‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 137 sur 195 · NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

But de ces recherches. — Le bon fonctionnement de l'estomac exige deux conditions différentes.

I faut d’une part qu'il contribue à la Here en transformant les matières albuminoïdes en OS et en permettant à l’action dela diastase salivaire de continuer à s'exercer sur les matières amylacées : ce rôle est dévolu à sa sécrétion glandulaire, qui peut varier en quantité et en qualité, et pécher par défaut et aussi par excès.

D'autre part, il ne suffit pas que la digestion trouve dans l'estomac des conditions favorables ; il faut aussi que le bol alimentaire, ainsi transformé, soit régulièrement évacué dans l’intestin : même si le suc gastrique est normal, l'évacuation trop rapide ou trop ralentie trouble également le bon fonctionnement de l'appareil digestif.

Cette question de l’évacuation gastrique a une importance capitale; et qui est mise de jour en jour plus nettement en évidence. Toutes les notions qui s'y rattachent, en particulier ses ‘rapports avec les symptômes douloureux, offrent par conséquent un grand intérêt. En vue de trancher ces problèmes sur l'évacuation, le laboratoire est puissamment secondé par la radioscopie.

Différentes méthodes. — Pour apprécier ces deux fonctions, sécrétoire et évacuatrice, d’ailleurs intimement liées l’une à l’autre, un grand nombre de méthodes de laboratoire ont été imaginées. Les unes, plus simples, ne donnent que des résultats approximatifs ou ne reuseignent*que sur un point, en indiquant soit la quantité, soit la qualité de la sécrétion, soit le mode d’évacuation. Les autres, plus complexes, sont plus précises et donnent des rénseignements de plus d’étendue.

Nous allons les exposer en les divisant en un certain nombre de groupes. Suivant les circonstances cliniques, on jugera, dans chaque cas, s'il convient de faire appel à telle ou à telle autre, et si d’ autre part plusieurs d’entre elles doivent être simultanément utilisées.

Nous étudierons donc successivement :

l° Les principales méthodes simplifiées d'analyse chimique. De technique très simple et très rapide, elles permettent de se faire une première idée, in-

RECHERCHES DE LABORATOIRE. Fasc. XIII. — 385

téressante quoique approximative, sur la valeur de la sécrétion, Maïs les renseignements que l'on peut en tirer sont nécessairement incomplets et de valeur limitée.

2° La méthode d'Hayem et Winter, plus délicate, mais plus précise. Nous verrons qu'avec l'étude de la concentration, elle indique non seulement la valeur qualitative de la sécrétion, mais aussi sa quantité, et le rythme de l'évacuation. |

3° Des recherches complémentaires, que les méthodes précédentes ne permettent pas, et d'intérêt variable, portant sur différents éléments. D'une part les acides organiques, lactique, butyrique, acétique, dont il convient de déceler la présence et d'apprécier la quantité. D'autre part la recherche et le dosage approximatif de la quantité de ferments, pepsine et présure, dont l'intérêt d'ailleurs est, comme nous le verrons, beaucoup moindre que l’on ne pourrait le penser à priori. ILenest de même de la recherche des différents produits de la digestion.

4% Nous indiquerons enfin un certain nombre d’autres méthodes, moins courantes, qu'il convient de connaître. Les unes, plus ou moins anciennes, sont destinées surtout à renseiger sur l'importance de la sécrétion et le mode d'évacuation. Elles sont devenues d'un intérêt beaucoup moindre et on les utilise peu aujourd'hui, depuis que la radioscopie permet de saisir sur le vif le mode d'évacuation de l'estomac, d'apprécier le moment exact où il s’est vidé de son contenu, et même de juger de la quantité du suc sécrété. Aussi n’en ferons-nous qu’une brève mention. Les autres sont au contraire des méthodes nouvelles, encore à l'étude, et sur lesquelles un jugement définitif ne saurait être porté.

