‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 58 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

siège spécial (Roger). Quant aux angines proprement dites, pseudo-membraneuses (Aviragnet) ou autres, elles sont exceptionnelles.

Angines de l’érysipèle.

Elles peuvent être primitives ou secondaires.

Les premières méritent seules d'être décrites. Elles débutent par des phénomènes généraux : ascension thermique à 40-41°, frissons, et par des symptômes locaux: tuméfaction amygdalienne, ptyalisme, dysphagie, adénopathie sous-maxillaire. À la période d'état, elles revêtent trois formes distinctes (Cornil); érythémateuse, phlycténoïde et gangréneuse. Celle-ci se termine presque toujours par la mort ; celles-là, au contraire guérissent. Dans un certain nombre de cas, à l’angine érysipélateuse succède immédiatement un érysipèle de la face, ou encore une angine de Ludwig. .

Angines de la fièvre typhoïde.

Les plus importantes sont les angines ulcéreuses (Duguet, Dérignac, Letulle, Schaeffer). Au cours du deuxième septénairé, on voit parfois se développer une ulcération ovalaire qui siège sur les piliers antérieurs, à l’endroit de leur union avec le voile ; est absolument symétrique ; n’atteint jamais de.grandes dimensions, et dont le grand axe se dirige obliquement en bas et en dehors. À sa surface, ni enduit pultacé, ni fausse membrane. L'adénopathie est rare, les symptômes fonctionnels, réduits au minimum. On a parfois noté la coexistence d’ulcérations analogues occupant la base ou les bords de la langue, ou même d’autres variétés d’angines, Cette ulcération peut à elle seule permettre d'affirmer la dothiénentérie. Elle semble due à l’action nécrosante qu'exerce, sur le voile, la toxine typhique (Schaeffer).

On peut encore observer, dans la fièvre typhoïde, des angines de diverse nature : pseudo-membraneuses (Oulmont, Peter), pultacées, gangréneuses, oïdiennes (Roger).

- Angines de la grippe.

Presque toujours, on note, surtout au début, une coloration érythémateuse de l’arrière-gorge. Dans certaines circonstances, les processus congéstifs peuvent aller jusqu'à la pharyngite (Cartaz). L’angine grippale se complique fréquemment d'accidents locaux : otite, mastoïdite, sinusite, adénophlegmon.

Angines de la leucémie aiguë.

Elles évoluent en deux phases : une première, où les am ydales s’hypertrophient avec une telle rapidité que, dans nombre de cas, on a cru devoir pratiquer l’amygdalectomie. Cette opération n’a eu qu'un résultat : celui de précipiler encore la marche de la maladie ; une seconde, où les amygdales, après s'être recouvertes d’un léger exsudat, s’ulcèrent : « l’ulcération s'étend, peut

LES ANGINES AIGUËS. NV FAScUXTIT: 08

gagner sur les piliers du voile, se recouvre de débris sphacéliques qui donnent à l'angine un aspect diphtéroïde » (Boudet). L'adénopathie angulomaxillaire est constante ; elle survient dès le début, avant toute autre, Ces faits permettent de penser que la leucémie aiguë est une maladie infectieuse, dont l’angine représente le chancre d’inoculation. Dans la leucémie aiguë, l'infection reste donc localisée un certain temps aux premières voies digestives avant de se généraliser.

Angine dans les oreillons.

L'angine est un symptôme fréquent de l'infection curlienne. D’après M. Catrin, elle existe dans plus de 60 p. 100 des cas, et consiste, tantôt en hypertrophie simple des amygdales (31 fois), tantôt en érythème pharyngé (26 fois), plus souvent (51 fois) dans l’association des deux symptômes précédents, rarement (10 fois) en angine pultacée. « Nous pensons, ajoute cet auteur, que si l’on voyait les malades dès le début, la fréquence de l’angine serait plus grande encore, car à diverses reprises, des patients sont entrés dans notre service avec le diagnostic d’angine,; et deux ou trois jours plus tard, éclatèrent les oreillons. »

Angine du rhumatisme articulaire aigu.

1 y a quelque dix ans, on décrivait une angine rhumatismale, apparaissant avant tout phénomène articulaire, el caractérisée, principalement, par la rougeur diffuse de l'arrière-gorge. Cette conception a vécu. Ainsi que nous l'avons dit (v. p. 83), les phénomènes articulaires englobés sous le nom de rhumatisme articulaire aigu peuvent survenir au cours ou à la suite de toutes les infections du naso-pharynx ou du rhino-pharynx, comme de toute autre infection en foyer.

Angines de la syphilis.

Un chapitre spécial étant consacré à la syphilis bucco-pharyngée, nous DE ferons que signaler ici la coloration érythémateuse diffuse de la gorge, qui, chez certains sujets, précède de peu l'apparition des plaques muqueuses : c'est l’angine érythémateuse des jeunes mariées de Vidal.

S 2. — Angines d'origine toxique.

La plupart des poisons peuvent s'éliminer par la muqueuse pharyngée : quatre surtout méritent d'être signalés. Les sujets qui, depuis quelque temps déjà, absorbent des préparations arsenicales, se plaignent fréquemment de sécheresse de la gorge, et, chez eux, l'examen local montre l'existence d'un érythème guttural, habituellement discret. Les iodures provoquent des accidents analogues. Avec la belladone, réactions beaucoup plus accusées : les piliers, les amygdales et la paroi postérieure du pharynx prennent une teinte vermillon, si bien que, de prime abord, on ne peut s'empêcher de

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