‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 57 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

tion streptococcique. Par sa présence au fond des cryptes, ce germe produirait . l'amygdalite initiale ; quant à l’éruption, elle serait sous la dépendance des poisons solubles qu’il be Cette séduisante théorie n’est plus admise. L’éenanthème doit être attribué à l’action du virus de la scarlatine. On l’observe en effet dans les scarlatines expérimentales, qui n’ont rien à faire avec le streptocoque,

9, Quant aux angines, nous sommes loin d’être fixés sur leur déterminisme. La seule notion bien établie, c’est que le streptocoque joue un rôle capital dans leur développement. C’est à lui qu'il faut attribuer presque toutes les angines précoces, c'est encore lui qui est responsable de la plupart des angines tardives, qu’elles soient érythémateuses, phlegmoneuses ou même pseudo-membraneuses. Trousseau avait cru devoir attribuer ces dernières à la diphtérie. Cette conception pouvait se soutenir, alors que florissait l'encombrement nosocomial. Mais aujourd'hui, grâce aux mesures de prophylaxie appliquées dans tous les hôpitaux, grâce à l'isolement des contagieux, elle ne peut plus être conservée.

Il est vraisemblable que les anaérobies interviennent dans la production des angines gangréneuses et phlegmoneuses ; quant aux angines ulcéreuses, nous ne savons encore rien de leur bactériologie.

Traitement. — Les grands lavages de gorge avec les an HsepHque habituels, les enveloppements humides et chauds du cou conviennent à toutes les formes. Dans les angines ulcéreuses, MM. Méry et Hallé recommandent, après Henoch, les atitouchements avec du chlorure de zinc au 1/10. Dans les angines liées au syndrome infectieux tardif, on recourra, sans hésiter, l’opothérapie surrénale (Hutinel).

Ang'ines de la rougeole.

Comme pour la scarlatine, il y a lieu de distinguer : 1° l’'énanthème; 2° les angines proprement dites.

L'énanthème morbilleux évolue en trois stades (Lasègue). Le premier s'annonce par les phénomènes habituels et par quelques symptômes locaux : empâtement de la bouche, chaleur et sécheresse de la gorge, Presque dès le début, les piliers postérieurs sont le siège d’une rougeur ardente, qui ne s'étend ni aux piliers antérieurs, ni au voile. La langue est étalée, pâteuse, le nez sec. Le lendemain, l'érythème se propage aux narines et au larynx. Cette phase catarrhale dure environ quatre jours. Dans le deuxième, les muqueuses pharyngienne, nasale, oculaire et laryngo-trachéale sont envahies simultanément. Sur le voile, apparaissent des taches isolées, légèrement déchiquetées sur les bords (Roger), papuleuses ou maculeuses. Il y a parfois des épistaxis, souvent, des nausées, « véritable ténesme de l’isthme » (Lasègue). Au cours du troisième jour, l'éruption cutanée se fait à son tour; le catarrhe pharyngé s'atténue rapidement,

Entre les énanthèmes morbilleux et scarlatineux, on peut noter des analogtes : dans les deux cas, l'éruplion muqueuse précède l’éruption cutanée; — et des différences (Lasègue) : le premier se localise surtout aux piliers postérieurs et à la paroi postérieure. du pharynx ; il se propage aux muqueuses nasale, oculaire, laryngienne; il s'accompagne de catarrhe. Le second frappe l'isthme du gosier, ne se propage pas aux mêmes muqueuses, ne s'accompagne pas de catarrhe.

: LES ANGINES AIGUES. Fasc. XIII. — 91

Les angines sont de deux sortes. Précoces, elles appartiennent au type pultacé et précèdent l'énanthème (Rousseau-Saint-Philippe). Tardives, elles surviennent à la convalescence et peuvent être érythémateuses, pultacées, pseudo-membraneuses, phlegmoneuses ou gangréneuses. Les unes et les autres sont très rares aujourd'hui.

Angines de la rubéole.

Dans l'immense majorité des cas, l’'énanthème existe seul. Le fond de la gorge est le siège d'une rougeur diffuse qui s’atténue vers le deuxième ou le troisième jour. L'adénopathie sous-maxillaire est constante. Quelquefois aussi, se développe, entre le troisième et le seplième jour, une véritable angine (angine secondaire de Tunger-Smith) qui se caractérise par des phénomèênes généraux graves et par des symptômes locaux rappelant ceux des angines scarlalineuses tardives.

Angines de la variole.

L'énanthème a été bien décrit par Lasègue. Vers la fin du troisième jour ou au commencement du quatrième (Coste), apparaissent, sur la muqueuse pharyngée, des saillies, petites, arrondies, veloulées au toucher, entourées d'une auréole rouge, et dont le sommet se recouyre, en quelques heures, d'une pellicule blanchâtre. Cette pellicule, une fois déchirée, laisse à sa place une ulcération rosée, superficielle, qui se répare avec rapidité. Cette éruption n'offre pas de siège précis : elle se fait, à la fois, sur les amygdales, les piliers, le voile, la région prévertébrale, Dans les varioles discrètes, elle passe presque inaperçue. S'agit-il de variole confluente, au contraire, elle s'accompagne toujours de phénomènes fonctionnels marqués: salivation, soif, sensation de sécheresse, « douleur de: gorge qui augmente à mesure que les pustules crotissen » (Sydenham). Dans les varioles hémorragiques, l’éruption débute souvent par le voile, à la surface duquel on peut voir, soit un piqueté sanguin dont l’aspecl rappelle celui des grains de tabac, soit des ecchymoses qui ne tardent pas à s’ulcérer et exhalent une odeur fétide (Coste et Chassy).

L'énanthème évolue plus vite que l’exanthème : il n’existerait, d’ailleurs, entre les deux, aucun parallélisme (Lasègue). Par sa précocité même, il peut servir au diagnostic, en permettant de différencier de la variole une rougeole boutonneuse. Son pronostic est bénin.

Les angines, habituellement tardives, peuvent être pseudo-membraneuses (Huxham), et, surtout, herpétiques (Lasègue) ; gangréneuses, phleg. moneuses. On a parfois observé, à la suite de la variole, l’abcès rétro-pha-

ryngien.

Angines de la varicelle.

Enanthème.— En même temps que l'exanthème, on voit souvent apparaître, sur la muqueuse bucco-pharyngée, des vésicules arrondies et transparentes. Cette éruption reste habituellement discrète ; elle n'affecte aucun

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