‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 73 sur 195 · L. BaABonNeix et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BaABonNeix et H. DARRÉ

fant sur vos genoux, appuyez, avec la main gauche, sa tête sur votre poitrine, introduisez l'index droit dans sa bouche, et‘explorez ainsile pharynx nasal, le

pharÿnx buccal et l’œsophage. En cas d'abcès rétro-pharyngien, Vous sen-

tirez ainsi, sur la paroi postérieure du pharynx, d'abord un empâtement diffus, puis une véritable tumeur, dont il faut savoir rechercher la fluctuation avec un seul doigt : pour cela, avancez un peu l'index, puis retirez-le légèrement (de Saint- Germain): vous percevrez alors une sorte de choc en retour caractéristique. Généralement, la collection purulente est bién limitée. D'autres fois, au contraire, elle fuse au loin, soulève le bord interne du sterno-mas.

. toïdien, apparaît au-devant de Fig. 12. — Abcés relro-pharyngien avec le ]a mastoïde où descend derrière siège de la collection purulente (G. LAURENS). l'œsophage, formant à la partie moyenné du co une. masse volumineuse qui fait saillie du côté gauche et refoule le larynx en avant et à droite.

Quant aux symptômes généraux, ils présentent toujours une extrème gravité : la température oscille entre 39° et 39°,5; le pouls est petit, filiforme:; le visage, anxieux. La prostration et l’albuminurie s’observent constamment.

Formes. — Les spécialistes distinguent des formes hautes, dont le diagnostic est à faire avec l'adénoïte aiguë; moyennes ou pharyngées proprement dites, surtout dysphagiques ; basses, rétro-laryngées, et dont le symptôme principal est la dyspnée.

Évolution. — La maladie passe par deux phases, que sépare une rémission : une première, angineuse ou préphlegmoncuse ; une seconde, ganglionnaire (Gillette). Une fois arrivé à la période d'état, l’abcès rétropharyngien peut se comporter de deux facons différentes :

A) Le plus souvent, son évolution est AIGUË. Dans les cas non traités, la mort survient du huitième au dixième Jour. Elle peut être la conséquence :

a) de l’asphyxie, lente où brusque, et qu’expliquent des causes multiples : compression du larynx par la tumeur, œdème de la glotte, spasme des constricteurs : c'est l'éventualité la plus commune: elle se produit souvént pendant Je sommeil ; b) de la syncope, attribuée à la compression du pneumogastrique où du grand sympathique (Aviragnet, Brun, Hallé, Marfan, Thoyer-Rozat) ; c) de l'inanilion; d) d’une complication septique : broncho-

Fig. 13.— Abcès rétro-pharyngien(EscaT).

LES ANGINES. AIGUËS. Fasc. XIII. — 111

pneumonie, pleurésie purulente, médiastinite suppurée; e) de l'ulcération des gros Vaisseaux. Quant à l'ouverture spontanée, elle est rare et tardive : on voit apparaître, sur les parties latérales du cou, une tuméfaction mal circonscrite, dont la compression aggrave immédiatement les phénomènes dysp- néiques préexistants (Bokaï) ; elle est le siège d’une fluctuation profonde, que l’on peut percevoir en mettant un doigt sur elle et en appuyant, avec l'autre,

sur la collection rétro-pharyngée.

B) Dans quelques cas exceptionnels, disent les classiques, l’abcès prend une marche suBaiGuË (Chassaignac, Gillette) ou même curoNnIQuE et peut durer plusieurs mois (Dareste). Ne s'agit-il pas, dans ces cas, de tuberculose? Ou bien, au contraire, il tourne court et n’aboutit pas à la suppüration. Ce sont les formes abortives de Bokaï.

Pronostic. -- Si l’on met à part les abcès à marche chronique, dont l’existence est douteuse, et les formes abortives quele médecin n’a guère l’occasion d'observer, on peut dire que tout abcès rétro-pharyngien non traité chirurgicalement se termine par la mort. Par contre, « incisé à temps, il guérit presque toujours » (Escat).

Diagnostic. — IL est très difficile. Faute d'un examen méticuleux de la sorge, chez tout nourrisson présentant de la dysphagie, les abcès rétropharyngiens ont été confondus avec une foule d’affections : corps étrangers du larynx ou- du pharynx, croup d'emblée, laryngite striduleuse, œdème de la glotte, méningite, etc. En réalité, les seules causes d'erreur importantessont (Escat) :

1° L'adénoïdile aiguë, où il existe aussi du ronflement, de la gêne dela respiration nasale, de la fièvre et, chez les tout petits, une impossibilité de prendre le sein. Un signe différentiel intéressant est indiqué par M. Marfan. Pincezle nez du petit malade : le ronflement disparaît s’il s’agit d’adénoïdite, il persiste en cas d’abcès rétro-pharyngien. Le toucher fournit d’ailleurs des renseignement{s décisifs.

20 L'abcès froid lié à un mal de Pott sous-occipital. Les signes physiques sont les mêmes dans les deux cas, mais, dans le mal de Pott, d’ailleurs exceptionnel chez le nourrisson, l’évolution est lente et apyrétique, la région sous- | occipitale, douloureuse, les mouvements de la tête pénibles, difficiles les malades ont l’air guindé (Lannelongue).

3° L'adéno-phlegmon laléro-pharyngien, où les symptômes fonctionnels sont moins intenses et moins durables, et où l'examen local montre l'existence d'une collection purulente qui refoule vers la ligne médiane la paroi latérale du pharynx et l'amygdale correspondante.

Anatomie pathologique. — Les abcès rétro-pharyngiens sont de volume variable; ils contiennent un pus jaune, bien lié, lequel n'est pas constamment fétide. | Traitement. — Il se résume en deux mots : incision précoce. On sait, en effet que les abcès rétro-pharyngiens, non traités chirurgicalement, se terminent toujours par la mort; d'autre part, M. Marfan a fait observer que les patients chez lesquels on a jugé bon de différer l'acte opératoire sont fréquemment emportés par une syncope.

Au sujet de la technique, deux méthodes :

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