VJ^L
X Olei Succini rectif. . | 6.
Gutt. X — XXV. supra sacchar, instill, pro dos, sumendœ,
VEL
^ Olei anim . ^ q.
Capiat gutt, xx — xxx pro dos.
ao NEVROSES,
îe gui de chêne. On l’administrait à la dose d’un demi-gros à un gros en poudre, ou d’environ une once en infusion , ce que l’on répétait deux fois par jour. Il est vrai de dire aussi que plusieurs personnes en regardaient déjà anciennement l’usage comme consacré plutôt par la superstition que par l’expérience , et depuis plusieurs années on l’a presque entièrement abandonné. Cependant , dans un ouvrage récemment publié sur l’épilepsie , il est fortement préconisé de nouveau , et on rapporte plusieurs cas où il procura une guérison radicale * .
Comme tonique , le quinquina a été très-souvent employé aussi. Son usage paraît, au reste, plus particulièrement convenable dans les épilepsies périodiques sans pléthore ; si alors on l’administre à haute dose , peu de temps avant l’accès , on pourra en obtenir un effet très-avantageux . Quand on en fait un usage habituel, on peut le combiner à la valériane (i).
Les toniques métalliques , comme plus énergiques que ceux tirés du règne végétal , ont été plus généralement employés. Les préparations de fer les plus usitées sont le vitriol vert , le fer
* D^’ Henry Fraseras Treatise on Epilepsy.
(i) Cort. peruv. pulv . . | j.
Pulv. Valerian. . 56,
Rubig. Ferri . 5 ij.
Syrup. Cortic. Aurant . q. s.
•Electuarium cujus sumat cochlear, minimum quartâ quâque horâ.
ou MALADIES NERVEUSES. 2î
ammoniacaî (i) et la rouille. Le cuivre amoniacal du formulaire d’Edimburgh(2) a été aussi administré à petites doses, d’abord à celle d’environ un grain, répété deux fois par jour ; on l’augmente ensuite graduellement à mesure que l’estomac s’y accoutume. La limaille d’étain , et les autres préparations de ce métal ont également été employées dans le traitement de l’épilepsie ; mais leurs effets paraissent douteux.
Les fleurs ou oxyde blanc de zinc ont été trèsvantées encore pour leur vertu dans cette maladie. La dose en est d’un à trois , quatre ou cinq grains en pilules ou en bol (3). On commen-
(i) ^ Ferri Ammoniac . . gr. x-— 9]'.
Conserv. R.osæ . q. s.
M. F. Bolus ter in die sumendus.
VEL
^ Tinct. Ferri ammoniac . . , § j.
Capiat gutt. XX bis terve die in aquæ frigidæ cyaiho»
(ü) Cupri ammoniac . . . gr. ij.
Conserv. Aurant. . .
M.F. Bolus.
. gr. X.
(3) ^ Zinci calcin . .
Pulv. aromat . . )
‘ gr. xij.
Chel. Cancror. . ‘ • r
Sacchar. albi • . . i
Wt. et in chartulas xij divide»
VEL
ââ 9 j.
'if Zinci calcinati . . .
. gr. iij.
Conserv. Rosæ . .
M. F. Bolus ter in die sumendus.
cera par un seul grain , répété trois ou quatré fois par jour, et on augmentera ensuite graduellement, suivant F effet produit sur Festomac.
Le sulfate de zinc est un autre tonique métallique très-recommandé également ici.
La solution arsenicale a été aussi employée dans le traitem ent de F épilepsie avec quelque succès ; et comme quelques cas d’épilepsie ont été guéris , .pendant un traitement par le mercure , on a encore proposé celui-ci comme remède.
On a découvert dernièrement que le nitrate d’argent était un médicament avantageux dans le traitement de Fépilepsie, meme dans les cas où la maladie datait de plusieurs années (i). On en rapporte deux exemples dans le Journal des Sciences médicales et naturelles*. On commencera par en donner un quart de grain trois fois par jour, chez les personnes adultes.
Dans quelques cas très-graves d’épilepsie , où
* V ol. I. pag. 184, and vol. ix. pag. 70.
VEL
‘2f Zinci calcinali . gr. xxiv.
Extract. Gentian. . . IS j.
' jVI. F. Massa in pilul. xij. dividenda quaruni siimat j. mane et vesperè.
(î) Arg. nitr . gr. iij.
Solve terendo in Jquœ distill, gutt. aliquot^ et adde
Micæ Panis . , , . . . q. s.
F. Massa in pil^das xx. disirihuenda. Capiat i] vel iij his die.
OÜ MALADIES NEDVEUSES. 23
les accès étaient violens , et répétés fréquemment pendant le cours de la journée, où la ma-» ladie durait déjà depuis quelque temps , on a observé que l’électricité les rendait plus faibles et diminuait très-sensiblement leur nombre en peu de temps. Lors donc que les autres moyens ne produisent pas l’effet désiré, on doit avôir recours à l’électricité ou au galvanisme.
Dans l’épilepsie, le régime doit consister eiî alimens nourrissans et de facile digestion ; on évitera tout ce qui pourrait produire des flatuosités. Pendant les intervalles, on tâchera d’entretenir la tranquillité et la gaieté de l’esprit autant que possible , prenant bien garde d’exciter les passions violentes et les fortes émotions ; le malade d’ailleurs ne doit jamais se mettre dans une situation hasardée , dans la crainte qu’un accès ne le surprenne en ce moment.
Pendant l’accès on doit chercher à le garantir des contusions, et surtout empêcher qu’il ne mette sa langue entre les dents. Des frictions sur le nez, les tempes et le creux de l’estomac avec de l’éther sulfurique, pourraient peut-être aider à en abréger la durée.
Il existe une sorte d’épilepsie plus légère , où la sensibilité et l’irritabilité restent ; mais où il y a des contractions spasmodiques des muscles, et surtout des convulsions de la face. Certaines douleurs spasmodiques aussi qui viennent par paroxysmes , paraissent également de nature épileptique.
