
(1) ^ Cretæ præpar . ?
Cale. Hydrarg. albi . ^ ââ 3 j.
Ceruss. acetat . § f3.
Unguent. Hydrarg. nitrat . 5 ij.
- Picis . § ij.
M. F. Unguentum.
(2) ^ Magnes, cale . 1 __
Hydrarg. cum Sulph. ^ ° *
Calomelan . gr. i /4 -1/2.
M. F. Pulvis horâ somni sumendus.
6o6 MALADIES
existe de l’acidité dans les premières voies , on y ajoutera quelque absorbant , tels que le carbonate de chaux préparé ou la magnésie. Dans tous les cas , le ventre doit être tenu libre. Il est aussi avantageux de faire prendre de temps en temps au malade un bain tiède.
On sait que dans la teigne , on a donné l’acide sulfurique à l’intérieur , en même temps que l’on n’employait à l’extérieur que de la farine de froment. On rapporte que cette maladie a été encore fréquemment guérie par le seul usage de la poudre de coquilles. Ces deux substances diffèrent beaucoup par leur composition chimique , mais leur effet est le même pour absorber la matière qui suinte de la surface de la tête.
Si les ganglions' lymphatiques cervicaux venaient à s’engorger lorsque la tête se sèche , il faudrait mettre un cautère ou un vésicatoire au cou.
Le régime , dans la teigne , doit être fortifiant et nutritif, et le malade doit éviter les alimens salés et le poisson.
De la Gale. (Psora. )
La gale est une affection évidemment bornée à la peau , et qui ne devient jamais générale , quelque grande que soit Firritation qui l’accompagne.
Le plus ordinairement elle est produite par contagion , et est communiquée par le contact du corps , des habits , ou des draps du lit d’un galeux ; mais elle est quelquefois le résultat d’une
LOCALES. bOJ
nourriture malsaine, du mauvais air, et du défaut de propreté. Ceux qui habitent les lieux montagneux et froids y sont particulièrement exposés ; aussi est-ce une maladie très-fréquente parmi les montagnards de l’Ecosse.
La gale se manifeste par de petites taches sur les doigts , les poignets , les jarrets et le milieu du corps, lesquelles bientôt après, deviennent autant de pustules , et sont accompagnées d’une vive démangeaison , avec envie continuelle de se gratter. Quand elles s’ouvrent, le fluide âcre qu’elles contiennent tombe sur les parties voisines , et propage la maladie sur toute l’étendue du corps, si l’on n’emploie pas des remèdes convenables pour arrêter ses progrès. Quand les pustules sont très-volumineuses, et accompagnées de beaucoup d’inflammation , elles sont sujettes à passer à l’état d’ulcères. Les animalcules , que l’on observe dans les pustules, en sont l’effet , et non la cause ; car^ tous les autres fluides stagnans fourmillent d’animaux microscopiques.
Le remède qui a été employé avec le plus de succès dans le traitement de la gale , est le soufre, non-seulement à l’extérieur, en frictions, comme dans l’onguent soufré , mais aussi quelquefois à l’intérieur. Son usage à l’extérieur , quoique très-efficace , étant très-désagréable , en raison de la malpropreté que produit son application et de son odeur , on lui substitue fréquemment d’autres remèdes. Les plus énergiques, parmi ces derniers, sont une solution d’arsenic ou d’oxymu-
Go8 MALADIES
riate de mercure (i); differentes combinaison^ de Facide sulfurique (2), Fellébore blanc (3), et une forte décoction de digitale. Dans plusieurs cas d’affections psoriques, j’ai réussi en employant simplement une forte infusion de tabac en lotion , deux ou trois fois par jour.
Outre Foxy-muriatede mercure, d’autres préparations mercurielles ont été employées avec succès (4)- S’il en résulte de la chaleur, du trouble et les autres effets d’un stimulant trop actif appliqué sur la peau , on doit en cesser l’usage pour ne se servir que d’un peu de saindoux pur, application qui sera continuée jusqu’à ce que les accidens aient entièrement disparu.
La gale , formée par une foule de petits ulcères sur la peau , est très-promptement guérie
(1) Tf Hydrarg. mur . . . gr. vj.
Ammon, muriat. . . gr. x.
Aquæ distili . 5 iv.
(2) OL Acidi sulphur .
Adipis suillæ ^præp . | j.
M. F. Unguentum.
(3) Helleb. Albi pulv . | j.
Adipis suillæ præparalæ § iv.
M.F. Unguentum.
(4) ^ Calcis Hydrarg. albi . 5 î*
Calomelanos . • . . 'S 6.
Lac. Sulpburis . . ^ ij.
A . Olei essent. Lavend. . . . guU. xl.
Adipis suillæ . 5 ij.
M.F. Unguentum ornni nocte horâ decubitus applicant dum.
LOCALES. bog
par Fasage interne de Facide sulfurique , qui augmente l’absorption cutanée. L’application, à l’extérieur, du soufre , du mercure et des végé~ taux acres, agit de la même manière.
Les individus affectés de gale doivent s’abstenir des alimens fortement assaisonnés , des viandes salées, du poisson et des liqueurs échauffantes ; leur régime doit consister principalement en végétaux et en lait, avec une fort petite quantité de substances animales. Ils doivent changer de linge fréquemment, et apporter la plus grande attention à la propreté. Quand on fait usage de l’onguent d’acide sulfurique, les parties sur lesquelles on l’applique doivent être recouvertes de flanelle au lieu de linge, en raison des effets destructeurs de cet acide sur les matières végétales.
Du Ring- Worm. ( Impetigo. )
C’est une maladie cutanée contagieuse , mais qui, chez quelques individus, parait dépendre d’une prédisposition particulière. On Fobserve plus fréquemment dans les pays chauds que dans les contrées froides ; et, quand elle est invétérée, il est difficile de la faire disparaître.
- Eli e se manifeste par de petites taches rouges, circulaires , et qui contiennent un fluide âcre et séreux. Quand le corps est échauffé par l’exercice , il survient des démangeaisons considérables , et le malade , venant à se gratter , fait échapper l’humeur que les pustules couliennent, laquelle , en se répandant sur les parties voisines,
GîO MALADIES
étend la maladie. Le voUime primitif du cercle^ formé par les boutons , a ordioairement environ retendue d’une pièce de six sous; mais, avec le temps , il devient aussi grand que la paume de la main.
Dans certains cas , la maladie est universelle , et Fécoïiomie en est infectée ; la peau prend une apparence lépreuse , et est défigurée par des pustules ; le malheureux malade ne jouit pas d’un moment de repos , à cause des démangeaisons excessives et des excoriations douloureuses do:at il est affecté.
Quand la maladie n’est pas invétérée , il est facile de la faire disparaître en lavant les parties malades avec une lotion astringente ; et quand celle-ci est sans effet, on peut avoir recours aux remèdes conseillés pour la curation de la gale. L’application des champignons sur les pustules est, dit-oii , un remède très-efficace aussi. Un cataplasme, fait avec les fleurs du ring -worm hiisii ou dartrier ( Cassia alaLa ) , arbre de la Goiarie française, est très- employé dans les Iodes occidentales.
Il arrive rarement que les médicamens internes soient nécessaires. Quand la maladie est invétérée , un léger altérant, tel que les pilules de Plummer, avec une décoction des bois sudorifiques , est probablement ce qui convient le
mieux.- ‘
,1e sais que, depuis long-temps, la plupart, des écoliers ^ dans le voisinage de Imndres , ont été très-tourmentés par cette maladie, qui, chez
eux, a principalement fixe son siège au cuir chevelu. Cette particularité est due , sans douîe , à l’emploi du meme peigne pour les malades et pour ceux qui ne le sont pas; et, par cette voie, la maladie peut être transmise très -promptement. J’ai été une lois témoin de la promptitude avec laquelle la maladie fut communiquée à une école nombreuse de garçons, par les dents du peigne d'un créole nouvellement arrivé des iodes occidentales, et qui en était attaqué.
Celte éruption prurigineuse se manifeste en générai sur la tête , par- un petit cercle rouge qui , graduellement , augmente de diamètre , et se recouvre d’une croûte furfuracée ; ensuite de quoi les cheveux tombent avec une grande facilité. Quand un de ces cercles est formé , on peut s’attendre à en voir naître d’autres, jusqu’à ce que , joints les uns aux autres, iis occupent enfin toute l’étendue du cuir chevelu. Si l’on n’a pas recours à temps aux moyens convenables , il survient des engorgemens glanduleux, et quelquefois des ulcérations.
Le traitement consiste à raser la tête tous les quatre ou cinq jours ; à la laver deux ou trois fois par jour avec une solution de sulfate de zinc ; et à y appliquer tous les soirs un peu d’onguent de nitrate de mercure , pour la laver de nouveau le lendemain matin avec de l’eau de savon et un morceau de iianelle. Dans les cas invétérés, où il existe des engorgemens glanduleux ou des ulcérations , nous pouvons conseiller les altérans à l’intérieur.
De la Goutte Dose. ( Gutta Rosea.)
