TEL
Gumm. Ammon . . 3 j C. •
Flomm. Benzoes 3 j.
Bals. Peruvian . gutt. xv
— : — sulfurât . q. s.
M. et m pilulas n” xij è singula drachma divide. — Capiat très rnfuie et vesperè.
Voyez aussi tome i. page 2^2.
ou MALADIES NEE YEUSES. y-j
tageux dans cette espèce d’asthme qui dépend de l’irritation des poumons par l’âcreté de l’air, parce qu’ils provoquent l’exhalation dans ces organes. On peut, avec avantage, y joindre un peu d’opium , ^comme cela a lieu dans la poudre d’ipécacuanba composée. D’ailleurs , le ihalade ne doit pas être exposé à l’influence des causes irritantes, que l’on sait exister dans les villes et dans les manufactures.
On peut prescrire en outre les bains de pieds chauds.
La digitale est un autre medicament qu’on a administré dans l’asthme. Dans le quatrième volume du Journal des Sciences médiçales et naturelles, page 829 , le docteur Sugrue , de Cork , cite un cas, dans lequel ses effets salutaires furent prompts et décisifs. La teinture, préparée à la méthode du docteur Darwin , fut la préparation employée , à la dose de quinze gouttes deux fois par jour. Lorsqu’il fut appelé par le malade , ce dernier était pâle et émacié, se plaignant beaucoup d’un sentiment de suffocation et de constriction dans la poitrine ; il dormait à peine , et , après environ une heure d’assoupissement , il s’éveillait très-oppressé , était obligé de s’asseoir debout dans le lit pendant le reste de la nuit , et pensait ne pas pouvoir vivre jusqu’au lendemain. Son pouls était très-faible , et donnait environ 120 pulsations par minute. C’est dans ces circonstances que le docteur Sugrue le mit à l’usage de la digitale. Mais comme il demeurait dans une partie éloignée de la ville , il
fS '• NEVROSES,
fut pendant quinze jours sans le revoir. Au bout' de ce temps , le changement survenu dans Fëtat du malade était e/tonnant ; il n’y avait plus ni ronflement ni oppression de poitrine; la figure était plus pleine , et la physionomie bfaucoup moins pâle ; le pouls donnait envirorî go’ pulsations , et était assez fort. D’après le récit que le malade fît lui-même , lors qu’il eut pris le medicament pendant environ trois jours , il ne fut plus forcé de s’asseoir pendant la nuit ; mais il put dormir, et , après son sommeil , il se sentait rafraîchi , ce qu’il n’avait pas éprouvé depuis plusieurs mois,
- Au bout d’une semaine , il dormait cinq ou six heures , et son appétit et ses forces augmentèrent dans la même proportion ; il cessa d'avoir besoin de s’arrêter pour prendre respiration en mmntant ; et*, à l’époque où cette observation a été écrite , il était mieux portant qu’il ne l’avait été depuis dix. ans.
Le docteur Sugrue affirme en outre que , dans tous les cas d’asthme où il administra la digitale, les plus violeris symptômes furent mitigés , et l’état général de la santé fut visiblement amélioré* Mais un effet qui eut lieu chez tous les malades, et qui attira particulièrement son attention, c’est que l’expectoration fut diminuée , sans que pour cela elle parût avoir encore besoin d’être exercée , ce qui montre combien l’action de. la digitale “est différente de celle des antimoniaux. Une autre différence frappante entre ces deux espèces de médicamens est que la digitale paraît moins efficace dans les cas où elle produit
ou MAL ABIES KEPtVEUSES. • 79
des nausées ou le vertige. Combinée à ropium , elle est très-avantageuse dans rastlime spasmodique, à la dose d’un demi-grain, toutes les quatre ou cinq heures. J’en ai fait l’essai avec succès dans deux ou trois occasions.
Outre les moyens qui viennent d’etre recommandés , on a eu recours à la médecine pneumatique , et les gaK , ou airs factices , ont été trèsemployés par quelques médecins , mais plus pair ticulièrement par les docteurs Beddoes et Thornton. I.e premier dit que tel est l’effet miraculeux de l’oxygène, Jorsqu’on l’emploie dans l’asthme , qu’il n’est pas plutôt parvenu dans les poumons, que la couleur livide de la face disparaît , que la respiration cesse d’être laborieuse , et que les fonctions de • tous 4es organes thorachiques s’exécutent facilement.
Le docteur Bree paraît avoir peu de confiance dans cette classe de remèdes. Cependant , il propose l’oxygène comme auxiliaire des autres moyens médicaux dans l’asthme qui provient d’une irritation muqueuse. Dans l’asthme sec, il a observé que l’oxygène était sensiblement préjudiciable, et que Ihydrogène et fhydrogène carboné furent essayés sans succès.
On a remarqué dans quelques cas d’asthme que la vapeur de i’étl^r était un puissant moyen de soulagement. *
Tels sont les remèdes-qu’on doit employer pendant un paroxysme d’asthme ; mais, dans l’intermission, il faut avoir recours aux toniques, tels i que l’écorce de quinquina , les infusions amères ^
8o NEVROSES ,
les eaux et les préparations martiales,’ particulièrement la rouille et le sulfate de fer Pour seconder les effets de ces remèdes , les bains froids peuvent être employés pendant les intermissions ; et , quand on ne peut en donner , on fera de fréquentes lotions sur la poitrine avec de Feau froide. Les voyages sur mer, les promenades en voiture, F exercice du cheval et le changement d’air, seront encore avantageux aux asthmatiques : ils doivent encore essayer différens lieux jusqu’à ce qu’ils en découvrent un où ils puissent demeurer , et dans lequel la maladie devienne moins fatigante , ou se dissipe entièrement.