Quand quelqu’une de ces dernières survient
^4 NEVROSES,
sympathiquement, on ne peut la guérir qu’en détruisant la maladie première dont elle dépend ; mais quand elle survient indépendamment de toute autre affection , on doit la traiter de la même manière que l’épilepsie proprement dite.
De la dame de Saint- Guy . (Chorea Sâncti Yiti.)*
Cette maladie convulsive est le plus généralement bornée à un des côtés du corps, et affecte principalement le bras et la jambe. Quand celui qui en est attaqué veut faire quelque mouvement, plusieurs muscles qui ne devraient pas agir , entrent en contraction involontairement. On observe principalement la chorée chez les jeunes individus de l’un et de l’autre sexe , mais surtout chez ceux d’une constitution faible , ou dônt la santé et les forces ont été diminuées par la réclusion ou par l’usage d’une nourriture malsaine ; elle se manifeste entre dix et quinze ans , et se déclare rarement après l’âge de puberté. Elle a été regardée par quelques médecins plutôt comme une paralysie que comme une maladie convulsive, et ils ont pensé qu’elle était due à un relâchement des muscles qui , n’ayant pas la force de remplir leurs fonctions , agissent irrégulièrement et par secousses.
La danse de Saint-Guy est produite par différentes causes, comme la dentition, les vers, la présence d’une matière âcre dans les intestins, les odeurs malfaisantes, les poisons, etc. Elle
Etymologik. Xapeicc , saltatio.
ou MALADIES NELVEUSES. ^5
survient aussi à la suite de violentes affections de Pâme , comme la terreur, la frayeur et la colère. Quelquefois elle est déterminée par une faiblesse générale, et quelquefois aussi, mais rarement, elle est causée par la voie d’irritation.
Les accès sontassezsouventprécédéspar le froid des pieds et des membres , ou par une espèce de mouvement vibratoire qui monte comme une vapeur froide le long de l’épine ; il y a une douleur flatulentedansThypocbondre gauche, et une constipation rebelle. D’autres fois la maladie débute par des bâillemens , des tii aillemens , de l’anxiété dans la région précordiale , des palpitations , des nausées, de la difficulté à avaler, des bourdonnemens d’oreilles , des vertiges et des douleurs dans la tête et les dents ; c’est seulement ensuite que surviennent les mouvemens convulsifs.
Ces derniers se manifestent d’abord par une sorte de claudication dans une des jambes ; le malade la traîne d’une manière bizarre et ridicule ; le bras correspondant ne peut pas non plus demeurer en repos un seul moment ; il est sans cesse agité avec force par des mouvemens convulsifs involontaires. Si le malade veut boire , i! fait différens gestes singuliers avant de pouvoir porterie vase vers sa bouche ; il pousse celui-ci de coté et d’autre , et quand enfin il l’a fait parvenir à sa destination , alors il précipite avec beaucoup de hâte le liquide dans son gosier. Il semble quelquefois faire des essais pour courir et pour sauter, et d’autres fois la tête et le tronc sont en
rîG HÉ V RO SES,
convulsion. L’œil perd son éclat et son expression ; la face est pâle , la physionomie égarée ; la déglutition se fait parfois avec difficulté , et l’exercice de la parole peut être géné, et même entièrement empêché dans les périodes avancées de la maladie. Les muscles deviennent maigres et mous par suite d’une irritation constante , de la perte de l’appétit et de l’altération des digestions.
Dans quelques cas l’esprit semble un peu dérangé , et on observe souvent des émotions sans cause , des pleurs et des ris comme dans l’hystérie.
Quand cette maladie attaque les enfans> elle se termine ordinairement avant l’âge de puberté , et chez les adultes un changement dans la manière de vivre la fait souvent disparaître. A moins qu’elle ne se transforme en une autre affection , telle que l’épilepsie , elle n’est jamais dangereuse.
Quand la danse de Saint - Guy survient chez des individus d’une constitution faible et irritable , et qu’elle est entièrement indépendante de toute espèce d’irritation , soit de la dentition , soit des vers ou d’une matière âcre renfermée dans les premières voies , on ne doit pas employer les évacuaiis ; il faut avoir recours aux remèdes forlifians.
Le quinquina à fortes doses et les bains froids ont souvent amené la guérison ; mais les toniques métalliques qui ont été conseillés au sujet de l’épilepsie sont surtout avantageux. On peut les com-
ou MALADIES NERVEUSES. 27
biner avec les antispasmodiques, tels que Fopium, le musc et le camphre. La jusquiame et la belladone sont aussi quelquefois employées.
Si pendant Fusage de ces médicamens il survient de la constipation , on la combattra par quelque doux laxatif.
Si la maladie résistait à ces moyens , on pourrait probablement la faire disparaître par de forts chocs électriques dirigés à travers tout le corps.
L’application d’un vésicatoire en permanence sur la région du sacrum, pendant Fusage de l’électricité, s’est montrée un moyen efficace. On a cru aussi dans quelques cas que l’application des ventouses sèches avait été avantageuse.
La danse de Saint - Guy a été assez généralement regardée par les nosologistes comme une maladie asthénique , et cette opinion a été presque universellement adoptée par les médecins praticiens , ce qui les a portés à employer dans son traitement les toniques , les stimulans et les antispasmodiques ; mais souvent la guérison est très - difficile à obtenir ; et quand la maladie ne disparaît pas par le changement qui s’opère dans l’économie à la puberté , ’ elle tourmente pour long -temps encore le misérable malade. Ge fait étant bien établi , on doit regarder la danse de Saint- Guy comme produite quelquefois par une irritation locale , et non par atonie , et alors il faut la combattre en enlevant les causes d’irritation, soit en scarifiant les gencives, soit en chassant les vers , soit en donnant des purgatifs violens. D’après quelques observations rapportées
dans le premier numéro du Journal de Médecine et de Chirurgie d’Edimburgh, et qui ont été recueillies à rhôpital royal de cette ville , il paraît qu’on a obtenu des guérisons très-complètes par l’administration soutenue des drastiques, comme un mélange de mercure et de jalap. Sans aucun doute , dans ces cas , l’irritation des premières voies avait occasionné la maladie.
