VEIL
Calomel . gr. v.
Extract. Colocynth . gr. xv.
Opii . . gr. j.
M. et in pilid. y divide.
ou MALADIES NERVEUSES. 109
laxatifs , et ensuite plus énergiques , s’il est nécessaire , les répétant jusqu’à ce que l’effet désiré soit produit.
Dans la colique venteuse , on commencera le traitement en administrant un verre de quelque cordial aromatique combiné à un opiacé (i) ; s’il n’en résulte pas un prompt soulagement , on administrera un lavement carminatif (2) toutes les deux ou trois heures , et on pratiquera sur l’abdomen des fomentations chaudes, avec addition d’alcohol. Si les lavemens n’amenaient pas une évacuation copieuse , on aurait recours à un
(i) '2f Aquæ Menthæ . 5 ]•
Spirit. Carvi . B
Tinct. Lavend. compos.. . % ij.
- Opii . . • . . . . XXX.
M. F. Haustus,
(2) ^ Semin. Anisi contus Florum Chamæmel.
Coque ex
Aq. fonds . Vb]C>.adlx.'
et Colaturœ adde
Natri vitriol. 5 vj.
Olei Oliv. . . § j.
M. F. Enema,
ââ I
VEL
^ Tei’cbenih. Venet. ......... 5 ij.
Vitell, Ovi . n^ ij.
Terantur in mortario marmoreo donee penitüs solvatur terebenlhina ; dein adde gradatim *
Decoct. Avenæ . . tb j.
M, F. Enema.-
Ito . NÉVROSES,
purgatif (t). L’alcali volatil et les carminatifs
seront aussi très-avantageux.
Si la maladie continue à augmenter avec violence maigre Femploi de ces moyens , et que l’on redoute Finflammation des intestins ,, on doit alors recourir sur-le-champ à la saignée , aux bains chauds , et à Fapplication d’un vésicatoire surlapartie laplusparticulièrement affectée. Lorsque dans la colique bilieuse le même accident est à craindre, on doit se conduire de la même manière. Voyez ce que nous disons à l’article de l’entérite.
Dans la colique hystérique il est rarement nécessaire d’évacuer ; mais pourtant s’il existait une constipation opiniâtre , il convient d’administrer un doux laxatif (3). S’il y a des vomissemens, on peut débarrasser l’estomac en faisant prendre à la malade un ou deux verres d’infusion de camomille , après quoi on lui ordonnera quelque médicament antispasmodique (3).
(1) Tinct. Sennæ compos . 5 j,
- Ja)ap . . . ^ . ^6.
IfiH.'F . Haustus.
(2) ^ Pulver. Rhabarb . * . ‘ , . 9 j.
Spirit. Anisi i5.
Aquæ CinViam. ... • . ‘ . * . ” . ^ j.
Tinct. Jalap. i* . 3 j,
M.F. Haustus stalim sumendus.
(3) ^ Aquæ Anelhi 5 ix 15.
Tinct. Castor . %
Æther. suif . « 3 j.
Spirit. Amnion. 'fœtid . 3 t5.
Tinct. Opii . gntt. l.
. Mistura ciijiis siimat cochlear» magna, ij. tertiâ vel quartd horâ.
ou MALADIES NERYEUSES/ m
, Quand une colique / de quelque espece qu’elle soit , a une marche rapide et des symptômes violens, que le mouvement péristaltique est perverti, ou qu’il existe une passion iliaque , comme on dit communément , quoique tous les moyens recommandés aient été mis en usage , il est convenable d’avoir recours à F administration de lavemens d’infusion ou de fumée de tabac (i) ; et s’ils échouent , il est d’usage d’essayer une dilatation mécanique des intestins , en administrant une forte dose de vif-argent par la bouche. Cependant cette pratique paraît fort dangereuse ; car si c’était par suite d’invagination des intestins que le mouvement antipéristaltique lût survenu, la maladie , loin d’être soulagée , serait certainement augmentée.
Une méthode plus certaine et plus sûre de procurer une dilatation mécanique , c’est d’injecter une grande quantité d’eau tiède dans le rectum avec une seringue , en même temps que le malade boit copieusement. Quelques individus ont reçu ainsi huit pintes d’eau en lavement, et obtinrent l’effet désiré. Dans les ças où il existe une accumulation d’excrémens endurcis dans le colon, ces injections paraissent être un remède puissant, car en même temps, qu’elles dilatent les voies , elles ramollissent souvent les matières.