Quelle que soit la préparatioq de fer qu’on emploie , on doit toujours l’administrer à petites doses en commençant, et en augmenter la quantité graduellement. Si la chaleur, ou tout autre symptôme fâcheux était produit par son influence , on devrait discontinuer son usage pendant un certain temps, et y substituer des potions salines et des opiacés. Le manque de constance dans l’usage des toniques , quand ils sont bien indiqués , est cependant une cause principale de leur discrédit. Dans le cas où quelque médicament en particulier causerait un malaise momentané , le praticien le changerait , en ne perdant jamais de vue que fortifier l’économie est le moyen d’empêcher le retour de la maladie.
Comme dans plusieurs cas d’asthme , et peutêtre presque toujours, il se fait un épanchement
* Voyez tome i. page 554-
ou MALADIES NERVEUSES. 8l
de sérosité dans les plèvres , et que la maladie , après avoir duré long-temps et à un âge avancé , se termine souvent par Fhydrothorax , l’emploi de la digitale combinée aux autres remèdes dont nous avons parlé , nous paraît véritablement indiqué pendant les intervalles des paroxysmes. Et , en effet, ses vertus diurétiques ont , dans de pareilles circonstances, produit un heureux effet.
Une atmosphère sèche et invariable convient beaucoup aux asthmatiques, non-seulement parce qu’elle ne contient point de vapeurs impures , mais encore parce qu’elle a plus d’élasticité pour dilater les vésicules des poumons. Mais , tandis que quelques asthmatiques ne peuvent pas vivre dans l’atmosphère des grandes villes , il en est d’autres , au contraire , qui se trouvent mieux dans un air rempli d’effluves grossiers , et qui respirent plus facilement dans une chambre resserrée où il y a des chandelles allumées et du feu , circonstances si propres à altérer V air.
Dans toute espèce d’asthnie , le régime du malade doit consister en alimens légers, de facile digestion , et non flatulens. Une nourriture animale , en quantité modérée , de manière à ne pas surcharger l’estomac , est celle qui convient le mieux aux* asthmatiques ; et, pour boisson ordinaire , ils peuvent user de vin et d’eau , ou d’autres liqueurs froides aqueuses. Toutes les liqueurs vineuses , spiritueuses et fermentées leur sont préjudiciables. Le thé est également nuisible , parce qu’on le boit ordinairement chaud , et qu’il a la propriété d’affaiblir les nerfs de l’es- 2, 6
tomac. Le 'cafë, à forte dose, a ëtë employé dans l’asthme avec beaucoup de succès. Dans l’asthme purement spasmodique^ cette boisson , sans lait ou sans sucre, et administrée, s’il est nécessaire, à des intervalles d’un quart d’heure ou d’une demiheure , a pu dissiper entièrement l’accès , pratique qui a été continuée pendant des années par des individus atteints d’asthme , et qui en ont retiré beaucoup de soulagement. Cependant, quelques médecins ont désapprouvé l’usage du café.
L’ail a quelquefois paru utile aux asthmatiques. Les acides leur conviennent ordinairement aussi.
D& la Rage. ( Hydrophobia. ) ^
L’hydrophobie est une maladie accompagnée de fièvre , et d’un trouble général des fonctions ; mais elle est particulièrement caractérisée par l’horreur pour toute espèce de liquide , dont la présence excite des spasmes convulsifs dans la gorge.
Elle est produite par la morsure d’un animal enragé, et, le plus ordinairement, parcelle du chien ou du chat , animaux plus véritablement domestiques que les autres. Quelques vieux auteurs ont avancé que l’on a vu survenir la maladie parle contact seul de la salive , indépendamment de toute morsure et de toute lésion apparente ; mais je doute fort de la possibilité de ce fait qui , au moins, doit être fort rare.
' Etymologie. acjua , <î>ûosa) , timeo.
. ou MALADIES NEB.VEUSES 83
On ne saurait nier, cependant, que des symptômes entièrement semblables à ceux de la rage ne soient survenus chez Fbomme spontanément. L’irritation locale que causent les plaies chez des individus nerveux, spécialement quand il s’y joint un trouble des passions, et les affections vives de Fame , indépendamment de toute lésion physique chez les femmes hystériques et hypochondriaques , ont quelquefois donné naissance * aux symptômes pathognomoniques de Fhydrophobie. Les alternatives violentes de chaud et de froid , et toutes les autres causes qui amènent une grande faiblesse et augmentent en même temps l’irritabilité , ont quelquefois produit exactement les mêmes symptômes aussi ; c est là ce que les auteurs de médecine ont nommé hjdrophobie spontanée.
Quelques médecins ont été jusqu’à douter de l’existence de cette affection , par suite de la morsure d’un animai enragé ; mais , dans nombre de cas , le contraire a été prouvé de la manière la plus évidente.
Quelques personnes ont nié, au contraire, que la rage pût survenir chez les animaux sans contagion antérieure.
[Quelques cas, rapportés par M. Rossi, dans les mémoires de l’Académie de Tqrin , tome Yi% démontrent évidemment, néanmoins, que les animaux même en santé deviennent capables, quand, ils sont mis en fureur , ou fortement irrités , de communiquer la maladie par leur morsure ; circonstance qui , quoique regardée comme vraie
par le vulgaire depuis long-temps , avait besoin
de preuves évidentes.
De la chair gâtee pour nourriture habituelle ; le manque d’eau, un exercice violent pendant un temps très-chaud et très-sec , un état particulier de l’atmosphère , et les mauvais traitemens , peuvent produire la rage dans le chien et dans le chat. Cependant, quelques médecins sont disposés à nier la valeur de ces causes éloignées , et à soutenir que l’infection directe , par l’inoculation du virus , est la seule cause excitante. Il y a, au reste, des faits propres à faire présumer que la rage survient spontanément chez quelques quadrupèdes , surtout chez les animaux carnivores.
Cependant , il ne paraît pas que la rage soit aussi commune chez les chiens dans les pays chauds que dans les pays froids ; car, pendant un séjour de plusieurs années dans les Indes occidentales , je n’ai jamais entendu parler d’un seul cas de cette nature.
