‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 111 sur 204 · BRaILLON et MERLE. Loc. cit · texte numérisé non relu

BRaILLON et MERLE. Loc. cit

11. SACQUÉPÉE. Infection secondaire au cours de la méningite cérébro-spinale. Soc. méd. des h5p., 11 juillet 1902.

12: Dunor et Boëz. Association de méningocoque et de colibacalle au cours d’une méningite cérébro-spinale. C. R. de la Soc. de Biologie, 1914, p. 795.

15. GRIFFON et ABRAMI. Envahissement du liquide céphalo-rachidien par le colibacille à la période terminale de la méningite tuberculeuse. Bull. et mém. de la Soc. méd. des hôp. de Paris, 1906, t. XXIII, p. 618.

F. Wipaz et À. LEMIERRE.

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soupçonner très fortement son intervention: l'apparition d'herpès en pareil cas est un argument en faveur du colibacille. Au contraire, 1l n'intervient que rarement dans les infections d’origine utérine et les symptômes qu'il provoque diffèrent peu de ceux que provoque le streptocoque, agent ordinaire de ces infections. L'existence de frissons particulièrement intenses et répétés devra pourtant toujours faire penser au colhibacille. Là encore, l’herpès a été signalé par Schottmüller, Hamm, Braïllon et Merle et son apparition autorise à penser que le colibacille est peut-être en cause.

Quant aux septicémies colibacillaires consécutives à des poussées d’entérite plus ou moins nettes, et évoluant avec une courbe de fièvre continue, l'absence de taches rosées lenticulaires (Schottmüller) ou la brusquerie plus grande du début ne suffisent pas à les distinguer, par le seul examen clinique, des fièvres typhoïde et paratyphoïdes. | | :

Le seul moyen de démontrer l’origine colibacillaire d’une infection générale consiste donc à isoler le colibacille, pendant la vie, soit d’un foyermétastatique inflammatoire ou suppuré, soit du sang circulant, L'hémo culture, lorsqu'il s’agit d’une infection à température continue doit être faite d’une façon aussi précoce que possible, et les faits que nous avons cités dans cet article montrent qu'elle peut donner des résultats même lorsque la température n’est pas très élevée. Lorsque la fièvre affecte le type intermittent ou rémitlent, c'est au moment des ascensions thermiques et des frissons qu'il faut prélever le sang. On a toujours avantage à ensemencer au moins 15 à 20 c. c. de sang.

Le colibacille peut exister dans le sang associé à d’autres germes : streptocoque (Marquis, Lenhartz), bacille d'Eberth (Buxton, Fox, Lemierre, Lemoine et Sacquépée, Netter et Ribadeau-Dumas), bacille paratyphique B |Maillié(!). Si dans ces conditions l’hémoculture est faite en milieu liquide, le colibacille, en raison de son exubérante vitalité, peut entraver le développement des autres germes. L’hémoculture en gélose fondue, mélangée au sang à examiner dans les proportions de un tiers de sang pour deux tiers de gélose, puis coulée en boîte de Pétri, est le meilleur moyen d'obtenir simultanément les deux microbes associés. De plus dans une affection d’aspect typhoïde, si l’on obtient un colibacille par hémoculture, il faut pratiquer néanmoins et renouveler le séro-diagnostic avec les bacilles typhique et paratyphiques, afin de s’assurer s’ils ne sont réellement pas la cause de la maladie, le colibacille n’intervenant que comme agent d'infection secondaire.

Au cours d'infections dont on soupçonne l’origine colibacillaire, l'hémoculture, même plusieurs fois renouvelée, peut rester négative : aussi certains auteurs, guidés par la pratique courante dans les infections à microbes voisins, bacilles typhique et paratyphiques, ont-ils pensé qu'il po Y avoir un séro-diagnostic des colibacilloses.

Sans doute on a pu voir le sérum de certains sujets tn le colibacille isolé de leur propre sang; dans un cas de |Widal et Bénard le taux agglutinatif était de 1/30 000, dans un cas de Blumenthal et Hamm de

1. MaizLié. Les infections paratyphiques, Paris, 1916, p. 71.

PRONOSTIC. Fasc. III. — 265

1/10 000, dans un cas de Widal, Lemierre et Brodin de 1/3000. Malheureusement il s’agit là d’une agglutination étroitement spécifique, exercée par le sérum de l'individu infecté sur le microbe isolé de son propre sang et aucunement sur un colibacille quelconque conservé au laboratoire, comme on conserve des souches de bacilles typhique et paratyphiques. De plus dans certaines observations ce genre d’agglutination n'existait même pas.