Cette affection provient fréquemment des excès d’ivrognerie , quoique des personnes qui mènent une vie réglée en puissent être affectées. Elle n’est point dangereuse, et ne cause que trèspeu de malaise ; mais ordinairement on désire vivement sa guérison , pour laquelle les préparations métalliques sont surtout usitées. Ainsi, les solutions d’acétate de plomb sont souvent employées avec succès ; mais néanmoins une faible solution d’oxy -muriate de mercure paraît plus puissante.
La disparition rapide de cette inflammation cutanée , quand elle est devenue habituelle , est pourtant accompagnée de danger , et assez souvent donne lieu à des accidens fâcheux. Ainsi , on a vu survenir par cette cause des céphalalgies intenses , la cécité , Tépilepsie et la paralysie.
Un remède très-employé par les femmes en pareil cas , est la lotion de Gowland , dont la base est , à ce que Ton croit généralement , le muriate suroxydé de mercure ; mais c’est une application qui n’est pas sans inconvéniens au bout de quelque temps.
Quand les boutons sont devenus rebelles , le meilleur moyen à employer , est d’éviter le vin et les liqueurs spiritueuses, d’entretenir la liberté du ventre par des purgatifs salins , et de faire usage du calomélàs joint â des antimoniaux. La solution arsenicale est un remède très-efficace
Î.OCÂLES. 6l3
dans quelques cas ; on commencera à en prendre huit gouttes deux fois par jour, et l’on augmentera graduellement la dose jusqu’à vingt gouttes, aussi long-temps que cette préparation ne produira pas d’accidens fâcheux.
Si l’on emploie extérieurement imesoluiion de plomb ou une préparation de mercure , on pratiquera un large cautère entre les épaules.
De la Chigre.
La Chigre est une espèce de petite puce de sable , très-incommode dans les indes occidentales ; elle s’introduit ordinairement dans les parties molles et tendres des doigts et des orteils, particulièrement sous les ongles , où elle augmente de volume , ne causant d’autre douleur qu’une démangeaison et une chaleur désagréables.
Avec le temps , cependant , il se forme une petite ampoule ou phiyctène , dans laquelle sont déposés des milliers de lentes ou œufs , qui deviennent autant de petites chigres, et, si l’on n’en opère promptement l’extraction , il en résulte des ulcères rongeurs. Quelques individus ont perdu des membres , et même la vie , pour avoir négligé d’en faire l’extraction à temps. Au moment donc où une démangeaison , une rougeur, et une chaleur plus que naturelle, se font ressentir dans la partie attaquée par une chigre , il faut arracher cet insecte avec une aiguille très-pointue , ce que les nègres pratiquent ordinairement avec adresse , en le piquant et le tirant au dehors, et , s’il y a un kysle formé , en enlevant celui-ci eu
fîî4 MALADIFS
entier; car si on le rompt, il en peut résulter des ulcères fâcheux. On remplit ensuite la cavité avec des cendres de tabac ou du tabac en poudre. Dans les cas très-invélërés , où , par négligence , les mains ou les pieds sont remplis de chlores , il est néc essaire , après F extraction des différens kystes , de laver les parties avec une forte décoction de tabac ou une solution de sulfate de cuivre.
Des Engelures. (Perniones.)
Les engelures sont des gonflemens inflamma» toires , douloureux , cFan rouge pourpre ou violacé , auxquels les doigts , les orteils , les talons et les autres parties éloignées du centre circulatoire sont sujets , lorsqu’ils sont exposés au froid. La douleur iFest pas continue; elle est lancinante et aiguë dans certains momens, et accompagnée d’une démangeaison insupportable. Dans quelques cas , la peau reste intacte , mais d’autres fois elle se fend , et laisse écouler de la sérosité. Quand le froid a 'été très-vif, ou -que son impression a été long-temps continuée , les |)arties affectées tomben ten gangrène , et forment des escarres, dont la chute donne lieu à des ulcères de mauvaise nature.
Les enfans et les vieillards sont plus exposés aux engelures que les individus de moyen âge ; et l’on remarque que ceux qui ont une constitution sci’ophuieuse en sont cruellement affectés.
La meilleure manière de prévenir celte affection est d’éviter avec beaucoup de soin Fhumidité
Oil le froid ; ceux qui y sont sujets doivent avoir Je soin , à Tapproche de Fhiver , de porter des gants et des bas de laine , et de ne pas exposer les mains ou les pieds Irop précipitamment à la chaleur lorsque ces parties sont froides.
Dans les cas ordinaires, aussitôt qiFon s’aperçoit cpie qiiehjue partie est affectée , il faut la bien frotter avec de l’esprit de romarin et de l’essence de téréhenthine ; après quoi l’on* y appliquera des compresses d'un linge doux , imbibées d’eau-de-vie camphrée ou d’une liqueur stimulanie (i).
Quand les tumeurs s’ouvrent ou s’ulcèrent , on peut y appliquer, pendant quelques jours, des cataplasmes et des linimens émoiiiens ; mais comme ce genre de remèdes est sujet à produire des végétations fongueuses , qu’il est difficile ensuite de détruire , on ne doit pas le continuer long-temps. On prévient avec succès les excroissances en appliquant de temps en temps un caustique sur les bords de F ulcère , et en le pansant tous les jours avec Fonguent de nitrate de mercure , ou , si ce dernier est trop énergique , on y ajoutera un peu de blanc de baleine.
(î) Tf Aluminis . S ij.
Aceti .... .
Spirit. A^iîii ten
ââ ife 15.
VEL
Solut. Sapon. cum Camphor. .
Aquæ Ammon, acet. ......
- - puræ .
GiG
MALADIES ANOMALES.
Des V ers. ( Yermes.)
Le corps humain peut nourrir trois espccef de vers , les ascarides ou petits vers blancs , les lombrics ou vers ronds , et les tænias ou vers plats et formes de plnsieurs anneaux , dont la longueur est ordinairement considérable. Cependant on rencontre plus rarement ces derniers que les autres dans notre pays ; mais , en Allemagne et en Suisse , les habitans en souffrent beaucoup. On dit que chacune d? ces espèces occupe une région distincte du canal alimentaire ; ainsi en particulier le rectum est le siège des ascarides , qui sont toujours enveloppés de mucosités.
La mauvaise nourriture et les mauvaises digestions paraissent être la principale cause des vers. On les rencontre plus fréquemment chez les individus d’une constitution molle , et dont les intestins contiennent abondamment des matières glaireuses : aussi c’est une maladie très-commune chez les enfans ; mais elle existe également quelquefois chez les adultes, particulièrement chez ceux qui vivent entièrement de végétaux.
Les symptômes des affections vermineuses sont les suivans : l’appétit est inconstant , l’haleine fétide ; il y a des éructations acides et des doideiirs d'estomac , des grincemens de dents pendant le sommeil, une dvhnangeaison du nez, de la pâleur, le ventre est dur et plein; les selles sont
ANOMALES. 6 1*?
glaireuses ; des coliques se font sentir de temps en temps , plus spécialement autour du nombril ; il y a de la chaleur et des démangeaisons autour de Fanus, une toux courte et sèche ; le corps est émacié ; il existe une fièvre lente,, avec des exacerbations vers le soir ; le pouls est irrégulier, et quelquefois il survient des convulsions.
ïî est très-difficile de parvenii' à expulser les vers , particulièrement les tænias. Quand ils entraînent la perte du malade, c’est qu’ils ont rongé quelque partie ou déterminé un état hectique.
Dans le traitement de cette maladie , nous devons avoir en vue, i“. d’effectuer la destruction et l’expulsion des vers, et 2® d’empêcher leur génération à venir. La première de ces intentions sera atteinte à l’aide de certains remèdes connus sous le nom de vermifuges, qui tous agissent de l’une de ces trois manières :
1®. Par un simple effet purgatif, comme le mercure , la rhubarbe et Faloès , ainsi que différens amers énergiques , comme la rhue , la tanaisie et le semen-contra ;
2^". Mécaniquement , comme la poudre d’éiain, celle du Labradia pruriens^ ou enfin
3°. Chimiquement, comme Feau de chaux, qui diminue l’adhérence des vers aux intestins , en dissolvant le mucus qui les enveloppe.
Nous pouvons commencer le traitement par ceux qui agissent mécaniquement (1), et, après
(i) Stanni rasur . , Conserv. Absinth
les avoir continués pendant deux ou trois Jours , nous aurons recours à ceux qui ont un effet pur^ gatif (i), que nous changerons au bout de quelque temps pour ceux qui agissent chimiquement (2). Pendant Fusage des antbeimintiques mécaniques, on emploiera une infusion amère (3).
Avec les enfans auxquels on ne peut faire prendre la poudre de iabradia , soit en bol, soit en élecluaire , on emploiera des tablettes qui , outre ce médicament, contiendront encore une quantité convenable de sucre , de fécule de Marailla indica ^ et de gomme adragant. Si ces moyens sont inefficaces, on aura recours à la
Syriip. simpl. . • « . . . cp s.
M. F. Eleciuariuni cujus sumat 0 j bis in die. ^
VEL
^ Hydrarg. cum sulph . . , gr. viij.
Pulv. Stanni ........... gr. xv.
VEL
Tf Slizolobii . 5 j.
Syrup, simpl . . . q. s.
