KLIENEBERGER. Loc. cit
LE COLIBACILLE AGENT PATHOGÈNE. Fasc. III. — 955
4 Septicémies et pyohémies à point de départ génital. Fièvres puerpérales colibacillaires. — Les septicémies colibacillaires peuvent avoir comme point de départ l’utérus et apparaître comme des complications de l'accouchement et de Pavortement. Il y à une fièvre puerpérale colibacillaire, qu'il faut distinguer des infections cohibacillaires à point de départ intestinal, assez fréquentes pendant la grossesse. L'un de nous, dans - sa thèse (!) disait que, sur seize examens pratiqués chez des femmes atteintes de fièvre puerpérale, il avait trouvé quatorze fois le streptocoque et, deux fois, un bâtonnet identique à celui qu'Albarran avait isolé au cours des infections urinaires et que nous savons aujourd'hui être le colibacille. A l'heure actuelle, quatorze observations au moins d'infections puerpérales ont
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COURBE XII (Observation Widal, Lemierre et Brodin). — Infection puerpérale colibacillaire. Arthrite du coude gauche. Phlébite bilatérale des membres intérieurs. Hémoculture deux fois positive. Guérison.
été publiées, au cours desquelles le colibacille a été isolé pendant la vie par hémoculture.
L'infection puerpérale colibacillaire débute souvent d’une façon précoce après l'accouchement ou l'avortement; dans certains cas, le frisson initial s’est montré dans les premières 24 heures. La température prend une marche irrégulière, coupée d'accès fébriles avec grands frissons et ceux-ci ont en pareil cas une intensité toute particulière. Chez une malade notamment que nous avons eu l’occasion d'observer et chez qui l’ensemencement du sang nous a donné un colibacille, la répétition des grands frissons conslituait le symptôme le plus remarquable. Ce point mis à part, l'aspect clinique des accidents ne diffère pas sensiblement de ceux que provoque le streptocoque. La durée de la maladie est variable; dans certains cas, la température oscille pendant plusieurs semaines avant que l'infection se ter-
4. F. WipaL. Étude sur l'infection puerpérale, la phlegmatia alba dolens et l’érysipèle. Thèse de doctorat, Paris, 1889.
F. Wipar et À. LEMIERRE.
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mine par la guérison ou par la mort. Dans d’autres, l’une de ces deux éventualités se réalise au bout de quelques jours seulement. Dans une observation de Widal et Lemierre, la malade a succombé le 4 jour à une méningite suppurée. Une méningite suppurée à évolution lente a aussi entraîné l'issue fatale dans un cas de Braillon et Merle(!). On peut trouver à Fautopsie des thromboses des veines utérines et utéro-ovariennes, ainsi que des infarctus pulmonaires. D’autres localisations secondaires ont été signalées au cours des septicémies colibacillaires à point de départ utérm arthrite du coude et phlébite des deux membres inférieurs (Jacob, Widal, Lemierre et Brodin), hémorragies réti= niennes (Wiens), suppuralion d’un goitre (Jacob). Dans une observation de Blackader et Gillies(?) l'infection puerpérale colibacillaire évolua sous l'aspect d’un ictère hémolytique suraigu avec méthémoglobinémie.
Au cours des septicémies colibacillaires à point de départ utérin le cohbacille peut être associé dans le sang à d’autres microbes : dans un cas, Lenhartz a trouvé avec lui du streptocoque, et Marquis (°) une fois un streptocoque et une fois un staphylocoque. Ces trois cas ont été mortels, tandis que sur les onze autres, où | le colibacille a été isolé seul du sang, il COURBE XIII (Observation Lenhartz). ÿ a eu Six guérisons el cinq morts.
— Infection puerpérale colibacil- Une observation de Gaucher et Abra-
ne lei le. Hénbwul mi (9) montre que les voies kénitales
peuvent être l’origine de septicémies
cohbacillaires en dehors de la puerpéralité : une jeune fille de 16 ans, atteinte de vaginite avec écoulement purulent non gonococcique mais riche en colibacilles, présenta une infection sévère, avec accès fébriles intermittents accompagnés de grands frissons. Deux hémocultures donnèrent un colibacille à l’état de pureté : la maladie dura plus d’un mois et se termina par la guérison.
Enfin nous rappellerons les observations de Vautrin, mentionnées précédemment, dans lesquelles trois femmes ayant subi l’hystérectomie vaginale succombèrent de septicémie colibacillaire, après avoir été contaminées par une canule vaginale infectée.
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1. BRaILLON et MERLE. Méningite aiguë à colibacilles. Bulletins et Mémoires de la Soc. Méd. des H6p., 1914, p. 552.
2. A.-D. BLackADER et B.-D. GizLiEes. General infection by the colon bacillus with rapidly fatal septicaemia and haemoglobinaemia. The New-York Med. Journal, 1907, t. LXXXV, p. 485.
3. MARQUIS. Staphylococcies et colibacilloses puerpérales. Annales de Gynécologie et d'Obstétrique, avril 1918.
4. GAUCHER et ABRAMI. Septicémie colibacillaire consécutive à une vaginite septique. Bull. de la Soc. de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1908, p. 311.
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Septicémies et pyohémies à point de départ exceptionnel.
L'intestin, les voies biliaires et urinaires, les organes génitaux de la femme sont les points de départ habituels des septicémies colibacillaires. On en relève de plus exceptionnels dans certaines observations.
Ainsi une angine semble avoir été l’origine de la septicémie dans deux cas de Fejes qui se compliquèrent, l’un d’ictère et de pleurésie droite, l’autre d’abcès cervical. Nous avons déja mentionné l'observation d’Achard el Grenet où une septicémie mortelle eut pour point de départ une escarre sacrée, et celle de Blumenthal et Hamm où ce fut la plaie opératoire d’une
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chez une femme de 42 ans, paralytique générale. Hémoculture positive 26 heures avant la mort.
pubiotomie. H. Vincent (‘) dit avoir, au cours de la guerre récente, isolé également des colibacilles du sang de blessés fébricitants.
Enfin, dans deux cas, dus lun à Jacob, l’autre à Hérard de Bessé (?) aucun symptôme initial ne permet d'attribuer à la septicémie une origine déterminée.