Mais avant d'étudier individuellement les méthodes, nous allons donner quelques notions générales sur les conditions dans lesquelles les recherches sont effectuées, et en particulier sur l'importance du tubage de l'estomac à jeun, et sur le rôle du repas d'épreuve.

Conditions générales de ces recherches. — Nous savons que ces recherches sont appelées à résoudre les problèmes suivants : quelle est la qualité de la sécrétion ? quelle est sa quantité ? quel est le mode d’évacuation de l’estomac ? |

Pour y arriver le contenu gastrique peut être examiné dans trois circonstances différentes.

| Examen extemporané. — Dans ce cas, le contenu gastrique est extrait à un moment quelconque, après un repas dont la nature n’a pas été exactement déterminée. C'est ce qui arrive par exemple lorsque l’on examine un liquide vomi, ou encore si l'on tube un malade que l’on voit pour la première fois, mais chez qui la constatation d’un clapotage a permis d'affirmer que l'estomac est plus ou moins rempli. Ce mode d'examen, étant donné les - circonstances dans lesquelles on l'effectue, ne donne en général que des renseignements peu précis.

2 Tubage à jeun. — Il n'en est plus de même lorsque l’on tube un malade à jeun, c’est-à-dire 10 à 12 heures au moins après la dernière ingestion d'aliments ou d’une boisson quelconque.

LE Norïr et AGASSE-LAFONT:

La

État normal. — Un repas, même abondant, est complètement évacué, par un estomac normal, en 6 à 7 heures. Après ce temps l'estomac ne doit renfermer ni aliments, ni suc gastrique.

Par suite, quand on fait le tubage de l'estomac le matin, à jeun, chez un sujet n'ayant rien pris depuis au moins 10 à 12 heures, on ne devrait rien TOtIrÉr.

Très souvent cependant, on trouve quelques centimètres cubes de liquide : c'est un mélange de suc gastrique, de mucus et de salive déglutie pendant la nuit. Il n’est pas rare qu’il s’y ajoute un peu de bile, qui reflue dans l’estomac sous l'influence des contractions provoquées par l'introduction du tube (1).

États pathologiques. Liquides à jeun. — Il en est de même dans la plupart des gastropathies. Par contre, il peut arriver que l’on retire une grande quantité de liquide, avec des débris alimentaires, reconnaissables à l'œil nu ou seulement au microscope.

C’est la preuve presque indubitable d’un obstacle à l'évacuation de l’estomac.

Tantôt il s'agit d'un accident passager, dû à la nature ou à l'abondance des aliments ingérés, ou à une inflammation aiguë de la muqueuse gastrique. Cette absence d'évacuation caractérise l'indigestion, qui se termine généralement par le vomissement des aliments qui n'ont pu franchir le pylore.

Tantôt l'absence d'évacuation est habituelle, et peut être constatée plusieurs jours de suite. Que la rétention soit totale ou seulement partielle, elle est une preuve presque absolue de sténose du pylore.

Pratiquement, on retiendra la notion suivante : sauf quelques cas excep-

(3) Les renseignements donnés sur l’état de l’estomac et son degré de vacuité le matin à jeun, chez des sujets normaux ou atteints de gastropathies légères, sont variables et discordants suivant les auteurs. On avait tendance autrefois à considérer que chez de tels sujets l’estomac était en général absolument vide, et que le tubage ne devait ramener aucun liquide : par suite, la constatation de liquide à jeun, mème en petite quantité, devenait un symptôme ayant à lui seul une importance réelle. Actuellement, au contraire, il semble démontré que chez presque tous les sujets il est possible de constater la présence d’au moins quelques centimètres cubes de liquide. C’est ainsi que L. Meunier à publié récemment une statistique portant sur 2.206 estomacs normaux où anormaux, et affirme qu'il n’a jamais rencontré un estomac complètement vide : Le minimum du liquide constaté a été de 22 cent. cubes ; 41 fois sur 100 le liquide renfermait de l'HCI, et 59 fois sur 100 il n’en renfermait pas (Presse médicale, 20 nov. 1921).

