‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 46 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

baume du Pérou à 1 ou 5 p. 100, l’aristol à 1 p. 100, le sous-nitrate de bismuth ; recommander aux malades une ou plusieurs saisons aux eaux de Saint-Christau (Bazin), qui donnent souvent des résultats remarquables, Dans les formes invétérées, on peut employer des lopiques résolutifs, surtout s’il y a des ulcératiôns : acide salicylique en solution alcoolique à 1 p. 10, acide chromique à 4 p. 10, bleu de méthylène à 1 p. 100, en attouchements tous les 3 ou 5 jours ; baume du Pérou, huile de cade pure, huile de bouleau pure tous les jours ; il ne faut jamais employer les caustiques forts, surtout le nitrate d'argent, qui favoriseraient le développement du néoplasme,

Enfin dans les formes anciennes, végétantes, ulcéreuses semblant gagner en profondeur, résistant aux moyens médicaux, le traitement chirurgical doit intervenir [excision au bistouri de toute la muqueuse malade (Perrin, Morestin)]. Dès le moindre soupçon de transformation néoplasique, il s’impose, seul ou combiné avec la radiothérapie et la curiethérapie.

Subglossite diphtéroïde (maladie de Riga).

Cette affection, encore dénommée production sous-linguale, maladie de

Fede, aphte cachectique, etc., s’observe chez les nourrissons à partir de 7 mois, après la sortie des deux incisives médianes inférieures ; assez fré-

quente en Italie méridionale, surtout dans la classe pauvre, elle est rare en France.

Le plus souvent, elle est caractérisée par une saillie papillomateuse, dure, couverte d’un exsudat grisâtre, diphtéroïde, très adhérent, siégeant sur le frein de la langue qu’elle déborde des deux côtés, déterminant un peu de gêne de la succion et une légère salivation.

Dans une forme plus sévère, on trouve sur une excroissance assez volumipeuse,dure et végétante,une ulcération assez profonde à fond diphtéroïde, pseudo-membraneux, pouvant atteindre les dimensions d’une pièce de 50 centimes. Elle s'accompagne parfois de symptômes de gastro-entérite aiguë pouvant entraîner la mort; mais on admet généralement que ces symptômes généraux sont dus aux maladies concomitantes ou plus rarement à une scpticémie ayant pour porte d'entrée l'ulcération sublinguale.

L’affection est presque toujours bénigne et curable en quelques semaines ou en quelques mois. |

Au point de vue anatomo-pathologique, on trouve une ulcération recouverte d'une fausse membrane fibrineuse, au pourtour de laquelle la muqueuse subit un processus d’hypertrophie et d'hyperplasie dermo-épithéliale (hypertrophie des papilles dermiques). Pour Fede, il s’agit d’un papillome ; pour Pianese, d’un granulome infectieux ; pour Letulle, d’une lésion purement inflammaloire autour d'une ulcération mécanique.

La nature de l'affection est discutée : pour Riga et Pianese, c'est une maladie infectieuse spécifique, contagieuse, pouvant donner des phénomènes généraux graves ; pour Fede, Concetti, Brun, Broca, Letulle, c'est une lésion mécanique locale, due aux frottements répétés de la langue sur les incisives

ou sur l’arcade gingivale, apparaissant surtout chez les enfants débilités et cachectiques.

AFFECTIONS DE LA LANGUE. Fasc. XIII. — 69

Le traitement consiste en soins antiseptiques et attouchements à la teinture d’iode ou au nitrate d'argent. Dans les formes rebelles, l’extirpation des incisives peut devenir nécessaire, Exceptionnellement l’ablation chirurgicale de la lésion est indispensable (Brun, Broca.

Langue scrotale.

Sous le nom de langue scrotale, plissée ou montagneuse, on décrit une disposition congénitale de la langue, assez commune, souvent familiale pendant plusieurs générations, coïncidant.avec d’autres malformations, notamment des dents, des maxillaires et des lèvres.

Elle est caractérisée par l'existence sur la face dorsale de la langue, générälement plus grosse et plus étalée qu'à l’état normal, de sillons profonds qui semblent la raviner ; tantôt obliques et parallèles aux branches du V lingual et rappelant les nervures d'une feuille (Peyenneville, langue plicaturée foliacée), tantôt sinueux, parallèles et perpendiculaires au sillon médian, découpant la langue en segments qui rappellent les circonvolutions cérébrales ou l'aspect du scrotum (langue plicaturée cérébriforme ou scrotale). Les papilles sont où paraissent hypertrophiées. L'affection ne détermine aucun trouble fonctionnel et persiste toute la vie. Elle est bénigne, mais prédispose aux inflammations aiguës et chroniques de la muqueuse, par stagnation des débris alimentaires au fond des sillons.

L'affection ne sera pas confondue avec les rhagades des langues syphilitiques, qui sont cicatricielles et indurées, ni avec la glossite exfoliatrice marginée.

Pour Gaucher, Fournier, Milian, c’est un stigmate de syphilis héréditaire ; pour Comby, c'est un stigmate dystrophique banal qui le plus souvent n’est pas d'origine syphilitique.

Elle ne comporte qu'un traitement hygiénique (soins tout particuliers de la bouche et des dents) pour éviter les infections accidentelles auxquelles elle prédispose.

Glossopathies nerveuses.

On doit décrire des troubles de la sensibilité, des troubles moteurs, des troubles trophiques.

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Troubles de la sensibilité.

Ils peuvent porter sur la sensibilité générale ou spéciale. Les troubles de la sensibilité générale consistent en anesthésie où en hyperesthésie.

L’'anesthésie, presque toujours unilatérale, est consécutive : aux lésions du trijjumeau dans son trajet périphérique ou intra-cranien, siégeant du côté de la lésion ; aux lésions protubérantielles, pédonculaires, thalamiques, rarement sous-corticales et corticales ; coïncidant avec une hémiplégié motrice et avec une hémianesthésie, elle siège du même côté que les paralysies motrices et sensitives, côté opposé à la lésion, sauf dans les lésions protubérantielles où elle siège du côté de la lésion (hémianesthésie alterne). Elle peut s'observer au

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