(i) 'if Nicotianæ . 5 j.
Aq. fonlis . . • ifej*
Coque ad § xij.
^ F. Enema*
ÎI2 NÉVROSES,
Des constipations opiniâtres provenant d’une accumulation de matières dans le rectum , et accompagnées de douleurs de colique intenses , après avoir résisté aux remèdes ordinaires , ont été guéries par Tintroduction du doigt dans Fanus , afin de morceler et de tirer au dehors les scybala. Deux observations de ce genre sont consignées dans les Commentaires de médecine d’Edimburgh pour Tannée
Les aspersions d’eau froide sur les membres , et l’application de glace pilée, de neige ou de linges trempés dans une solution froide de muriate d’ammoniaque et de nitre sur la région abdominale , ont aussi été suivies , dans quelques cas , d’un très-bon effet , lorsque tous les autres moyens avaient été infructueux.
Les individus qui sont sujets à la colique doivent avoir bien soin de s’abstenir de tout aliment indigeste et flatulent , ainsi que des liqueurs fermentées : ils doivent également éviter, autant que possible , le froid et l’humidité, et s’opposer â la constipation par l’usage des laxatifs.
De la Coligue du Poitou. ( Colica Pictonum. )
Les signes caractéristiques de cette maladie sont une constipation opiniâtre , un vomissement de bile âcre ou porracée , des douleurs très-vioientes s’étendant de la région ombilicale à chacun des côtés, des spasmes convulsifs dans les intestins et lés muscles abdominaux , et une tendance à la paralysie des membres.
ou MALADIES NEBYEITSES: îî3
Elle est produite par les longues constipations, par une accumulation de bile âcre , par l’impression du froid sur les membres ou sur le ventre , par l’abus des fruits verts , par de grands écarts de régime , par des alimens mal sains ou des boissons irritantes , comme les vins aigres et le cidre, et par les vapeurs qui s’élèvent du plomb pendant qu’on le travaille. Comme ceite maladie est fréquente dans le Devonshire et dans quelques autres pays à cidre , on a généralement pensé qu’elle était due à l’introduction du plomb dans l’estomac ; mais puisque elle est très - commune dans les Indes occidentales , où l’on ne fabrique point de cidre , et où il n’y a seulement qu’une très-petite quantité de plomb employée dans les moulins destinés à extraire le jus des cannes à sucre , cette cause ne peut pas être aussi générale qu’on le croit. Cependant il est vrai que certains débitans se servent des préparations de plomb pour détruire ou empêcher l’acidité du cidre ou du vin.
Une maladie effrayante , semblable , par sa nature , à la colique dont nous nous occupons , et produite par les vapeurs délétères du plomb fondu , est très-fréquente parmi ceux qui sont employés à exploiter ou à préparer ce métal , et attaque même, dit-on, les personnes qui demeurent dans le voisinage des fourneaux. Dans plusieurs endroits , en Angleterre , on lui donne le nom de mill-reek,
La colique du Poitou débute par une douleur au creux de l’estomac , qui descend vers l’ombi- 2.’ 8
Îl4 NEVROSES,
lie, et est, accompagnée d’ëructations , d’une légère gastralgie , de soif, d’anxiété , d.e tenesme ; le pouls est vif et concentré , mais donne rarement plus de cent pulsations par minute. Peu de temps après , la violence des douleurs augmente considérablement , toute la région du ventre devient excessivement sensible au toucher, les muscles de l’abdomen sont contractés, et forment des nœuds ou des masses dures et irrégulières , les intestins eux-mêmes sont dans un grand état de spasme , en sorte qu’un lavement peut à peine être injecté , en raison de la forte contraction du sphincter de l’anus. L’insomnie est habituelle , les vomissemens d’une matière âcre ou porracée sont fréquens , mais particulièrement après Fingestion des alimens ou des médicamens.
Lorsque les symptômes se sont accrus , ou lorsque l’on n’emploie rien pour diminuer leur violence , les spasmes deviennent et plus fréquens et plus violens , la constipation est insurmontable , et l’inflammation des intestins ne tarde pas a faire périr le malade , en déterminant la gangrène. ‘Dans les derniers temps, il n’est pas rare qu’il survienne une dysurie très-intense.
