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COMMÉMORATIFS ET RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX

Hérédité. — La connaissance des maladies familiales, sans avoir d’ordinaire un intérêt majeur, né saurait être négligée ; elle révélera parfois une hérédité similaire. On peut en effet rencontrer chez les ascendants ou les collatéraux une affection identique à celle du sujet, ou le plus souvent une débilité organique qui se traduira par exemple chez plusieurs membres d’une même famille par l’atonie gastrique et des troubles dyspeptiques.

Il sera non moins utile de s’enquérir des tares nerveuses ou diathésiques des parents, en raison des relations qui unissent nombre de troubles digestifs . au neuro-arthritisme.

On ne manquera pas enfin de rechercher, parmi les maladies familiales, l'existence du cancer, toutes les fois qu’une affection néoplasique de l'estomac pourra être soupçonnée.

Age. Sexe. — L'âge, le sexe sontà prendre en considération.

Pour le diagnostic du cancer, la notion d'âge a souvent une importance capitale.

Les autres gastropathies peuvent s'observer aux différentes périodes de la

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vie; elles sont cependant exceptionnelles dans la première enfance, et présentent le maximum de fréquence dans l’âge adulte : c'est entre 20 et 40 ans que Pédemine l'ulcère.

De même, les différentes affections gastriques ne se rencontrent pas également-dans les deux sexes : les gastrites alcooliques, par exemple, appartiennent plutôt au sexe masculin ; les gastro-névroses se voient plus souvent: chez la femme.

Profession. Habitudes individuelles. Antécédents pathologiques. — Plus importantes encore sont la profession, les occupations du malade. GCertaines professions incitent davantage aux excès alimentaires, aux abus de boissons, à l’intoxication alcoolique; d’autres obligent ceux qui les exercent à l'irrégularité des repas, à la rapidité de leur absorption, et par suite à la mastication insuffisante. Le rôle pathogénique de ces différentes causes dans l'éclosion des dyspepsies n’est plus à démontrer. Souvent ces fautes d'hygiène résultent, non d'obligations professionnelles, mais d’habitudes défectueuses prises par le malade, parfois aussi d'un mauvais état de la dentition.

L'enquête devra porter encore sur les habitudes alimentaires du patient, sur le nombre et la composition des repas, le choix des aliments : est-il fait abus d'épices, de condiments, de crudités? l'alimentation est-elle trop riche en viandes ? les boissons sont-elles prises en abondance ? le sujet a-t-il l’habitude de boire ou de manger en dehors des repas?

Certains métiers obligent à une attitude défectueuse ou sont l’occasion de compression de l’épigastre (cordonnier, etc.).

La sédentarité, le travail intellectuel excessif, le surmenage de toute sorte sont souvent à incriminer. [1 n'est pas jusqu'à la façon de se vêtir qui ne puisse troubler la digestion, et. le corset souvent est responsable des

troubles digestifs.

Mieux établi encore est le rôle des diflérentes intoxications, caféisme, tabagisme, saturnisme, et surtout alcoolisme, dont il ne faudra jamais oublier de rechercher les stigmates, même dans les cas où la situation sociale des sujets ou le sexe devrait à priori en écarter l’idée. L’alcoolisme inconscient des hommes, et parfois aussi des femmes, quel que soit leur rang social, est

plus fréquent qu'on ne pense.

Enfin, parmi les antécédents personnels, on relèvera les maladies infectieuses, les maladies organiques, sans oublier de rechercher la syphilis. Chez la femme on notera la fréquence et le rapprochement des BRORSERSCS, ainsi que les troubles de lafonction génitale.

Début. Evolution. Durée. — Le début de la maladie est parfois difficile à préciser. Sous quelles influences la maladie s’est-elle déclarée ? Y a-t-ileu un changement dans le genre de vie, dans les habitudes, ou bien est-ce un choc moral, un chagrin qui apparaît comme le promoteur des premiers symptômes ?

La durée est un autre élément important à connaître. Des troubles digestifs de longue date écarteront plutôt l’idée du cancer, tandis que l'apparition récente de phénomènes dyspeptiques chez un sujet ayant dépassé la quaran-

à LE Norr et AGASSE-LAFONT,

taine, et jusque-là indemne de-toute manifestation gastrique, devra en faire suspecter la nature néoplasique.

L'évolution est également à prendre en considération, La maladie a-t-elle procédé par crises successives, avec des périodes de rémission ou de parfait état digestif? ou bien a-t-elle progressé régulièrement depuis le début? s’est-elle modifiée ou, au contraire, a-t-elle conservé ses caractères initiaux ?

Toute cette enquête, si longue soit-elle et si minutieuse qu'elle paraisse, devra être poursuivie avec beaucoup de soins; elle apportera au médecin de précieux éléments de diagnostic.

État actuel. — Pour se renseigner sur l'état actuel, la méthode la plus profitable consiste à passer en revue la journée du dyspeptique, à s'enquérir successivement de ses sensations aux différents moments.

Comment se trouve-t-il au réveil ? Est-il fatigué ou dispos ? A-t-il de l’appétit ? quelque impression anormale du côté de l'estomac? des nausées, des vomissements"?

Quelle est la composition de son premier déjeuner, et quelles sensations succèdent à l’ingestion de ce repas ? S'il éprouve quelques phénomènes désagréables, à quel moment APDARAES CRE -ils, combien durent-ils, quels en sont les caractères ?

Les mêmes questions devront être posées au sujet des différents repas.

On s’enquerra de l’état de l'appétit avant les repas. Est-il vif ou médiocre? Vite apaisé ou non? Est-il capricieux et électif?

Après le repas existe-t-il une sensation de bien-être suivie d’une période de malaises, ou ceux-ci succèdent-ils immédiatement aux repas ? Y a-t:il des nausées, des vomissements ? |

On insistera sur la période qui s'étend du déjeuner au diner : elle est généralement la plus intéressante à connaître pour le médecin.

On ne manquera pas de rechercher les modifications qui peuvent se produire pendant la nuit. La position horizontale modifie-t-elle les douleurs ? Le sommeil est-il calme ou agité, troublé par des rêves, des cauchemars ? Enfin, le malade est-il réveillé par des douleurs ?

Cette enquête terminée, l’interrogatoire ne sera pourtant pas fini ; il faudra encore se renseigner sur l’état des autres organes. L'intestin fonctionnet-il normalement? Y a-t-il de la diarrhée ou de la constipation ? S'il y a de la diarrhée, quelles en sont les modalités? Y a-t-il des palpitations et à quel moment? du vertige. de la céphalée, des migraines? Quel est l’état des forces ? Ya-t-il une sensation de fatigue? Le sujet a-t-il engraissé ou maigri ?

En possession de lous ces renseignements, le médecin sera en état de procéder en connaissance de cause à la recherche des signes objectifs. L'interrogatoire lui aura fait savoir dans quelle direction il doit poursuivre ses investigations.

Mais avant d'aller plus loin, il nous faut étudier en détail chacun des signes subjectifs que nous venons d'énumérer.

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