Un auteur ^ moderne rapporte qu’ayant traité plusieurs cas de danse de Saint- Guy de la manière ordinaire, mais sans succès, il fut porté à regarder la maladie tout autrement que ses confrères, et à penser que la faiblesse et les monvemens spasmodiques dont on tenait si grand compte pouvaient bien ne pas être les symptômes essentiels de la maladie , mais dépendaient plutôt d’une altération antérieure de la santé , indiquée d’ailleurs par l’irrégularité de l’appétit et la constipation. D’après cette idée il résolut de changer la manière de traiter la maladie , et commença par essayer les purgatifs , administrés régulièrement à doses modérées. .
Le succès de cette nouvelle pratique prouva la justesse de son opinion, et l’encouragea, dit-il, à persévérer avec opiniâtreté. Pour produire l’évacuation des fèces endurcis et fétides , il employa les purgatifs forts et actifs , dans la période confirmée de la maladie , et les donnait par doses successives et ménagées de manière que la dernière pût soutenir l’effet de la précédente ; mais,
* Observations on the Utility of Purgative Medicines , byTi^ Hamilton.
ou MALADIES NERVEUSES. 29
dans la première période de la danse de Saint- Guy, lorsque les intestins jouissent encore de leur sensibilité, et avant que l’accumulation des excrémens soit considérable, les simples laxatifs, répétés suivant le besoin , lui ont paru effectuer une prompte guérison , ou plutôt empêcher l’entière formation de la maladie. Néanmoins, pour conserverie bon effet qu’ils ont commencé à produire, il faut les continuer, alors même qu’on a vu l’appétit redevenir régulier, l’œil plus expressif, et la physionomie pfus^^uverte , la gaieté renaître , les mouvemens être plus assurés , la parole et la déglutition se rétablir ; enfin , l’embonpoint et les forces revenir.
Quelques personnes , particulièrement les femmes grosses, sont très-sujettes à des contractions spasmodiques des articulations, qui reviennent périodiquement et qui sont très-douloureuses : les frictions anodines paraissent être le meilleur moyen à employer pour les guérir.
Du Rire sardonique, (Risus sardonicus.)
On appelle ainsi des accès de rire , sans cause évidente , et qui continuent souvent avec violence pendant trois ou quatre nuits, de manière*à priver le malade de sommeil , et à l’affaiblir grandement. Il survient, d’ailleurs, de la fréquence dans le pouls , et d’autres symptômes de fièvre , qui peuvent se terminer d’une manière funeste , ou disparaître spontanément. .
Les antispasmodiques, le musc, le castoréuro,
3o NEVROSES,
* Tassa fœtida, le camphre et Télher, ont été ordinairement employés dans le traitement de cette maladie , mais sans effet , en sorte qu’on ne connaît aucun remède efficace , et qu’on doit plus compter sur la cessation spontanée de l’accès que sur les secours de la médecine. Peut-être l’opium , à haute dose , pourrait-il produire quelque soulagement.
‘ Du Tétanos. (Tetanus.)^
Le tétanos est une contraction involontaire et permanente de tous les muscles ou de plusieurs d’entre eux seulement, les organes des sens restant dans leur état naturel. Cette maladie présente deux variétés, savoir : le tétanos idiopathique ^ et le symptomatique.
Les auteurs de médecine ont distingué le tétanos en opisthotonos , emprosthotonos , et trismus , suivant la situation des parties affectées ; mais ce ne sont évidemment que différens degrés d’une seule et même maladie.
Le tétanos survient plus fréquemment dans les pays chauds que dans ceux qui sont froids , surtout lorsque d’abondantes pluies ou une grande humidité succèdent tout à coup à un temps excessivement sec et chaud. Il attaque les individus des deux sexes , de tous les âges , de tous les tempéramens , mais les hommes y sont plus exposés que les femmes, et ceux d’une constitution robuste et vigoureuse plus encore que les per-
^ ExxMOiiOciE. T£/v5 , extendof
ou MALADIES NEE.VEUSES. 3 1
sonnes faibles. Plusieurs praticiens pensent que les nègres sont plus prédisposés aux attaques du tétanos que les blancs : assurément ils en sont plus fréquemment atteints ; mais cette circonstance n’est due à aucune prédisposition constitutionnelle , elle dépend de ce qu’ils sont plus exposés aux piqûres et aux blessures aux pieds , par des clous , des échardes , des morceaux de verre cassé , etc. , en raison de ce qu’ils marchent habituellement sans chaussures. Le tétanos est occasionné par l’action du froid sur le corps en transpiration , par le sommeil pris en plein ' air sur un terrain humide, ou par quelque irritation d’un nerf, en raison d’une lésion locale , d’une piqûre, d’une incision ou d’un déchirement. Les plaies déchirées des tendons et des aponévroses sont , dans les pays chauds , une cause ordinaire de cette affection. Dans les pays froids, au reste, comme dans les pays chauds, le trismus survient fréquemment à la suite de différentes opérations chirurgicales , particulièrement après l’amputation d’un membre , ou les plaies d’armes à feu. On cite quelques cas dans lesquels le trismus a paru dû à la présence des vers dans le canal intestinal.
Quand la maladie est survenue par suite d’une piqûre , ou de toute autre lésion externe , les symptômes se manifestent généralement vers le huitième jour; mais quand elle provient de l’action du froid, ils se montrent généralement beaucoup plus tôt.
Quelquefois le tétanos survient subitement,
3ù. NEVROSES,
et avec beaucoup de violence ; mais le plus ordiiiairement il s’établit d’une manière progressive : dans ce cas, le malade éprouve d’abord dans la partie postérieure du col , une légère roideur qui, peu de temps après, augmente considérablement, et à la fin rend le mouvement de la tête tout à la fois difficile et douloureux.
