RENTE
COURBE XVI (Observation Widal, Lemierre et Brodin). — Ictère infectieux bénin. Hémorragies multiples. Anémie intense. Deux hémocultures positives.
symptômes inquiétants : métrorragies, épistaxis, hémorragies gingivales, anémie extrême. Après la guérison survinrent des phénomènes de polynévrite se traduisant par une atrophie musculaire généralisée avec abolition
F. Wipaz et À. LEMIERRE.
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des réflexes tendineux et du strabisme passager. A deux reprises l'hémoculture permit d'isoler un colibacille.
2 [ocalisations urinaires.— Lorsque le colibacille passe dans la circulation sanguine, il est souvent éliminé par le rein. Il peut n’en résulter aucun dommage apparent pour cet organe; mais la conséquence peut en. être l'apparition dans l’urine de cylindres, d’albumine et de globules rouges.
Certaines autopsies de sujets ayant succombé à des septicémies d’origine intestinale, biliaire ou utérine ont même révélé l'existence d’une néphrite hémorragique (Holst, Blumenthal et Hamm, Jacob) ou d’abcès miliaires du rein (Hanot, Lenhartz, Widal et Lemierre). Albarran a même montré que lorsqu'une septicémie prend naissance dans les voies urinaires, chez les calculeux, les prostatiques ou les rétrécis, elle aboutit fréquemment à la formation d'abcès miliaires du rein nettement hématogènes et distincts des lésions dues à l'infection ascendante.
Plus importants et plus fréquents sont les cas où le colibacille éliminé par le rein détermine non seulement des lésions plus ou moins manifestes de cette glande, mais encore l'infection descendante des voies urinaires. Cette infection peut ne se traduire par aucun phénomène clinique : seul l'examen bactériologique de l’urine y révèle l'existence de nombreux colibacilles. Les auteurs anglais et américains ont attiré l’attention sur la fréquence de cette colibacillurie latente chez les personnes, et notamment chez les femmes, souffrant de troubles intestinaux chroniques. Pourtant il n’est pas rare que l'infection descendante entraîne F SPBRTOe de pyélonéphrites, de pyélites, de cystites.
Les pyélonéphrites gravidiques en sont un exemple. Elle relèvent presque constamment du colibacille (Bar et Cathala, Jeannin, Schwab, Guéniot, Puech, Tuffier), Bar(t) et Cathala (?) ont montré que la pyélonéphrite gravidique est précédée de troubles gastro-intestinaux, puis de symptômes d'infection générale au cours desquels l'examen des urines permet de déceler de l’albumine, des cylindres et des colibacilles; puis, dans une dernière phase s'établit la suppuration du bassinet. Au cours de ces accidents généraux, origine de la localisation pyélorénale, Widal et R. Bénard (5) ont isolé, chez deux femmes, le colibacille par hémoculture. |
En dehors de l’état gravidique, les suppurations des voies urinaires d'origine descendante provoquées par le colibacille sont loin d’être rares. Il s'agit presque toujours d'infections générales à point de départ intestinal et elles sont beaucoup plus communes dans le sexe féminin. Elles ont été signalées par Achard et J. Renault, Fernet et Papillon, Netter, Chantemesse et Widal. Plus récemment G. Emerson Brever(‘), Marion et Heitz-Boyer() en ont montré toute l'importance.
1. Bar. La période présuppurative de l’infection des uretères chez la femme enceinte. Bull. de la Soc. d'Obstétrique, 1904, p. 200.
2. CATHALA. La pyélonéphrite gravidique. Pathogénie et étude clinique. Thèse de Paris, 1904.
3. Wipaz et BÉNARD. Pyélonéphrite gravidique descendante par septicémie colibacillaire. Journal d'Urologie, 1912, p. 317.
4. G. EMERSON BREVER. Infections aiguës du rein. Rapport au Congrès de Londres, 1915.
5. Marion et HEïTz-BoyERr. Trailé pratique de cystoscopie et de cathétérisme urétéral, t. 11 -p;718,
LE COLIBACILLE AGENT PATHOGÉNE. Fasc. III. — 259
Les troubles intestinaux les plus divers sont susceptibles de provoquer le passage du colibacille dans le sang et l'infection descendante des voies urinaires : crises d'appendicite aiguë, poussées d’entérite ou de gastroentérite aiguës, épisodes de l’entérocolite muco-membraneuse, obstructions intestinales à répétition. Récemment Heitz-Boyer (‘) a montré que là simple constipation liée à l’entéroptose, au spasme ou à l’atonie intestinales ou même à un simple régime alimentaire défectueux -peut suffire à provoquer des poussées de bactériémie colibacillaire.
Les symptômes intestinaux, eux-mêmes plus ou moins nets, sont suivis tout d’abord de phénomènes généraux au cours desquels le colibacille a pu parfois être isolé par hémoculture (Jacob, Brian, Faroy(?), Heitz-Boyer et Weissenbach). Puis surviennent des douleurs lombaires, de la pyurie et parfois de l’hématurie; il y a parfois des débâcles purulentes intermittentes bien que le cathétérisme urétéral ne montre ni dilatation du.bassinet, ni rétention rénale; la palpation du rein est douloureuse: assez rarement il y a une véritable pyonéphrose avec tumeur rénale appréciable au palper. Fréquemment se surajoutent à ces symptômes des mictions fréquentes et douloureuses, indices d’une cystite concomitante. Parfois l'étape pyélorénale de l'infection passe inaperçue; 1l n'existe que des symptômes de cystite purulente ; mais dans ces cas te cathétérisme urétéral montre que le bassinet est également atteint. Parfois enfin les symptômes d'infection générale consécutifs aux troubles intestinaux peuvent faire défaut : les symptômes urinaires se montrent d'emblée; 1ls peuvent rester apyrétiques, ou se compliquer de fièvre au bout de quelques jours.
En général, ces infections urinaires descendantes guérissent assez facilement. Si la suppuration persiste, 1l faut soupçonner l'existence d’un calcul. du bassinet. Il faut savoir du reste que les suppurations des voies urinaires apparaissant chez les calculeux, les prostatiques et les rétrécis qui n'ont pas encore été sondés sont peut-être plus fréquemment qu'on ne le pense d’origine descendante, et à point de départ intestinal (Heitz-Boyer (5), À. Coyon EtA#lemierre (:):
L'infection descendante des voies urinaires s’observe aussi, comme 1l est facile de le prévoir, chez les nourrissons si exposés aux infections gastrointestinales; Comby, Hutinel, Escherisch ont décrit chez les nourrissons des cysto-pyélites colibacillaires. Czerny et Thiemisch en faveur de l’origine descendante de ces infections urinaires ont invoqué la précession habituelle des symptômes rénaux. Kowitz(®) enfin, reprenant la question dans son ensemble a toujours vu des troubles intestinaux précéder l'infection urinaire: il a vu
1. M. Herrz-Boyer. Néphrites et pyélonéphrites d’origine intestinale. Syndrome entéro-rénal. Bull. et mém. de la Soc. méd. des hôp. de Paris, 1919, n° 28, p. 845.
2. Faroy. Orchiépididymite, uréthrite et cystite au cours d’une septicémie colibacillaire. Bull. et mém. de la Soc. méd. des h5p, de Paris, 191%, p. 465.