Nous savons aussi que la rage est étrangère à l’Amérique méridionale , et , selon le témoignage de Yolney, elle est également inconnue en Egypte et en Syrie. M. Barrow * nous dit en-' core que , malgré la thaleur du climat au cap de Bonne-Espérance , et quoique les chiens y soient nourris dans l’intérieur parles caffres avec des alimens putréfiés , cette maladie y est cependant inconnue.
* Travels into the Interior of Africa from the Cape of Good Hope.
ou MALAUÏES NEE.VEIJSES. 85
L’hydrophobie paraît provenir d’un principe contagieux spécifique, qui, étant une fois produit par des causes inconnues , continue de se propager par le commerce que les chiens ont les uns avec les autres. On a avancé que la maladie ne peut pas être communiquée d’un homme hydrophobe à un autre , au moyen d’une morsure , ou de toute autre manière ; mais cette assertion demande confirmation.
On ne connaît aucun exemple de communication de la rage , de l’espèce humaine aux quadrupèdes , car on a essayé à la leur donner par inoculation , et l’on n’a pas réussi ; rien ne prouve auSvsi qu’aucune des sécrétions d’un animal enragé , excepté sa salive, puisse produire la maladie.
Quand un grand nombre d’individus ont réellement été mordus par un animal enragé, ils ne sont jamais tous affectés delà maladie. M. Hunter rapporte que de vingt personnes qui furent mordues par le même chien , il n’y en eut qu’une qui contracta la maladie. Il est donc évident que les différens individus ne sont pas également prédisposés à la contagion , et même que cette prédisposition varie dans le même sujet à différentes époques. Les passions débilitantes, et tout ce qui produit la faiblesse, favorisent l’inoculation du virus.
Les chiens et les chats éprouvent au plus tôt les symptômes de la rage sept ou huit jours après avoir été mordus, et six ou, sept semaines au plus tard , après cette époque. Chez l’homme , l’espace de quelqués jours seulement suffit pour
laisser les sympiômes se manifester ; mais l’époque la plus ordinaire , à laquelle ils paraissent, est du vingtième au quarantième jour après la morsure. Nul fait , bien authentique , ne prouve que le virus soit resté caché plus long-temps que onze et douze mois ; et nous pouvons, par conséquent , regarder un individu comme presque sauvé lorsqu’il s’est écoulé un an sans qu’il se soit manifesté aucun signe du mal.
Les cas , rapportés par les auteurs , et où la rage est survenue plusieurs anjiées après l’inoculation du virus , nous paraissent devoir être regardés comme des hydrophobies spontanées , ou comme d’autres maladies spasmodiques avec difficulté dans la déglutition des fluides, et aversion pour leur présence : le virus d’un animal enragé n’a pu aucunement les produire. L’aversion pour les liquides , et la grande difficulté pour les avaler, ont été observées chez les femmes hystériques , par plusieurs auteurs ; et quelquesuns de ces faits démontrent que tous les symptômes de la rage ont été produits par de violentes affections de l’âme chez des sujets irritables et délicats. La terminaison funeste, dans plusieurs circonstances, tend en outre à confirmer l’intime analogie qui existe entre la rage et l’hystérie. Il est possible aussi que des tétanos , avec une grande irritatinn locale et un trouble générai des passions, dans une constitution nerveuse , aient été pris pour l’hydrophobie.
L’hydrophobie , dans le chien, est ordinairement précédée par de la tristesse et de l’abatte-
ou MALADIES NERVEUSES. 87
ment , ses oreilles et sa queue sont pendantes ; il est sauvage , et grogne contre tous ceux qui Fentourent ; bientôt après sa respiration devient accëlére'e et laborieuse; sa langue pend hors de sa gueule , et prend une couleur plombée ; il évacue une salive écumeuse , refuse toute nourriture et toute boisson , court çà et là , mord tout ce qui approche de lui , et enfin devient entièrement furieux , dernière période qui * amène ordinaire^^ ment la mort au bout de trente heures au plus tard. Plus il est près de cet état, et plus sa morsure est dangereuse.
Chez l’homme , les symptômes généraux qui suivent la morsure d’un chien , ou d’un autre animal enragé , sont les suivans :
La partie mordue ne tarde pas à devenir le siège de douleurs erratiques, avec malaise et pesanteur ; le sommeil est agité par des rêves effrayans, il y ades soubresauts subits etdes spasmes; le malade soupire sooivent , éprouve de l’anxiété, et recherche la solitude. Ces symptômes continuant à s’accroître chaque jour , la cicatried de la plaie devient dure et élevée , le malade y éprouve une sensation de fourmillement particulière , et les douleurs commencent à se déplacer de l’endroit qui avait été blessé , pour se porter vers la gorge ; celle' ci est resserrée ; il y a un sentiment de strangulation ; l’horreur et l’épouvante à la vue de l’eau et des autres fluides se déclarent alors , en même temps que des tremhlemens et la perte de l’appétit. Cependant, le malade peut avaler encore assez bien les sub-
88 KEVROSES,
stances solides ;• mais , si quelque corps fluide touche à ses lèvres, il se renverse en arrière avec pre'cipitation , bien que dans ce moment même il paraisse éprouver tous les tourmens de la soif.
Ce phénomène est au reste particulier à l’espèce humaine ; les animaux enragés ne montrent aucune frayeur de l’eau. Quelques praticiens pensent même que ce symptôme , et que le renversement en arrière avec horreur à la vue de l’eau et des autres fluides , ne provient point de ce que les malades les craignent , mais bien de la peur de les avaler , ce qui est dû à l’état d’inflammation du gosier. Pour avaler les liquides , il faut en effet une plus grande contraction des muscles , que pour avaler des solides , en sorte qu’il en résulte plus de douleur et de spasme , ce qui explique très-bien comment il se fait que le malade craigne moins les substances solides que les fluides.