Ce désaccord entre les constatations anciennes et récentes s'explique par l'emploi de techniques différentes : actuellement la recherche du clapotage, les appareils d'aspiration plus perfectionnés, l'introduction d'un liquide destiné à diluer et à entrainer le contenu gastrique, pour si minime qu’il soit, enfin la radioscopie sont mis en œuvre en vue de déceler la moindre trace de liquide résiduel ou de sécrétion prolongée. On peut d’ailleurs se demander s’il n’y a pas là quelques causes d’erreur et si ces techniques ne provoquent pas parfois une sécrétion au moment même de leur emploi.

Quoi qu’il en soit, le fait important à retenir, c’est qu’il n’y à guère à tirer de déduction au point de vue du diagnostic, quand on extrait le matin à jeun une petite quantité de liquide, surtout si ce liquide n’a pas les caractères chimiques du suc gastrique. I n’y a manifestation pathologique réelle que lorsque la quantité en est importante, dépassant 100 ce , ou, surtout quand on y relève la présence de débris alimentaires : ce dernier signe garde aujourd’hui la même valeur que les recherches antérieures lui avaient attribuée.

RECHERCHES DE LABORATOIRE. Fasc. XIII. — 387

tionnels de dilatation avec atonie très marquée, on peut affirmer la sténose pylorique où médio-gastrique, par lésion de l'estomac ou par lésion de voisinage, lorsque le tubage à jeun, pratiqué plusieurs fois, à quelques jours de distance, a permis de retirer chaque fois du liquide avec débris alimentaires, reconnaissables à l'œil nu, ou même seulement au microscope.

Incertilude et causes d'erreur. — Dans quelques cas, on retire une quantité de liquide assez considérable (50 à 100 cc.), mais sans débris alimentaires. Faut-il dire alors qu'il ÿ a, ou qu’il n’y a pas sténose du pylore? Il n’est pas douteux que cette constatation peut être faite sans sténose : la quantité de liquide atteint alors rarement 100 centimètres cubes. Le mieux, pour se prononcer, est de renouveler plusieurs fois les examens, et en outre de faire ingérer des aliments facilement reconnaissables et de passage assez difficile (fruits avec la peau, carottes, salade crue, etc.). Si l’on ne trouve jamais de débris alimentaires, le diagnostic de sténose peut être éliminé, malgré la présence du liquide à jeun. |

Nous devons enfin signaler une cause d’erreur fort importante. Il arrive que chez certains malades on constate, par vomissements ou par tubage, la rétention d'aliments ingérés la veille et même plusieurs jours auparavant. Or, malgré ce symptôme qui paraît pathognomonique, leur pylore est parfaitement perméable : la radioscopie et l'intervention chirurgicale même, dans certains cas, le démontrent surabondamment. C'est qu'ils sont alors atteints de sténose du cardia ou de l'æsophage,avec dilatation ou poche æsophagienne, syndrome dont nous avons déjà-parlé à propos des insuccès du tubage (voir P. 383).

C'est une affection curieuse, qui n’est bien connue que depuis l'emploi de la radioscopie. Elle est très complètement étudiée dans la première partie de cet ouvrage. Rappelons seulement ici qu’elle peut simuler complètement la sténose pylorique, car la poche œsophagienne peut être considérable et renfermer plus d’un litre deliquide ou de débris alimentaires. Par l'examen radioscopique, après ingestion d’un repas opaque, le diagnostic en estévident. Mais on peut déjà auparavant se prononcer par le simple examen du liquide, et dans quelques cas de ce genre il nous à été possible de le faire, en tenant compte de son aspect spécial. Il renferme une grande quantilé de mucus, et, d'autre paït, les aliments et surtout la viande ÿ sont, malgré leur séjour proiongé, dans un état de conservation remarquable. C’est qu'ils n’ont pas été attaqués par le suc gastrique, comme dans le cas de sténose du pylore. Ajoutons enfin que l’examen chimique montre des caractères très différents de ceux du contenu gastrique, et en particulier une acidité très faible; tandis qu'elle est au contraire élevée pour les liquides de rétention gastrique, par présence d'acide chlorhydrique, de ses combinaisons acides, et surtout d'acides de fermentation.

