‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 47 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

cours de l’hyslérie, associée à une hémianesthésie sensitivo-sensorielle, presque toujours sous la dépendance d'une suggestion médicale.

L'hyperesthésie ou glossalgie s’observe chez les hystériques, au cours des névralgies faciales “essentielles ou symptomatiques (dans quelques cas rares la névralgie est purement linguale), et dans LA GLOSSODYNIE ESSENTIELLE CIR- CONSCRITE, syndrome névralgique en rapport tantôt avec une maladie du système nerveux central (tabes, paralysie générale), tantôt avec des lésions nerveuses périphériques, tantôt et souvent de cause obscure el rapportée un peu hypothétiquement à la neurasthénie. Nous pensons qu’elle doit être considérée comme une de ces algies sympathiques, analogue à la causalgie des blessés, dues aux lésions des fibres sympathiques nerveuses; elle en a d’ailleurs tous les caractères, y compris l'anxiété si particulière aux sympathalgies. Elle se caractérise par de violentes douleurs, localisées en un point Jixe de la langue, généralement à la partie postérieure vers le bord, à la hauteur de la partie antérieure du V lingual ; ces douleurs aiguës, lancinantes, dilacérantes, insupportables, sont intermittentes ou continues avec des paroxysmes ; exagérées par les mouvements, la parole, la mastication, elles peuvent irradier dans la moitié correspondante de la langue, persistant pendant des mois et dés années. Constatant une papille un peu hypertrophiée, un sillon lingual un peu accusé à ce niveau, le malade se croit atteint d'une ulcération ou d’un'cancer(ulcérations imaginaires de la langue de Verneuil) et réclame instamment une intervention (phobie du cancer lingual). Cependant on constate que la langue est lisse, souple, sans induration, sans tumeur ni ulcération; à peine observe-t-on un peu d'hypertrophiedes papilles, quelques points rouge vif, des veines linguales dilatées au foyer douloureux: la sensibilité tactile et le goût sont normaux. Le pronostic est sérieux en raison de la ténacité de la maladie. Le traitement sera surtout d'ordre moralet desuggestion'; on prescrira la belladone, l'atropine ou les antinévralgiques ; on prescrira une hygiène buccodentaire sévère, des lotions émollientes et alcalines, des badigeonnages à la glycérine phéniquée, au menthol, aux solutions cocaïnées fortes ; on peut recourir à la faradisation ou à la galvanisation du nerf lingual. Dans les cas rebelles, on pratiquera une cautérisalion profonde au point douloureux avec le galvano-cautère, qui supprimera peut-être une cause occasionnelle de la glossodynie, mais surtout rassurera le malade sans lui faire courir de danger (Brocq); les interventions sur le nerf lingual (section, excision, élongation), doivent être évitées, car elles sont sans effet.

Les troubles du goût consistent en agueusie, hyperagueusie, paragueusie. La diminution ou l'abolition du goût s’observe dans la paralysie faciale périphérique (2/3 antérieurs de la langue), dans l’hystérie ; l'hyperagueusié est spéciale à l’hystérie, la paragueusie ou perversion du goût à l’aliénation mentale.

Troubles moteurs.

La paralysie de la langue peut s’observer dans les lésions cérébrales. Dans l'hémiplégie organique (ramollissement, hémorragie, tumeur, etc.), elle est déviée du côté paralysé, exceptionnellement du côté sain; elle serait souvent

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légèrement parésiée d'après Feré. Dans la paralysie pseudo-bulbaire, la paralysie de la languc est un signe fondamental.

Elle est très fréquente dans les lésions bulbaires qui intéressent les noyaux ou les fibres de l’hypoglosse : elle s'accompagne alors d’atrophie, de contractions fibrillaires, de réaction de dégénérescence. C'est géntralement le premier symptôme de la paralysie labio-glosso-laryngée; elle s’observe dans les hémor- : ragies, ramollissements, tumeurs du bulbe, dans la paralysie bulbaire asthénique d'Erb, la sclérose latérale RNA PRTAUE l’amyotrophie progressive Aran-Duchenne, etc.

Elle est un signe fondamental des lésions périphériques de l'hypoglosse (portions intra et extra-craniennes); elle s'accompagne alors d’'hémiatrophie linguale.

Les spasmes toniques de la langue s’observent dansl’hémiplégie avec contracture, dans l'hystérie : les spasmes cloniques se voient dans l'hystérie, l'épilepsie, la chorée, le paramyoclonus multiplex, etc.

Le tremblement de la langue s’observe dans la paralysie générale (signe de grande valeur diagnostique), la sclérose en plaques, la maladie de Friedreich, l'hérédo-ataxie cérébelleuse, la paralysie agitante, le goitre exophtalmique; dans les intoxications (alcool, mercure); dans les infections graves (fièvre typhoïde) ; dans l'hystérie.

Troubles trophiques.

L'atrophie de la langue est la conséquence des lésions bulbaires détruisant le noyau ou les fibres de lhypoglosse, bilatérale dans la paralysie labio-glossolaryngée, unilatérale en général (hémiatrophie linguale) dans le tabes, la paralysie générale, exceptionnellement la poliomyélite épidémique, etc... Elle succède aux lésions du tronc de l'hypoglosse (méningites basilaires, tumeurs intra-craniennes) ; elle s’observe également dans le syndrome de Sicard-Collet (voir Pharynx).

L'hypertrophie peut être bilatérale ou unilatérale. Totale, elle s'observe dans l’atrophie musculaire à forme pseudo-hypertrophique, l’acromégalie, le myxæœdème, dans les malformations congénitales, qui peuvent donner aussi des hypertrophies unilatérales.

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