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LOCALISATIONS SECONDAIRES DU COLIBACILLE

Aux cours des septicémies à colibacilles, il peut se produire, en différents points de l'organisme, des localisations métastatiques du microbe, susceptibles, à l’occasion, de dominer la scène clinique.

Les métastases seraient moins fréquentes dans les colibacillémies que

4. H. VINCENT. A propos du pansement prophylactique des plaies. C. R. de la Soc. de Biologie, 1918, p. 1241.

9. HÉRARD DE BEssé. Contribution à l'étude des Septicémies colibacillaires. Presse Médicale, 1910, p. 380.

F. Wipaz et À. LEMIERRE.

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dans les autres infections sanguines. D’après Lenhartz et Otten, tandis que les staphylococcémies donnent des métastases dans 92 pour 100 des cas, les streptococcémies dans 33 pour 100, les pneumococcémies dans 25 pour 100, les colibacillémies n’en déterminent que.dans 22 pour 100 des cas.

En général l'apparition de ces localisations secondaires est précédée par des sympômes généraux accentués, indice manifeste de l’état septicémique prémonitoire. Parfois le passage du colibacille dans le sang ne s'accompagne pas d’un grand retentissement sur l’état général : quelques troubles digestifs avec une fièvre insignifiante peuvent seuls marquer le début de la septicémie. La localisation secondaire du colibacille transporté par la circulation est alors le premier accident qui s'impose réellement à l'attention du médecin. ;

1° Localisations hépatiques. Ictères infectieux colibacillaires. — Nous avons mentionné l'ictère apparaissant au cours des suppurations hépatiques d’origine calculeuse ou pyléphlébitique, elles-mêmes point de départ de septicémies; mais 1l est des cas où l’ictère est la conséquence directe du passage du colibacille dans la circulation générale. Apporté au foie par. celte voie, le microbe y détermine des lésions parenchymateuses. Parfois le point de départ de la colibacillémie démontre que le bacille a pu parvenir au foie par voie artérielle; dans d’autres cas, il est possible que le colibacille venu de l'intestin emprunte la circulation porte et se localise d’emblée au foie. Dans un cas comme dans l’autre l'atteinte hépatique se traduit en clinique par un ictère infectieux bénin ou grave.

Nous avons déjà signalé l'observation de Fejes où l’ictère se montra au cours d’une septicémie colibacillaire consécutive à une angine, celles de Sittmann et Barlow, Hitschmann et Michel, Lenhartz, Jacob où ce symptôme fut un épisode d'infections générales parties des voies urinaires; on sait du reste que lictère n’est pas rare au cours des fièvres urineuses. :

Plus intéressants sont les faits où l'épisode hépatique domine toute lévolution clinique : ils’agit alors d’ictères infectieux protopathiques, dont l'hémoculture démontre la nature colibacillaire. Le plus souvent l'apparition de l'ictère est précédée de troubles gastro-intestinaux permettant de supposer que l'intestin a été le point de départ de l'infection; plus rarement l'ictère se montre d'emblée, précédé à peine de quelques symptômes généraux, sans qu'on sache de quel point de l’économie est parti le colibacille.

Netter (!), Hanot (?), Krencker () ont rapporté trois cas d’ictère grave survenu chez des cirrhotiques, au cours desquels lensemencement du sang donna un colibacille. Chez le malade de Hanot ou découvrit de plus à l’autopsie des abcès miliaires du rein. Le cas de Hanot s’accompagna d’hypothermie ; cet auteur et son élève Boix ont attribué au colibacille des propriétés hypothermisantes et ont pensé pouvoir rattacher à ce microbe les

1. NETTER. Présence normale de deux microbes pathogènes (staphylocoque et bacille court) dans le cholédoque. Infections expérimentales après ligature du cholédoque. Infections de même nature au cours d’affections du foie et des voies biliaires chez l’homme. Progrès médical, 1892, p. 992.

2, Haxor. Ictère grave hypothermique colibacillaire. Bull. et mém. de la Soc. méd. des Hôp., 1894, p. 469.

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