Le siège de la douleur autour du nombril , la rétraction du ventre, la constipation, l’état du pouls , et le soulagement obtenu lorsque le corps est plié , feront promptement distinguer la colique dont il s’agit de toute autre maladie de l’abdomen.
Elle est toujours accompagnée d’un certain danger , proportionné du reste à la violence des
ou MALADIES NERVEUSES.' îl5
symptômes et à la duree de la ma ladie. Quand même elle ne produit pas la mort, elle peut déterminer la paralysie , et laisser après elle des contractures des mains et des pieds , avec impuissance des muscles de ces parties ; état misérable , dans lequel le malade languit pendant plusieurs années. Ces accidens sont très-fréquens dans les pays chauds ; et j’ai eu lieu d’en observer et d’en traiter plusieurs pendant ma pratique aux Indes occidentales.
Lors de l’autopsie des cadavres , on trouve ordinairement les mêmes altérations morbides que dans la colique commune , seulement elles sont plus intenses.
Dans toutes les affections des intestins , il est convenable de prendre des renseignemens sur l’état civil du malade ; et si ceux qu’on obtient indiquent qu’il est exposé à l’influence du plomba on ne saurait douter de l’existence de la maladie dont nous nous occupons.
Dans le traitement de la colique du Poitou , il faut: I®. se mettre en garde contre les suites de l’inflammation , quand l’attaque est violente , et le malade jeune et pléthorique ; 2® détruire le spasme par les différens moyens antispasmodiques connus ; 3®. exciter l’action des intestins par les purgatifs et autres moyens.
Pour remplir la première de ces intentions , si les symptômes ont une telle violence qu’il y ait à craindre une inflammation des intestins , il convient de tirer, dès le début , une- quantité de sang proportionnée à l’âge et au tempérament du ma-
Îl6 NÉVROSES,
lade. Je sais que quelques praticiens , supposant cette maladie purement spasmodique , ont désapprouvé Fusage de la saignée dans son traitement ; mais, comme l’inflammation et la gangrène des intestins s’observent assez fréquemment , quand elle dure pendant plusieurs jours , la'phlébotomie semble avantageuse dans tous les cas où les symptômes s’annoncent avec violence. Chez les individus faibles , chez les vieillards , et lorsque les symptôme's sont légers , on peut fort bien se dispenser d’y avoir recours.
Après la saignée , si on l’a jugée nécessaire , on doit employer les antispasmodiques pour remplir la seconde intention , qui est de faire disparaître les spasmes. Les remèdes généralement usités dans cette intenlion sont les fomentations sur l’abdomen , au moyen de morceaux de flanelle trempés dans une décoction chaude de têtes de pavots , avec addition d’ alcohol , l’immersion fréquente dans un bain chaud , les aspersions d’eau froide sur les pieds , les jambes et les cuisses du malade , auquel on fait quitter son lit pour marcher sur un plancher froid et humide, et enfin l’opium à doses considérables.
J’ai eu dernièrement à traiter une colique du Poitou opiniâtre , et qui avait résisté aux fomentations, aux bains chauds, auxlavemens de tabac, aux clystères anodins, à l’opium et aux cathartiques , et qüi céda enfin en peu de temps , lorsque j’eus fait placer la malade dans une large baignoire , et que je lui eus fait jeter un baquet d’eau froide sur l’abdomen et sur les cuisses. On
ou MALADIES KEBA^EUSES. ÎI7
n’eut pas besoin de recommencer cette operation , car il se fit bientôt des evacuations copieuses , et on s’opposa au retour de l’affection spasmodique par de légères doses d’opium répétées de temps en temps.
L’avantage qu’on obtient en jetant de l’eau froide sur les extrémités , dans cette maladie et dans l’iléus, paraît dépendre de la sympathie qui existe entre les membres inférieurs et les intestins ; les fibres de ces derniers se relâchent , tandis que la contraction subite des vaisseaux de la peau, par suite de l’application du froid, détermine l’afflux du sang à l’intérieur , et produit une sécrétion abondante du mucus intestinal , d’où il résulte une prompte et libre expulsion des matières.
Quand ces moyens ne produisent pas l’effet désiré , il est d’usage d’avoir recours aux lavemens anodins (i) ou à ceux de tabac , soit en infusion (2), soit en fumée. Le tabac, administré en infusion, est aussi efficace et plus facile à apprécier quant à la dose , que lorsqu’on l’emploie en fumée. Ce remède agit en produisant des nausées et la syncope , et, pendant ce temps, l’affection spasmodique est soulagée , et la constriction des
(1) ^ Decoct. Hordei . . .
