SniGa. Zeitschrift für Hygiene
CAUSES ÉTIOLOGIQUES. Fasc. III. — 275
marchands avait été pris d’une légère atteinte dé dysenterie; c’est dans les familles servies par ce malade que se déclarèrent les cas précités.
Autre fait : le village de Mitakenura était arrosé par un cours d’eau où l’on venait de donner l'autorisation de prendre des bains. Une centaine d'hommes profitèrent de a permission et viarent s’y baigner. Quatre jours plus tard, la dysenterie se déclarait parmi eux, prenant une allure explosive; le village ne tarda pas à être contaminé entièrement. Une enquête apprit qu’en amont du lieu de la baignade, habitait une famille atteinte de dysenterie, qui commit l'imprudence de laver dans le cours d’eau les linges et vêtements souillés par les déjections. Là, certes, était la cause Indéniable de la contamination des baigneurs, et de la transmission du germe spécifique par l’eau.
Ces exemples montrent nettement que l’eau peut intervenir dans l'éliologie de la dysenterie bacillaire, mais en des circonstances exceptionnelles. Er un mot, l’éliologie hydrique, si elle peut être parfois invoquée, possède un rôle extrêmement restreint. |
Rôle du sol. — De tout temps, le sol a été incriminé à juste titre; il est le réceptacle des déjections expulsées par les malades, surtout dans les campagnes où les habitants, peu soucieux de la propreté, les jettent de. vant les maisons, sur les fumiers, dans les écuries, dans les ruisseaux. dans les rues elles-mêmes. On comprend ainsi comment, par l'intermédiaire des chaussures qui les rapportent à la maison, la dispersion des germes aux divers membres d’une même famille, de famille à famille, de quartier à quartier peut s'effectuer. Il en est de même dans les casernes et dans les camps, où les abords des feuillées, des latrines sont toujours malpropres; les hommes ramènent ainsi les déjections jusque dans les baraques, sous les tentes, où le sol devient alors un puissant foyer de contamination. Si le temps est pluvieux et humide, tout le sol du camp devient alors un vaste bain de pieds microbien, où chacun puise le germe de la dysenterie. Le jour où le soleil vient le dessécher, le danger est équivalent; les poussières virulentes qui sont soulevées, viennent polluer les mains, le visage, les aliments, les boissons, et provoquent ainsi des épidémies massives.
Cette souillure est d’ailleurs tenace, témoin ces réveils d'épidémies qui survienhent chez les troupes venant occuper un emplacement abandonné plusieurs mois auparavant par un régiment atteint de dysenterie (exemples annuels du camp de Châlons). Le laboratoire démontre d’ailleurs formellement que dans le sol, à 20 centimètres de profondeur, lé bacille dysentérique survit pendant des mois. |
Causes favorisantes. — La dysenterie bacillaire ne saurait éclore sans l'intervention indispensable du bacille dysentérique, seule cause déterminante. Mais pour pulluler et jouer un rôle pathogène, ce germe a besoin de conditions spéciales qui favorisent son développement et exaltent sa virulence.
Parmi elles, les conditions climalériques interviennent au premier chef, On a vu plus haut que son domaine de prédilection était les régions tempérées. De plus, c'est au moment de la période estivale qu'elle atteint sa plus haute fréquence. En réalité, ce n’est pas tant lélévation de tempéra-
Cu. Dorrer.
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Lure qui a de l'influence, que les variations brusques de cette dernière, notamment le refroidissement après une forte chaleur, refroidissement. direct sur l'abdomen, refroidissement général après une pluie d'orage (Pringle), après le passage à gué de rivières, de marais (bataille d’Azincourt en 1415), etc., etc. |
Les causes bromatologiques ont leur importance : partout, en effet, on signale le rôle joué par l’alimentation.
Les excès alimentaires sont funestes à cet égard par les troubles digestifs qu'ils engendrent: il en est de même de la pénurie alimentaire, que l’on a accusée autrefois d’être une cause occasionnelle de dysenterie dans les bagnes, les prisons, où lalimentation des détenus était uniforme et imparfaite. |
L'absorption immodérée de fruits, et surtout de fruits verts, provoque l'éclosion de troubles gastro-intestinaux qui préparent une porte d'entrée au bacille dysentérique. De même l’ingestion de grandes quantités de liquide dilue les sucs digestifs et atténue leur pouvoir bactéricide, à plus forte raison quand l’eau est impure et introduit des germes capables d’altérer pour leur propre compte la muqueuse digestive, et d'opérer des fermentalions favorisant la pullulation du germe et agissant peut-être aussi comme agents d'association secondaire. Ces causes alimentaires jouent un rôle très important parmi les troupes en campagne.
En certains cas, les causes méphitiques (inhalation de gaz venant de foyers de putréfaction, d'égouts, de latrines, etc.), ne sauraient être passées sous silence.
Parmi les causes individuelles, signalons seulement les plus importantes : le surmenage qui atteint sa plus haute expression en temps de guerre. Joint à la pénurie alimentaire, 1l amène un état de misère physiologique que Kelsch a justement comparé à l’état famélique, favorisant au premier chef l’éclosion de toutes les maladies infectieuses, la dysenterie en particulier; enfin l'encombrement qui rend les contacts plus étroits, et prive les collectivités du cube d’air nécessaire à la résistance physique.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
La dysenterie bacillaire se présente, au point de vue anatomo-pathologique, suivant un type bien défini et univoque. Les lésions qui lui appartiennent en propre portent presque uniquement sur le gros intestin, parfois cependant sur l'intestin grêle et l’estomac; les autres sont d'ordre banal et peuvent se rencontrer dans tout état infectieux.
Lésions du gros intestin dans la forme aiguë. — Aspect macroscopique. — À l'ouverture du gros intestin, on constate ce qui suit : les lésions peuvent occuper toute son étendue, depuis la valvule iléo-cæcale jusqu'aux dernières portions du rectum; elles augmentent habituellement d'intensité du cæcum jusqu’à l'anus; d’autres fois, elles n’atteignent que des portions limitées. Le rectum est le segment le plus souvent atteint.
La première altération en date consiste dans un état phlegmasique plus