A la roideur de la tête se joignent une sensation pénible à la base de la langue , une difficulté dans la déglutition, une constriction de la poitrine , et une douleur à l’extrémité du sternum , laquelle passe dans le dos. Il survient aussi une roideur dans les mâchoires , qui bientôt augmente au point que les dents sont serrées les unes contre les autres, et qu’il n’est pas possible de les écarter. Quand le tétanos se borne à cette action sur les mâchoires, il porte le nom de trismus en particulier. '
Parfois l’affection spasmodique ne s’étend pas plus loin : dans d’autres cas, les spasmes, à cette période de la maladie, reviennent plus fréquemment , s’étendent d’une manière générale , et alors affectent non-seulement les muscles du col et de la mâchoire , mais encore ceux de toute l’épine, de manière à courber le tronc avec beaucoup de force en arrière ; et c’est ce qu’on appelle opisthotonos. Quand le corps est courbé en Q^Q^sXVemprosthotonos.
Pendant tout le cours de cette maladie, les muscles abdominaux sont violemment contractés, en sorte que le ventre est fortement serré, et qu’il est très-dur au toucher ; il existe une cons-
ou MALADIES NERVEUSES. 33
tipation opiniâtre , les muscles fléchisseurs et extenseurs des extrémités inférieures sont ordinairement affectés en même temps , de manière à tenir les membres étendus avec roideur.
Les fléchisseurs de la tête et du tronc finissent par balancer l’action des extenseurs , et tiennent la tête et le tronc dans une position forcée , en sorte que ces parties ne peuvent exécuter aucun mouvement. Les bras, d’abord peu affectés, s’étendent alors également avec roideur ; la langue est prise de spasme , elle sort de la bouche d’une manière convulsive, et il arrive souvent qu’elle est blessée par les dents qui se serrent les unes contre les autres. C’est à cet état en particulier qu’on a donné le nom de tétanos proprement dit.
La maladie continuant à faire des progrès , tous les organes du mouvement volontaire se contractent , les yeux sont roides et immobiles dans leurs orbites , les traits de la face , horriblement contournés , expriment un grand état de souffrance , les forces sont épuisées , le pouls devient irrégulier , et un spasme universel met un terme à une scène aussi déplorable.
Les attaques de tétanos sont rarement accompagnées de fièvre , mais bien toujours d’une douleur violente ; les spasmes ne sont pas continuels^ mais les muscles ont quelques rémissions dans leurs contractions, qui se renouvellent toutes les dix ou quinze minutes , spécialement si le malade fait le plus léger essai pour parler, boire ou I changer de position.
Quand le tétanos surTÎent à la suite d’une blés* sure, d’une piqûre, etc. , il se termine presque toujours par la mort ; car je n’ai jamais observé qu’une seule guérison en semblable circonstance, pendant le cours d’une pratique très-étendue et un long séjour dans les Indes occidentales. Le trismus à la suite d’une amputation , ou des plaies d’armes à feu, est également mortel en général. Quand cette affection est produite par Faction du froid, elle peut être guérie, dans le plus grand nombre des cas, en employant à propos les remèdes convenables ; mais il s’écoulera un temps considérable avant que le malade ait repris sa forme première. Quoique ^quelquefois l’état de spasme semble s’apaiser, il ne tarde pourtant pas à reparaître avec une nouvelle force. Dans certains cas, le malade meurt en quatre jours ; d’autres fois il peut traîner sa malheureuse existence pendant deux semaines environ. A l’ouverture des cadavres, on a trouvé de légers épanchernens dans l’intérieur du crâne ; mais, le plus communément, on n’a rien rencontré de particulier, soit dans le cerveau, soit dans tout autre organe. Parfois cependant, le sang, au lieu d’être plus ou moins consistant, paraît fluide, comme dans les animaux tués par la foudre , ce qui indique que les fibres de la tunique moyenne des artères ont participé à Faction spasmodique générale.
Bien que les efforts que nous puissions faire ne soient pas couronnés de succès, dans le cas où le tétanos provient d’une plaie déchirée ou
ou MALADIES NERVEUSES. 35
d’une piqûre dans quelque partie tendineuse , nous ne devons pourtant pas ‘abandonner le malade à son malheureux sort, sans faire des tentatives pour lui procurer un soulagement au moins momentané.
Lors donc que le médecin est consulté , il doit en premier lieu tâcher de découvrir la cause qui adonné naissance à la maladie. S’il pense qu elle provient d’une plaie ou d’une piqûre , il examinera av,ec soin la partie blessée, en extraira, le plus promptement possible , tout corps étranger qui pourrait s’y trouver, et en même temps dilatera la plaie dans une étendue suffisante pour que les médicamens puissent ensuite être portés immédiatement dans son intérieur.
Ces mesures prises , il est souvent utile déverser une petite quantité d’une forte solution d’opium dans la plaie, de la panser ensuite avec un peu de charpie trempée dans la même solution , et d’appliquer par dessus le tout un plumasseau recouvert de quelque digestif. A chaque pansement on humectera habituellement la plaie avec la même solution d’opium.
La division partielle d’un nerf étant quelquefois regardée comme cause essentielle du tétanos, on doit, si l’on soupçonne ce cas , faire une profonde incision dans la partie qui a été blessée , de manière à diviser entièrement les fibres tendineuses et nerveuses , après quoi on mettra en usage le mode de traitement qui vient d’être recommandé.
Un autre procédé qu’on a employé contre le
tétanos provenant d’une lésion extérieure , consiste à toucher hardiment la plaie avec la pierre infernale , et à la recouvrir ensuite avec un cataplasme de pain et de lait, dans l’intention de la faire suppurer le plus tôt possible.
Le docteur Darwin^ recommande de dilater la plaie et de la remplir ensuite de charpie imbibée d’essence de térébenthine , ce qui amène l’inflammation, et par là guérit ou prévient les convulsions.
L’opium est le médicament dont on s’est servi avec le plus de succès dans tous les cas de tétanos ; mais il faut toujours l’administrer à des doses modérées d’abord, etles augmenter ensuite graduellement. En donnant l’opium dans cette maladie , on doit cependant faire attention à l’effet qu’il produit, et non à la quantité employée ; car on a vu des cas dans lesquels on en a fait prendre une once entière dans l’espace de vingt-quatre heures, les spasmes ayant été très-violens et trèsfréquens.