M. F. Elecluarium. Capiat cochleare minimum mane prinw per dies très et posted
Olei Pvicini . .
(i) If Pulv. Jalap.
gr. X.
Calomel. . .
gG iij-
(2) Aquæ Calcis .
ib 13. in die.
(3) ^ Rad Gentian . ^
Fol. Âbsinlh . f
- Rutæ . . . . . .
aa 3 1],
Cortic. Limon . • * 3
Aquæ fervenlis .
Ib ij.
Macéra per horam unam et cola.
ANOMALES. 6 ICI
Spigelia^ qui, dans plusieurs circonstances, a paris un remcde très-puissant. On en donnera environ dix grains en poudre, matin et soir, à un enfant de huit ou dix ans , âge auquel les doses des remèdes prècèdens conviennent également. La spigeiia est un végétal vénéneux et narcotique , qualités auxquelles elle doit probablement sa ver lu an the 1 m i n tiq a e .
Après remploi du stizolohium ou cowhage ( Lahradia priirïensyy^ avec Fbuile de ricin après chaque troisiènie dose, comme purgatif, on aura rarement besoin de recourir à d’autres remèdes ; car, chez plusieurs centaines de malades, oii je l’ai employé pendant ma pratique aux Indes occidentales, je ne l’ai jamais vu manquer son effet. Ce médicament n’a été introduit en Angleterre que depuis très-peu de temps ; ce qui, eu égard â son énergie , est vraiment surprenant. Certaines tablettes très-A^antées comme vermifuges , sont principalement formées , à mon avis , de cowhage et de sucre blanc, avec une dose considérable de caloméias.
Une décoction de Geoffrœa inerniis ^ est un autre remède employé aux Indes occidentales , particulièrement â la Jamaïque , pour détruire les vers, et souvent avec succès.
Pour détruire les ascarides , il est très-ordinaire de faire dans le rectum des injections qui leur sont nuisibles (i). Celle faite avec la partie
(l) ^ Arjuæ Calcis tepid J^ro Lnemate»
inférieure ou chevelue du stizolobium , bouillie dans une légère décoction de gruau, pourrait avoir un bon effet. Le docteur Darwin a proposé d’introduire dans le rectum un morceau de chandelle ^ bien enduit d’onguent mercuriel.
Une manière particulière d’employer le tabac , a été recommandée par le docteur Barton*, qui assure que cette plante a produit dans plusieurs cas des effets très-avantageux. On pile les feuilles avec du vinaigre , et on les applique en cataplasme à la région épigastrique ; ce c|ui chasse souvent les vers, dit-il, après qu’on a administré en vain à l’intérieur de très-puissans anthelmintiques. Je sais qu’une pratique analogue est adoptée dans les Indes occidentales, où l’on applique sur l’abdomen un cataplasme de suc exprimé de l’arbre aloès , et j’en ai observé plusieurs fois de bons effets , mais seulement contre les lombrics.
La fougère mâle {Jilix mas) est un remède très-vanté contre le tænia, qui, de tous les vers, est le plus difficile â détruire. La dose, pour un adulte , en est d’un à deux gros. Après la seconde
* Medic, and Physic. Journal vol. vin, pag. 428.
VEL
Folio. Sabinæ .
- Rutæ .
- Absiiilhii . , , .
Coque ex Aquæ puræ . *
Colat. adde Olei Kicini M. F. Enema.
ââ 5 iij.
ib j § X.
ANOMALES. 621
dose , on donnera un purgatif compose de cinq grains de calo mêlas et de vingt-cinq de jalap.
La racine de grenadier est aussi regardée comme un remède très-efficace contre cette espèce de vers
Dans le cinquième volume du Journal de Pétersbourg, un nouveau remède a été proposé, pour la destruction du tsénia, par M. Schmuker, et approuvé par M. Loeffler. Ce sont les semences de cevadille , à la dose d’un demi-gros , en poudre fine , avec du miel , tous les matins à jeun, avec rattention d’administrer un purgatif drastique le cinquième matin. M. Schmuker assure que ce remède n’a jamais manqué de soulager dans tous les cas où il en a fait essai : s’il échauffe l’estomac , il préfère l’administrer en pilules.
Les eaux sulfureuses , telles que celles de Harrowgate, en Angleterre, et celles des îles de la Jamaïque et de Nevis dans les Indes occidentales, bues sur les lieux , paraissent de très-bons anlhelmintiques. L’eau de Harrowgate en particulier est un remède sûr contre les lombrics et les ascarides , quand elle est prise à assez forte dose pour agir comme un violent purgatif, ou en lavemens , puisque les ascarides sont principalement logés dans le rectum.
Les personnes qui ont des vers doivent s’abstenir des végétaux crus et des fruits qui ne sont pas mûrs, et vivre principalement de substances animales légères , nourrissantes , et de facile digestion.
* Edinburgh Medical Journal for January ^ 1807.
Apres v.n Dsage convenable des vermifuges qui ont été conseüiés, nous devons en employer d’autres qui tendent à donner du ton a l’estomac et aux intestins , afin de prévenir la génération de nouveaux vers, un relâchement de ces parties étant une disposition constante à leur production. Les toniques les plus convenables ici sont le quinquina , les amers astringens et les chalybés j comme dans la dyspepsie.
Des Poisons,
îl y a quatre espèces de poisons, les minéraux, les végétaux, les gazeux et les animaux. Les poisons minéraux doivent être distingués des végétaux par leur mode d’action. Les premiers corrodent, stimulent ou enflamment ; les derniers en général stupéfient , et ne laissent point de traces d’inflammation. Aucun des poisons minéraux ne fait périr, avant d’avoir causé les plus violentes douleurs pendant deux ou trois heures au moins : tandis que parmi les poisons végétaux il en est qui tuent dans l’espace de quelques minutes. Le caractère des poisons animaux est tout aussi tranchant; car, quoique dans la peste, la bouche et le gosier soient souvent affectés , l’altération locale de l’estomac n’existe jamiais. Les poisons gazeux agissent encore plus promptement qu’aucun de ceux des autres espèces , et leur action sur la respiration est si prononcée qu’on ne peut jamais s’y méprendre.
ANOMALES.
Des Poisons minéraux.
Parmi les poisons minéraux, les principaux sont rarsenic, le muriate suroxydé oudeuto-chlorure de mercure , et le plomb.
Quand rarsenic a été donné sciemment, ou pris par mégarde , on éprouve bientôt une sensation déchirante et brûlante dans l’estomac, des tlouleurs subites et atroces dans les intestins , un vomissement intense ; la langue , la bouche et la gorge deviennent arides et se gercent; le malade est en proie à une soif inextinguible et à une grande anxiété. Si la dose a été considérable, et que des antidotcfs convenables n’aient pas été employés à temps , il s’en suit une inflammation de l’estomac et des intestins , qui se termine promptement par la gangrène , avec grande distension de l’abdomen , froid des extrémités , vomissemens et selles fétides ; des hoquets , enfin , annoncent l’approche de la mort.
D ans le cinquième volume du Journal des Sciences médicales et naturelles, page 543, on rapporte un cas qui fait voir que l’arsenic , ainsi que tout autre poison minéral , peut être introduit dans l’économie par la voie des absorbans , et produire des effets très-délétères.
Il y a d eux théories émises quaiit à la manière dont l’arsenic agit : Ja première est que ses propriétés vénéneuses sont dues à l’action de ses pointes aigues sur l’estomac ; la seconde admet que cette substance a une action particulière sur
le système nerveux. INi Tune ni Tautre ne paraissent être exemptes de reproches.
Les effets produits chez un individu qui a avale une dose considérable d'xoy-muriate de mercure sont assez semblables à ceux que détermine l’arsenic.
Ceux qui sont la suite de l’introduction du plomb dans l’estomac et les intestins , ont déjà été décrits ainsi que le traitement qui leur convient, au sujet de la colique des peintres et de la paralysie.
Toutes les espèces d’empoisonnemens sont toujours plus ou moins dangereuses , mais le danger est constamment proportionné à la quantité de poison qui a été prise , et à l’espace de temps qui s’est écoulé avant qu’on ait porté des secours.
Dans tous les cas d’empoisonnement par l’arsenic ou le muriate suroxydé de mercure , il faut procurer par haut une évacuation aussi prompte et aussi abondante que possible , au moyen d’un fort vomitif (i), et faire prendre ensuite des boissons délayantes en grande quantité , telles qu’une décoction d’orge , avec la gomme arabique , des bouillons de mouton et de
(i) Zinci vitriol . xv.
Pulv. Ipecacuan. jjr. x.
F. Puhis statini sumendus.
Anlimon. tartaris.
Zinci vitriol. . .
gr- ij-
gr. X.
AîS'OMALES: 625
veâu , de Tinfusion de graines de lin avec du lait, etc. , dans la vue d’adoucir ies parties, et d’empêcher l’action des molécules de la substance léthifère.
Dans la même intention , l’huile est assez souvent administrée par la bouche , ou en lavemens , mêlée à une décoction de plantes émollientes. Il paraît, cependant, d’après un ^ grand nombre d’expériences, que, lorsqu’on fait prendre aux animaux l’arsenic combiné à l’huile, au beurre , ou autres substances grasses , ils périssent bien plus promptement que lorsque cette substance leur est administrée dans un véhicule aqueux. L’emploi des corps gras doit par conséquent être défendu, pendant les premiers momens , dans les cas d’empoisonnement par l’arsenic , et l’on doit faire usage à leur place des substances much lagineuses et gélatineuses.