3° Tubage après repas d'épreuve. — Si le tubage à jeun est, avec la radioscopie, le moyen le plus sûr d'apprécier les conditions de l'évacuation gastrique, par contre, quand on veut connaître exactement les qualités de la sécrétion gastrique et apprécier sa quantité, c'est au tubage après repas d’épreuve qu'il faut avoir recours.

Dans ce cas, en effet, on prend pour point de départ un estomac vide.

LE Noir et AGASSE-LAFONT.

puisque, s’il y a le moindre doute à ce sujet, on l’évacue au préalable de son contenu (voir plus loin, p. 389); et l’on y introduit un repas de nature exactement déterminée, que l’on extrait après un temps également fixé.

Ces deux conditions sont indispensables, pour les raisons suivantes. C'est que d’abord la nature et l'abondance de la sécrétion varient suivant la nature et la quantité des aliments ingérés. Ce fait est basé sur l'expérience journalière, qui montre que certains aliments excitent l'appétit ou sont d'une digestion plus facile ; il a été vérifié et confirmé par des expériences de contrôle. Mais, en outre, ces variations se produisent, pour un repas de même: nature, suivant le temps qui s’est écoulé depuis le moment de son ingestion : nous donnerons plus loin des chiffres qui le montrent avec évidence.

On voit donc que, pour un même sujet, les résultats de l'analyse varieront à la fois d’après la nature du repas extrait et d’après le moment de l'extraction.

Il convient de retenir ces faits importants qui précisent les conditions d'une analyse rigoureuse.

Ils nous montrent d'autre part que, puisqu'il n'y a pas, pour un même sujet, qu’il soit sain ou malade, une sécrétion de composition uniforme, on peut faire varier les conditions d'étude de cette sécrétion. Si l’on considère les aliments ingérés,on peut aller des plus simples aux plus complexes. Aussi, verrons-nous certains repas d'épreuve être constitués par de l'eau pure, et d'autres, au contraire, avoir une composition qui se rapproche autant que possible d’un repas normal et complet.

De même, l'extraction est tantôt pratiquée en une seule fois, et après une durée variable ; ou en plusieurs fois, à intervalles réguliers et par doses fractionnées.

Bien entendu chacune de ces techniques a sa raison d’être, et l’on est en droit de préférer telle ou telle.

Mais nous devons retenir cette notion importante, que les chiffres d’analyse du suc gastrique, quelle que soit la méthode employée, n’ont qu’une valeur relative.

Il n'y a ni une formule chimique de la sécrétion normale, ni des formules pathologiques répondant à chaque type morbide. Il faut, pour se prononcer, connaître les conditions exactes dans lesquelles la recherche a été effectuée, et comparer les chiffres trouvés à ceux que des recherches antérieures ont établis. Aussi tout clinicien doit-il s’efforcer d'adopter une méthode, ou un nombre restreint de méthodes, d’en avoir une pratique suffisante, et de savoir en interpréter rigoureusement les résultats.

C'est dans ce but que nous croyons utile d'étudier, dans tous ses détails, l'une d'elles, ceïle qui est actuellement le plus couramment utilisée, quand on veut faire des recherches très précises, la méthode d’Hayem et Winter, et que nous ferons des autres une mention plus brève, résumant les notions qui les concernent en quelques mots.

l° MÉTHODES SIMPLIFIÉES D'ANALYSE CHIMIQUE.

9 La , Al e e Elles s appliquent, nous l'avons vu, à des liquides obtenus par tubage à jeun, par vomissements, ou, le plus souvent, extraits après repas d’épreuve.

RECHERCHES DE LABORATOIRE. Fasc. XIII. — 389

Nous ailons donc indiquer d'abord la composition du repas d'épreuve et le moment de son extraction, puis les techniques d'analyse, et la valeur à attribuer aux résultats.