Opii .
F. Enema.
(2) ^ Herb. Nicotian, siccat
Aquæ ferventis . .
M. et cola.
gr. iij
Îl8 NÉVROSES,
intestins,' s’il en existe, est souvent détruite.'
Cependant il arrive quelquefois que ces lavemens abattent les forces d’une manière effrayante , ensorte que le malade se refuse à ce qu’on lui en administre de nouveau. Il est donc nécessaire de ne les employer qu’avec la plus grande circonspection.
L’application d’un large vésicatoire sur l’abdomen peut quelquefois être avantageuse.
Dans les cas où , en raison de la grande irritabilité de l’estomac , l’opium n’y peut rester assez long-temps pour qu’on en obtienne l’effet désiré , il serait avantageux peut-être de l’introduire dans l’économie par le moyen des frictions, répétées environ toutes les deux heures , jusqu’à ce qu’on s’aperçoive de quelque effet (i).
Cette manière d’introduire l’opium dans l’économie a été suivie par plusieurs praticiens dans différentes maladies , particulièrement par M. W^ard , chirurgien de l’hôpital de Manchester L Par suite de nombreuses expériences , il se croit en droit de tirer les conclusions suivantes :
* Medical and Physic. Journal Jor July 1^99 pcig. 447*
(1) Opii puri subt. pulv . 5 6.
Camphoræ . . , . gr. xv,
Adipis suillæ . . 5 ij.
M.F. Un^uentuni.
yjEi
^ Vitell. ovi unius.
Tinct. Opii . . 56.
M. F. Linimenturtu
ou MALADIES NERVEUSES; I 10
I®. que Topium, quand il est convenablement appliqué à l’extérieur , et de manière à être absorbé par les vaisseaux lymphatiques , agit puissamment en diminuant l’irritation , en dissipant le spasme, et en procurant du sommeil; 2^ qu’il produit ces heureux effets lors même que son emploi à l’intérieur a été infructueux ; 3°. que cette manière d’introduire l’opium dans l’économie peut être mise en usage avec avantage quand on ne peut pas le donner à l’intérieur , ou quand l’estomac ne peut pas le garder.
Dès que les spasmes éprouvent quelque relâche , et que l’estomac est un peu remis , on doit prescrire un doux cathartique (i), comme l’huile de ricin , la teinture de séné composée , ou une solution de quelque sel purgatif, et en seconder l’action par l’administration d’un lavement laxatif répété toutes les trois ou quatre heures , si l’effet désiré n’a pas lieu promptement. Si ces moyens restent sans efficacité , il faut avoir recours à des purgatifs plus actifs, tels que le jalap, l’extrait de coloquinthe ou d’aloès, etc.
Lorsque , dans la colique du Poitou, il y a une grande irritabilité d’estomac , avec des vomissemens fréquens , on doit préférer le calomélas à tous les autres purgatifs , parce qu’on peut l’ad-
(i) ^ Olei Ricini . . 5^.
Mucil. Gummi arab . q. s.
Aquæ Menth. piper . 3 j.
Tinct. Opii . giUt. xxv.
M. 'F , Haastus sextâ qaâque horâ sumendus.
NEVROSES
niinistrer sous forme de pilules (i), qui sont moins sujettes à être rejetées que les médicamens liquides. Selon l’intensité des douleurs , on doit continuer l’usage de l’opium, seul , ou combiné aux cathartiques , ce qui est préférable.
Quand les moyens employés pour arrêter le vomissement et les spasmes , et pour provoquer les selles, réussissent, on doit se mettre soigneusement en garde contre le retour de la maladie , en tenant le ventre libre , au moyen des médicamens laxatifs dont nous venons de parler, et en recommandant bien au malade de ne pas s’exposer au froid , ou à toute autre cause occasionnelle.
Quand le malade éprouve une sensation de picotement en bas de l’épine , une faiblesse et de l’engourdissement dans les membres , on peut frictionner les parties affectées avec quelque médicament stimulant , comme nous l’avons conseillé au sujet de la paralysie ; en outre on lui ordonnera des bains chauds et on préférera toujours ceux d’eaux thermales , s’il y a moyen de s’en procurer. L’usage long-temps continué du quinquina, des amers, des ferrugineux, et les frictions avec une brosse, ainsi que l’électricité, sont indiqués également. Le malade doit porter
(i) Calomelanos . v.