On a remarqué que les sels alcalins obviaient aux effets funestes des poisons minéraux, et par conséquent, dans tous les cas de cette nature, il sera toujours convenable d’en faire usage sans perdre de temps. Pour cet effet , on dissoudra environ une once de sous-carbonate de potasse , dans deux pintes d’eau , et l’on en donnera fréquemment au malade une tasse à thé.
Quand aucun de ces sels n’est sous la main , on peut alors y substituer une petite quantité de cendres de bois , que l’on fait bouillir dans de l’eau , de manière à donner à cette dernière une force suffisante , en laissant reposer la liqueur 2. 40
et la filtrant ensuite à travers un linge pour Fu-
sage.
Le sulfure de potasse est un re'mède qui, dans les cas d’empoisonnemens par l’arsenic et par le sublimé corrosif , produit un grand soulagement aussi bien que les sels alcalins. Le malade peut par conséquent en prendre un gros dans une pinte d’eau chaude.
Dans les cas où de l’oxyde de cuivre vient de pénétrer immédiatement dans l’estomac, on doit d’abord donner les émétiques , et ensuite en abondance de l’eau froide légèrement alcalisée.
Les épreuves suivantes serviront à faire reconnaître la présence de l’arsenic dans les matières que contient l’estomac : 1°. Si l’on en jette quelques grains sur un fer rougi au feu , il se dégage une odeur semblable à celle de l’ail; 2®. si l’on en met quelques grains entre deux plaques de cuivre, et qu’on les expose à une chaleur rouge, le cuivre se blanchit; 3°. quand la quantité en est assez considérable , on peut faire macérer un peu de froment dans sa solution , et si on le donne à des poulets ou à de petits oiseaux, il les fait périr.
Un autre moyen simple et efficace pour découvrir la présence de l’arsenic , est celui de Bergman. Il consiste à verser une portion de la matière suspecte dans une solution d’alcali végétal : après l’y avoir laissée pendant une heure ou deux , on y verse une solution de sulfate de cuivre. Si le mélange contient de l’arsenic , le cuivre
ANOMALES. 627
sera sur-le-champ précipité en un vert superbe. L’eau ou les matières contenues dans un estomac où l’on soupçonne la présence de l’arsenic , peuvent être traitées de cette manière.
On peut aussi précipiter Farstÿiic , d’un liquide dans lequel il est dissout , par le moyen d’un hydro-sulfure alcalin ; mais pour l’homme qui réfléchit sur les différens procédés à l’aide desquels on peut reconnaître la présence de l’arsenic , celui de Bergman paraît le plus précis et le plus décisif ; par lui en effet on peut reconnaître une très-petite quantité de cette substance, qu’elle soit à l’état liquide ou à l’état solide.
C’est ainsi que le praticien sera mis à meme d’énoncer son opinion avec assurance, s’il est appelé devant un tribunal*; mais ceux qui désirent se familiariser avec les procédés employés en pareil cas , doivent consulter le Dictionnaire de Chimie de M. Aikins , et le Système de Chimie deM. Murray.
Lorsqu’un individu a , par mégarde , avalé de l’acide sulfurique ou de l’acide nitrique, on doit lui faire boire sur-le-champ une grande quantité d’eau tiède pour affaiblir la causticité du poi-
* Quelques expériences, faites par le docteur Bostock , de Liverpool , au sujet d’un individu accusé d’assassinat et qui fut acquitté , expériences qui se trouvent rapportées dans le dix-septième numéro du Journal d’Edinburgii , doivent être d’u'. grand poids dans toutes les procédures judiciaires , où la question d’empoisonnement est agitée. Elles prouvent qu’un animal peut périr subitement par l’introduction d’un poison métallique dans l’estomac, que, après la mort, l’analyse la plus scrupuleuse puisse
sans
faire découvrir la plus légère trace de poison dans les matières contenues dans l’estomac.
son , et alors il peut prendre une solution d'une demi-once de carbonate de po lasse ou de cendres gravelëes pures ,-dans une pinte d’eau , divisant cette dose en six ou huit prises. Ayant neutralise le poison avec la solution alcaline , ou rayant évacué par les ëmétiques, nous pouvons conseiller de fortes doses de lait de vache , dans le cas où la sensation d’une chaleur brûlante dans l’estomac et les intestins ne disparaîtrait pas. Des lavemens de la même nature peuvent être employés pour adoucir le canal intestinal.
Quoique ces cas n’appartiennent pas à la classe des poisons , il n’est cependant pas déplacé de faire remarquer ici , que lorsque des clous , ou quelqu’autre morceau de fer, ont été avalés par accident et séjournent dans l’estomac , l’acide nitrique étendu d’eau sera un dissolvant puissant.
Des Poisons végétaux.
Quelques espèces de champignons , la ciguë , la moreile , la digitale , et d’autres plantes de la classe des narcotiques , occasionnent souvent des empoisonnemens. Dans les Indes occidentales l’iisiige de la cassave donne fréquemment lieu à des accidens semblables : lorsqu’elle n’est pas cuite , elle agit en effet comme un poison essentiellement mortel ; mais lorsque l’on a exprimé le jus âcre qu’elle contient, et qu’on l’a fait cuire au four sous la forme de petits gâteaux, elle se transforme en une espèce de pain sain
ANOMALES. 629
et nourrissant , employé dans la plupart des Iles et en Afrique.
Les symptômes produits par tous les poisons végétaux sont le vertige , le trouble de la vue , l’égarement des yeux, les palpitations , la perte de la mémoire et de la voix , la stupeur , les nausées , les vomissemens , la grande distension de l’estomac , les soubresauts généraux et les convulsions.
Dans les accidens de cette nature , nous devons provoquer sur-le-champ l’évacuation de la matière nuisible , ou combattre ses effets.
I.a première de ces indications sera remplie par l’administration d’émétiques énergiques , comme le tartrate d’antimoine et de potasse ou le sulfate de zinc, les délayans et les lavemens laxatifs.
La seconde indication consiste à faire prendre en abondance au malade des boissons fortement acidulées avec l’acide sulfurique, le vinaigre, le jus de citron ou l’acide citrique , lesquels seront les meilleurs antidotes contre tout ce qui pourra rester de vénéneux dans l’estomac, et les moyens les plus certains pour dissiper la stupeur ; on appliquera un vésicatoire entre les épaules , ou des sinapismes à la plante des pieds , et Ton fera marcher le malade continuellement , s’il est capable de se tenir sur les jambes ; dans le cas contraire , oh secouera fortement son corps.
Pourc remédier aux effets funestes de l’opium et des autres poisons végétaux analogues , dans les cas où la dose est forte , il faut produire un
degre d’irritation capable de combattre leur reriiï soporifique. Pour cela le malade doit etre continuellement frotté dans différentes parties avec du sel ; on doit lui faire prendre le plus tôt possible , comme vomitif, un demi gros , ou meme un gros entier de sulfate de zinc , dans environ une once d’eau ; et lorsque ce médicament commence à agir, il faut lui faire boire une grande quantité d’eau chaude ou d’infusion de camomille , et ensuite de l’acide sulfurique , du jus de citron, etc. , dans du vin , ou de l’éther mêlé à la confection cordiale. Afin d’obliger le malade à avaler, il est nécessaire de l’étendre sur le dos et d’introduire une petite quantité du liquide dans sa bouche , en irritant en même temps ses narines avec une plume trempée dans l’esprit volatil de corne de cerf. Les frictions avec le sel et les autres stimulans externes paraissent utiles , en raison de ce que l’opium jette l’estomac dans un tel engourdissement, que les médicamens donnés à fintérieur ne peuvent produire que trèspeu d’effet.
Pour obvier à cet engourdissement de F estomac et pour stimuler toute l’économie , il paraît convenable d’administrer des doses considérables d’ammoniaque. Un auteur moderne * a observé que , dans les cas où un poison narcotique , particulièrement l’opium ou la jusquiame , avait été avalé , et dans lesquels une stupeur alarmante existait depuis plusieurs heures , malgré tous les secours des assistans , une êuillerée d’une
* Doctor Stone’s Tt'^^^tise on the Diseases oj^ the stomach.
ANOMALES. 63 1
forte solution d’ammoniaque rëveiilail le malade , et lui donnait la force d’exprimer le soulagement qu’il éprouvait, et qu’en répétant l’administration de ce medicament, tant que la stupeur reparaissait , la sensibilité et l’irritabilité étaient rétablies graduellement.
Des Poisons gazeux.
Les signes extérieurs que présentent les individus suffoqués par les vapeurs délétères qui émanent du charbon, de différens métaux, tels que le cuivre, le plomb, l’antimoine;, le mercure , etc. , ou pour avoir séjourné ou dormi dans des appartemens non aérés , dans des grottes et dans des mines, sont les suivans : la tête , la face et le cou sont enflés ; les yeux font saillie hors de leurs orbites ; la langue est tournée d’un côté ; les mâchoires sont extrêmement serrées ; le visage est livide , et les lèvres sont d’une couleur bleue foncée ; le ventre est ballonné; le corps est insensible à la douleur, et l’individu paraît plongé dans un profond sommeil.
