‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 29 sur 204 · LÉSIONS DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

LÉSIONS DE L'ESTOMAC

À l’autopsie des typhiques, l'estomac se montre en général dilaté. Sous une couche de mucus plus ou moins épaisse, la muqueuse apparaît rouge, congestionnée, épaissie, irrégulière et mamelonnée surtout dans la région du pylore. Elle est souvent marbrée de suffusions hémorragiques, sous forme d’un fin pointillé ou d’ecchymoses allongées ou arrondies.

L'examen microscopique a montré à Cornil que toutes les cellules épithéliales subissent l’évolution caliciforme et sécrètent du mucus en abondance ; les cellules glandulaires sont en état de dégénérescence granulo-graisseuse. De plus, la couche conjonctive sous-glandulaire est tellement infiltrée de leucocytes que le glissement de la muqueuse sur la musculeuse est parfois devenu impossible ; cette infiltration gagne vers la surface les culs-de-sac glandulaires, vers la profondeur, la tunique musculaire. Les capillaires et les veinules sont dilatés et gorgés de globules rouges. On peut constater des thromboses veineuses et artérielles.

Le point de départ de l’infiltration embryonnaire se trouve dans des amas lymphatiques préformés qui sont de véritables follicules Iymphatiques. Ces follicules peuvent, sous l’action du bacille d'Eberth, subir une évolution comparable à celle du tissu Iymphoïde intestinal. Il en résulte des ulcérations gastriques décrites par Papelier, Poisvon, Millard, Collingwood et surtout Chauffard. Ces érosions rentrent dans la classe des érosions folliculaires de Cruveilhier. Bien que ces ulcérations puissent atteindre 3 à # centimètres de diamètre, elles sont en général petites; leurs bords sont taillés à pic ; le fond est net et rosé ou tapissé de débris nécrosés. Le plus souvent, elles intéressent toute l'épaisseur de la muqueuse; quelquefois elles entament la musculeuse et arrivent jusqu'à la séreuse. Des vaisseaux peuvent être ulcérés et il peut survenir des hémorragies. Il existe toujours au moins deux ulcérations ; plus souvent elles sont plus nombreuses.

L'œsophage est habituellement sain. Parfois on y rencontre des ulcéraüions en nombre variable, dont l'apparition est tardive.

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