Plusieurs médecins pensent que la combinaison du musc et du camphre avec l’opium ajoute beaucoup aux effets de ce dernier, pourvu qu’on en augmente graduellement la quantité chaque jour (i).
* Zoonomîa f vol, iv, pag- 47*
(i) ^ Moschi . . gr. xv.
Spirit. Cinnamom . 5 ij.
Mist. camphorat . « . . . . § j (5.
Tinct. Opii . . . . guU. xxxv.
M. F, Haustus tertiâ vel quartd hord sumendus.
ou MALADIES NERVEUSES. 37
L’usage du carbonate de potasse et de l’opium, donnés alternativement à l’intérieur, et secondés par l’administration d’un bain chaud chargé de potasse et de quelques onces de chaux vive , constitue un mode de traitement très-recommandé • par le docteur Stutz, de Souabe , dans le tétanos et le trismus traumatiques
L’opium et le carbonate de potasse donnés à l’intérieur ainsi alternativement, ont été employés aussi dans les hôpitaux d’Allemagne^ et avec un très-grand avantage , dit-on , pour les soldats blessés dans la dernière guerre. Ce remède mérite donc de fixer notre attention.
Dans le cas où les mâchoires sont tellement serrées l’une contre l’autre qu’il est impossible d’introduire entre elles une cuillère , et où toutes les dents existent , il devient nécessaire d’en extraire quelques-unes , pour pouvoir administrer au malade ses médicamens et ses alimens. Quand enfin la déglutition est'^devenue impossible , on doit alors administrer l’opium en lavemens. En pareil cas, il ne suffit pas de donner l’opium à l’intérieur ; on doit également s’en servir à l’extérieur; ainsi on frottera fréquemment les parties qui sont le plus affectées de spasme , avec un mélange , à doses égales , de liniment savonneux et de teinture d’opium , ou avec quelque autre liniment analogue (i).
* Medical and Physical Journal y vol. 872, and vol. y ^
pag. 472.
(») :^ Opii pulv. subtil
38 NEVROSES,
Le docteur Moseley soutient que les opiacés appliques à Texterieur ne servent absolument de rien, soit pour prévenir, soit pour guérir le tétanos^. Sur ce point, je suis loin d'être de son avis ; dans le cours de ma pratique aux Indes occidentales , j'ai observé plusieurs cas de succès du procédé dont il s'agit.
Pour produire une diminution de l'état spasmodique , on emploie ordinairement le bain chaud ; mais, dans tous les cas de tétanos dont j’ai obtenu la guérison , c’est au bain froid que j’ai eu recours. Cependant, à l’exception d'un, tous mes malades avaient été attaqués de cette affection par suite de l’action du froid. La marche que j'ai* généralement suivie était de faire jeter un grand baquet d’eau froide sur le malade toutes les deux heures, après quoi on l’essuyait â sec , et on le remettait au lit ; puis on lui donnait une potion opiacée, et les parties affectées étaient bien frottées avec un fort liniment anodin. Quand il était rétabli au point de pouvoir avaler avec facilité , on lui faisait prendre l’écorce
* Treatise on Tropical Diseases , pag. 494*
Camplior . , • , . . gr. xv
Adipis suillæ .
?d. F. Unguentum,
VEL
Of Adipis suillæ præpar. . . I ],
Olei Succin. rectif. . 5 fi.
Opü pulv . £ ij.
ou MALADIES NERVEUSES. Sg
de quinquina et boire du vin largement , ce que l’on continuait long-temps encore après que l'affection spasmodique avait disparu.
Quelques médecins ont recommandé de provoquer la salivation par l’emploi du mercure à l’intérieur et à l’extérieur ; mais je dois dire que je ne l’ai jamais vu réussir. J’ai à la vérité fait fort peu d’essais à ce sujet ; l’expérience m’ayant appris l’efficacité de la/ méthode que j’ai recommandée , je ne me serais pas cru en droit de perdre du temps à employer un remède dont l’effet , eût été incertain.
Quand le mercure est employé' contre le tétanos avec l’intention de produire la salivation , le malade doit être mis de temps en temps dans un bain chaud ; et pour ne négliger aucune voie de guérison , je recommanderais en même temps l’usage de l’opium.
Dans les Transactions du collège des médecins de Philadelphie, vol. I, partie on rapporte l’histoire d’un tétanos produit par l’extraction de déux'dents , et qui fut traité avec succès par le docteur Rush , à l’aide du mercure et du vin ; d’autres cas analogues sont rapportés ailleurs par des personnes dont l’autorité est incontestable.
Dans le Journal de médecine de New-York, pour 1799» on donne l’observation d’un autre
cas de tétanos produit par la piqûre d’une épingle au poignet, et qui fut traité avec succès par le docteur Hossack , avec le vin de Madère seulement; la malade en ayant pris douze pintes en quelques jours par dose d’un verre , d’environ
4o KÉVROSES,
deux onces, toutes les heures. Il est bon cependant d’observer, que dans ce cas, la plaie fut fréquemment touchée avec la pierre infernale et recouverte d’un cataplasme émollient.
Dans les affections où une diathèse inflammatoire paraît être avantageuse , le docteur Darwin pense que le vin doit être préféré à l’opium. Il dit avoir observé qu’un mélange d’esprit-de-vin et d’eau chaude administré alternativement avec l’opium , a produit très-promptement le degré d’ivresse nécessaire pour soulager le malade dans un cas if epilepsia dolorijica .
Le docteur James Clark ( Traité des maladies des Indes occidentales) ne pouvant guérir le tétanos symptomatique , a tâché de le prévenir; et, suivant cette intention , dans les cas de blessures , il donnait deux ou trois grains de calomélas deux fois par jour, jusqu’à production d’une légère salivation, et il suivait la même marche après les opérations. Sur quinze malades amputés, qui furent traités de cette manière , il n’en mourut qu’un , encore était-il auparavant dans un tel état d’irritation nerveuse, qu’il n’y avait rien à en attendre. Chez les blessés, le succès fut plus g*rand encore , deux seulement périrent sur un grand nombre.