Les premiers symptômes que le malade éprouve en respirant un air vicié par des émanations délétères, sont le v^ertige, les convulsions et un engourdissement général.
Aussitôt qu’on s’aperçoit qu’un individu a été suffoqué par une pareille vapeur, on doit ouvrir les portes et les fenêtres, le déshabiller et l’exposer â l’air frais , en le tenant en même temps penché sur une chaise. Peu après , on doit le couvrir
avec des flanelles ou des couvertures, lui arroser la face de vinaigre , et le creux de festomac d’eau froide. On peut mettre également les jambes dans un bain froid ; et , comme les animaux qui servent aux expériences dans la grotte du Chien , sont rappelés à la vie par leur immersion dans un lac voisin , il serait possible que l’immersion subite de tout le corps dans de l’eau froide pût être avantageuse. Après chaque application de vinaigre et d’eau , la peau sera frottée avec de la flanelle ou avec une brosse douce , et les tempes et fintérieur des narines seront stimulés par des esprits volatils ; on appliquera des bouteilles remplies d’eau chaude à la plante des pieds, et on laissera ensuite le malade dans un repos parfait pendant quelque temps. En outre , les lavemens d’eau avec le vinaigre , sont avantageux ; et lorsque les forces vitales se relèvent, on doit exciter le vomissement au moyen d’une plume trempée dans l’huile , tandis que , par intervalles , on continue à faire de légères frictions. Les premiers symptômes qui indiquent un changement heureux, sont la sortie d’écume par la bouche, et le frissonnement de tout le corps, spécialement après les affusions d’eau froide.
Quand les moyens dont nous venons de parler ne raniment pas le malade , il esl convenable d’employer l’électricité ou le galvanisme : des commotions répétéès , particulièrement au moyen de la pile , peuvent être dirigées à travers le thorax. La saignée , et l’introduction artificielle de Fair dans les poumons au moyen d’un tube ou
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d’un soufflet destiné à cet usage , peuvent aussi être essayées. Si ces tentatives réussissent de manière à ce que la respiration paraisse se rétablir , on peut faire inspirer du gaz oxygène. Lorsque la déglutition est possible , la boisson la plus convenable estl’oxycrat ou quelque autre liqueur acidulée.
En Russie , dans la basse classe , il arrive trèsfréquemment des accidens par des vapeurs d’un genre particulier. Les riches , dans ce pays , ont de doubles fenêtres à leurs maisons pendant rhiver ; mais les pauvres n’en ont que de simples. Pendant la gelée , il se forme une incrustation en dedans de ces fenêtres , qui est due à la condensation des perspirations pulmonaire et cutanée , des nombreux individus qui vivent ensemble dans la même chambre. Il s’y joint les vapeurs nuisibles des chandelles et du poêle qui échauffe la chambre. Quand il survient un dégel , cette couche de glace se trouve convertie en eau , et il s’en dégage un principe délétère qui occasionne des effets semblables à ceux que produisent les vapeurs du charbon. Les individus frappés par cette émanation sont transportés sur-lechamp en plein air , où on les place sur la neige , sans autre vêtement qu’une chemise et des caleçons de toile. On leur frotte alors les tempes et la région épigastrique avec de la neige , et on leur verse de l’eau froide dans la gorge. Les frictions sont continuées jusqu’à ce que la teinte livide de la peau disparaisse et que les tégumens reprennent leur couleur nàturelle.
Des Poisons animaux.
Plusieurs d’entre eux ont déjà été décrits, et les effets auxquels ils donnent lieu ont fait le sujet des chapitres de FHydropliobie , de la Syphilis, du Cancer et de la Peste. Il ne nous reste donc maintenant qu’a examiner le poison des serpens venimeux , de la vipère et de quelques espèces particulières de poissons des pays chauds.
Dans la plupart des provinces de l’Inde, les individus qui travaillent aux champs sont souvent mordus par des serpens venimeux ; et comme , très-fréquemment, il n’y a point de plaie apparente , ces malheureux sont disposés à attribuer au premier abord le malaise qu’ils éprouvent aune piqûre d’épine, de chardon, etc. Cependant, au bout de quelques minutes, on ne peut plus s’y méprendre ; l’infortunée victime devient malade , éprouve des sueurs froides ; rabattement augmente par degrés ; il survient quelquefois des convulsions, et la mort arrive à grands pas. On assure qu’un très-petit nombre de ceux qui sont ainsi mordus vivent au-delà d’une demi-heure , et que quelques-uns meurent dans l’espace de quelques minutes.
Les symptômes qui se déclarent à la suite de l’introduction du venin du serpent à sonnettes ' dans le sang, sont des nausées, la plénitude, la force et l’agitation du pouls , le gonflement de tout le corps ; les yeux sont très-injectés ; il survient quelquefois des sueurs de sang abondantes,
ANOMALES. ^ 635
et souvent des hémorrhagies par les yeux , îe nez et les oreilles ; les dents claquent les unes contre les autres, et les douleurs et les gémissemens du malade dénotent une mort prochaine. Le venin de ce rep tile est généralement d’une couleur jaunâtre , tirant un peu sur le vert, et il devient plus foncé dans le temps des grandes chaleurs. Pendant la saison de Faccouplement , il paraît plus actif qu’à toute autre époque. Ses effets léthifères sont tels, qu’on a vu un chien en périr en quelques minutes.
Lorsqu’on ,a été mordu par un serpent venimeux, la première chose à faire est, quand la partie le permet, d’appliquer une ligature trèsserrée au-dessus de l’endroit mordu , de manière à empêcher l’absorption du virus ; alors on doit évacuer celui qui a été introduit dans la plaie en la suçant, comme le font avec impunité certains Indiens , et en provoquant la sortie du sang par des scarifications et des ventouses ; ou bien on pratique l’excision des parties endommagées, ou l’on y applique le caustique.
Le marc de savon , l’alcali volatil, le succinate d’ammoniaque et l’eau de Luce sont d’excellentes applications pour les morsures faites par le serpent à sonnettes et les autres serpens venimeux , pourvu que ces substances soient employées immédiatement aiirès l’accident. Le dernier de ces
JL
remèdes est employé , dit-on , avec succès dans ‘ les Indes orientales , à l’intérieur , à la dose d’une cuillerée à thé dans un plein verre d’eau. Le jus frais du polygala de Yirginie , appliqué sur une
plaie de cette nature, est, dit-on, un puissant
antidote.
Le capitaine Carver, dans ses Voyages dans l’Amérique septentrionale , rapporte que les Indiens sont tellement convaincus de la vertu de cette plante , que , moyennant une légère dose d’une liqueur spiritueuse , ils se laissent , en tout temps, mordre par un serpent à sonnettes. Il parle également du sel comme d’un remède efficace contre la morsure de ce reptile , pourvu qu’il soit appliqué sur-le-champ en solution concentrée.
Quand , par défaut de secours , le poison a été ab'sorbé , tout ce que l’on peut faire , c’est de provoquer une forte perspiration au moyen des émétiques et des sudorifiques énergiques. Suivant le docteur Barton'^, on obtient cet effet en faisant prendre au malade le jus de la rhue des jardins , que les Indiens , à Jersey , administrent à la dose de deux cuillerées foutes les deux heures.
Dans les cas où l’on ne peut se procurer cette plante , on donnera de fortes doses de thériaque de Venise , avec l’esprit aromatique volatil et l’éther sulfurique ; que l’on répétera fréquemment , le malade buvant un peu de rhum et d’eau chaude après chaque dose.
L’emploi de l’hüile , en pareil cas, est recommandé depuis- long-temps dans les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres ; mais depuis cette époque , l’expérience parais-
* Transactions of the American Philosophical Societjr held at Philadelphia ^ vol. m.
ANOMALES. bA-y
sait avoir confirme son inefficacité. Plus récemment, cependant, ses vertus ont été constatées ^ dans les cas de morsures du serpent à sonnettes , par M. J. Miller, de la province de Pendleton , dans l’Amérique du nord. Il assure que, dans un grand nombre de cas , l’huile d’olive, prise à l’intérieur , à la dose de quelques cuillerées , et appliquée en même temps sur la partie mordue , a eu du succès quand elle était employée à temps.
Pour les morsures - des autres serpens venimeux , le même mode de traitement doit être adopté. L’infusion d’aristoloche {snake-wood^ à l’intérieur , et les cataplasmes de cette plante à l’extérieur, sont très-employés par les nègres, ainsi qu’une autre espèce d’herbe appelée chlckenfoot J qu’ils mêlent ordinairement avec un peu de sel et d’alcool , de manière à en faire un cataplasme.
Le docteur Bancroft rapporte , dans son histoire de la Guiane , que le remède général pour la morsure des animaux venimeux est un cataplasme fait avec la pulpe de citrons mêlée avec du sel marin , et appliqué sur la morsure ; et il dit avoir fréquemment remarqué ses bons effets, lorsque les parties avaient été scarifiées avant son application.
