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L. BABONNEIx et H. DARRÉ

118 AFFECTIONS DU PHARYNAX.

A) La méthode classique, laquelle consiste à inciser l’abcès par la bouche. L'anesthésie est inutile et dangereuse. Le petit malade est immobilisé sur les genoux d'un aide. Le chirurgien, ayant pris soin au préalable d’envelopper de diachylon son bistouri jusqu'à 2 centimètres de la pointe, fait, sur la paroi postérieure du pharynx, à l'endroit culminant, une incision verticale. Aus-. sitôt, l’aide.incline brusquement en avant la tête du petit patient, pour éviter l'irruption du pus dans les bronches. Il est parfois indispensable de pratiquer une contre-ouverture. M. Jules Renault recommande la ponction préalable à la seringue de Pravaz. On agrandit ensuite au bistouri.

B) La méthode de Chiene, d'Edimbourg, préconisée surtout par Burckardt, et qui consiste à faire une incision sur le bord du sterno-mastoïdien et à aller méthodiquement en sectionnant couche par couche, à la rencontre de l'abcès. Cette méthode permet d’évacuer le pus sans qu'il puisse pénétrer dans les voies aériennes, mais elle est beaucoup plus longue et délicate que l’autre. Elle n’est indiquée que si l’abcès occupe une large étendue et si l'incision pharyngée s’est montrée insuffisante.

B. — Abcès et phleémons latéro-pharyngiens. — Ils occupent l'espace maxillo-pharyngien, que limitent, en dedans, la paroi latérale du pharynx; en dehors, la branche montante du maxillaire inférieur et qui contient : 1° un important paquet vasculo-nerveux, composé de la carotide, de la veine jugulaire interne et du pneumogastrique ; 2° de la graisse ; 3° des ganglions lymphatiques dont les vaisseaux afférents émanent de l’amygdale palatine et de la base de la langue. Ici encore, la suppuration débute par les ganglions et les phlezmons latéro-pharyngiens ne sont, dans l'immense majorité des cas, que des adéno-phlegmons.

Anatomie pathologique. — De par son siège même, l'abcès se trouve accolé à la face externe du pharynx. Au cours de son développement, il tend à refouler en dedans le paquet vasculo-ner veux, que l’abcès rétro-pharyngien repoussait en dehors.

Étiologie. — L'abcès latéro-pharyngien est une affection rare, qui frappe surtout les adultes. Il succède, le plus souvent à une amygdalite palatine ou linguale.

Symptomatologie. — Des symptômes fonctionnels, les plus importants sont la douleur, les contractures réflexes: torticolis, raideur de la nuque, trismus, et certains phénomènes attribués à l'excitation des nerfs bulbaires : vomissements, spasme glottique (Viannay). Quant à la dyspnée, elle est peu accusée. |

Les signes physiques passent par deux phases : une première, où la tumeur. vient faire saillie dans le pharynx, et refoule en dedans l'amygdale, toujours congestionnée ; une seconde, où elle soulève le sterno-mastoïdien et apparaît à l'extérieur. Dure, douloureuse spontanément et à la pression, elle est le siège d’une fluctualion que l’on recherche avec deux doigts : l'un placé dans le pharynx et l’autre derrière la branche montante du maxillaire inférieur.

À cette période, l’abcès s'ouvre soil à la peau, soit dans le pharynx et guérit ainsi spontanément. Dans quelques cas, surviennent des complications graves tenant au voisinage des gros vaisseaux : hémorragie foudroyante, par

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ulcération de-la carotide interne ou d’une branche de la carotide externe, hémorragies médiocres, mais répétées, aboutissant, elles aussi, à la mort, production d'un faux anévrysme (Duke) et des nerfs : névrite des derniers nerfs craniens (Alain) (v. p. 152).

C'est pourquoi il faut toujours intervenir chirurgicalement, et le plus tôt possible

Diagnostic. — La seule erreur à éviter est celle qui consiste à prendre l'abcès latéro-pharyngien pour ,une amygdalite banale. On y arrivera aisément en se rappelant (Gouguenheim) que la collectionlatéro-pharyngienne vient Fig. 14. — Abcès latéro-pharyngien, Le pus enfaire saillie derrière le pilier toure parfois les vaisseaux du cou (GEORGES LAupostérieur, et non entre celui- RENS).

ciet le pilier antérieur.

Traitement. — L'incision pharyngée ne convient en aucun cas. Les gros vaisseaux étant, comme nous l’avons dit, refoulés en dedans par l’abcès, on aurait toutes les chances, en opérant ainsi, de tomber sur eux. On recourra exclusivement à l’inrision cutanée, qui suivra les bords antérieur ou postérieur du sterno-masloïdien. S’est-il produit une hémorragie artérielle ? on sera obligé, le plus souvent, de lier la carotide primitive.

C. — Abcès et phleémons antéro-pharyngiens. — ‘Très rares, ils se développent en deux points : a) entre la paroi postérieure du larynx et la partie correspondante de la muqueuse pharyngée ; b) dans une loge prismatique à base supérieure, que limitent, en arrière, la partie cachée de l'épiglotte ; en avant, les membranes hyo-glosso et thyro-hyoïdienne; en haut, la muqueuse passant de la langue sur l’épiglotte et en dehors d'elle, une aponévrose résistante. Dans le premier cas, il s’agit de phlegmon pharyngolaryngé ; dans le second, de phlegmon glosso-thyro-épiglottique (Brousse et Brault).

{° Phlegmon pharyngo-laryngé (Senator, Merklen, Dudefoy), — Il s'observe surtout chez l'adulte. Le froid paraît jouer un rôle dans son développement. Il débute brusquement, par une douleur que les patients localisent au larynx, et qui augmente jusqu'à la mort. La dysphagie et la dysphonie ne sont pas moins marquées. La dyspnée, continue avec des redoublements paroxystiques, s'accompagne de cornage et de tirage. Quant aux signes généraux, ce sont ceux des grandes septicémies. À l'examen local, toujours difficile, on constate la tuméfaction des replis ary-épiglottiques, l'effacement de la gouttière pharyngo laryngée ; dans certains cas, la muqueuse semble parsemée de points jaunâtres qui représentent autant de foyers miliaires. La mort survient avant que le pus ait eu le temps de se collecter. Le diagnostic est à faire avec toutes les dyspnées d'origine laryngée. En ce qui concerne le pronostic et le traitement, il suffit de rappeler que les seuls malades qui

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