Repas d’épreuve : composition et extraction. — Le repas géntralement adopté est celui qui est souvent désigné sous le nom de repas d'Ewald. Il est composé de 60 grammes de pain blanc rassis, et d’un quart de litre d'infusion légère de thé, sans lait.

Ce repas a l’avantage d’être suffisamment complet, car il contient des matières azotées, des matières amylacées, des matières salines, et même une petite quantité de graisse. En outre, il n'est pas trop copieux, aussi arrivet-on à le faire prendre à la grande majorité des malades,

L'infusion de thé peut être remplacée par le même volume d’une autre infusion légère, ou simplement par de l'eau.

Avant de le faire ingérer, il convient de s'assurer que l'estomac est complètement vide, en constatant l'absence de clapotage. Sinon, ou même en cas de doute, il est nécessaire de faire un tubage et, au besoin, un lavage préalable avec de l’eau bouillie.

L’extraction se fait généralement après une heure. La recherche de la concentration permet de juger si l’on est vraiment, à ce moment, à l'acmé de la digestion (voir p. 399).

Techniques de recherche et de dosage. — Ces techniques se divisent en trois groupes, suivant qu elles ont pour but : soit de doser l'acidité totale, soit de reconnaître qualitativement l’acide chlorhydrique libre, soit de doser cet acide. Certaines méthodes permettent de réaliser simultanément ces diverses recherches : la plus usuelle est celle de Linossier.

a) Dosage de l'acidité totale. — L'acidité totale du contenu gastrique est due à des éléments acides très différents (acide chlorhydrique libre, acides organiques. acide chlorhydrique combiné, sels minéraux acides).

Par suite le résultat varie, dans de notables proportions, suivant la méthode et l'indicateur coloré dont on s’est servi. Des résultats ne sont donc comparables, que si l'on a employé pour les obtenir la même méthode.

On peut utiliser le tournesol, l'acide rosolique, etc.

Le plus habituellement on choisit comme indicateur coloré la phtaléine du phénol en solution alcoolique à 2 p. 100.

On prend 10 centimètres cubes de suc gastrique filtré, et l’on y ajoute quelques gouttes de solution alcoolique de phtaléine du phénol à 2 p. 100. Cette substance, incolore en milieu acide, prend une teinte rose dès qu’elle se trouve en présence d'une trace d’alcali en excès.

On fait donc tomber dans ce mélange, goutte à goutte, avec une burette à robinet, une solution alcaline de soude déci-normale (au dixième), jusqu’à neutralisation, c’est-à-dire jusqu’à ce que la teinte rose apparaisse et persiste.

On sait que 1 centimètre cube de la solution de soude neutralise 0 gr. 00365 d'acide, exprimé en HCI : donc il suffit, pour connaître l'acidité totale exprimée en HCI, de multiplier la quantité de la solution de soude employée par 0 gr. 00365.

Le chiffre obtenu donne l'acidité totale de 10 centimètres cubes de suc gastrique : on multiplie par 10 ou par 100, suivant que l’on veut avotr la réponse par 400 cc. ou par litre.

Le Noir et AGASSE-LAFONT.

b) Recherche qualitative de l'acide chlorhydrique libre. — Plusieurs réactifs sont employés dans çe but. Voici les principaux :

4e Le réactif à la phloroglycine (r. de Gunzbourg). Il est composé de :

Phliorogireines 20 RS REP RE 2 grammes.

Vannes A ce Le NE TERRE j' —— AlcooL'a:9Be TE LU PMR NRA TRE) —

On verse dans une petite capsule de porcelaine 4 à 5 gouttes du liquide à examiner et autant du réactif, puis on porte la capsule sur un bain-marie chauffé à 60e. Au fur et à mesure que le liquide s'évapore, une coloration rouge se développe, si l'échantillon contient de l'acide chlorhydrique actif; (voir planche I, p. 399). Cette réaction ne se produit ni avec les acides organiques (acétique, lactique), ni avec les phosphates acides.