Dans le sixième volume des Recherches asiatiques , on trouve un mémoire sur le poison des serpens , par l’écuyer vV. Boag : après avoir examiné avec soin les anciennes méthodes curatives, toutes remplies de vague et d’incertitude , il recommande en dernier lieu, comme un spécifique
dans cette épouvantable maladie , le nitrate d’argent ; remède proposé depuis long-temps par Fontana , qui mêla du venin avec ce caustique , et observa que ce mélange le rendait entièrement incapable de nuire, M. Boag pense que le venin des serpens agit sur le sang, en le dépouillant de Toxygène que lui fournit Fair atmosphérique lorsqu’il traverse les poumons , et d’où dépend la qualité qui lui est nécessaire pour entretenir la vie des autres organes. *
Dans le second volume du même ouvrage , page 323, nous trouvons un autre mémoire de l’écuyer J. YV^illiams, sur l’efficacité surprenante d’un remède contre les effets délétères de la morsure de différens serpens , et particulièrement de celle de la cobra de capello. Ce remède consiste à appliquer sur la morsure , et
tique. Ôn assure qu’il arrête subitement les effets funestes du venin ; il est très - possible qu’il puisse avoir une vertu semblable dans les morsures du serpent à sonnettes , de la vipère , etc. Dans les cas de morsure faite par un animal enragé , et lorsque le malade ne veut pas consentir à l’amputation de la partie , ou même après que cette opération est pratiquée, on peut faire essai de ce remède.
Les serpens venimeux se distinguent , pour la plupart , par deux ou plusieurs dents canines ou crochets à la mâchoire supérieure , lesquels , lorsque l’animal est vivant et irrité , deviennent sur-le-champ assez apparens, et laissent une place
ANOMALES 639
vide à la mâchoire supérieure , s’ils ont été arrachés à dessein, ou si l’animal les a perdus par accident. Chez les serpens qui ne sont pas venimeux, il y a trois rangées de dents ordinaires à la mâchoire supérieure : dans les espèces venimeuses , la rangée extérieure manque
Les symptômes qui suivent la morsure de la vipère sont , une douleur très- vive dans la partie mordue ; une tuméfaction considérable d’abord rouge , mais ensuite livide , et se répandant sur les parties voisines. Peu de temps après, des symptômes généraux se manifestent ; l’individu perd connaissance ; le pouls est petit et intermittent ; les nausées et les vomissemeos surviennent ; la peau prend une teinte jaune , et la mort arrive assez fréquemment.
Le traitement que l’on doit mettre en usage est semblable à celui que nous avons conseillé pour la morsure du serpent à sonnettes. Comme application externe , un cataplasme , d’ail ou de chaux vive avec l’huile et le miel a été recommandé ; l’ail a été aussi administré à l’intérieur avec avantage.
La morsure des serpens de notre pays est suivie de symptômes d’une nature semblable , mais moins violens , et ne se montre que rarement funeste. On doit absolument adopter le meme traitement que dans les cas précédens.
Les Européens , lors de leur arrivée aux Indes occidentales et dans d’autres pays brûlans , souffrent ordinairement beaucoup de la mofsure des
'* Doctor RusselV s Account of Indian Serpents.
64ô MALADIES
muscjuittos ^ espèce de cousin qui , quelle que soit la partie qu’ils piquent , déterminent aussitôt la formation de petites tumeurs , qui sont accompagnées d’une vive démangeaison et d’inflammation , en sorte que l’individu ne peut s’empêcher de se gratter , ce qui cause des ulcérations , particulièrement chez les personnes d’un tempérament robuste et pléthorique.
Pour apaiser la démangeaison et l’inflammation , on lavera les parties fréquemment avec une solution d’opium dans l’eau , ou avec l’extrait de Saturne suffisamment étendu. L’alcali volatil est également une bonne application. Il faut en même temps faire usage de quelque laxatif rafraîchissant , et manger peu.
Quand il se manifeste des pustules sur les parties qui ont été mordues , il faut les ouvrir avec la lancette vers le troisième jour , et en faire sortir la sérosité. •
Ceux qui souffrent beaucoup de la morsure de ces insectes doivent porter des gants et de longs Galeçons de toile dans le jour, afin de garantir les extrémités de leurs morsures , et, pendant la nuit, dormirai’ abri d’un filet de linon clair ou de gaze.
Les applications topiques pour les morsures des scorpions, des mille-pattes , des araignées et des guêpes, sont les mêmes qui ont été conseillées pour les musquittos. L’huile d’biive est cependant trèfs-employée à l’extérieur.
En Angleterre , quelques espèces de poissons, telles que les anguilles , le saumon , les harengs , et , chez quelques personnes , les moules , les
ANOMALES. 64 1
îamproies et même les écrevisses de mer , quoique fraîches , produisent une irritation singulière , et donnent lieu , pendant la digestion, à une efflorescence considérable, par fois locale, et parfois générale, avec ou sans fièvre. Mais dans les pays chauds , on trouve très-fréquemment des poissons qui possèdent les qualités les plus délétères. La barracuda Çperca rnajor^ ^ le klng-fish {xiphlas) y les cavallées (^scomber) j le rock-fish (^perca niarina) y le smooth bottle-Jish (^ostracion glabelliuii) y et yellow-blll sprat* ^ sont les poissons que Ton doit le plus redouter. Le dernier est venimeux à ün degré presque incroyable, et, dansplusieurs cas, il a faitpérir Findividu dans Fespace d’une demi-heure, au milieu de convulsions épouvantables. L’anguille congre, ainsi que les grands crabes de terre blancs, qui se nourrissent des feuilles du mancenilier , sont aussi fréquemment venimeux , et produisent de violens choiera.
La cause de cette qualité délétère des poissons a donné lieu à différentes conjectures. Quelques-uns sont portés à croire qu’il y a deux variétés distinctes du même poisson ; d’autres la rapportent aux bancs de couperose, sur lesquels le poisson prend sa nourriture ; et d’autres pensent enfin cpi’ elle est due à une nourriture particulière , qui , sans lui être nuisible , l’imprègne néanmoins d’un poison mortel pour une infinité d’autres animaux. De toutes ces opinions , la dernière paraît la mieux fondée ; car si dès que l’on a retiré le pois-
Tous ces noms sont ceux qu’emploient les habitans de la Jamaïque et des autres colonies anglaises dans les îles d’Amérique.
son de l’hameçon , on a la precaution de le vider et de le saler , il ne produit que rarement des accidens , ou cause tout au plus seulement une légère incommodité, meme quand il est de Fespèce la plus venimeuse. Excepté dans le sprat et les cavallées^ on n’observe point deux variétés distinctes du meme poisson ; et à Fégard des bancs de couperose dans les Indes occidentales , leur existence est une supposition , et n’a jamais été constatée. Quand même , au reste , le fait serait reconnu , on sait que. cette substance est inévitablement mortelle pour tous les poissons. Je pense que nous devons rester bien convaincus que le poison réside dans le tube intestinal , qu’il s’assimile a la nourri ture de l’animal, et qu’il y circule sans détriment pour lui ; et que plus le poisson reste long-tempshors del’eau , plus le poison devient actif ; mais Faction de ce dernier n’a jusqu’à présent Jamais été déterminée d’une manière positive. Une circonstance curieuse en effet , c’est que le même poisson , parfaitement innocent à une certaine époque , devient souvent très-pernicieux dans une autre saison.
Une mort certaine et prompte suit un repas où l’on a mangé àu jellow-bill-sprat; mais avec la plupart des autres poissons venimeux , ce n’est que quelques heures après que l’individu est pris de langueur , de pesanteur , de perte de connaissance , d’une grande agitation , de rougeurs à la face , de vertiges , de cardialgie , de nausées , de coliques, de vomissemens, et d’une diarrhée considérable. Le sentiment d’ardeur, qui ne se fai-
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sait d’abord sentir qu’au visage et aux yeux, finit par s’étendre dans tout le corps, mais plus particulièrement aux paumes des mains et à la plante des pieds ; il est souvent suivi d’une éruption qui se manifeste par de larges ampoules semblables à celles qu’occasionne la piqûre de la punaise ou de l’ortie ordinaire. Le pouls est communément dur et fréquent d’abord , mais il devient bientôt \ etit et faible. Outre l’ardeur de la peau, il existe toujours un sentiment de picotement dans les mains lorsqu’elles sont plongées dans l’eau froide, symptôme particulier qui' peut nous mettre à même de reconnaître sûrement la nature réelle de la maladie.
Dans quelques cas , le col de la vessie , l’urètre et le sphincter de fanus sont également affectés d’ardeur , et le malade éprouve de la difficulté à rendre ses urines, et du ténesme.
