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lCIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIRES

de lait contaminé; mais pour l’ensemble de l'Alsace-Lorraime et des pays rhénans, celle proportion semble bien n'avoir pas dépassé 5 pour 100 entre 1905 et 1911. | |

I s'agit d'éprdémies le plus souvent assez limitées, mais parfois assez prolongées, frappant une série de personnes qui s'approvisionnent de lait à la même ferme ou à la même laiterie, et presque toujours :l est assez aisé d'établir de quelle façon le lait a été contamimé. Tantôt 1l a fallu meriminer l'addition au lait d’eau souillée comme celle que fournissent trop souvent les puits des campagnes; tantôt le lait a été Imfecté directement. par les mains d'un porteur de baeilles employé à la laiterie recevant du lait d’une ou plusieurs fermes. Dans les faits rapportés par Kossel, par Job et Grysez el par Scheller, ces porteurs de germes ayant été dépistés el écartés de leur besogne habituelle, la fièvre typhoïde cessa de sévir parmi les cents des laiteries.

Le lait constitue un véhicule particulièrement dangereux, parce qu'il représente pour le bacille d'Eberth un excellent milieu de culture. Pour peu qu'il s'écoule un temps un peu prolongé entre lensemencement du lait et sa consommation et pour peu que les conditions de température s’y prêtent, la multiplication des germes peut s'opérer activement. L'ingestion du lait devient alors singulièrement plus redoutable que celle d’une eau bacillifère.

Rôle des huîtres. — Chantemesse a signalé le premier en 41896 le rôle des huîtres dans la genèse d’une petite épidémie locale de fièvre typhoïde:

Mosny en 1899 et Sacquépée en 1902 ont de nouveau insisté sur ce facleur étiologique.

La fièvre lyphoïde d’origine ostréaire peut se présenter sous forme de Cas isolés, ou de petits groupes de cas, frappant des personnes d’une même famille ayant consommé ‘en commun des huîtres contaminées (Wilson, Broadbent, Chantemesse, Mosny). Plus rarement il s’agit de véritables épi- -démies frappant un grand nombre de personnes, comme celles de Middleton rapportée par Conn, celle de Winchester rapportée par Fimbel Bulstrode et celle d’Autun rapportée par Netter. La cause principale de la contamination des huîtres est, comme la démontré Mosny, l'ouverture d’égouts et de latrines à proximité des pares d'élevage.

Chantemesse, Sacquépée ont pu isoler de ces mollusques le baeïlle d'Eberth associé au cohibacille et au proteus, et démontrer qu'un contaet de quatre jours des huîtres avec une eau contaminée suffit pour qu'elles contiennent du bacille d'Eberth; celui-ei ne disparaît que six ou huit jours après que les huîtres ont été transférées dans de l’eau pure.

Enfin Mosny a montré que les huîtres peuvent être souillées au marché même par l’eau dans lesquelles on les met à rafraîchir et que cette souillure est très dangereuse en raison du peu de temps qui s'écoule entre sa pro-. duction et l'ingestion des huîtres infectées.

L'ingeslion d'huîtres contaminées peut, tout d’abord, provoquer pendant vingt-quatre à quarante-huit heures des accidents de gastro-entérite aiguë: puis Lout peut rentrer dans ordre pendant 10 à 12 jours et c’est seulement au bout de celte période d’incubation qu'apparaissent les premiers symptomes de la fièvre Lyphoïde. Les personnes infectées par des huîtres d’une

ÉTIOLOGIE DE LA FIÈVRE TYPHOIDE. Fasc. III — 39

même. provenance ne présentent pas toutes des accidents de même nalure. Ainsi, chez plusieurs personnes contaminées simultanément, nous avons assisté à des accidents de simple gastro-entérite qui tantôt cédaient rapidement el qui tantôt étaient suivis d’une fièvre typhoïde à évolution classique.

Rôle des légumes. — Les légumes crus peuvent transmettre la fièvre Lyphoïde s'ils ont été lavés avec une eau contaminée. IF s’agit, sans doute là d’un mode de dissémination exceptionnel de la maladie.

Plus intéressant et plus important semble être le rôle des légumes que l’on cultive dans les champs d'épandage d'engrais humains. La surface extérieure des végétaux poussant à ras du sol peut être facilement souillée par les excréments bacillifères. D'autre part, les germes pathogènes du sol peuvent pénétrer à l'intérieur de ces végétaux et parvenir jusque dans leur lige et dans leurs feuilles. Würtz et Bourges après avoir ensemencé dans un pot à fleur des graines de cresson, de laitue et de radis ont arrosé la terre avec de l'eau chargée de cultures typhiques et charbonneuses. Dans tous les cas, ils ont trouvé, après le développement des plantes, des bacilles typhiques et charbonneux dans les feuilles.

Aussi le Conseil supérieur d'hygiène a-L1l réclamé en 1902 linterdiction de la culture dans les champs d'épandage, des légumes et des fruits poussant au ras du sol et destinés à être mangés crus.

Rôle des vêtements, du linge, de la literie. — Des faits anciens rapportés par Murchison et par Gelau montrent que les vêtements, le linge, la literie souillés par les déjections des typhiques peuvent être des agents de transmission de la fièvre typhoïde. Des recherches précises ont établi que la survie du bacille d'Eberth dans le linge et les étoffes peut être assez prolongée. Uffelmann la retrouvé au bout de 60 jours dans des étoffes souillées de matières fécales de typhiques. Morgan et Harvey (‘) ont vu qu'une serviette trempée dans une urine bacillifère de typhique, puis séchée, contient du bacille typhique pendant # jours si elle est conservée à la lumière, pendant 11 jours si elle est conservée dans l'obscurité; des fragments de couverture de laine imbibés de selles diarrhéiques de typhiques contenaient encore du bacille typhique vivant au bout de 40 jours.

Firth et Horroks ont retrouvé des bacilles d'Eberth vivants au boul de 87 jours sur des morceaux d'uniformes khaki.

La survie du bacille d'Eberth dans ces conditions n’est pas en général aussi prolongée, mais les personnes qui manient la literie et le linge provenant immédiatement des typhiques sont exposées à la contagion et parmi elles, d’une façon toute particulière, les blanchisseuses chargées. de laver le linge de ces malades.

Nakao-Abe (?) ayant capturé des poux sur les vêtements, le linge et la tête de typhiques et les avant brovés, a, dans certains cas, obtenu des cut tures de bacille d’Eberth. Les poux en passant sur des sujets sains pour-

1. MorGaAN et Harvey. An experimental research on the viability of the bacillus typhosus as excreted under natural conditions by the chronic carriers. Journ. of the royal army medic. corps. T. XIL, juin 1909; p. 587. <

2. Nakao-ABE. Ueber den Nachweiss von Typhusbazillen in den Läusen der Typhuskranken. Münchener Med. Woch.. 1907, p. 1924.

F. Wipaz. À. LEMIERRE et P: -ABRAMI:

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