Le docteur Donald Monro , dans le troisième volume des Essais médicaux et littéraires d’Edimburgh, a consigné plusieurs observations de tétanos , qui lui avaient été communiquées par un médecin de la Jamaïque, et où l’on voit une
Zoonomïa ^ vol. ii, pa^. 43 ï.
ou MALADIES NERVEUSES, 4l
guérison radicale obtenue par la salivation. Il faut pourtant avouer qu’aucun de ces tétanos n’avait été produit par une piqûre , une plaie, ou toute autre lésion externe , mais qu’ils dépendaient tous de Faction du froid.
Pour empêcher les affections tétaniques de survenir à la suite des blessures ou des opérations chirurgicales , c’est une pratique presque générale, abord des vaisseaux de guerre, de mêler de la teinture d’opium aux liqueurs pour les pansemens , et depuis que cette coutume a été adoptée , on observe rarement des accidens de" ce genre. Comme prophylactique , je serais trèsporté à adopter ce mode de traitement de pré- ‘^férence à celui qu’a proposé le docteur Clark.
Quand la maladie a été produite par le froid , elle est souvent compliquée de légers symptômes inflammatoires ; pour les dissiper on a quelquefois recours à la saignée , mais elle est en général plutôt nuisible qu’avantageuse.
Comme la constipation accompagne constamment le tétanos , on est obligé d’avoir recours fréquemment à l’administration des purgatifs (i),
(i) Olei Ricini . ^
Mucilag. Gumiij. arab. ..... i
Aquæ ferventis. * . . .
Kali tartarisat. .
M. F. Hans tus,
VEL
"if Infus. Sennæ ...... . , . . .
Nairi viiriol .
àâ I fi.
li;
5 ij.
lorsque le malade peut avaler ; et, quand il ne le
peut plus, à Fu age des lavemens.
Parmi les remèdes conseilles contre le tétanos, il convient de parler de l’huile de pétrole ou goudron de la Barhade , qui, à l’intérieur, a effectué, dit-on, la guérison dans quelques cas.
On dit avoir aussi employé dernièrement Félectricilé dans quelques cas de trismus avec avantage. Ce moyen paraît mériter des essais plus étendus.
Pendant tout le cours du tétanos on doit soutenir les forces du malade avec le vin mêlé à des substances faciles à avaler ; et lorsque la déglutition ne peut plus s’opérer, il faut avoir recours aux lavemens nutritifs.
Le trismus des nouveau nés est une espèce de tétanos. Nous l’avons rangé parmi les maladies des enfans.
Du Hoquet, ( Singultus. )
Le hoquet est une affection spasmodique de l’estomac et du diaphragme par suite de quelque irritation particulière. En général il est symptomatique ; mais, dans quelques cas, on peut le regarder comme une maladie essentielle.
Lorsqu’il est idiopathique , il résulte ordinairement d’un écart de régime , ou de la présence
Tinct. Jalap . 3 6.
Syrup. Rosæ . . • « . 3 ij.
M. F. Haiistus,
ou MALADIES NERVEUSES. 43
d'un ferment acide dans T estomac. Quand il est symptomatique , il survient vers la terminaison de quelque maladie aigue ; il accompagne les lésions de l’estomac et des autres %dscères, ou il complique l’hystérie.
Le hoquet essentiel n’est jamais dangereux, et se guérit en général facilement ; mais quand il se manifeste dans quelque maladie aigue , ou à la suite d’une gangrène , on peut toujours le regarder comme l’avant-coureur de la mort.
Les altérations que l’autopsie des cadavres fait connaître en pareille circonstance dépendent entièrement de la maladie dont il était le symptôme.
Le hoquet ordinaire disparaît souvent en buvant de petites quantités d’eau froide coup sur coup, ou en déterminant subitement une impression de peur ou de surprise. Quand ces simples moyens ne réussissent pas , il faut avoir recours aux antispasmodiques ; et parmi ces derniers, les plus avantageux sont Téther, le musc et l’opium, qu’on peut administrer ensemble ou séparément.
Dans le hoquet accidentel des jeunes gens ou des vieillards, un remède assez sûr est une petite dose d’un acide énergique , comme une cuillerée à thé de vinaigre ou de jus de citron , ou un peu d’eau de menthe poivrée acidulée avec quelques gouttes d’acide sulfurique.
Quand le hoquet est violent ou rebelle , l’application d’un large emplâtre de thériaque de Yenise sur l’estomac produit quelquefois un sou-
44 névroses;
lagement; et si ce moyen manque son effet, on
peut recourir au vésicatoire.
Le hoquet , avons-nous déjà dit , est quelquefois déterminé par la présence d’un levain acide dans l’estomac. De là vient que les enfans sont très sujets à en être affectés. Quand cette cause existe , un peu de craie préparée ou de magnésie jointe à quelque carminatif, tel que l’huile d’anis, est le remède le plus convenable.
Lorsque le hoquet survient à la fin de quelque maladie aigue ou maligne , ou à la suite d’une gangrène , la médecine n’est d’aucune utilité.
De la Coqueluche, ( Pertussis. ) ^
La coqueluche est caractérisée par une toux convulsive, interrompue par des inspirations profondes etbruyantes, laquelle revient par accès, qui se terminent ordinairement par un vomissement.
Elle attaque surtout les enfans, et paraît dépendre d’un principe contagieux spécifique qui fait qu’elle n’affecte un individu qu’une seule fois dans sa vie. Dès que cette maladie est déclarée, les accès de toux se répètent souvent sans aucune cause évidente ; assez souvent aussi, au reste, la contagion peut être considérée ici comme une simple cause prédisposante, et la fréquence des accès comme dépendante de différentes causes existantes , telles qu’un violent exercice , un repas copieux , l’usage d’alimens difficiles à digérer, et l’irritation des poumons par la poussière , la fu-
* Etymologie. Per, exprimant un superlatif, Tussis, toux, c'est-à-dire Toux violente.
ou MALADIES NERVEUSES. 4^
mée ou les odeurs désagréables. Les émotions dé l’âme peuvent être rangées dans la même classe.