Extract. Colocyntîi. comp . gr. vj.
Opii
Olei Carvi
Contunde simul et fiant pilulca dihz quartâ quâque hord sumendœ.
ou MALADIES NERVEUSES. 12 1
d’ailluurs de la flanelle^ en contact immédiat avec la peau.
On a observé que les bains de Bath procuraient un soulagement particulier dans les cas de coliques douloureuses et opiniâtres produites par Faction délétère du plomb, ainsi que dans la paralysie, qui est une de leurs suites les plus fâcheuses.
Le docteur Percival a remarqué que l'alun, administré à la dose de quinze grains , toutes les quatre, cinq ou six heures , procure un aussi trèsgrand soulagement dans quelques cas légers de colique du Poitou. Les toniques métalliques, tels qu’on les emploie contre l’épilepsie , paraissent indiqués dans cette maladie ; et ont été suivis, en effet , d’un grand succès.
Dans un mémoire intéressant , publié par le docteur Clutterbuck ■^, on trouve plusieurs observations en faveur de l’usage du mercure, dans la colique et dans la paralysie des poignets , produites par le plomb ; et par conséquent, en pareil cas, il convient de suivre la marche qu’il indique J Chez quelques-uns de ses malades , il fit frotter , matin et soir, les poignets, avec un gros d’onguent mercuriel double , jusqu’à ce que la bouche fût devenue malade. Chez d’autres, il administra chaque jour un grain de caloméîas avec l’huile de ricin ; et chez quelques autres encore , il donna un quart de grain de muriate de mercure , trois fois par jour, et avec un très-grand avantage.
Treatise on the Poison oj Lead.,
Dans le traitement de la paralysie’ qui est produite par le plomb , et qui succède à plusieurs attaques de colique du Poitou , le docteur Pemberton ^ pense qu’outre les remèdes appropriés pour combattre la maladie originelle , on doit aussi mettre en usage quelques moyens mécaniques afin- de s’opposer à la paralysie locale, en plaçant les muscles dans un état tel , qu’ils puissent reprendre de nouveau leur action ; et à cet effet il recommande ï’ usage d’un appareil mécanique ingénieux , dont on trouvera la description au chapitre de la paralysie.
Nous avons déjà dit que la vertu dont jouissent certains métaux, pour détruire ou empêcher l’acidité du cidre ou du vin , porte souvent les fabricans et les débitans de ces boissons à employer leurs préparations à cet effet. La méthode la plus en usage pour s’assurer de la falsification du vin par la litharge, est d’y verser un peu d’acide sulfurique , ce qui donne un précipité blanc qui tombe au fond du vase. Cependant ce n’est pas un aussi bon réactif du plomb que l’est l’eau hydro-sulfureuse, que l’on prépare en mettant dans une fiole une pâte de soufre et de limaille de fer, en versant par dessus fin peu d’acide sulfurique , et en faisant passer le gaz qui se dégage , à travers un ballon rempli d’eau , au moyen d’un tube courbe.
Cette eau , versée sur du vin falsifié par la litharge , le rend noir et sans force , et produit un
^ Treatise on the Diseases of the Abdominal vise era ^ pag, i55.
ou MALADIES NERVEUSES. 123
précipité abondant, qui tombe bientôt au fond du vase.
Du Cholera-morhus \ Cholera-morbus ).
Le cholera-morbus est caractérisé par des évacuations fréquentes et violentes de matières bilieuses , tant par haut que par bas , et accompagnées de tranchées douloureuses.
Dans les pays chauds, on l’observe dans toutes les saisons de l’année, et il se présente fréquemment; mais en Angleterre, et dans les autres contrées froides , c’est au milieu de l’été qu’il règne particulièrement, pendant le mois d’aoûtsurtout ; et on a généralement observé que la violence de la maladie était d’autant plus grande que la cha-* leur était plus intense. Ces circonstances portent naturellement à penser , que le cholera-morbus est l’effet d’une température chaude qui produit quelque changement dans l’état de la bile , changement qui peut consister en ce que la matière de. la bile prend de l’âcreté , ou en ce que sa sécrétion est plus abondante que de coutume. Dans quelques cas , on a vu cette maladie être produite par une transpiration arrêtée , ainsi que par des alimens acescens , par des fruits verts et des substances âcres ; mais ces causes, probablement, ne la produiraient pas sans la prédisposition amenée par la grande chaleur antérieure.