Le docteur Yaughan, q«i a publié ses idées sur l’hydrophobie , nie cependant que la violente douleur qui arrive toutes les fois que le malade veut boire , ait son siège dans l’arrière-bouche et dans la gorge. Il dit que c’est le creux de l’estomac qui est principalement affecté , vu que c’est toujours là l’endroit où l’on applique la main. En raison de cette particularité, de l’existence du rire sardonique , des contractions convulsives des muscles abdominaux, du sentiment de suffocation qui menace d’une mort presque immédiate , il croit que , dans Fhydrophobie , il s’établit un rapport de sympathie entre l’arrière-
OÜ MALADIES NERVEUSES. 89
bouche , le diaphragme et les muscles abdominaux.
Le docteur Rush , d’après quelques altérations morbides qu’il observa en disséquant un enfant mort hydrophobe , par suite de la morsure d’un chien enragé , pense que c’est l’occlusion momentanée de la glotte qui produit la crainte d’avaler les fluides , et qui oblige le malade à les prendre subitement et par intervalles. La même dif-‘ ficulté et le même danger ont lieu pour la déglutition de la salive , ce qui explique ce symptôme de crachotement qui a été si souvent observé dans l’hydrophobie. Dans le cas dont il est question , voici les altérations pathologiques qui existaient : l’épiglotte était enflammée, et la glotte tellement épaissie et rétrécie , qu’elle pouvait à peine admettre une sonde de volume ordinaire. La trachée-artère était également enflammée et épaissie , et contenait .une certaine quantité de mucus. L’œsophage était absolumentsain , mais l’estomac était phlogosé par plaques.
Des vomissemens bilieux se manifestent à mesure que la maladie avance ; ils sont bientôt suivis d’une violente fièvre chaude accompagnée d’insomnie , de soif , de sécheresse de la langue , d’enrouement , de l’expulsion continuelle d’une salive visqueuse ; il survient aussi des spasmes des organes génitaux et urinaires; ensuite de quoi il arrive des évacuations involontaires. La respiration est laborieuse et difficile ; mais les facultés intellectuelles restent dans leur état naturel, et tant que le malade peut parler, ses réponses sont
go NEVROSES ,
justes. Dans quelques cas , il se déclare un délire violent; c’est la dernière scène de cette tragédie ; mais il arrive plus fréquemment que le pouls devient tumultueux et irrégulier, que des convulsions augmentent le trouble général , et que la nature «puisée succombe à cette série d’accidens qui se succèdent si promptement.
Daiii^ cette maladie , le pronostic est toujours fâcheux , puisque , dans le plus grand des cas c’est en vàin qu’on a cherché à la guérir. La mort survient ordinairement vers le troisième ou le quatrième Jour à dater de l’apparition des symptômes.
Les altérations qu’on observe à l’ouverture des cadavres, dans l’hydrophobie , sont un état de dessèchement non ordinaire des viscères et des autres organes; des traces de phlogose dans la partie inférieure de l’œsophage et au cardia , et souvent une distension flatulente de l’estomac et des intestins. Quelques signes d’inflammatioiî existent également dans le cerveau, tels sont une infiltration séreuse à la surface de ce viscère , et la rougeur de la pie mère; ces altérations, au reste , ont aussi été observées chez le èhien. Quelquefois encore on renconL'e un épanchement de sang dans les poumons.
Dans quekjues cas on n’a trouvé à l’ouverture des cadavres aucune apparence morbide, ni dans le gosier, ni dans le diaphragme, l’estomac ou les intestins. En conséquence plusieurs auteurs ont pensé que le virus agissait sur le système nerveux, qu’il bornait entièrement à lui sou
ou MALADIES NERVEUSES, Qt
action , et qu’on pouvait même douter que les qualités du sang en fussent altérées , et qu’il entrât dans l’économie par la voie de l’absorption. Ace que je crois, les ganglions lymphatiques, dans le trajet de la plaie au tronc, n’ont jamais été trouvés malades.
Dans le traitement de la rage , on doit chercher à couper le mal dans son principe , empêchant, s’il est possible, l’absorption du virus. Pour y parvenir , il faut emporter la partie blessée , appliquer ensuite une ventouse scarifiée , de manière à tirer beaucoup de sang, et panser enfin avec un onguent irritant, tel que celui de cantharides, afin d’entretenir la suppuration pendant fort long temps.
On a vu plusieurs individus , traités^de cette manière, échapper à la maladie , tandis que d’autres, qui avaient négligé l’emploi de ces moyens, et qui avaient été mordus par le même animal , sont devenus hydrophobes. Plus tôt on pratique l’opération après l’accident , et plus on est sûr du succès ; mais il est convenable encore de la faire, même au bout de plusieurs jours , car il est présumable que le virus rabique n’entre pas dans l’économie aussi promptement que cela arrive pour d’autres virus. Nous sommes jusqu’à un certain point autorisés à tirer cette conclusion , en raison de ce que, dans plus d’un cas bien attestés, plusieurs semaines, et même plusieurs mois, se sont écoulés entre l’époque de la morsure et le début de la maladie.
V 03 NEVROSES ,
Le docteur Darwin * pense que si le malade a été mordu à une partie qu’il soit possible d’amputer entièrement, comme un doigt, il est probable que , même après que l’hydrophobie est déclarée , on pourrait le guérir par l’opération ; il soupçonne que la cause du mal réside encore alors dans le tendon blessé, et qu’il n’y a pas infection générale de la masse du sang. Aussi, observe-t-il , il y a généralement des sensations douloureuses , du froid ou de l’engourdissement dans la cicatrice j avant que l’hydrophobie commence.
Lorsque le peu de courage du malade , ou le siège de la morsure rendent l’extirpation impraticable, on doit avoir recours à d’autres moyens. On a pensé que la matière contagieuse pouvait être détruite dans la plaie , en la lavant avec soin et pendant long temps, aussitôt après l’accident, avec du vinaigre , ou de l’eau et du sel , ou une solution de potasse caustique ; mais avant d’employer ce moyen, il est convenable de dilater ou d’agrandir suffisamment la plaie , et de la faire saigner abondamment; après quoi on peut y appliquer ou le cautère actuel , ou le caustique. Le docteur Percival a recommandé, dans le cas où cela est possible , l’application de ligatures audessus et au-dessous de la partie mordue pendant qu’on la lave.
