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GÉNÉRALITÉS 1° Etiologie et pathogénie générales

Toutes les stomatiles sont infectieuses, causées soit par les microbes qui vivent normalement en saprophytes dans la cavité buccale, soit par les germes pathogènes banaux ou spécifiques qui y pénètrent accidentellement. La flore microbienne buccale, très pauvre pendant les premiers mois de la vie, s'accroît considérablement dès l'éruption des premières dents (Nobécourt et de Vicariis) et devient d'une extrême richesse chez les grands

“enfants et chez les adultes.

Elle comprend des germes non pathogènes, très nombreux (bacillus sub-

u BABoNNEIx et H. DARRÉ.

tilis, amylobacter, bacterium termo; micrococcus candicans, meningos

cocoiides, sarcines ; lepthothryx buccalis; spirochϾta buccalis, dentium ;

amoeba buccalis et beaucoup d’autres espèces mal déterminées). Par, les

modifications chimiques des éléments normaux du milieu buccal (salive, mucus, débris épithéliaux, résidus alimentaires) qu'ils produisent, #ls

interviennent sans doute dans la formation du tartre dentaire, en favorisant

- la précipitation autour de leurs amas des sels terreux normalement solubles ; ils facilitent la multiplication et l'action nocive des germes pathogènes, grâce à ces fermentations, qui, tout à la fois, fournissent à ces derniers, des aliments indispensables à leur développement et troublent défavorablement les réactions défensives cellulaires et humorales de la bouche. Leur rôle dans lagenèse des infections buccales, quoique indirect, n’est donc nullement négliz geable.

La flore buccale contient aussi à l’état normal un certain nombre d'espèces microbiennes pathogènes, moins nombreuses mais beaucoup plus impor-

tantes que les précédentes, bien étudiées par de nombreux: auteurs -depuis la

retentissante communication de Pasteur sur le microbe de la septicémie |

salivaire, découvert dans la salive d’un enfant mort de la rage (1884) etidentifié SIT tard avec le pneumocoque de Talamon.

Parmi les espèces les plus communes, citons d'abord celles que l'on ren-

contre constamment : bacille fusiforme et spirochète de Vincent, streptocoque.

(Widal et Bezançon), preumocoque (Bezançon et Griffon), microbes anaérobies, agents les plus importants de la carie dentaire. On trouve encore très communément les staphylocoques blancs, citrins et dorés, les tétragènes, le catarrhalis, le coli-bacille, le preumobacille de Friedlander, le, pyocyanique: Récemment, on y a décelé, par l’inoculation à la cornée te lapin, un virus

Jiltrant (virus kératogène salivaire de Levaditi, Harvier et Nicolau), proche

parent des virus de l'herpès et de l'encéphalite épidémique et il n'est pas douteux qu'on en découvrira encore d’autres, peut-être fort importants au point de vue pathologique.

Cette flore microbienne si variée peut s'enrichir encore de nouvelles

espèces pathogènes qui pénètrent accidentellement dans la cavité buccale. : Au cours ou à la suite de diverses maladies infectieuses aiguës ou chro-

niques, certains microbes pathogènes peuvent envahir la bouche et y persister

parfois pendant longtemps. Les uns viennent directement des cavités voi È sines, tels le bacille de Læffler à la suite de la diphtérie pharyngée, le bacille

de Koch chez les tuberculeux laryngés ou pulmonaires, etc... D'autres y par

viennent par voie sanguine, tels les virus des fièvres éruptives, les tréponèmes au cours de la syphilis secondaire ou tertiaire, etc. D'autres enfin, qui s'él=

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minent par les glandes salivaires, y sont amenés par la salive, tel le virus (le Sa

la rage, de l'encéphalite épidémique, des oreillons, de la polyomyélite épidémique, etc. Chez certains sujets l'atteinte de la ralaute infectieuse a été si 1égère, qu’elle n'a pour ainsi dire troublé en aucune façon l'état de santé: = les germes n'en persistent pas moins dans la cavité buccale : ainsi s'explique

la présence du bacille diphtérique, du virus de l’encéphalite, de la polyo-

myélite,des fièvres éruptives etnotamment delascarlatine, des oreillons,etc..

dans la bouche des porteurs de germes dits sains. On sail toute l'importance

LES STOMATITES. Fasc. XIII. — 3

pratique de ces notions bien établies aujourd'hui pour la prophylaxie des diverses maladies contagieuses.