Elle débute ordinairement par du malaise, de la douleur , de la distension , et des flaluosités dans
Etymologie. , hilis, Vecû , Jluo.
1^4 KEVROSES,
Feslomac, et par de violentes coliques, auxquelles succèdent bientôt des vomissemens intenses et frèquens dé matières bilieuses, des selles de même nature , de la chaleur , de la soif ; la respiration est précipitée , le pouls devient fréquent , mais faible et ondulant.
Quand la maladie n'est pas violente , ces symptômes , après avoir duré pendant vingt- quatre ou quarante-huit heures, cessent graduellement, et laissent l'individu dans un état de faiblesse et d’épuisement ; mais quand elle marche avecbeaucoup de force , il survient un abattement considérable , la respiration est courte et précipitée, il y a des crampes dans les jambes , les extrémités sont froides , et il se manifeste des hoquets , avec affaiblissement et irrégularité du pouls , ce qui annonce l’arrivée prochaine de la mort: accident qui a lieu assez souvent au bout de vingt-quatre henres.
On distinguera le cholera-morbus de la diarrhée et de la dysenterie , en ce que la matière évacuée est de la bile pure , sans mélange de sang ou de mucus , et sans qu’il y ait à peine quelques traces de matières stercorales. On peut le distinguer de la colique du Poitou , par les évacuations ; car , dans cette dernière , quoiqu’il y ait quelquefois une quantité considérable de matière bilieuse rejetée par le vomissement , cependant il y a constipation très-opiniâtre.
Notre pronostic doit toujours être défavorable, quand la série entière des symptômes dont nous
ou MALADIES NERYEUSES,' 125
• venonsdeparleraccompagneles evacuations; mais quand le vomissement s’apaise , et que le sommeil survient , on peut espérer le rétablissement du malade.
Quand le cholei’a-morbus fait jaérir , on trouve en général , à l’autopsie des cadavres , une accumulation de bile dans l’estomac et les intestins, particulièrement dans le duodénum ; du relâchement dans les canaux biliaires , qui sont d’ailleurs distendus , et un déplacement de plusieurs des viscères , produit probablement par la violence des efforts que le malade fait pour vomir.
En raison de la grande irritabilité de l’estomac au début de la maladie , il est presque impossible que ce viscère garde aucune espèce de médicament., et le malade rejette tout ce qu’il avale , presque aussitôt qu’il l’a pris. Pour abattre cette irritation , et pour évacuer la bile en excès ou âcre , il est nécessaire , à cette époque , de faire prendre abondamment des boissons délayantes, telles que del’eau d’orge, de l’infusion de graines de lin , de l’eau de gruau, des bouillons de viande, de l’eau panée ; pour seconder leur effet, on peut administrer aussi des lavemens mucilagineux tièdes.
Outre ces moyens, des morceaux de flanelle , trempés dans une décoction chaude de têtes de pavots légèrement concassées , avec environ un quart d’eau-de-vie camphrée, doivent être appliqués sur la région de l’estomac , et renouvelés à mesure qu’ils deviennent froids.' On doit égale-
Ï26 NEVROSES,
ment tenir contre les pieds des bouteilles remplies d’eau chaude.
Aussitôt que l’estomac est suffisamment nettoyé par les délayans que nous avons recommandés , on doit chercher à diminuer ou à arrêter les progrès de l’irritation , en administrant l’opium à doses, assez fortes , mais en même temps sous le plus petit volume possible. On peut en donner une pilule d’un grain ou d’un grain et demi , toutes les deux heures , pendant autant de temps que la violence de la maladie le rend nécessaire ; si ces pilules sont rejetées , on versera environ quarante gouttes de teinture d’opium, dans une potion anti-émétique, que le malade prendra au moment de l’effervescence , et qu’on répétera également suivant le besoin. Dans qjaelques cas, quand les spasmes ont été assez vioiens pour amener promptement un état de faiblesse alarmant, j’ai vu porter la dose d’opium jusqu’à huit ou dix grains à la fois.
Dans les derniers momens , quand le pouls est faible , et que les extrémités sont froides , les opiacés unis aux aromatiques , et le musc à fortes doses, sont utiles.