90 La solution alcoolique à 0,50 p. 100 de dimélhylamidoazobenzol, qui vire du jaune au rouge en présence de traces d’acide chlorhydrique libre; mais son virage peu net demande une certaine habitude pour être apprécié. De plus, il réagit aussi avec l’acide lactique et lesphosphates-acides, quand ces dernières substances sont en proportion notable.

D'autres réactifs encore ont été proposés, mais ils sont moins sûrs, car ils révèlent aussi, au moins partiellement, l’acide chlorhydrique combiné et les acides organiques. Tels sont la fropéoline en solution alcoolique concentrée, qui vire du jaune au rouge, le violet de méthyle qui passe au bleu; le rouge Congo qui passe au bleu sombre; etc.

Ces différents réactifs peuvent s’altérer à la longue : il est bon qu'ils soient fraîchement préparés.

Une variante de la technique habituelle consiste à chercher la réaction dans l'estomac même, pour éviter le tubage : on fait avaler au malade une capsule portée par un fil coloré au rouge Congo. Après 30 minutes de séjour dans l'estomac, le fil retiré présente une teinte variable, suivant la composition du suc gastrique avec lequel il a été en contact.

On a aussi, pour simplifier la technique, proposé l'usage de papiers réactifs. Par exemple, un papier réactif ‘au rouge Congo, qui vire au bleu s’il y a dans le liquide que l’on examine de l'acide chlorhydrique libre, et qui vire d'autant plus que la quantité d'HCI est plus grande. De même un papier réactif à la tropéoline, qui vire du jaune au rouge, et d’autant plus, que l'acidité est plus forte.

c) Dosage de l'acide chlorhydrique libre. — 1° Ce dosage peut être ces au moyen du diméthylamidoazobenzol, en solution alcoolique à 0 gr. 50 p. 100. En voici la technique exposée par Guiart et Grimbert.

Le diméthylamidoazobenzol passe du jaune au rouge en présence de traces d’acide chlorhydrique libre. Les acides organiques n’agissent que s'ils sont concentrés. Inversement, une solution d’HCI additionnée du réactif vire du rouge au jaune au moment de la saturation par une base alcaline.

Lorsqu'on exécute ce virage sur une solution aqueuse d’acide chlorhydrique, le passage de la teinte rouge carmin au jaune serin est très net et pour ainsi dire instantané, mais il n’en est pas de même avec le suc gastrique. Si au suc gas-

RECHERCHES DE LABORATOIRE. Fasc. XIII. — 391

trique on ajoute À goutte de réactif, puis goutte à goutte la solution titrée de soude, il arrive un moment où la teinte carminée change d’aspect et vire insensiblement à l’orangé, sans qu'on puisse assigner un point précis à ce virage. En continuant l'addition d’alcali, l’orangé pâlit peu à peu et l’on arrive finalement à la teinte jaune (voir planche I, p. 392).

On a coutume d'adopter Le passage à l’orangé comme terme de la réaction, en admettant qu'à ce moment l'HCI libre est saturé, et que la teinte orangée est due à la présence des acides gras.

La meilleure manière d’opérer consiste à effectuer le titrage dans un verre de Bohème à fond plat placé sur une feuille de papier blanc.

On opère sur 5 cm? de suc gastrique auxquels on ajoute une goutte du réactif, puis de la soude déci-normale, goutte à goutte, jusqu’au virage orangé.

Le nombrede centimètres cubes multiplié par 0,00365 puis par 200, ou plus simplement multiplié par 0,73 (0,00365 x 200 — 0,73), donne la quantité d’acide chlorhydrique libre contenue dans 41.000 cm* de suc gastrique.

Une correction est théoriquement nécessaire, car, si, pour saturer 5 cm? de solution déci-normale d'acide chlorhydrique, il faut exactement 5 cm? de soude décime,quand on emploie la phénolphtaléine ou le tournesol comme indicateur, il en faut seulement4 cm 9 avec le réactif utilisé ici. Il faudrait donc multiplier le nombre de centimètres cubes de soude'par 1,62 pour être tout à fait exact; mais l'erreur d'appréciation que l’on peut commettre rend cette correction illusoire.