Enfin d’autres germes pathogènes virulents peuvent par contagion envahir la bouche des sujets sains : virus herpélique, virus aphteux, tréponème syphililique, staphylocoque des infections cutanées, streptocoque de l’érysipèle, hacille fusiforme des stomatites ou angines ulcéreuses, etc..., microbes dont la virulence contraste avec la faible virulence des germes de même espèce, saprophytes de la bouche normale.

L'extrêéme richesse de la flore buccale rend compte de la grande difficulté de l'étude bactériologique des stomatites.

Dans certains cas, l'examen direct après coloration des frottis préparés avec l’exsudat des lésions permet d’en établir la nature, soit qu'on trouve en culture pure des germes, dont le rôle pathogène pour la muqueuse buccale a pu être établi expérimentalement, comme l'association fuso-spirillaire de Vincent dans certaines stomatites ulcéreuses ; soit qu'on mette en évidence, au milieu de microbes banaux, des germes spécifiques hautement différenciés, comme le tréponème de la syphilis ou le bacille de Koch.

Dans d'autres cas, les cultures sur milieux judicieusement choisis révèlent indiscutablement la cause de la stomatite, en montrant des germes pathogènes tels que le bacille dipthérique ou le sporotrichum Beurmanni.

Mais dans la grande majorité des cas, frottis et cultures ne permettent aucune conclusion ferme. On trouve, associés en proportions variables, soit les pyogènes (streplocoques, staphylocoques, tétragènes), soit les divers mi-

crobes de la flore buccale normale, et si l’un d'eux paraît prédominer, on n'est nullement aulorisé à admettre qu'il est le seul agent pathogène. Aussi considère-t-on que la plupart des stomatites sont des infections poly microbiennes, causées par les germes vulgaires qui vivent en saprophytes dans la cavité buccale. De nouvelles recherches s'imposent, basées sur l'étude des réactions humorales et surtout sur les inoculations expérimentales ; sans doute montreront-elles que dans certains cas, au moins, ces germes banaux n'interviennent que comme agents d'infections secondaires, ajoutant leur aclion pathogène à celle d’un ou de plusieurs virus spécifiques encore inconnus. C’est ce qui a été démontré dans ces dernières années pour la stomatile

herpétique, considérée jusqu'alors comme due à des germes vulgaires (pneu-

mocoque, streptocoque ou staphylocoque), et qui est causée en réalité par un virus spécifique, virus filtrant, inoculable au lapin chez qui elle détermine de la kératite et souvent de l'encéphalite, le virus de la fièvre herpétique (Dœrr, Vochting, Schnabel, Blanc et Caminopetros). Dans le même groupe de faits doivent se ranger la stomatite aphteuse vraie, due sans doute à un microbe invisible (Læffler), les stomatites des fièvres éruptives et des oreil- Jlons, stomatites spécifiques dont les germes sont inconnus.

En résumé, au point de vue bactériologique, on doit distinguer des stomatites spécifiques et des stomatites banales. Parmi les premières sont individualisées les stomalites tuberculeuse, syphilitique, mycosiques, la stomatite

diphtérique, la stomatile herpélique, la stomatile aphteuse vraie, les stomatites des fièvres éruptives et des oreillons. Parmi les stomatites banales, il faut distinguer la stomatite de Vincent à bacilles fusiformes avec association spiril-

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