En parlant des poisons animaux, je traiterai de l’application externe et de l’administration à l’intérieur de l’ammoniaque qui , dans plusieurs
^ Zoonomia J vol. iv, 5o.
ou MALADIES KERVEUSES. gS
essais, a paru faire entièrement disparaître Içs accidens fâcheux produits par la morsure de la <?obra de capello , serpent de l’espèce la plus venimeuse , et qui produit des symptômes analogues à ceux qu’occasionne un animal enragé. Le meme remède mériterait donc d’être essayé dans les cas d’hydrophobie ; mais comme il y aurait beaucoup de difficulté à administrer l’alcali volatil , à cause du surcroît de sensibilité de la gorge , et de la crainte pour les liquides , on i pourrait introduire ce médicament dans l’estomac d’après le procédé de M. John Hunter , dont nous parlerons aussi' par la suite , ou bien on mêlerait l’alcali volatil avec de la mie de pain , pour en faire des pilules ou un bol.
D’après quelques expériences faites parle docteur Linke , de Jéna , avec la salive prise , après la mort , sur un chien enragé , qui avait communiqué la maladie à d’autres animaux , l’application à l’extérieur d’une forte solution d’acide arsénieux dans l’eau , paraît détruire le virus , et empêcher la maladie de se développer. Ce remède semble digne par conséquent d’essais plus étendus.
Outre ces moyens prophylactiques , on a encore fortement recommandé de recourir trèspromptement à l’emploi des frictions mercurielles , que l’on doit continuer régulièrement , et faire très-fortes, de manière à occasionner la salivation , qu’on accélérera par des bains chauds donnés de temps en temps. Les fumigations mercurielles peuvent aussi être mises en usage.
94 NEVROSES ,
Pour produire une prompte salivation dans Fhydrophobie , le docteur Darwin dit qu’on doit administrer fréquemment au malade un grain et demi de muriate de mercure dissous dans une demi-once d’alcohol. D’après une note de M. Addington , de West Bromwich il paraît que par cette méthode il a guéri , en très-peu de temps , et sans la moindre suite fâcheuse , des centaines de gonorrhées virulentes, Yoici, au reste , la marche qu’il conseille de suivre : On fait dissoudre trois grains de muriate de mercure dans une once d’esprit de vin rectifié , et on en donne la moitié , sans être étendue , au moment où le malade se met au lit ; il survient un ptyalisme copieux ^ qui dure une heure et demie ou plus long-temps , et pendant ce temps le malade rend la valeur d’une pinte de salive environ. Une dose de sel de Glauber doit être administrée le second jour , et vers le soir on reviendra au mercure, pour reprendre l’usage du sel le surlendemain, et ainsi de suite.
Le docteur Thomas Beid , dans ses observations sur l’emploi des bains de mer chauds et froids , cite un cas qui démontre clairement l’effet prophylactique du mercure. Il rapporte qu’un homme , une femme et plusieurs chiens , furent mordus par un chien soupçonné enragé , et que l’on tua bientôt. Quinze jours après l’accident il vit les blessés; la femme é tait légèrement atteinte au petit doigt, et la piqûre était couverte d’une
* Contributions of medical Knowledge published bjr doct. Beddoes.
ou MALADIES NERVEUSES. 05
croûte noire : elle éprouvait dans le bras une douleur vive , qui se portait vers la tête , particulièrement pendant la nuit ; elle faisait des rêves effrayans, et ressentait un grand abattement,^ L’homme avait été aussi mordu à la main, mais il n’éprouvait pas autant de douleur. Il les mit à l’usage du mercure , suivant le procédé du docteur James. En peu de jours les symptômes s’abattirent ; et comme la bouche de la femme s’affecta, elle cessa l’emploi du remède. Cependant la douleur ne tarda pas à reparaître avec beaucoup plus d’intensité , et attaqua la tête ; le médicament fut administré de nouveau , et tous les symptômes disparurent encore une fois. Tous deux furent parfaitement guéris ; car , dit-il , si la maladie avait reparu , il en eût certainement été informé.
Le docteur Reid rapporte en outre que. le même médicament fut administré aux chiens; mais que par accident un d’eux fut oublié, et n’en prit point ; il devint enragé le treizième jour , et fut tué dans cet état d’un coup de fusil ; tous les autres restèrent en santé , si ce n’est un petit chien qui mourut de la salivation. ÎSi l’homme pi la femme n’avaient cru le chien enragé avant d’avoir commencé le médicament ; en sorte que l’imagination n’eut aucune influence sur la production des symptômes qui se déclarèrent.
Ces faits paraissent bien authentiques , et attestent les bons effets^ du mercure , quand on l’emploie de bonne heure ; mais lorsque la mala-
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die est entièrement déclarée , son inutilité a été
prouvée nombre de fois.
Le docteur Richard Pearson , de Birmingham , dans son'Traité de Fhydrophobie , dit que si jamais cette maladie a été guérie par le mercure , ce n’a été qu’en raison d’une contre-impression communiquée à toute l’économie , et non en raison de la salivation ; car la salivation est un symptôme constant de la rage , en sorte que si elle était curable par une évacuation de salive , elle se guérirait d’elle-même ; ce qui me paraît une manière un peu vague de raisonner.
Quoique la médecine se soit montrée impuissante jusqu’à présent toutes les fois que la maladie était entièrement développée , cependant il est nécessaired^xposer la marche qu’on a suivie le pins ordinairement dans de semblables circonstances.