2 On peut employer le vert brillant et l’échelle colorimétrique que Delort et Roche ont imaginée pour ce réactif (1). La solution de vert brillant, bleue à l’état normal, prend, sous l'influence de l'acide chlorhydrique, une teinte verte, d'aspect variable suivant la teneur en HCI libre du liquide qui lui est mélangé (voir Planche [, p. 392).

d) Dosage de l'acidité totale, et de l'acide chlorhydrique libre. Méthodes de Linossier, de Binet et Verpy. — Encombinant les deux méthodes que nous avons exposées, celle de dosage de l'acidité totale, etcelle de dosage de l’acide chlorhydrique libre, Linossier aimaginé une méthode(voir planche, p. 392), qui peut sur un seul échantillon de suc gastrique donner les trois renseignements suivants: y a-t-il ou non de l'acide chlorhydrique libre ? quelle ‘est la quantité d'acide chlorhydrique libre? quelle est l’acidité totale ?

Le réactif est ainsi composé :

Diméthylamidoazobenzol. . . . . . . . 0,25 centigrammes. MAÉnNIDDIdEMES MA 27 (Lies LR 2 grammes.

RS OO EE ton tre ces 4 4 00 ce ACUDES.

On met dans un verre à cc. de suc gastrique, auquel on ajoute une ou deux gouttes du réactif. Si la coloration reste jaune, c’est qu’il n’y à pas d’acide chlorhydrique libre. Dans le cas contraire, la coloration vire au rose. On a donc ainsi la réponse à la première question:

On laisse alors tomber de la burette dans le verre la solution déci-normale de soude, en agitant constamment, jusqu’à disparition de la coloration rose. On note à ce moment le nombre de centimètres cubes de soude employés.

Cette première variation de teinte, du rose à l’orangé, est due au virage du diméthylamidoazobenzol, et montre que l’HCI libre est saturé. On en connaît la quan-

(1) Voir M. DELORT et ROCHE, Soc. de Biologie, juin 1918.

LE Noir et AGASSE-LAFONT.

tité en faisant le calcul que nous avons indiqué pour cette méthode (voir la page précédente).

Mais il y a en outre, dans le réactif, la Nid incolore en milieu acide, et qui devient rose quand tous les acides sont saturés. Il convient donc de continuer à ajouter la solution de soude, jusqu’à nouvelle apparition d’une teinte rose : la totalité du nombre de centimètres cubes employés permet de calculer l'acidité totale.

La méthode de Binet et Verpy permet de connaître approximativement, au moyen d’un simple tube gradué et de trois réactifs, les principaux éléments de l'analyse chimique du suc gastrique, acidité totale, HCI, Fee de fermentation, chlore combiné (1).

Degré de valeur des renseignements fournis par ces méthodes. — Ces méthodes nous donnent des renseignements d’un grand intérêt.

Le laux plus ou moins élevé de l'acidité totale, considéré en lui-même, peut faire prévoir la surabondance ou l'insuffisance des éléments acides chlorés (acide chlorhydrique libre et combinaisons chlorées organiques). On est autorisé à faire cette déduction, surtout quandil s'agit d’un dosage après repas d’épreuve : on doit se rappeler cependant que les acides organiques anormaux peuvent intervenir dans ce taux de l'acidité totale, et, par conséquent, c'est leur recherche qui permet seule de voir quelle est la part réelle qui revient à l'acide chlorhydrique libre ou combiné. Cette remarque est surtout importante quand l'analyse porte sur un liquide à jeun, c’est-à-dire sur un liquide de rétention. Dans ce cas, en effet, la presque totalité de

(1) M. E. Binwer et G. VErpy, Procédé simple de dosage des acides du suc gastrique, Arch. Appar. digestif, tome X, n° 2, mars 1919. :

Page 1