La cause prochaine ou immédiate de la coqueluche paraît être une matière visqueuse contenue dans les bronches , la trachée-artère et l’arrièrebouche , qui adhère fortement à ces pai ties , et est expectorée avec la plus grande difficulté. Quelques médecins ont pensé qu’elle était due à une irritabilité morbide de l’estomac avec accroissement de l’action des follicules muqueux de ce viscère ; mais l’affection de l’estomac n’est très - évidemment ici que secondaire, ce qui fait que cette opinion est erronnée.
La coqueluche débute ordinairement par de l’oppression , de l’altération , de l’accélération dans le pouls, et d’autres légers symptômes fébriles , qui sont suivis d’enrouement , de toux et de difficulté à expectorer. Cet état peut durer une quinzaine de jours ou plus , et , au bout de ce temps , la coqueluche prend sa forme spéciale et .caractéristique , c’est-à-dire que la toux devient convulsive , et fait entendre un son toutà-fait particulier.
Après quoi l’inspiration devient sonore , puis la toux reparaît de nouveau , et continue de la même manière qu’ auparavant, jusqu’à ce qu’une certaine quantité de mucosités^ pulmonaires soit rejetée, ou que les matières contenues dans l’estomac soient rendues par le vomissement. L’accès se termine alors , et le malade en est débarrassé pour quelque temps. Presque aussitôt il se livre de nouveau aux amusemens qui l’occupaient
4s NEVROSES,
avant l’accès , manifeste le désir de prendre des alimens , et lorsqu’on lui en donne , il les saisit avec avidit Dans les cas cependant où l’attaque a été violente , il paraît souvent très - fatigué ; il fait des inspirations très-rapprochées, et se trouve dans une grande faiblesse.
Lors du début de la maladie , il n’y a que peu ou point d’expectoration, ou, s’il enf existe , elle ne consiste qu’en un mucus clair : tant que cet état dure , les accès sont fréquens et très-longs ; mais lorsque l’expectoration devient libre et abondante, eux-mêmes sont moins fréquens et se prolongent beaucoup moins.
La violence de la toux fait que le passage du sang par les poumons est interrompu Jusqu’à un certain point , et que le retour de ce fluide de la tête est gêné , ce qui donne lieu à une turgescence et à une injection de la face ; dans quelques cas même il en résulte une hémorrhagie par le nez ou par les oreilles.
- La maladie, après être parvenue à son plus haut degré , persiste ordinairement pendant quelques semaines encore , puis disparaît graduellement.- Quelquefois cependant elle se prolonge durant plusieurs mois, ou même une année.
Quoique la coqueluche soit souvent de longue durée, et que ses accès reparaissent avec violence sous l’influence du froid, quand elle n’est pas entièrement guérie , néanmoins elle est rarement mortelle , si ce n’est chez les enfans très- Jeunes, qui toujours en souffrent plus que ceux d’un âge plus avancé. Le danger est constamment, dans
ou MALADIES NEBVEUSES.
cette affection , en proportion de la jennessé de rindividu , de sa faiblesse et du degré de fièvre et de dyspnée concomitantes.
On a vu, dans quelques cas, la coqueluche se terminer par l’apoplexie et la suffocation. Chez les sujets qui y sont prédisposés , elle laisse le germe de l’asthme, des scrophulcs et de la phthisie pulmonaire. Si les accès se terminent par le vomissement , on peut regarder celui-ci comme un symptôme favorable, de meme que l’élablissement d’une expectoration modérée et libre, ou d’une légère hémorrhagie par le nez ou les oreilles.
A l’ouverture des cadavres on trouve ordinairement les altérations qu’on observe dans les maladies des organes respiratoires, et particulièremeot dans les catarrhes. Quand la maladie a été de longue durée, elle peut dégénérer en phthisie pulmonaire , en asthme ou en obstruction des viscères, et dans ce dernier cas on voit les ganglions lymphatiques du mésentère engorgés et durs.
Quand la coqueluche attaque un enfant d’une constitution pléthorique , qu’il y a dyspnée, plénitude du pouls et autres symptômes de fièvre, il est avantageux de tirer une petite quantité de sang à l’aide de quelques sangsues appliquées au cou ou sur le thorax; opération que l’on peut répéter quelque temps après si la dyspnée n’est pas diminuée; mais dans les cas ordinaires, lorsque ces symptômes n’existent pas, toute espèce de saignée devient inutile.
Dans les occasions où il y a beaucoup de gêne dans la respiration, l’application d’un vésicatoire sur la poitrine, dès le début, est de la plus grande utilité.
Quelques praticiens ont conseillé de frotter très-fréquemment l’épigastre avec une embrocation stimulante ( i), et de couvrir ensuite la partie avec de la flanelle. L’inspiration de la vapeur d’un mélange d’beau chaude et de vinaigre ou d’éther, deux ou trois fois par jour, peut également être avantageuse.
Il y a ordinairement de la constipation, ce qui rend nécessaires les doux laxatifs. Dans bien des cas, de simples soins de régime peuvent suffire pour faire disparaître ou pour prévenir ce symptôme , et par conséquent on donnera des pruneaux cuits, des pommes rôties, etc., alimens que d’ailleurs les enfans mangent avec plaisir.
On a observé que l’administration réitérée des émétiques était le plus avantageux de tous les remèdes dans la coqueluche : aussi ne doit-on jamais les négliger; et, comme les enfans peuvent facilement être trompés par tout ce qui n’a pas l’air d’un médicament , la solution de tartrate d’antimoine paraît être ce qui convient le mieux dans cette circonstance (2). La meilleure manière de
(1) Antimoii. lartaris . 3 j.
