‹ Nouveau traité de médecine pratique, où se trouvent exposés la classification, les causes, les symtomes, le pronostic, et le traitement des maladies de tous les climatsChapitre 4 sur 33 · NE VE O SE S · texte numérisé non relu

NE VE O SE S

subite de l’exercice des sens , avec des mouve-* mens convulsifs violens de tout le corps.

Elle vient par accès, et finit après avoir dure un certain temps, laissant le plus ordinairement l’individu dans son état naturel ; mais quelquefois on voit à sa suite une stupeur et une faiblesse considérables, particulièrement quand les attaques ont été fréquentes. Elle est plus commune chez les enfans que chez les adultes, et chez les garçons que chez les filles. Ses accès reparaissent périodiquement , et plus fréquemment pendant la nuit que dans le jour , étant liés jusqu’à un certain point au sommeil. C’est une des maladies qu’il est ordinaire de voir simuler pour exciter la commisération publique , et arracher des aumônes aux personnes charitables.

L’épilepsie peut se distinguer en sympathique et en idiopathique ; on la regarde comme sympathique , quand elle est produite par l’affection de quelques parties du corps éloignées de la tête, comme par des acidités dans l’estomac, des vers dans les intestins , la dentition , etc. Elle est idiopathique , quand elle constitue une maladie primitive , et qu’elle ne dépend ou qu’elle ne provient d’aucunC) autre affection.

Les causes qui font naître l’épilepsie sont les coups , les blessures , les fractures , et les autres lésions de la tête ; les collections aqueuses dans le cerveau , les tumeurs , les concrétions et les polypes dans rintérieur du crâne ; les affections violentes du système nerveux, les frayeurs subites, les passions vives ^ les fortes émotions de l’âme,

ou MALADIES NERVEUSES, î3

î’ivrognerie , les douleurs aiguës dans quelque partie, les vers dans l’estomac ou les intestins , la dentition, la suppression de quelque evacuation devenue depuis long temps habituelle, l’inanition ou la pléthore , la présence des poisons dans l’estomac. Quelquefois elle est héréditaire, et d’autres fois elle dépend d’une prédisposition provenant d’une mobilité nerveuse occasionnée ou par la pléthore, oit par la faiblesse.

Les attaques d’épilepsie sont parfois précédées par une douleur pesante de la tête , du trouble dans la vue , des tintemens d’oreille , des palpitations, des flatuosités dans l’estomac et les intestins , de la lassitude , et une légère stupeur. Dans quelques cas, il semble au malade qu’une sorte de vapeur froide lui monte vers la tête ; mais il arrive plus généralement qu’il tombe à terre subitement et sans s’en douter ; les yeux se renversent, de manière à ce qu’on n’en aperçoit que le blanc ; les doigts sont fortement fermés; les membres et le tronc , particubèrement d’un côté , sont très-agités ; il sort de l’écume par la bouche ; la langue parait hors de la bouche, et même elle est fort maltraitée par les dents , les muscles élévateurs de la mâchoire inférieure étant affectés de Convulsions ; tout sentiment est éteint , et assez souvent il y a évacuation involontaire des excrémens et de l’urine.

Les spasmes diminuent ensuite graduellement; mais , en revenant à lui , le malade éprouve une grande langueur et un abattement considérable ,

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et ne conserve pas le plus léger souvenir- de ce

qui s’est passé pendant l’accès.

Quand la maladie est héréditaire , qu’elle se déclare après l’âge de puberté , ou lorsque les accès sont très-fréquéns , et qu’ils sont de longue durée , il devient très «difficile d’en obtenir la guérison ; mais lorsqu’elle arrive pendant l’enfance , qu’elle est produite par des vers ou par quelque cause accidentelle , en général , il est possible de la faire cesser. Quelquefois elle a été entièrement enlevée par l’arrivée d’une fièvre , ou par l’apparition des règles , ou d’une éruption cutanée. On l’a vue se terminer par l’apoplexie , ou par l’aliénation mentale , la démence et l’idiotisme.

On a vu l’épilepsie , après avoir attaqué des enfans de cinq et six ans , disparaître subitement vers l’âge de puberté , sans qu’aucun traitement eût réussi. Le nombre des accès est toujours augmenté par l’accouchement, et par toutes les causes qui tendent à affaiblir.

On trouve , à l’ouverture des cadavres , des ' épanchemens séreux ou sanguins du cerveau, ou les vaisseaux de cet organe engorgés, ou des excroissances , des polypes , des hydatides développés dans sa substance , et gênant ses fonctions ; on y observe aussi quelquefois des ulcérations.

Dans l’épilepsie, les indications du traitement doivent varier suivant la cause qui produit la maladie.

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Quand elle est sympathique , et qu’elle provient de vers , on doit employer les anthelmintiques.

Lorsque c’est la dentition qui l’occasionne ,

on doit scarifier la partie des gencives qui paraît

enflammée ; tenir le ventre libre au moyen des

laxatifs et des lavemens émolliens , et employer

les pédiluves chauds. Quand on a des raisons

pour croire qu elle est produite par un ferment

acide dans l’estomac , on doit administrer un

doux vomitif et employer ensuite les ahsorbans et les alcalins.

Si la maladie paraît provenir de la suppression d’une évacuation , de celle des hémorrhoïdes en particulier , on doit appliquer des sangsues à l’anus , employer les fomentations , et administrer les aloëtiques.

Quand elle attaque les enfans naturellement constipés , et qu’elle semble due simplement à l’engouement des intestins, il faut avoir recours aux purgatifs actifs , à la combinaison du calomélas et du jalap , par exemple. ,

Si l’épilepsie est la suite d’une tumeur douloureuse développée dans quelque partie, on doit enlever la tumeur le plus promptement possible.