L’opium , même sous le plus petit volume possible, est fréquemment rejeté par le vomissement dans le cholera-morbus ; mais , administré en lavement , il fait souvent disparaître complètement , et en peu de temps , tousles symptômes urgens, et change pour le malade un état de tourment en un état,de bien-être. Les lavemens opia-
ou MALADIES NEB,VEUSES. 127
cés doivent par conséquent être employés tant qu’il existe de l’irritation à l’estomac.
Un épithème d’opium et de camphre, appliqué sur la région de l’estomac, fait quelquefois cesser les vomissemens : j’ai , dans plus d’un cas , employé ce moyen avec un succès prononcé. L’application d’un vésicatoire sur la région épigastrique arrête souvent aussi le vomissement , en stimulant la peau, et en agissant par là sympathiquement sur les membranes de l’estomac.
Probablement que l’on seconderait l’effet des opiacés en mettant le malade dans un bain chaud, dans tous les cas désespérés de cholera-morbus , particulièrement dans ceux qu’accompagnent beaucoup de spasmes. Un auteur , quia écrit sur les maladies de l’Inde rapporte qu’un choleramorbus spasmodique très-violent et mortel , produit par la présence d’une bile âcre dans les premières voies , est une maladie très-fréquente sur la côte du Malabar, où elle est connue sous le nom de mort de chien , en raison de la mortalité qu’elle cause.
J’ai appris d’un médecin de mes amis, qui avait pratiqué pendant plusieurs années dans les Indes occidentales, où le choiera est une maladie très-commune , que de fortes doses d’acide sulfurique étendu abattaient l’irritation de l’estomac plus promptement que l’opium.
Quand la violence avec laquelle la maladie a débuté est un peu apaisée, il faut, à l’aide d’une
* Curtis’’ s Treatise on Indian Diseases.
128 NEVROSES
potion laxative (i) , évacuer le reste de la bile lé plus tôt possible, et arrêter ainsi son action irritante sur les parois des intestins.
Dans les cas ordinaires, lorsque les évacuations sont modérées, les astringens sont nuisibles, en raison de ce qu’ils peuvent aggraver la maladie en retenant dans les intestins la bile viciée , que l’on doit évacuer , tant que la sécrétion morbide du foie continue à avoir lieu.^
Comme la faiblesse causée par cette maladie , favorise beaucoup la disposition aux affections spasmodiques , il convient , pendant que nous employons les opiacés , de faire usage de toniques, tels que le vin , le quinquina , et les ferrugineux , afin de rétablir le ton de l’estomac : on aura soin en même temps de s’opposer à la constipation au moyen de quelque doux laxatif, tel que la rhubarbe.
Un amer végétal et un stomachique utile en pareil cas , c’est la racine de columbo (2).
(i) Magnes, vitri ol . S j.
Infus. Rosæ .
Syrup. Caryoph . 3 j.
M.F. Haustus quartâ qudque horâ r ep étendus ^ si erit neces-^
silas.
(-2) "if Infus. Quassiæ . § j 15.
Tinct. Coluinb . 3 iij.
- Cardam. coinp . 3 ij.
M. F. Haustus ter die sumendus,
VEL
Pulv. Golumb . . gr, X.
ou MALADIES KEBVEUSES. IÎ29
^Pendant la convalescence , le malade doit faire tine attention particulière à son règiiw , s’abstenir avec soin de tout ce qui pourrait amener une rechute , et n’user que d’alimens légers , nourrissans , et peu acidifiables. Il doit également éviter de s’exposer au froid, si sa maladie a été produite par une transpiration arrêtée.
Il est des individus sujets à des choiera périodiques, qui reparaissent à quelques semaines d’intervalle , et donnent lieu, pendant deux ou trois jours, à un malaise et à des vomissemens, avec augmentation de chaleur à la peau, accélération du pouls , blancheur de la langue , et soif. La pesanteur des yeux et une grande disposition à l’assoupissement sont ordinairement les précurseurs de l’attaque ; et si on administre alors une dose de calomélas combiné à quelque doux purgatif, on diminue considérablement la violence de l’accès, ou même on le prévient.
X’exercice , particulièrement celui du cheval , les toniques , et les eaux de Bath ou de Cheltenham , sont de très-bons moyens à employer pour empêcher les retours de la maladie en pareille occurrence.
De la Diarrhée. ( Diarrhæa. ) ^
La diarrhée consiste en des évacuations fré-
* Etymologie. Aixppîce prq/luo.
Pulv. Zingiberis
Fen'i Rubiginis .
Syrup. Rosæ .
