‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 45 sur 195 · ENVOI DE SPECIMEN SUR DEMANDE · texte numérisé non relu

ENVOI DE SPECIMEN SUR DEMANDE

Pr TIC 5346-23.— TOURS, €. ARRAULT @ |

AFFECTIONS DE LA LANGUE. Fasc. XIII. — 61

Le diagnostic avec les plaques muqueuses syphilitiques, les cicatrices consécutives à l'évolution des gommes, certaines scléroses linguales syphililiques profondes, caractérisées par l'induration ligneuse de l'organe lobulé et mamelonné par des sillons profonds est facile, H est plus difficile avec les scléroses linguales superficielles ; mais celles-ci sont d'aspect grisâtre, luisant ou terne, jamais nacre et brillant et ne présentant jamais les lamelles cornces superposées en voie d'exfoliation des plaques leucoplasiques. D'ailleurs la leucoplasie coïncide très souvent avec ces divers syphilomes linguaux.

Nous n'insisterons pas sur le diagnostic avec la glossite exfoliatrice marginée, caractérisée par sa marche excentrique, ses plaques desquamées limitées par un liséré blanchâtre, son évolution par poussées successives, avec l'eczéma aigu de la bouche, les glossiles des diabétiques, des cachectiques et des convalescents, qui ne présentent pas de taches blanches fixes.

Un point d'une importance capitale est de savoir reconnaître le début de la transformation épithéliomateuse de la leucoplasie; nous y avons insisté plus haut.

Pronostic. -— La leucoplasie ne guérit qu'exceptionnellement ; elle peut rester indéfiniment légère, ou progresser lentement sans jamais subir de transformation maligne Elle constitue dans ces derniers cas, quand elle devient fissurée ou ulcéreuse, une petite infirmité parfois très pénible, mais rarement grave. Mais ce qui fait la gravité de la leucoplasie, c’est la transformation épithéliomaleuse : pour Vidal, elle se produirait 1 fois sur 2, pour Fournier et Perrin, | fois sur 3, pour Barthélémy, 1 fois sur 10, pour Darier moins souvent encore, surtout si l’on tient compte du grand nombre de leucoplasies légères qui restent inconnues du médecin et même du malade. Tout en réservant toujours le pronostic, il ne faudrait pas cependant trop l'assombrir, la transformation maligne restant en somme moins commune qu'on ne l’admet généralement ; les plaques dures, épaisses, végélantes et ulcératives sont les plus sujettes à caution.

Traitement. — Il doit être général et local. Général, il doit viser la syphilis, même dans les cas douteux ; on aura recours soit aux injections de calomel (Brocq), de néosalvarsan, ou même de tartro-bismuthate de sodium et de potassium (Fournier et Guéniot). Parfois il guérit, généralement il améliore, plus rarement il irrite Les lésions; dans ces derniers cas, il vaut mieux l’'abandonner, s’il n'existe pas d’autres manifestations syphilitiques graves.

Local, le traitement comporte avant tout une hygiène bucco-dentaire extrémement sévère : suppression absolue du tabac, de l'alcool, des aliments irritants ; soins minutieux et répétés des dents ; propreté méticuleuse des pièces dentaires et des dents, qu'on lavera matin et soir et après chaque fepas:” |

On agira surtout sur les plaques par les topiques émollients : bains locaux répétés toutes les 2 heures avec des eaux mucilagineuses (guimauve, pavot, graine de lin), alcalines (eau de Vichy, borate de soude à 2 ou 3 p. 1.000) ; pulvérisations faites matin et soir avec les mêmes liquides où avec l'eau de Saint-Christau; onctions des parties malades avec la vaseline boriquée, le

Page 1