FIE VRES. TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES
raient done, au dire de Nakao-Abe leur transmettre la fièvre typhoïde par piqûre, comme ils transmettent le {yphus exanthématique. Cette hypothèse … n'a pas encore été confirmée.
Rôle de l'air, du sol, des poussières, des mouches. —— Les anciens auteurs el. particulièrement Budd et Murchison pensaient que la fièvre Lyphoïde peut occasionnellement se lransmettre par lair; ils citaient des cas où les émanalions putrides des fosses d’aisance et des égouts avaient élé le point. de départ d'épidémies. Celle conception n’est plus actuellement défendable, mais les faits sur lesquels elle repose ne sont pas imconcihiables avec les idées modernes.
S'il est possible que le bacille d'Eberth puisse se conserver assez longtemps dans le sol.malpropre de certains locaux obscurs et humides, on sait qu'il résiste mal à la lumière el à la dessiccation et lon conçoit difficilement qu'il puisse être transporté par le vent, en pleine vitalité, mélangé à de la poussière; pourtant Tooth, Veeder, Pfühl, Firth et Horroks admettent que des aliments exposés à l'air peuvent être contaminés par ce procédé et récemment Carnot et Weïll-Hallé (!) ont trouvé des bacilles d'Eberth, bien. qu'en pelit nombre, dans les poussières des salles de typhiques et dans Les laboratoires où se font les examens. Fe
Il est plus admissible que des gouttelettes humides chargées de bacrlles d'Eberth puissent être portées par l’air à une certaine distance. Jehle pense que les typhiques en toussant et en parlant projettent des gouttelettes de salive, analogues aux gouttelettes de Flügge, qui peuvent entraîner des bacilles et contagionner l'entourage. Des expériences de Sicard, de Miffiet, de Lassime, de Bordas ont montré que ce transport du bacille par des. gouttelettes liquides est possible; mais en pratique, on voit que les seules personnes vivant dans l'entourage des typhiques, qui contractent la maladie sont celles qui manipulent les objets pouvant être souillés par les déjections de ces malades.
Plus récemment la question de la transmission à distance de la fièvre typhoïde par voie aérienne a ete orientée dans un sens différent, grâce à la notion du rôle joué par les mouches dans le transport du bacille d'Eberth (?).. Ces insectes peuvent souiller leurs pattes et leur trompe au contact des excréments des typhiques, et se poser ensuite sur des aliments divers, où les bacilles d'Eberth se multiplient à leur tour, quand les circonstances atmosphériques sont favorables (Tooth, Hunter Cooper, Veeder, HI. Vincent).
Les médecins mililaires américains, les médecins des troupes anglaises dans le Sud de l’Afrique et aux Indes (5) ont été frappés du parallélisme qui existe entre la pullulation des mouches et le développement de la fièvre lLyphoïde. En été, dans les pays chauds, cette pullulation est excessive: si àa ce moment quelques cas de fièvre typhoïde font leur apparition dans un camp et si toutes les mesures ne sont pas prises pour la désinfection immé-
1. CarNOT et WEILL-HaLzLÉ. De la dissémination du bac. typhique autour des malades atteints de fièvre typhoïde. C. R. Ac. des Sciences. T. CLX, 15 mars 1115, p. 352:
2. S. Coupray. La mouche et l'hygiène. Thèse de Paris, 1913, p. 82-94.
3. A.-R. ALDrIDGE. House flies as carriers of enteric fever infection. Journ. of the royal Army med. corps. T. IX, n° 6, déc. 1907, p. 58.
ÉTIOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHOIDE. Fasc. III. — Al
diate et l’enfouissement des déjections des malades, les cas de fièvre typhoïde ne tardent pas à se multiplier, sans qu'aucune origine hydrique puisse être invoquée pour expliquer l'épidémie. Celle-ci se prolonge jusqu’à ce que les froids fassent périr les mouches et supprimentla cause principale de la dissémination des germes. Ainsworth, dans les stations de Poona et de Kirkee, dans l'Inde, a constaté que les courbes montrant d’une part l'accroissement et la diminution du nombre de cas de fièvre typhoïde, et d'autre part l'accroissement et la diminution du nombre des mouches sont exactement comparables. Seulement la courbe représentant le nombre de mouches atteint son acmé environ deux semaines avant l’acmé de la courbe des fièvres typhoïdes; cette différence représente exactement Île temps d’incubation de la maladie.
Cochrane a vu, aux iles Bermudes, une pelite épidémie de maison êlre suivie peu de temps après d’une autre petite épidémie dans une maison située à peu de distance. Les deux familles qui habitaient ces maisons n'avaient entre elles aucune relation et ne consommaient ni la même eau, ni le même lait. Mais les matières fécales des premières personnes frappées avaient été jJetées à peu de distance de la deuxième maison; plusieurs mouches capturéés dans la deuxième maison donnèrent des cultures de bacille d'Eberth.
Hamilton, à Chicago, Bertarelli (‘), à Castagnole ont de même pu décou-
vrir dans des foyers de fièvre typhoïde des mouches dont les pattes élaient souillées de bacille d’'Eberth. Loir, au Havre, a vu des mouches venant d’une fosse où avaient été jetées des déjections de typhiques :ontaminer un pot de lait qui s'était en peu de temps transformé en culture éberthienne. Morning et Ficker enfin ont constaté expérimentalement que des mouches souillées au contact d’un bouillon de culture peuvent transporter le bacille d’Eberth sur un milieu stérile. |
Le rôle des mouches dans la transmission de la fièvre {yphoïde peut done avoir une grande importance. Dans les pays chauds notamment, où ces insectes constituent un véritable fléau, il y a lieu d’avoir toujours ce fail présent à l'esprit dans les mesures prophylactiques mises en œuvre contre l'éclosion et l'extension des épidémies.