Quelques navigateurs , dont les équipages furent très-incommodés pour avoir mangé des poissons vénéneux , ont rapporté que le gonflement des glandes salivaires, avec ptyalisme , est un symptôme fréquent. Dans le peu de ces cas qui furent confiés à mes sôins, pendant mon séjour aux Indes occidentales , aucun symptôme semblable ne se présenta jamais. A une époque avancée, j’ai observé que toute la ^ surface du corps et l’urine prenaient une teinte d’un jaune foncé comme dans l’Ictère. La sueur même colorait le linge en jaune. Ces symptômes parvinrent au plus haut degré , chez un ou deux malades, mais plus particulièrement encore sur moi-mê-
me , ayant en le malhenr une fois d’éprouver les
effets dpleteres du
■ Ouand une grande quantité fin poisson a été prise, ou que sa nature est très-délétère, le malade succombe ordinairement au milieu de violentes convulsions P mais lorsque la quantité et la nature du poison ne doivent pas occasionner la mort , et que là violence de la maladie diminue , le corps s’émacie , l’épiderme se détache dans différentes parties; mais plus particulière^ ment à la paume des mains et à la plante des pieds; les poils tombent, et des douleurs lancinantes vives SC font ressentir pendant un temps / considérable dans les articulations des poignets, des genoux > et des' pieds, et quelquefois dans îes>os cylindriques'. En raison de la grande faiblesse , il arrive assez^ souvent des gonllemens œdémateux aux extrémités inférieures.
' L’empoisonnement par les poissons est' toujours accompagné d’un grand danger ; et meme lorsque Findividu échappe à là mort , sa constitution reçoit assez souvent rine telle secousse , que, pour rétàblir ses forcès’abattues , il est forcé decvoyager dans un pays froid : n’est ce qui m’est arrivé , et cependant plusieurs années s’écoulèrent sans que j’aie'obtenu Feflét désiré.
Les indications en pareille occurrence , sont : I®. de provoquer l’évacuation du poison aussi promptement que possible ; et 2®. de combattre ou de pallier les effets auxquels il peut donner lieu. '
On doit' remplir la première en d’onnant un
anomales:
fort eméüqiie et des boissons délayantes en abondance , comme il est coiiseiiië au sujet des poisons minéraux. Quand findividu est dbine constitution pléthorique , il conviendra egalement après Teffét du vomitif, d’administrer quelque purgatif, tel que Fhuile de ricin, qui peut avoir un double effet , et comme huile et comme laxatif. Quand il existe une grande irritation de l’estomac , sans qu’il ÿ ait des selles copieuses , nous pouvons y substituer le calomëlas (1) , qui, en l aison de son peu de volume , peut être retenu plus aisément.
Pour répondre à la seconde intention, nous devons employer les liqueurs spiritueuses et les autres cordiaux énergiques, tels que le vin de Madère, qui passe depuis long-temps pour avoir la vertu de combattre les effets délétères du poisson venimeux. Cette opinion est, je crois, bien fondée , en raison de ce que , dans la plupart des cas , on a observé que les individus cfui ont pris une certaine quantité de rhum ou d’eau-devie après avoir m^angé du poisson vénéneux, ont bien moins souffert que ceux qui avaient négligé cette précaution.
Le docteur Clarke de la Dominique , dans une lettre au docteur Simmons, de Londres assure
* Medical Facts and Observations, vol. yii , pag. 289. *
(1) 'if tialorael . • . gî'* xj. — xij.
Extract. Colocynth . . gr. x.
Opii . . gr. j.
Syrnp. simpl . q. s.
M. F. Bolas.
que le capsicum ou poivre de Cayenne , est depuis long-temps connu comme antidote de ce poison. Si ce fait était vrai , nous n’entendrions que rarement , ou même jamais , parler d’accidens de xette nature ; car les nègres* emploient nne quantité considérable de capsicum frais dans tout ce qui compose leur nourriture. Il est possible cependant qu’avec l’alcool et les autres stiinulans il puisse être donné avec quelqu’avan tage. '
On a parlé de l’infusion de sensitive comme d’un remède utile dans les cas d’empoisonnement par le poisson : j’en ai fait essai , mais sans succès.
Outre l’emploi des stimulans à l’intérieur, nous devons porter notre attention sur les symptômes les plus urgens. Si le vomissement et l’abondance des selles continuent , malgré les évacuations convenables , ( ce qui arrive souvent ) , nous devons avoir recours aux opiacés administrés par la bouche , comme il est conseillé au chapitre du cholera-morbus, et en lave mens, en les mêlant à du bouillon de mouton, ou à une solution d’amidon. Des doses considérables d’opium sont également nécessaires quand le malade est pris de convulsions, et demandent à être répétées fréquemment.
Pour diminuer la chaleur et la sécheresse de la peau , et pousser à la surface du corps , il sera convenable , après que l’irritation de Testomac a cessé, de donner de légères doses de la poudre d’ipécacuanha composée , ou de la poudre de
ANOMALES. 6^7
James avec des boissons délayantes. Quand il existe de la strangurie , ces dernières seront encore bien plus nécessaires.
Supposant que la qualité vénéneuse des poissons dont nous avons parlé , est due à ce qu’ils prennent leur nourriture dans la mousse qui croît sur les bancs de couperose , le docteur Chisholm^ , dans le traitement de ces affections , pendant son séjour dans les Indes occidentales, s’était proposé de décomposer le poison ; ce à quoi il est parvenu , dit-il , au moyen des alcalis en dissolution dans l’eau. Il n’a jamais essayé, néanmoins, l’alcali volatil, quoiqu’il pense qu’il n’y ait pas à douter de son efficacité.
Les douleurs dans les articulations sont quelquefois très-rebelles , et ne cèdent qu’au bout d’un temps considérable. Les applications de flanelle , les bains tièdes , le petit-lait de moutarde , ou la décoction de gaïac ou de mézéréon , sont les moyens qui paraissent produire le plus de soulagement.
Pour remédier à la faiblesse qui survient par suite de la maladie, et pour relever ses forces , le malade doit se mettre à l’usage des toniques , comme dans les cas de dyspepsie ; et quand leur effet n’est pas assez marqué , sans perdre de temps, il partira pour un pays froid.
Comme le poisson constitue une grande partie de la nourriture des habitans des Indes occidentales, et qu’on en sert journellement sur la plupart des tables , il peut être utile de savoir
Edinburgh Medical Journal, ii" i6.
dislin^iier ceux d’une nature vénéneuse de ceux qui si)iit innocens. Le .signe le plus certain pour en juger est (ie donner les intestins à un chien, un chat ou un canard et si , après une heure ou deux, il ne se maniieste aucun trouble chez ces animaux, le poisson peut être mangé avec assurance. Une autre méthode très employée encore, est de plonger une cuillère d’argent pendant quelque temps dans l’eau où l’on fait bouillir ie poisson , et si, lorsqu’on retire la cuillère, elle n’est point tachée , on croit que le poisson est sain , mais si la couleur en est changée , on juge qu’il est mauvais. On ne doit cependant jamais se fier à cette dernière expérience.
D’après les observations des pêcheurs, il paraît que les poissons qui n’ont pas d’écailles sont plus exposés à devenir vénéneux. Ils regardent ceux d'une grosseur plus qu’ordinaire comme très-suspects.
Pour remédier aux effets x^néneux des moules, des écrevisses de mer, des huîtres, des anguilles, etc. , un fort vomitif doit être administré aussi promptement que possible , et ensuite le malade peut prendre du vinaigre ou du lait.
De V A sphjxie ( Asphyxia. )
Par l’effet de la submersion , de la suffocation et de la strangulation, le principe xdtal reçoit une atteinte fâcheuse qui ne l’éteint pourtant pas toujours entièrement. Quand c’est la première de ces
* Etymologie. A privât, , , pulsus.
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causes qui agit , la circulation devient graduellement plus faible et plus lente , et une grande anxiété se fait ressentir dans la région précordiale ; ce qui porte Findividu à faire tous ses efforts pour s’élever à la Surface de l’eau, où il chasse de ses poumons une certaine quantité d’air qui se trouve remplacé par de l’eau. Après s’être débattu de cette manière pendant quelque temps, il est pris de spasmes convulsifs , les organes de la respiration cessent d’agir, et il expire. Après quoi sa peau prend bientôt une teinte pourpre ou bleue , particulièrement autour de la face et du cou, et son corps gagne le fond de l’eau.
Quand un individu périt par suffocation , les symptômes sont à peu près les mêmes que dans l’apoplexie.
Les phénomènes qui accompagnent la strangulation sont , outre ceux de l’apoplexie, des accès de convulsions.
Les taches livides et brunes foncées sur la face, avec grande roideur et froideur du corps, Fapparence vitreuse des yeux et la flaccidité de la peau, caractérisent une parfaite extinction de la vre : mais le seul signe certain , c’est la putréfaction ; et par conséquent dans tous les cas où ce symptôme n’existe pas , ou lorsque nous ne savons au juste combien de temps un corps est resté sous l’eau, il ne faut négliger aucun moyen pour le rendre à la vie, aussitôt qu’il a été retiré de l’eau, car le principe vital peut être suspendu , et néanmoins avoir encore assez d’énergie pour pouvoir être ranimé.