En raison de certains symptômes de l’hydropbobie , tels que la chaleur , la soif, l’insomnie , la fièvre , la difficulté de respirer , le priapisme , l’anxiété et la fureur ; en raison des traces d’inflammation que l’on rencontre communément lors de l’autopsie des cadavres, et de l’emploi avantageux de la saignée , dans quelques cas , ce moyen a été beaucoup préconisé par plusieurs praticiens. Je ne puis dire cependant en avoir jamais vu retirer aucun bon effet ; et , au moins que je sache , dans tous les cas où les symptômes pathognomoniques existaient, elle n’a produit aucun soulagement. Ainsi donc , à moins que
ou MALADIES NERVEUSES,
le malade ne soit d’une constitution pléthorique et d’un tempérament athlétique , il ne faut pas avoir recours à la saignée.
L’opinion qui veut qu’une diathèse inflammatoire existe dans cette maladie , a été combattue depuis long-temps , et surtout par le docteur Pearson , qui a observé que quelques - uns des symptômes sont purement accidentels , que d’autres sont a peine sensibles , et que plusieurs, dans le cas meme où ils existent , ne dénotent pas que la maladie soit de nature à exiger la saignée.
Dans l’idée quel’hydrophobie est une affection inflammatoire , on a conseillé les bains chauds , et le traitement antiphlogistique ; mais ces moyens s’étant trouvés inefficaces , et quelques praticiens ayant cru reconnaître une analogie entre l’hydrophobie et le tétanos , on a aussi recommandé les bains froids , et le vin donné abondamment.
Le docteur Russel rapporte que le vin à haute dose a été administré avec succès contre les morsures des serpens venimeux, qui ont de l’affinité avec la rage. A l’égard des bains froids, on a observé qu’ils aggravaient les symptômes, quand ils étaient une fois bien déclarés , et qu’ils excitaient des convulsions ; mais avant que la maladie se soit manifestée ouvertement , il est probable que ce remède peut être employé avec avantage. C’est une opinion émise par les anciens , et qui est encore soutenue par plusieurs de nos modernes , que les bains froids préservent de l’influence du virus rabique.
Si l’on fait attention que ce virus produit une
g8 NEVROSES ,
augmentation excessive , on une alteration morbide de la sensibilité naturelle , et que les individus qui sont mordus par un chien enragé ou par tout autre animal atteint d’hydrophobie , sont dans un état perpétuel d’insomnie depuis le début de la maladie jusqu’à sa fm ; qu’ils supportent avec peine l’impression des objets extérieurs sur les sens ; que le moindre bruit leur est insupportable , et que toute sensation est douloureuse, on ne s’étonnera pas que l’opium ait été fort employé ; cependant, essayé plusieurs fois, et bien qu’il ait été administré à la dose de cent quatrevingts grains dans l’espace de quatorze ou quinze heures , il n’a produit aucun effet avantageux.
. Toutes les fois qu’on administre l’opium , la dose en doit être considérable , et on en répétera l’administration suivant l’effet qu’il produit , sans trop s’attacher à la quantité. L’application externe de ce narcotique, comme il est conseillé au sujet du tétanos , mériterait peut-être aussi d’être tentée ; et quand le malade ne peut plus avaler , l’introduction de l’opium dans l’économie par la voie des frictions, me paraît être un fort bon moyen. M. Ward, de Manchester , est, je pense , le premier qui ait conseillé de l’employer de cette manière dans l’hydrophohie. En effet, comme dans cètte maladie la gorge paraît toujours être affectée de contractions spasmodiques, il semblerait utile de frotter fréquemment le cou avec un liniment narcotique (i), et d’ap-
(i)%Tn\ci» Opii,
ou MALADIES NERVEUSES. 99
pliquer ensuite un emplâtre d’opium , de camphre , d’assa fœtida et de gomme galbanum sur cette meme partie.
Le docteur Stutz recommande expressément l’alcali végétal , administré à l’intérieur alternativement avec l’opium , et mis en contact avec la surface du corps à l’aide d’un bain chaud.
Outre l’opium , les autres antispasmodiques , le musc en particulier , ont été employés dans le traitement de l’hydrophobie , mais sans beaucoup de succès ; la meilleure manière de les adminis-
trer est au reste de les combiner les uns avec les autres (i).
Comme l’ipécacuanha , â doses rompues , est avantageux dans quelques maladies spasmodiques, peut-être pourrait-il l’être aussi dans l’hydropbobie. Cependant il faudrait qu’on l’administrât de manière à provoquer non pas le vomissement, mais seulement une transpiration abondante et des nausées. La poüdre d’ipécacuanha composée ( dans laquelle il entre une certaine quantité d’opium) est préférable à la poudre simple de cette racine , parce qu’ ordinairement elle produit un effet diaphoré tique plus certain.
Spirit. Camph. % {!,.
Aq. Ammon, pur . . . 5 ij.
M. F. Linimentum.
(i) Mosch. opt. . . . , . gr. xij.
Camph. . . . . * gr. V.
Opii . gr. iij 9 j.
Bals, peruv. q. s.
M. F. Bolus tcrùà horâ sumendus,
lOO • ’ NÉVROSES,
On assure que quelques guérisons' ont été effectuées par l’usage du vinaigre. On affirme également qu’on a réussi parfois , en oignant tout le corps avec de l’huile fraîche , et en en faisant avaler dé' force aù malade plusieurs doses ; car, dit-on, l’aversion pour les fluides diminue en proportion delà quantité d’huile avalée. Nous avons déjà fait connaître une méthode préservatrice de la peste assez analogue à celle-là.
Parmi lés remèdes renommés pour leur vertu dans cette maladie , on doit compter la poudre ormskirk , le remède tonquin\ et les pilules carnatiques . Le premier de ces remèdes paraît parfaitement inerte ; et , par une analyse soignée , on a découvert qu’il était composé d’environ une once de craie préparée, de dix grainy d’alun , de trois gros de bol d’Arniénie v d’un grô^ de racine d’énula campana en poudre , et de quelques gouttes d’huile d’anis. Le principal ingrédient du dernier est l’arsenic. Ce minéral est très-employé par les médecins indiens, comme un antidote dans rhydrophobie. Il entre dans la composition
de la pilule contre les serpens des Indes occidentales ^ médicament qui a été communiqué à la présidence de Madras, par un naturel de Tanjore, et que le docteur-Simmons, un des chirurgiens de la compagnie , dit avoir administré avec succès à des individus mordus de chiens enragés.
