L. BABONNEIX et H. DARRÉ
augmentés de volume (et peut-être de nombre), rétrécissent l'orifice dés cryptes, dont les parois deviennent granuleuses, tandis que leur cavité se remplit d’un magma caséeux fétide, formé de divers. éléments : cellules desquamées, leucocytes, cristaux d'acides gras, cholestérine, sels calcaires, inicroorganismies, Chacun de
ces follicules contient des cellules de grandes dimensions, riches en protoplasma,
à noyau bien développé, et, parfois, en pleine karyokinèse,.
Dans la forme dure, les processus de sclérose occupent la première place. Les follicules s'atrophient ; des bandes fibreuses parcourent le chorion ; les vaisseaux, anormalement nombreux, ont des tuniques nettement épaissies; leur lumière semble diminuée (Cornil et Ranvier).
Symptomatologie. — L'hypertrophie des amygdales est une affection essentiellement chronique, dont l'évolution est interrompue, de temps à autre, par des poussées aiguës.
Symptômes fonctionnels et généraux. — 1) Les troubles respiratoires sont d'autant plus marqués qu'il s’agit d'un enfant plus jeune et que les amygdales sont plus volumineuses. Ce sont : la géne respiratoire, surtout nocturne, qui s'accompagne d'une sorte de sifflement ou de ronflement et peut, au moment des poussées paroxystiques, aller jusqu'à la dyspnée vraie avec ou sans tirage ; — la toux dite adénoïdienne, dont les caractères varient suivant l’âge. Chez l'enfant, elle est sèche, quinteuse, coqueluchoïde et procède par
accès qui succèdent à une sensation spéciale de chatouillement ou de picote-
ment intra-pharyngé et surviennent le plus souvent la nuit, quelquefois aussi le matin ou le soir, elle n’est point réveillée par la pression du larynx; par contre, elle peut être provoquée facilement par diverses manœuvres: mise en place de l’abaisse-langue, frottement de l'’amygdale avec un stylet, cauté-
risations sans anesthésie préalable ; elle disparaît dès les premières séances
d'ignipuucture ou après amygdalotomie. Son origine est donc purement nerveuse (Ruault). Chez l'adulte, la toux consiste plutôt en secousses isolées qui alternent avec des râclements sonores ; elle acquiert toute son intensité en cas d'amygdale dure, enchätonnée, possédant un prolongement inférieur volumineux (Ruault); l'asthme amygdalien (Schmidt, Barker, Rendu), qui disparaît après ablation des tonsilles ; très rare, il se voit exclusivement chez des névropathes. |
2) Troubles de la phonation. — L'élocution est pâteuse ; suivant la comparaison classique, il semble que les patients aient de la bouillie dans la bouché. Les gutturales q, g dur, k, r, ne sont plus émises qu’avec difficulté. La voix est sourde, mal timbrée ; elle manque de volume. Aussi, chez les jeunes enfants, le langage reste-t-il longtemps incompréhensible. Chez l'adulte, cette voix adénoïdienne s'observe surtout en cas d adhérences reliant les amygdales au pilier postérieur.
La pathogénie de ces troubles a été très bien exposée par Michel (de
Cologne). Pour que la voix soit claire, il est indispensable que le voile, et.
surtout son arc postérieur, soient parfaitement mobiles. En effet, au moment de l'effort vocal, le pharyngo-staphylin attire en haut le cartilage thyroïde et le fait basculer en avant; il contribue ainsi à tendre les cordes vocales. Sa
contraction est-elle gênée, celles-ci se tendent insuffisamment, et les malades se fatiguent vite à parler.
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3) Troubles auditifs. — Sans parler du catarrhe tubaire, des otites, des mastoïdites, il existe divers troubles auditifs : surdilé, bourdonnements d'oreilles, otalgie, qui sont sous la dépendance immédiate de l'hypertrophie amygdalienne, et qui, pour la plupart, reconnaissent une origine mécanique. Le voile se trouvant en Ctat de distension continue, le péristaphylin externe ne peut plus entr’ouvrir l’orifice tubaïre à chaque déglutition.
4) Troubles digestifs. — La dysphagie, due, elle aussi, au trouble apporté dans le fonctionnement du voile, est parfois assez marquée pour que les malades soient obligés de mâcher avec lenteur, sous peine d’avaler de travers. Quant aux phénomènes dyspeptiques proprement dits, ils ne diffèrent en rien de ceux que nous avons décrits chez les adénoïdiens.
5) Troubles circulatoires. — La circulation sanguine est souvent défectueuse, Les extrémités froides et cyanosées ; les tissus Ilymphatiques sont presque toujours, du moins chez l'enfant, en état d'hyperplasie.
Fig. 15. — Amygdales pédiculées (G.LAu- RENS).
Signes physiques. — Par définition même, les amygdales sont augmentées de volume. Cette augmentation, plus ou moins considérable suivant les cas, est toujours bilalérale, mais prédomine parfois d'un côté. Laissant momentanément de
z côté tout ce qui a trait à leur coloration, leur consistance et leur surface, nous dirons quelques mots de leur forme. D'après les auteurs, il faut distinguer les amygdales pédiculées, où la glande a gardé sa configuration normale et ne contracte, avec les tissus voisins, aucune espèce d’adhérences; — plongeantes, sorte d'amplification des précédentes ; — enchalonnées, où l'amygdale, étranglée entre les piliers, s’unit à eux par des adhérences vasculaires. Alors l'espace qui sépare les deux piliers d’un même côté augmente notablement; le voile, prolabé, semble peu mobile, la fosse sus-amygdalienne est comblée par un prolongement de la glande, lequel finit, lui aussi, par adhérer aux piliers.
Fig. 16. = Amygda- Les symptômes fonctionnels s'expliquent tous par la gène les plongeantes (G. apportée aux mouvements du voile et du larynx; ils LAURENS). - peuvent être réduits au minimum (forme latente de cer-
tains auteurs). Il existe des formes complexes, les amygdales pouvant être, à la fois, plongeantes et enchatonnées.
Dans d’autres circonstances, l’amygdale hypertrophiée est, en même temps, lacunaire.
Complications. — Les plus importantes sont les poussées paroxysliques, attribuées par Lemoine au streptocoque, et qui se répètent à intervalles variables, Après chacune d'elles, les amygdales augmentent encore de volume et il leur faut des mois pour revenir à leur état antérieur. Au bout d'un cer- tain temps, la rétrocession ne se fait plus.
Les autres complications peuvent porter sur l'appareil circulatoire : spasme glottique, trachéo-bronchite, broncho-pneumonie ; ou sur l'appareil auditif: