PLANCHE
Nouveau TRAITÉ pre MÉDECINE. DIS PNCIERIENS:
Fi. 1. — Lésions macroscopiques de dysenterie bacillaire aiguë au 2° jour. Plaques de nécrose précédant les ulcérations.
Demoulin. Sc.
F1G. 2. — Lésions de dysenterie bacillaire aiguë au 8° jour. Ulcérations.
Masson ET Cie, ÉDITEURS.
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ANATOMIE PATHOLOGIQUE. Fasc. III. — 215
ou moins accentué de toute la paroi intestinale. L'intestin est œdémateux, congestionné, épaissi: il acquiert parfois plus d'un centimètre d'épaisseur. La muqueuse est boursouflée, hyperémiée; elle est le siège de plaques disséminées ou confluentes de teinte rouge sombre, sur lesquelles se détache un pointllé hémorragique abondant.
A un degré plus avancé, le processus phlegmasique précédent s'accuse et s'étend : la muqueuse devient rouge vif; des follicules clos hypertrophiés la soulèvent, figurant comme des furoncles. La boursouflure, la tuméfaction augmentent; de véritables bosselures se produisent. De plus, elle se recouvre, par places, d’un enduit jaune grisâtre. Ce sont des plaques écalleuses s’effritant facilement au moindre contact, et représentant ce que Virchow et l’école allemande avaient pris autrefois, mais à tort, pour un exsudat diphtérique. A leur niveau, de minimes pertes de substance se forment: ce sont des ulcérations à leur début.
Si le malade n'est pas emporté par ces lésions, l’acuité du processus phlegmasique s’amende, l'hyperémie rétrocède, le caractère destructif des altérations se poursuit. Les ulcérations augmentent d’étendue, mais restent superficielles. Ce sont dés ulcérations à fond plat, recouvert d’un enduit sanieux, grisâtre, ou bien restant à vif; parsemé d’un piqueté hémorragique : le bord ne surplombe pas; il n’est jamais décollé. Leur abondance varie suivant les cas. Elles peuvent rester petites et disséminées, donnant à l'intestin l’aspect d'une écumoire; ou bien elles sont plus larges, confluentes, à tel point qu’elles se fusionnent avec les voisines pour former de larges pertes de substance à bords festonnés; elles donnent ainsi à la surface intestinale l’image d’un jeu de patience; on l’a comparée également à du bois vermoulu.
Enfin, quand les lésions progressent encore, les ulcérations gagnent en surface, formant de vastes ulcères serpigineux; elles peuvent envahir la profondeur, mais le fait est rare. En ce cas, la paroi intestinale n’est plus constituée que par une mince membrane prête à se rompre pour déterminer une perforalion avec loutes ses conséquences. La perforation peul être unique; plusieurs peuvent s'effectuer en même temps ou conséculivement; elles siègent plus fréquemment du côté du rectum.
Étude histologique. — Le microscope montre que le processus dysentérique évolue suivant trois phases consécutives : 1° stade d’inflammation catarrhale ; 2° stade préulcératif; 5° stade ulcératif.
A) Stade d'inflammation catarrhale. — Ce stade se traduit par une simple inflammation catarrhale; 1l n'existe encore ni fausses membranes, ni ulcérations.
Lésions de ia muqueüse. — Elles portent sur les glandes et le tissu intersütel : ‘
L'agencement réciproque des glandes de Lieberkühn, si régulier à l’état normal, se modifie complètement. Elles perdent leur parallélisme, deviennent tortueuses, repliées parfois sur elles-mêmes, étranglées en certains points, dilatées en d’autres. Les cellules épithéliales sont en prolifération active et en état d'hypersécrétion muqueuse (fig. 3).
Le tissu interstitiel est élargi, œdémateux et envahi par un grand nombre
Cu. DoprTEr.
276 LA DYSENTERIE- BACILLAIRE.
de cellules migratrices qui comblent ses mailles. Elles sont tout particulièrement abondantes dans les parties profondes de la muqueuse, surtout dans les régions qui avoisinent un follicule clos. Les lymphatiques sont gorgés de leucocytes. Le système vasculaire est très développé; les capillaires y forment des boyaux énormes, fgorgés de globules rouges. | La muscularis mucosæ est seulement infiltrée par les éléments leucocytaires migrateurs.
Lésions de la sous-muqueuse.
— La sous-muqueusé est très épaissie; elle est envahie par un liquide d’œdème qui distend les mailles de son Lissu:; dans toute son épaisseur sont disséminées des cellules conjonctives globuleuses, ainsi que des cellules migratrices groupées souvent en amas abondants; les vaisseaux très dilatés sont entourés d’un . manchon leucocytaire très dense, d'où partent des fusées de leuco-
cytes qui s'étendent au loin.
Lésions des tuniques musculaire et péritonéale. — On note seulement un léger degré d'infltration leucocytaire. :
B) Stade préulcératif. — A cette nouvelle phase, les réaclions inflammatoires s’exagèrent; mais la muqueuse devient alors le siège de phénomènes nécrotiques prenant l'aspect pseudomembraneux, pseudo-diphtérique (Virchow). Ils correspondent à ce que Kelsch et Kiener ont dénommé « eschare sèche »,
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