Dans son traité de l’hydrophobie, le docteur Hamilton recommande d’essayer les effets de l’arsenic, et, comme de forts paroxysmes d’épilepsit ont été arrêtés par l’administration de la
ou MALADIES NEB.VErSES. TOI
solution arsenicale , il est possible qu^elle puisse avoir un bon effet clans la rage. Le zinc calciné , et le cuivre ammoniacal, sont des préparations minérales qui ont été conseillées et employées à propos dans cette maladie.
Quant au remède tonquin , il est composé de vingt-quatre grains de cinnabre natif, de la meme quantité de cinnabre pulvérisé, et de seize grains de musc. On doit le prendre dans une pleine tasse à thé d’arrack ou d’eau-de-vie , et on dit qu’il met le malade en sûreté pour trente jours , au bout desquels il doit être répété, à moins qu’il ne se déclare quelqu’un des symptômes de la maladie, auquel cas on doit y recourir au bout de trois heures. La première dose sera prise aussitôt que possible après la morsure.
Malgré les différens moyens qui ont été vantés de tout temps et dans tous les pays , comme des antidotes du virus rabique, le seul remède dans lequel on puisse placer sa confiance , est l’incision ou la cautérisation, et même dans les plaies complètement cicatrisées , il serait peutêtre avantageux d’employer l’une et l’autre. Si ce remède est mis en. usage avant que les douleurs lancinantes et que le malaise commencent à se manifester autour de la cicatrice, il y a beaucoup plus à espérer que dans les autres cas , car ces symptômes indiquent le passage du virus à travers les vaisseaux absorbans.
Le docteur Pearson pense qu’on peut obtenir un effet salutaire dansl’hydrophobie, en déterminant la naissance de la fièvre et de l’inflammation. Lors
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de l’introduction d’un virus dans l’économie , il n’y a , dit-il , aucun exemple de guérison , sans une inflammation plus ou moins vive. Le virus qui produit la peste n’est jamais plus funeste que quand il existe peu de fièvre ; et, dans la morsure de la vipère , le gonflement et l’inflammation de la partie mordue , avec augmentation de la chaleur, générale , sont les avant-coureurs ordinaires du rétablissement. En conséquence , il présume que le vin , les spiritueux et les aromatiques peuvent être utiles dans la rage, pourvu que l’aversion pour les fluides ne soit pas assez grande pour rendre l’administration du vin impossible. Peutêtre, ajoute-t-il ,' que l’acide nitrique ou les autres acides minéraux , et que le vinaigre , comme le pense le docteur Eerriar , pourraient être mêlés avantageusement au vin. Outre l’administration du vin et du vinaigre parlabouche, il conseille de donner ces liquides en lavement, et tout cela , ^ dès la première apparition des symptômes caractéristiques de la rage ; car quand la maladie a fait quelques progrès , il devient impossible de faire avaler des liquides en quantité suffisante pour produire de l’effet , et quelquefois un obstacle semblable se présente pour l’administration des lavemens.
Cependant même dans cet état de choses, nous ne sommes pas , dit-il , entièrement sans ressources. Les acides concrets, tels que le tartarique , le citrique, ou le benzoïque doivent être administrés avec environ moitié de leur poids de poivre-long (C^/;^/c^//??), en poudre, ou de quelque
ou MALADIES NEB.VEÜSES. îo3
autre aromatique énergique, sous la forme de b ois. On ne doit pas donner , pour une dose , moins de vingt ou trente grains de ces acides concrets , ni moins de huit à dix grains de capsicum. Le docteur Pearson veut encore que , pendant ce temps, on ne négligé pas les applications topiques. Ainsi, quand la morsure a etë faite à une partie qui le permet, oa appliquera au-dessus de la plaie cicatrisée , une ligature comme l’a proposé le docteur Percival. Elle empêchera l’absorption d’aller plus loin. En même temps la partie mordue peut être attaquée ou détruite par l’application du nitrate d’argent , ou des acides minéraux concentrés , et on ne doit enlever la ligature placée sur le membre, qu’ensuite de l’emploi de ces moyens.
Tel est le plan de traitement proposé par le docteur Pearson; comme il est nouveau, il m’a paru digne d’être exposé. On ne peut déteinniner que par expérience , et non par aucun de ces raisonnemens sur la nature de la maladie, que la théorie peut nous fournir d’avance , si les stimulans sont ou non des remèdes avantageux et puis: sans dans le traitement de l’bydrophobie.
Nous n’avons plus maintenant qu’à faire observer que pendant la dernière période, on doit avoir le plus grand soin de contenir le malade avec un gilet de force , de sorte qu’il lui soit impossible de blesser ceux qui lui donnent leurs vSoins , ou lui-même. Tant qu’il peut avaler , il faut soutenir ses forces par quelques légers alimens ; mais , plus tard , on lui administrera des
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lavemens de bouillon. Pour calmer sa soif, on peut lui verser dans la gorge du vin et de l’eau, au moyen d’un biberon ; mais si la crainte qu’il éprouve pour les liquides est insurmontable , on placera sur sa bouche et ses narines une éponge trempée dan ? du vinaigre chaud.
S’il existe une grande constipation, onia combattra pas l’administration d’un lavement laxatif, et si ce dernier ne produit pas l’effet qu’on s’était proposé, on aura recours à des pilules purgatives (i).
Le docteur Rush a conseillé , dans les cas d’hydrophobie, de pratiquer l’œsophagotomie, pour obvier au plus fâcheux symptôme , et pour trouver le temps d’employer d’autres remèdes , en rapport avec l’état du malade ; d’ailleurs , ainsi on pourrait introduire dans l’estomac des substances liquides, comme J. Hunter l’a pratiqué, à l’aide d’une espèce de sonde particulière et fort ingénieuse chez un malade atteint de la paralysie de l’œsophage , et qui ne pouvait prendre aucun aliment. Cet instrument était fait de la peau fraîche d’une petite anguille , étendue sur un mandrin de baleine , et garnie à une de ses extrémités d’une petite éponge , audessus de laquelle on avait pratiqué une incision
* Transactions qf a àoeiety Jor the Improvement of Medical Knowledge J vol. i.
