‹ Nouveau traité de médicine (volume 2)Chapitre 80 sur 195 · L. BABONNEIx et H. DARRÉ · texte numérisé non relu

L. BABONNEIx et H. DARRÉ

otites, surtout au moment des poussées aiguës. se les sujets atteints d'hypertrophie des amygdales, les infections pharyngées sont plus fréquentes et plus gravés que chez les autres.

Formes. — Avec M. Ruault, nous en distinguerons deux principales :

Dans l'hypertrophie molle, les amygdales sont pâles, grenues, comme formées de vésicules transparénies cet aspect étant surtout net chez les idiots (Balme); le plus souvent enchatonnées, elles émettent un prolongement qui comble la fosse sus-amygdalienne. Dépressibles, elles saignent au moindre contact. La paroi postérieure du pharynx est recouverte de granulations volumineuses, sur lesquelles s'écoulent des sécrétions

BA AMye se muco-purulentes provenant des végétations adénoïdes. les enchatonnées (G. Gelte forme s’observe chez les enfants au-dessous de LAURENS). | six ans; elle débute, de très bonne heure, par des cory-

zas répétés. L'hypertrophie des amygdales s'accompagne souvent d'adénopathies cervicales ou trachéo-bronchiques. Suivant les cas, elle peut aboutir à l RYperrophie dure ou à l’atrophie. Vers la puberté, il se produit parfois une légère rémission.

Dans l'hypertrophie dure, spéciale aux adolescents et aux adultes, les amygdales sont congestionnées, rouge livide; leur surface, lisse, brillante, leur forme pédiculée ; leur consistance fibreuse. Ici, pas de pharyngite, nulle trace d'adénoïdite, dé ganglions cervicaux ou médiastins. La rétrocession, extrêmement lente, est toujours incomplète,

Pronostic. — 1l est favorable, d'une manière générale.

Diagnostic. — Il se fonde, avant tout, sur les résultats de l'examen direct: Encore faut-il, pendant cet examen, éviter les efforts de vomissements, pendant lesquels les amygdales, effectuant un mouvement spiroïde (Chassaignac), montrent à l'observateur leur face interne et lui donnent ainsi l'impression d'être plus volumineuses qu'elles ne le sont réellement.

L'hypertrophie est-elle franchement BILATÉRALE, comme c'est La règle, il faudra éliminer : les amygdulites aiguës ou subaiguës, qui s'accompagnent de douleurs locales, d’adénopathie angulo-maxillaire et de fièvre : pour savoir s'il ne s’agit pas d'une poussée paroxystique venant compliquer une hypertrophie des amygdales, il est parfois nécessaire d’attendre ; la {uberculose latente des amygdales, avant l'ulcération; seule, une biopsie pourra donner la certitude; les amygdalites lacunaires, où l’on constate la présence, à la surface des tonsilles, de bouchons caséeux ; — les plaques muqueuses, que QUE reconnaîtra à leurs caractères habituels.

L'hypertrophie prédomine-t-elle d’ux côré, il faudra la différencier du chancre amygdalien, en faveur duquel on peut invoquer l'existence d’une ulcération spéciale, d'une adénopathie similaire, l'apparition précoce de la roséole ; — l’épithélioma, ne s’observant qu'après quarante ans, et où la palpation révèle, en plein tissu amygdalien, un noyau dur, mal limité; les dou-

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leurs sont lancinantes ; l'engorgemeut ganglionnaire, précoce; la tumeur ne tarde pas à envahir les piliers et à s'ulcérer ; — le lymphadénome, où des masses encéphaloïdes occupent la loge amygdalienne ; la constatation d'adénopathies multiples, de splénomégalie, d'une formule sanguine spéciale, impose le diagnostic ;: — le lymphosarcome, où l’'amygdale, volumineuse, à perdu sa mobilité, etc.

D'une manière générale, le diagnostic est très aisé.

Traitement. — De l'avis unanime, le traitement mébicaz est insuffisant. Ilexiste cependant des cas où il est ‘indiqué. Les voici, d’après M. Escat : hypertrophie très peu considérable des amygdales; absence de symptômes ou de complications commandant l’exérèse; cas où toute intervention est contre-indiquée (hémophilie); cas où l’hypertrophie, récente, est susceptible de se réduire spontanément en deux ou trois mois; pusillanimité des malades.

Ce traitement comporte des soins locaux : gargarismes antiseptiques ou astringents ; des médications toniques : huile de foie de morue, préparations iodées; des cures thermales sulfureuses. chlorurées ou arsénicales.

Le traitement CHiRuRGICAL est indiqué toutes lés fois qu'après un traitement médical suffisamment prolongé, on se trouve en présence d’un des cas suivants (Escat) : poussées aiguës et violentes; angines hypertrophiques et cryptiques; abcès amygdaliens à répétition; troubles auriculaires; insuffisance nasale; toux continue ; spasme glottique; larÿyngo-trachéites se repro- duisant sans fin. Il est à ajourner pendant la période menstruelle, au cours d'épidémies, et, surtout, lorsqu'il existe une poussée paroxystique.

Pour la technique, nous renvoyons aux ouvrages spéciaux, nous contentant de remarquèr: 1° que des trois méthodes : discission, ignipuncture ou amygdalotomie, la dernière est actuellement la plus en faveur; 2° que, lorsqu'il existe simultanément des végétations adénoïdes et des amygdales hypertrophiées, il faut commencer par enlever les premières, leur ablation produisant souvent une diminution de volume des secondes (Ruault).

Lés Américains étudienl actuellement la question de la rAp10o et de la RADIUMTHÉRAPIE.

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