65o MALADIES
L’ouverture des cadavres des individus morts d’asphyxie par submersion, fait connaître une accumulation de sang dans le système veineux. Les poumons sont dans un état d’affaissement. D ans quelques cas , l’estomac contient de l’eau ; d’autres fois on n’ÿ en rencontre point. Toujours , la surface externe du cerveau a une couleur vermeille foncée , sans distension des vaisseaux, et sans épanchement. Cependant plusieurs médecins supposent que les noyés éprouvent les accidens de l’apoplexie. Mais après avoir échappé à l’apoplexie véritable , l’individu est le plus souvent paralytique , tandis qu’aucun accident de cette nature ne s’observe chez celui qui, étant mort en apparence par suite de submersion , a été rappelé à la vie. La cause principale- de la mort par strangulation , et de celle par submersion , parait être la suspension de l’arrivée de l’air dans les poumons.
Ce que l’on observe à l’ouverture des cadavres , dans les cas de strangulation et de suffocation, est assez analogue à ce que l’on trouve à l’ouverture des noyés , excepté qu’il n’y a point d’eau dans les poumons et dans l’estomac ; il y a toujours un plus grand engorgement dans les vaisseaux de la pie mère.
Les moyens que l’on doit employer pour rappeler à la vie les individus submergés depuis peu de temps , sont les suivans :
Aussitôt que le corps est retiré de l’eau , on doit le porter , avec le moins de secousses et d’agitation qu’il sera possible, à la maison la plus
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Toisine , ou on le dépouillera promptement des yélemens mouillés qui le recouvrent; on l’essuiera et on le séchera parfaitement ; et alors on l’enveloppera dans des couvertures chaudes , en le couchant sur le côté droit de préférence au gauche , afin de favoriser le passage du sang à travers le cœur. On lui couvrira la tête avec un ^bonnet de laine ; et des sachets remplis de sable chaud, ou des briques chauffées et enveloppées dans de la flanelle , seront appliqués à ses pieds. Les portes et les fenêtres de la chambre seront tenues ouvertes , afin que fair frais puisse circuler librement , et l’on ne souffrira autour du malade que les personnes qui sont nécessaires pour lui donner des soins.
Après avoir pris ces mesures , on doit aussitôt tâcher de dilater les poumons , et de leur faire reprendre leur action. Quand on n’a pas le soufflet inventé par Hunter pour cette circonstance , et qui est construit de manière à ce que, par un mouvement, de l’air frais est poussé dans les poumons , tandis que , par un mouvement contraire , on le retire de ces organes , et ainsi de suite , ce qui produit une respiration artificielle , il faut se contenter de souffler de l’air au moyen d’un soufflet ordinaire , ou d’introduire un tube dans une des narines du noyé, de fermer celle du côté opposé et la bouche, et de souffler à travers le tube avec une force considérable.
Les poumons étant dilatés , on doit frotter chaque partie du corps avec du sel et des morceaux de flanelle chauds , en augmentant gra-
diiellcment le degré de chaleur à mesure qrfe îes sigaes du retour à la vie se manifestent. Si les frictions restent sans effet, nous devons appliquer des morceaux de flanelle trempés dans de feau très -chaude sur la légion du cœur et le thorax , ou bien nous pouvons meître le malade dans un bain chaud , a un degré inodéié.
En outre , il est d’usage de stimuler le cerveau en appliquant des sels volatils au nez , et en frottant les tempes avec de l’esprit volatil de corne de cerf ; en même temps , on irrite l’estomac et les intestins au moyen d’émétiques introduits à l’aide d’un tube flexible et de lavemens, ou d’injections de fumée de tabac. L’action salutaire de ce dernier remède est cependant contestée avec raison par un grand nombre de praticiens , par rapport uses propriétés narcotiques ; car, au lieu de répondre à nos désirs , il doit favoriser la dépression du principe vital.
A l’égard des émétiques , il ne faut les administrer que dans les cas où l’on observe à l’extérieur une réplétion manifeste de l’estomac , chargé d’eau ou d’alimens , ou de tous les deux à la fois.
On a quelquefois recours à l’électricité ; mais à moins qu’elle ne soit employée en secousses seulement , elle fera plus de mal que de bien.
D’après quelques expériences faites par le professeur Aldini , de rUniversité de Bologne , sur le corps d’un criminel qui fut exécuté pour assassinat, à Londres, il paraît que le galvanisme promet de, grands avantages dans les cas de mort
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apparente par suite de submersion , et dans les autres espèces d’asphyxie.
Avant que le cadavre eût été disséqué , on lui fit exécuter des mouvemens imisculaires trèsénergiques qui continuèrent pendant plus de sept heures. Dès la première application du galvanisme à la face , la mâchoire commença à remuer, et les muscles de cette partie éprouvèrent des contorsions effrayantes ; un des yeux même s’ouvrit. Dans la suite de l’expérience , la main droite se leva' et se ferma, et les jambes et les cuisses furent mises en mouvement. On assure que tous les témoins de l’expérience crurent que ce criminel était près d’être rendu à la vie.
Voici le mode recommandé par M. Aldini pour l’emploi du galvanisme , en pareille occurrence. 11 plonge la main dans une solution de muriate de soude , et établit un arc , dont une des extrémités entoure l’avant-bras, tandis que l’autre est mise en contact avec la base de la pile. Il adapte à l’extrémité d’un autre arc une sonde élastique , qui est appliquée à l’une des oreilles , mouillée , au moyen d’une seringue , avec la même solution , et il joint l’extrémité opposée de l’arc avec le sommet de la pile.
■ La saignée est un moyen souvent employé dans les asphyxies par submersion ; mais la chaleur naturelle doit toujours être rétablie jusqu’à un certain point par l’emploi des moyens recommandés , avant que de hasarder cette opération. Quand il existe de la stupeur, de la céphalalgie , etc. , après que l’individu est revenu à lui
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il est assurément indiqué de tirer du sang ; et la meilleure manière de le faire, c’est d’appliquer des sangsues aux tempes ; mais lorsque ces symptômes n’existent pas , la saignée , de quelque manière qu’elle soit pratiquée , est plus nuisible qu’avantageuse. Dans les cas de strangulation et de suffocation , lorsqu’il existe des symptômes manifestes de congestion cérébrale , elle peut être suivie d’un très-grand avantage.
^ Les moyens que nous venons de conseiller doivent être continués avec persévérance pendant très-long-temps , et l’on ne peut jamais abandonner l’asphyxié comme mort, avant au moins quatre ou cinq heures d’essai , car on a vu des noyés revenir au bout de ce temps.
Au plus léger signe de respiration ou de vie , le vin et les cordiaux , tels que de l’eau-de-vie chaude et de l’eau, doivent être introduits dans l’estomac à petites doses répétées fréquemment. Quand le malade est entièrement revenu à lui-même, il faut le laisser fort tranquille.
A l’égard de la méthode de traitement que l’on doit adopter dans les cas d’engourdissement général produit par le froid , le même soin et la même réserve pour l’application de la chaleur ne paraissent pas aussi nécessaires que lorsque les membres sont gelés. Dans le premier cas , les principales indications sont de communiquer de la chaleur, et d’exciter la respiration et la circulation. Le malade peut sans danger être apporté dans une chambre chaude , pourvu qu’elle soit , en même tems , bien aérée. On doit alors lui faire
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de suite des frictions sur tout le corps , et en particulier sur le tronc , avec des morceaux de flanelle , lui frotter , de temps en temps , les na-^ rines, les tempes, et la region épigastrique avec de l’ammoniaque , et lui souffler de l’air dans les poumons. Aussitôt que la déglutition sera possible, on lui fera prendre une boisson chaude et légèrement stimulante , par cuillerées.
Tant que le corps est froid , et que la respiration et la circulation languissent, je pense que la saignée est nuisible. Si, cependant, après que ces fonctions et la température ordinaire sont rétablies , le malade restait quelque temps dans un état comateux , avec le pouls fort et plein , on ne peut guère douter de l’efficacité et de la nécessité de la phlébotomie.
Avant de terminer , je crois convenable d’observer que , dans tous les cas de submersion ainsi que dans toute autre circonstance où la mort paraîtra suite* d’apoplexie , de syncope, de léthargie , d’hystérie , ou d’asphyxie , etc. , nous ne devons pas laisser enterrer le cadavre avant qu’il ne se soit manifesté des signes non équivoques de décomposition ou de putréfaction ; car la suspension de la respiration , la roideur des membres , Fabol/tion du sentiment et du mouvement , l’absence des battemens du cœur et des pulsations artérielles , le froid et l’affaissement, l’opacité et le défaut de lustre dans les ^ yeux, ne sont que des symptômes équivoques de mort.
MALADIES ANOMALES.
De la Congélation,
Si les mains et les pieds sont exposés à un très-grand froid, il survient une telle irritation dans ces parties , si on les approche subitement du feu , quhl peut s’ensuivre une violente inflammation , et même la gangrène , ou tout au moins cette espèce d’inflammation nommée engelure ; mais si un individu qui se trouve dans ce cas, met ses mains et ses pieds dans de l’eau à peu près à la température de l’atmosphère à laquelle il a été exposé , ou s’il les frotte avec de la neige , l’irritation morbide disparaîtra graduellement , et il ne surviendra aucune suite fâcheuse. Or donc, quand les mains , les pieds , le nez , ou quelque autre partie du corps , ont été exposés à un froid violent , de manière à être gelés , on doit d’abord bien frotter ces parties avec de la neige, ou les mettre dans de l’eau froide, et ensuite les exposer à la chaleur d’une manière graduelle.