(i) ^ Extract. Golocynth. gr. xx.
Calomel. gr. \ ,
Olei Carvî . • . • . . gutt. iij.
F. Massa in pilulas vj dividenda.
ÔTT maladies nerveuses. io3
longitudinale. A Fautre bout était fixée une vessie et un tuyau de bois analogue au canon d’une seringue , mais ayant une cavité assez large pour laisser pénétrer le mandrin dans la vessie sans pouvoir en être bouché. Cette sonde était introduite dans l’estomac par sa première extrémité ; on plaçait dans la vessie les alimens et les médicamens, et en pressant celle-ci, on les faisait passer dans la peau d’anguille.
Cependant comme il peut arriver qu’on ne puisse pas se procurer une peau d’anguille , on peut la remplacer jusqu’à un certain point par un bout d’intestin. Par ce procédé, quels que soient les fluides qu’on administre, ils ne se trouvent point en contact avec les parties enflammées du gosier.
De la Colique. ( Colica. )
La colique est une distension douloüreuse de toute la région inférieure du ventre avec un sentiment de torsion autour de l’ombilic , et souvent accompagnée de vomissemens , de constipation, et d’une contraction spasmodique des muscles de l’abdomen.
Cette maladie est produite par différentes causes, des alimens difficiles à digérer et acescens , une très-grande quantité de bile âcre , une accumulation d’excrémens endurcis , le dérangement des premières voies , une métastase arthritique ou rhumatismale , l’impression du ixoid
Etymologie. KoAûv , unum ex intestinis crassis.
îo6 ÎÎEVBOSES,
et de l’humidité, les vers intestinaux’ et l’introduction d’un poison dans l’estomac. On a généralement reconnu plusieurs espèces de coliques, et on leur a donné différens noms suivant la cause qui les produit : telles sont les coliques bilieuse ^ venteuse, hystérique, etc. ; mais, dans toutes^ la cause prochaine paraît être la même ; savoir une constriction spasmodique dans un point du trajet des intestins.
Dans la colique bilieuse , il y a anorexie , saveur amère de la bouche, soif, chaleur fébrile, constipation, vomissemens bilieux, douleur aigue autour de l’ombilic ; à mesure que la maladie avance, les vomissemens deviennent plus fréquens , et la douleur ombilicale plus violente et plus durable.
Dans la colique venteuse , il y a une grande constipation, accompagnée de douleurs, de malaise et de tranchées dans les intestins , de borborygmes , de distension de l’estomac, de penchant au vomissement , et de froid des extrémités.
Dans la colique hystérique , il y a des nausées ,
I un sentiment de malaise à l’estomac , des spasmes AÛolens , de la constipation , et de l’abattement des facultés.
Quand la maladie atteint un haut degré d’intensité , et qu’il survient un vomissement stercoral, elle constitue l’affection qu’on connaît sous le nomde passion* iliaque, où, de même que dans le volvulus , le mouvement péristaltique est renversé, ce qui amène une inflammation très-vive.
ou maladies nerveuses. Î07
La colique est facile à distinguer de F entérite à la contraction spasmodique des muscles abdominaux, à Fabsence ordinaire de la fièvre, à Fétat du pouls, et à la diminution de la douleur par la pression.
Quandla douleur s’amende, ou change déplacé, qu’elle n’est point fixée avec ténacité à un point déterminé , que le malade éprouve un soulagement considérable après une évacuation gazeuse ou stercorale , et que Fon obtient des selles par l’emploi de remèdes convenables , on peut s’attendre avec raison à une terminaison favorable ; mais la cessation subite de la douleur, la constipation opiniâtre, l’apparition de sueprs froides et le hoquet indiquent Fapproche de la mort.
Si le malade succombe , on trouve ordinairement, à l’ouverture du cadavre , une légère inflammation de la surface des intestins , une distension et une contraction irrégulières de quelque partie du canal digestif, ou l’invagination d’une anse d’intestin dans une autre.
D ans tous les cas de colique , où le malade est jeune et vigoureux , et où les symptômes marchent avec une violence telle qu’il y a à craindre l’inflammation des intestins, il convient de tirer une certaine quantité de sang, et de se régler, quant à la dose , sur l’état du pouls et sur le caractère du sang qui est déjà tiré. Pour répéter l’opération , on doit se guider sur l’intensité de l’attaque , la durée de la constriction des intestins , le tempérament du malade , et Fétat du
Dans la colique bilieuse , s’il y a une grande irritation de T estomac , et de fréquens vomissemens , nous pouvons prescrire une potion saline toutes les deux ou trois heures , donnée au moment de l’effervescence , avec addition d’environ cinq ou six gouttes de teinture d’opium ; mais s’il n’existe que des nausées , on peut se borner à faire boire abondamment de l’infusion de camomille.
Quand les nausées et le vomissement ont cessé, le malade doit prendre quelque purgatif actif (i), dont on peut seconder l’effet par les boissons délayantes , telles que le gruau léger et les bouillons de viande. Des morceaux de flanelle, trempés dans une décoction chaude d’herbes émollientes , ou une vessie remplie d’eau chaude , peuvent être tenus constamment appliqués sur la région de l’ombilic , ou sur la partie où le maladeféprouve le plus de douleur.
Si le purgatif est rejeté par le vomissement , ou n’agit pas assez promptement , on doit chercher à évacuer les matières contenues dans les intestins par des lavemens , d’abord légèrement
(i) ^ Pulv. Jalap . . 5
Calomelan . gr. v
Syrup, de Rhamno q. s.
M. F. Haustus. ,