La recherche de l’agglutination avec des colibacilles conservés au laboratoire exposerait du reste à de graves erreurs. Certains échantillons ont une tendance à s’agglutiner spontanément, ce à quoi on remédie aisément par l'étude d’un témoin; mais, fait plus grave, il arrive que le sérum de sujets en parfaite santé soit doué de propriétés agglutinantes vis-à-vis de certains colibacilles. On voit donc que c’est là une méthode à laquelle il ne faut pas avoir recours.

En ce qui concerne les infections à para-cohbacilles, il est également facile de comprendre qu'il n’y a pas de séro-diagnostic possible. Là encore le phénomène de l’agglutination est rigoureusement spécifique et comme les variétés de, para-colibacilles sont probablement innombrables, 1l est impossible qu'on puisse posséder au laboratoire celle qui serait justement agglutinable par le sérum à examiner (1).

On pourrait se demander si l'étude de la formule hématologique n’est pas susceptible d'éclairer le diagnostic des colibacilloses : il n’en est rien: car rien n’est plus variable et moins caractéristique que la formule hémoleucocytaire dans ces cas. Il existe habituellement une leucocytose plus ou moins accentuée (12000 à 79000 leucocytes par millimètre cube) avec polynucléose neutrophile dans les infections biliaires, urinaires, appendiculaires, puerpérales, et dans quelques cas d’origine intestinale: mais dans les cas simulant le mieux la fièvre typhoïde, l'hyperleucocytose, qui pourrait être de quelque intérèt, fait fréquemment défaut d’une façon absolue.

PRONOSTIC

Le pronostic des septicémies colibacillaires serait, d’après Jacob, plus favorable que celui des septicémies provoquées par les autres germes pyogènes : tandis que la mortalité est de 88 pour 100 dans les staphylococcies, de 83 pour 100 dans les streptococcies, de 51 pour 100 dans les pneumococcies, elle n’est que de 40 pour 100 dansles colibacilloses. En nous rapportant aux seules observations concernant des septicémies colibacillaires démontrées par l’hémoculture et survenues chez des adultes ou des grands enfants, que nous avons pu rassembler et dont la terminaison nous est connue, nous arrivons à une mortalité de 55 pour 100.

Le pronostic des septicémies colhibacillaires semble être avant tout régi par leur origine. C’est ainsi que sur 9 cas de colibacillémie partie des voies biliaires nous trouvons 6 cas mortels; sur 14 cas d'infection puerpérale,

8 mortels; sur 7 cas d’origine appendiculaire, 6 mortels; les à cas consé-

1. F. Wipaz et P. NoBécourT. Séroréaction dans une infection à paracolibacille, Semaine Médicale, 1897, p. 285.

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cutifs à des plaies ont été tous mortels. Par contre, sur 24 cas provoqués par des gastro-entérites ou des entérites, 11 n’y a que 10 morts et, sur 25 cas consécutifs à des infections urinaires, 6 morts seulement. 1 cas consécutif à une vaginite, 2 cas consécutifs à des angines se sont terminés par la guérison. Une mention spéciale doit être accordée à la colibacillose surajoutée à la fièvre typhoïde : sur 8 cas de cette sorte nous enregistrons » morts. On comprend que Lemoine et Sacquépée, Netter et Ribadeau-Dumas, frappés par la gravité spéciale des fièvres typhoïdes d’origine ostréaire, aient pensé à la possibilité dans ces cas d’une infection mixte à bacillé d'Eberth et à colibacille. L'association du colibacille avec d’autres microbes pyogènes prête à des conclusions moins nettes : 2 cas de fièvre puerpérale due simultanément au colibacille et au streptocoque (Lenhartz, Marquis), un cas de même nature dû à l'association du colibacille et du staphylocoque (Marquis) se sont terminés par la mort. Au contraire, 2 cas d'infection mixte à colibacilles et à streptocoques consécutifs Fun à un cathétérisme uréthral, l’autre à une colique hépatique, se sont terminés par la guérison (Bertelsmann et Mau, Fejes).Il est vraisemblable que dans ces cas d'associations du colibacille avec des microbes pyogènes, c’est moins la nature de l'infection que la gravité et l'étendue du foyer initial qui pèsent sur le pronostic.

Naturellement, en dehors des renseignements fournis par l’origine de la colibacillémie, la physionomie spéciale des phénomènes infectieux apporte au pronostic les éléments les plus importants : l'aspect du malade, la dépression plus ou moins profonde de l’état général, la plus ou moins grande ténacité de la fièvre, le nombre des frissons et le degré d'élévation thermique qui les accompagne, tels sont les points qui permettent d'apprécier la sévérité de l'infection. L'existence de certaines complications telles que l’endocardite et la méningite sont du plus fâcheux augure.

