LÉSIONS DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES
Le foie est habituellement de volume normal ou un peu augmenté de
volume. Si la mort est survenue dès les premiers jours, il est congestionné. Ordinairement, il présente ‘un aspect d'autant plus pâle que la maladie a été plus longue (Legry, Siredey). Sur la coupe de l'organe, on trouve des marbrures violacées, des ecchymoses sous-capsulaires et, çà et là, des taches blanchâtres. À l'examen histologique, on constate des lésions de dégénérescence graisseuse, portant soit sur les cellules de la périphérie des lobules, soit à la fois sur celles-ci et sur les cellules centrales; mais ces - lésions sont, en général, moins intenses que le faisait présumer l'aspect macroscopique. En certains points, les cellules peuvent être en élat de tuméfaction trouble, ou prendre un aspect hyalin; elles présentent parfois deux ou trois noyaux. Les capillaires intralobulaires sont dilatés au début. Les espaces portes offrent par place de l’infiltration leucocytique; mais on trouve surtout dans le foie des typhiques des nodules infectieux (Wagner, Siredy, Legry), amas leucocytiques, siégeant surtout en plein parenchyme et englobant souvent des cellules hépatiques dégénérées et fragmentées. Is sont parfois suffisamment développés pour être visibles à l'œil nu, sous forme de points blanc grisâtre. Ces nodules sont, sans doute, provoqués par des embolies microbiennes et l’on y colore parfois des bacilles d'Eberth.
Le foie des typhiques peut être le siège de lésions plus accentuées
encore : hépatite aiguë diffuse (Sabourin), dégénérescence graisseuse massive (Roger), dislocation de la travée hépatique, avec dégénérescence graisseuse généralisée et îlots leucocytiques disséminés (Abrami et C. Gautier). On a signalé, d’une façon exceptionnelle, de grands abcès du foie (Sorel, Remlinger), plus fréquemment des abcès miliaires d’origine pyémique, des abcès péri-angiocholitique (Fr. Ehrlich, Sisto, Venema et Grünberg, Carlisle et Martin), des pyléphébites suppurées intra-hépatiques. Enfin, certains auteurs ont signalé que la fièvre typhoïde peut être l’origine de certaines cirrhoses biliaires (Potain, Boinet, Gilbert et Lereboullet, Odon, de Verbizier, Cestan et Azema).
__ Les canaux cholédoque, cystique, hépatique, sont souvent le siège d'une inflammation catarrhale desquamative, avec infiltration diffuse et même parfois ulcération de la muqueuse. Ces lésions peuvent aller jusqu'à la suppuration des canaux biliaires extra et intra-hépatiques.
La bile de la vésicule biliaire, infectée par le bacille d'Eberth, est trouble, granuleuse, brun sale ou vert sombre, ou bien jaunâtre et d'aspect purulent. Les lésions de la vésicule peuvent être simplement catarrhales, se traduisant par un aspect rouge sombre de la muqueuse avec petits
F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABRAMI.
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points de nécrose superficielle (Chiari) et, histologiquement, par de desquamation épithéliale et une infiltration intense et diffuse de la muqueuse et même de la couche conjonctive sous-jacente. Parfois il y a cholécystite purulente : la vésicule, remplie de muco-pus, est volumineuse : el distendue, ou petile, épaissie, rétractée; la muqueuse est fongueuse:; on trouve parfois des abcès dans l'épaisseur de la paroi vésiculaire (Eouis, Andral, Jenner, Leudet). Dans d’autres cas, la vésicule est le siège d'ulcérations analogues, au point de vue anatomique et pathogénique, aux ulcéralions intestinales (cholécystite ulcéreuse); comme les ulcérations intestinales, ces ulcérations vésiculaires peuvent aboutir à Ia perforation (cholécystile perforante) avec péritonite généralisée, ou s'ouvrir dans les organes voisins et notamment dans le côlon transverse (Andral, Jenner, Grisolle, Charcot). |