Aquæ puræ 5 ij*
Tinct. Gantharid . 5 i5.
(3) Tf Antimon. tartaris. . • ' . gr iij.
Aquæ puræ § vj.
Syrup. §impl . *5 1].
OTJ MALADIES TîEBVEUSES. 49
ia faire prendre est d’en donner environ une cuillerée de quart d’heure en quart d’heure jusqu’à ce quelle fasse effet, parce quil pourrait survenir des suites fâcheuses s’il arrivait que l’émétique opérât trop violemment, et produisît des vomissemens intenses. Quant aux adultes , on peut les faire vomir avec de l’oxymel scillitique.
L’immersion fréquente des pieds dans l’eau chaude a été regardée comme avantageuse dans bien des cas.
L’acétate de plomb a été conseillé dernièrement dans la coqueluche, et on assure qu’il soulage très-promptement les symptômes sans produire aucun mauvais effet sur l’estomac et les intestins (i).
Pour, empêcher la maladie de devenir funeste et en régler la marche avec sûreté ,] tous ces remèdes sont évidemment très - convenables ; mais dans la seconde période où elle semble avoir passé à l’état chronique , après la disparition de tout symptôme alarmant, nous devons changer le plan du traitement , et avoir recours aux antispasmodiques et aux toniques.
Parmi les premiers, le musc, le castoréum , l’assa-fœtida , l’huile de succin rectifiée , le cam-
(i) Cerussæ Acet. . . ij — v.
Aquæ Rosæ . § ij.
Syrnp. Viol . ^ ij.
M. Capiat Cochlear, parvulum quartâ vel quinld quâqm hord.
5o névroses;
phre et l’opium , ont principalement été employés ; mais leurs effets paraissent douteux, et, comme tous ces médicamens donnent des nausées , particulièrement les trois premiers , il n’est pas facile de les faire prendre aux enfans.
L’incertitude de Faction de Topium, et les effets fâcheux qu’il produit chez les enfans, doivent faire rejeter son emploi à l’intérieur, mais son usage extérieur promet beaucoup d’avantages. Afin de déguiser l’odeur de la teinture d’opium , on peut y joindre quelques gouttes d’éther, et de cette manière l’employer en embrocations deux ou trois fois par jour sur la poitrine et l’estomac.
Le musc artificiel est un médicament qui, diton , a été administré dans la coqueluche avec le succès le plus décidé , meme quand les autres remèdes avaient échoué. On peut en dissoudre une légère quantité dans un peu d’alcohol , et en donner environ trois ou quatre gouttes deux fois par jour, faisant monter graduellement la dose à six gouttes, trois fois dans les vingt-quatre heures.
La ciguë ayant été regardée comme un antispasmodique , on l’a administrée dans cette maladie , et souvent avec un grand succès. Dans quelques cas j’en ai fait usage , et elle a paru ré us- > sir; mais comme je l’administrais combinée avec J d’autres mÆicamens (i), il est probable qu’elle n’a pas contribué seule au succès. ;
(i) Exiract. Cieut . . gr, j — ij.
Decoct. Gort. peruy . . j.
ou MALADIES NERVEUSES.- 5l
La teinture de digitale a ëlë ëgalement empioyëe dans la coqueluche. Je Fai prescrite dans quelques cas avec un avantage sensible. En la combinant à Fopium , on pourrait peut-être augmenter son efficacité. On a aussi proposé la jusquiame.
Quelquefois une b'gère attaque de strangurie a ëtë suivie d’un bon effet ; c’est ce qui a engag ‘ à administrer, dans celte intention, une combinaison de teinture de cantharides et de teinture d’opium camphrée (i) , à la dose d’environ vingt gouttes, toutes les trois ou quatre heures. Quand on a atteint le but désiré, on peut en diminuer la quantité , ou l’administrer à de plus longs intervalles. Ce remède agit en détournant Firritation de son siège primitif.
Dan^ la vue de faire disparaître l’inflammation de la membrane muqueuse , qui est le siège principal de la maladie , et pour donner des forces à toute Féconom*ie , il convient d’employer le quinquina et les autres médicamens toniques ; et comme souvent il est impossible de faire prendre cette écorce en substance aux enfans , on doit se contenter de sa décoction ou de son infusion
concentrée (2).
Tinct. Opii . gutt. v.
M. F. Haustas ter in die sumendus.
{1) Tiact. Opii camphor. . , • . 5 j.
- Cantliarid . S ij.
(•2) ‘2f Decoct. Ginch . . S üj S*
Tinct. Opii camphor. ....... § 5.
- Cantliarid . . gutt. xl.
M, Capiat cochlear, j. ■ — • ij qnartis horis.
52 NEVR.OSES ,
L’arsenic a été recommandé depuis long-temps dans la coqueluche , par M. Simmons , de Manchester qui assure lui avoir vu produire les effets les plus avantageux, puisqu’il modérait les symptômes dans l’espace de peu de jours, et effectuait généralement la guérison dans l’espace de deux semaines. On l’a administré à des enfans d’un an, sans danger, à la dose recommandée par le docteur Fowler, d’York Il paraît cependant que M. Simmons a employé la saignée et les émétiques de temps en temps ; et il veut qu ’après avoir cessé l’usage de la solution arsenicale pendant une semaine environ , on en répète l’administration , afin d’éviter une rechute.
On a observé que le changement d’air est trèsavantageux dans cette maladie. Le malade doit aussi porter un gilet de flanelle ; c’est un moyen sûr de provoquer l’absorption , et d’empécher les vicissitudes de température dans l’atmosphère de produire une toux sympathique , en agissant d’une manière irritante sur la peau. On couchera les jeunes enfans la tête et les épaules hautes, et on les veillera avec soin , afin que lorsque la toux survient, on puisse les tenir debout, sur les pieds , en les penchant un peu en avant. Le régime doit être léger et de facile digestion, et on leur fera prendre souvent et abondamment des déîayans mucilagineux.
* Annals of Medicine ^Jor 1797.
Voyez tom. i, pag. 3i.