L'étude de la leucocytose sanguine peut fournir au point de vue du pronostic quelques renseignements qui ne sont du reste pas supérieurs à ceux. que donne l'examen clinique des malades. L'absence d’hyperleucocytose ou une hyperleucocytose minime (9 à 12 000) indique, en général, un degré d'infection peu profond, en rapport avec des lésions locales inflammatoires, mais non suppurées. Une hyperleucocytose moyenne (12 000 à 20 000) est plutôt en rapport avec des suppurations bien circonscrites et peu étendues. Une hyperleucocytose accentuée (20 000 à 80 000) coïncide presque toujours

avec des suppurations étendues, progressives, se compliquant parfois de thromboses des gros troncs veineux.

. On peut donc dire qu’en principe les fortes leucocytoses sont le fait de cas graves; les leucocytoses modérées de cas favorables. Mais il existe des exceptions à cette constatation d'ordre général, et, nous le répétons, dans les cas où les résultats de l'examen hématologique ne cadreraient pas avec les renseignements fournis par l’examen clinique, c’est à ces derniers qu'il faudrait accorder la préférence pour établir un pronostic.

TRAITEMENT. FASO LIL "965

TRAITEMENT

Les septicémies colibacillaires à point de départ urinaire, biliaire, utérin, appendiculaire sont, avant tout, justiciables du chirurgien qui devra soit ouvrir et drainer les collections purulentes, soit désinfecter les cavités contaminées par le colibacille. | |

Quant à l'infection générale, elle ne relève jusqu'à présent d'aucune thérapeutique spécifique; notons seulement la tentative intéressante de Jacob qui injecta à une femme, atteinte de fièvre puerpérale cohibacillaire, le sérum d’une autre femme récemment guérie d’une appendicite grave, où le colibacille semblait avoir joué un rôle important; la malade de Jacob parut améliorée par cette sérothérapie et finit par guérir. Les tentatives déjà assez nombreuses de vaccinothérapie spécifique qui ont été faites n'ont pas encore donné de résultats décisifs. C’est une méthode qui demande à être encore étudiée.

Habituellement, on pourra avoir recours aux injections intra-veineuses de métaux colloïdaux. Le collargol, dans les cas de Gaucher et Abrami et d’Abrami et Fernet, semble avoir exercé une influence favorable sur l’évolution des accidents.

On luttera contre l’hyperpyrexie au moyen des bains ou des enveloppements froids ou tièdes. Pendant les frissons qui s’accompagnent parfois d’un état de dépression générale effrayant avec collapsus, cyanose, refroidissement des extrémités, il faudra au contraire réchauffer les malades, leur donner des boissons alcoolisées, pratiquer des injections d'huile camphrée, de strychnine et d’adrénaline.

Dans les infections d’origine intestinale la diète hydrique, les purgatifs, les antiseptiques intestinaux, les grands lavements pourront concourir à la désinfection du tube digestif et empêcher le passage dans la circulation de nouveaux germes capables d'entretenir la septicémie.

Dans certaines pyélonéphrites colibacillaires, d’origine descendante, sans dilatation du bassinet ni rétention purulente, mais s’accompagnant d’un état fébrile grave, Marion et Heitz-Boyer(‘) recommandent de ne pas s'attarder à un traitement local et inutile, mais de se préoccuper surtout du traitement de l'infection générale, qui provoque et entretient la suppuration des voies urinaires. Pourtant si les accidents généraux persistent et si l'infection urinaire est unilatérale, une intervention chirurgicale s’impose : la néphrotomie suffil en cas d’abcès unique du rein, tandis que l’existence d’abcès corticaux multiples de cet organe rend la néphrectomie nécessaire.

Les autres métastases suppurées qui peuvent survenir au cours de seplicémies colibacillaires doivent être incisées dans le plus bref délai.

1. MarION et Herrz-BoyEer. Traité pratique de Cystoscopieet de Cathétérisme urétéral, Lt: IT, p° 75;

F. WipaL et À. LEMIERRE.

LA DYSENTERIE BACILLAIRE

Par M. Ch. DOPTER

Médecin-Principal de 1'° Classe. Professeur au Val-de-Grâce. Membre de l’Académie de médecine.

L'expression « dysenterie » s'applique à une inflammation du gros intestin qui relève de causes spécifiques différentes. De ce groupe des dysenteries on a isolé, ces dernières années, une forme spéciale causée par un bacille pathogène, essentiellement différente des autres affections similaires : c’est la dysenterie bacillaire.

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