M. F. Bolus his quotidih capiendus,
l3o NEVROSES,
quentes et copieuses des matières fécales, accompagnées de tranchées , et souvent , en premier lieu , d’un léger vomissement, mais sans fièvre ni principe contagieux, ni inflammation. L’existence de ces trois dernières conditions, le ténesme et l’évacuation d’un mucus sanguinolent ou de scybala^ mettront toujours le praticien à même de distinguer la dysenterie delà diarrhée. 11 la distinguera aussi du cholera-morbus , parce que les*évacuations ne sont point bilieuses , et qu’il n’y a point de vomissemens.
D ans la diarrhée , il y a évidemment une augmentatioinmorbide du mouvement péristaltique , laquelle est le résultat d’une foule de causes qui agissent ou sur toute l’économie-, ou, seulement sur les parties affectées.
Au nombre des premières , on peut ranger l’impression du froid sur la surface du corps , de manière à arrêter la transpiration , et à déterminer par là un plus grand afflux de sang vers les parties intérieures ; les passions de l’âme, et certaines maladies, comme celles de la dentition, la goutte , la fièvre , etc.
Parmi les dernières, on compte l’introduction dans l’estomac de matières capables d’agir sur cet organe , soit en raison de leur quantité , comme dans les cas de surcharge , soit en raison de leur qualité , comme les fruits acides , les substances huileuses et putrides, et lesmédicamens purgatifs; secondement, le passage dans les intestins de certaines matières engendrées dans le corps, comme une bile âcre , un suc pancréatique vicié , une ma-
OÜ MALADIES NEB YEUSES. l3l
tièrepuriilente, l’eau deshydropisies, lesvers, etc. ; troisièmement, le mucus fourni parles follicides des intestins eux-mêmes, et altéré dans sa quantité en suite d’une sécrétion ; c’est là proprement la diarrhée muqueuse. Dans la diarrhée , chaque évacuation est ordinairement précédée par un murmure et des borborygmes dans les intestins , et un sentiment de pesanteur et de malaise dans la région inférieure du ventre , qui cessent lorsque l’évacuation arrive , mais qui reparaissent de nouve,au avec celle qui doit succéder. A mesure que la maladie avance , l’estomac s’affecte , il survient du malaise , des nausées et quelquefois des vomissemens, la face devient pâle , et la peau sèche et âpre. Si elle dure pendant un certain temps , on voit s’établir une émaciation générale , les extrémités inférieures s’infdtrent ^ toutes les parties se relâchent et les forces se perdent.
C’est d’après la cause particulière qui a produit la maladie que nousde vons établirnotre pronostic ; il varie aussi suivant qu’elle est symptomatique d’une autre maladie , ou de nature critique , suivant le degré de faiblesse dans lequel elle a jeté l’économie , et le temps depuis lequel elle dure ; quand elle attaque les femmes enceintes , on doit toujours la regarder comme accompagnée de danger.
Dans les cas où la diarrhée a fait périr les malades , on a j^emarqué , à l’ouverture des cadavres , que lorsque cette affection était essentielle , il existait le plus ordinairement des ulcérations
î3i NÉVROSES,
dans quelques points des intestins : dans cette circonstance , la membrane muqueuse est souvent détruite dans une étendue considérable , et la tunique musculaire des intestins se trouve à nu. On a aussi remarqué que les glandes folliculaires sont le siège le plus fréquent de ces ulcérations , et que , de temps en temps , elles deviennent carcinomateuses ^ prenant le même caractère que le squirrhe et le cancer dans les autres parties.
Quand la diarrhée a été symptomatique , les altérations morbides des organes dépendent des maladies primitives , dont ce flux n’a été qu’un des symptômes.
Dans le traitement de la. diarrhée , il est né-
cessaire de remplir les indications suivantes :
i*". De prévenir ou de détruire la cause de la maladie ;
2”. De suspendre l’action augmentée qui constitue la maladie ; et
3"". De rétablir la perte de ton des organes.
Quand la maladie vient d’un acte d’intempérance, ou de la présence dhme matière âcre dans l’estomac', la première indication peut être remplie par l’administration d’une légère dose d'ipé-
cacuanha , les vomitifs, non-seulement débarrassant l’estomac , mais provoquant tontes les sécrétions. Le jour cjui soit son administration, on donne une prise de rhubarbe (i), jointe â quelque aromatique.
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Aq. Ciniiamom,