Si elle est sympathique , et qu’il y ait , comme on dit , aura epileptica ^ on tâchera de détruire la partie primitivement affectée, soit en l’amputant, soit en y appliquant le caustique ; et lorsqu’on ne peut pas avoir recours à ces moyens , on emploiera les vésicatoires , ou l’on pratiquera un cautère.

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Si la maladie paraît provenir de la division partielle d’un nerf, ce dont on peut s’assurer promptement , on doit en faire la section complète , comme dans le tétanos. On a aussi essayé enfin d’interrompre la communication avec le cerveau , en appliquant des ligatures sur le membre , audessus de la partie d’où Y aura s’élève.

M. Adolphe T. Lœffler , professeur à Altona^ rapporte dans ses Observations de médecine et de chmurgie J l’histoire d^n traitement de ce genre, qui fut suivi de succès. Un épileptique éprouvait à la plante des pieds, à chaque attaque, une sensation de froid qui montait graduellement jusqu’à là tête. Le professeur Lœffler imagina de faire une forte ligature au-dessus du genou du côté affecté , avant que la sensation y fût parvenue, et sa méthode réussit autant de fois qu’il la • mit en usage assez à temps.

Dans fépilepsie idiopathique , le traitement consiste à éviter les causes occasionnelles et à éloigner ou corriger les prédisposantes.

Les causes occasionnelles qu’on doit éviter sont , la plénitude , la pléthore , l’ivresse , les accès des passions violentes , les émotions de l’âme; et,. comme la maladie se fortifie par la répétition des accès et l’hahitude, il en résulte qu’il est de la plus grande importance de chercher à diminuer la fréquence de ceux-ci.

On sait fort bien que quelquefois on a vu la maladie continuer par l’effet unique de l’habitude, quoique la cause première eût cessé d’agir depuis long-temps. Dans de telles circonstances,

ou MALADIES NERVEUSES.

nos efforts doivent tendre à faire perdre cette habitude à la nature , s’il est possible. Aussi , quand on pourra prévoir le moment de l’attaque, aucun médicament ne sera plus convenable pour empêcher l’accès , qu’un émétique administré environ une heure avant son approche. Le changement de pays , celui des habitudes et de la manière de vivre , peuvent également être trèsavantageux.

Si la prédisposition à la maladie est la conséquence de la pléthore , ou d’une turgescence des vaisseaux de la tête, on doit recommander les saignées générales ou locales , mais plus particulièrement les dernières, l’abstinence , l’exercice, et l’application d’exutoires. On peut regarder ces derniers non-seulement comme de bons remèdes pour obvier à la pléthore , mais encore comme des moyens dérivatifs très-énergiques.

L’épilepsie est une des maladies dans lesquelles la digitale s’est montrée avantageuse ; mais surtout dans les cas de pléthore ou de turgescence des vaisseaux de la tête. Cependant, pouren obtenir un effet permanent, il faut en continuer l’usage pendant quelques semaines, à la dose d’un demi-grain ou d’un grain en poudre , ou de douze à trente gouttes en teinture , trois ou quatre fois ^ par jour. Au chapitre de la manie , je parlerai d’un cas d’épilepsie intense chez une femme mariée de moyen âge ; il était accompagné d’aliénation mentale ; l’administration de la digitale , suivant le procédé dont il est question , et le soin qu’on prit de faire disparaître la cause excitante ( l’ha-

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bitude des liqueurs fortes), produisit une guérison radicale.

Quand la cause de la maladie est une grande faiblesse , ce qui a lieu le plus ordinairement , nous devons la combattre en recommandant au malade de respirer un air frais, de suivre un régime nourrissant et fortifiant, de faire chaque jour un exercice proportionné à ses forces, particulièrement à cheval , et de prendre fréquemment des bains froids ; en outre on le mettra à l’usage régulier des antispasmodiques , des astringens , et des toniques.

Les antispasmodiques le plus généralement usités en pareil cas, sont la valériane, le castoréum, le musc, Féther, Fhuile de succin, Fhuile animale, Fhuile de cajeput , V arnica montana , la belladone, la jusquiame , la digitale et Fopium , substances qui peuvent être administrées suivant le mode indiqué au sujet de Fhystérie , de Fhypochondrie et de la paralysie , plus ou moins yiodifié (i). Une combinaison d’opium et de valé-

(i) Aquæ Anethi .

Tinct. Valer. volât .

— - Castor .

^Æther. sulfur .

M.F. Haustus bis terve die sumendus.

VEL

Moschi . . .

Castor, russic .

Opü .

Conserv. Rosæ .

M.F. Bolus sextd horâ capiendus.

gutt. XX.

aa gr. x.

gr. 6 — j.

^ ou MALADIES KERVEUSES.

riane , ou de musc et d’opium , est encore un remède ayantageux. En particulier, on doit administrer ces médicamens unpeu de temps avant le retour attendu du paroxysme, et en répéter les doses à des intervalles convenables, les augmentant graduellement en proportion de la violence et de la fréquence des accès.

S’il y a pléthore , il devient très-préjudiciable d’administrer l’opium; mais quand cet état n’existe pas, et qu’il y a simplement de l’irritation, l’opium est un moyen sûr et puissant. En le donnant a forte dose , à celle de deux grainsv^par exemple , ou de soixante à soixante-dix gouttes en teinture , à l’approche d’un accès , on empêchera entièrement celui-ci, ou au moins on en diminuera la violence.

Si l’estomac rejette l’opium , il faut en faire usage à l’extérieur, surtout pendant les convulsions. On humectera toute l’épine du dos avec de la teinture d’opium , ou on la frottera avec un liniment composé de six grains d’opium pur bien triturés avec un peu d’axonge de porc.

Le médicament astringent le plus renommé autrefois dans le traitement de l’épilepsie , était

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