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ANATOMIE PATHOLOGIQUE. Fasc. III. — 19
des hémorragies capillaires et du ramollissement, chez des malades ayant présenté des symptômes bulbaires.
Dans la moelle épinière on peut trouver aussi des foyers d'hémorragie ou de ramollissement. Schiff et J. Lépine ont noté à l'examen histologique dans ces cas : la congestion intense, l'infiltration embryonnaire de la substance nerveuse, des altéralions des cellules des cornes antérieures de la moelle. Bernheim, Voinat, Marinesco, Longworth, Niehols ont noté dans la moelle des typhiques, en dehors de toute complication, au niveau des fibres nerveuses, la fragmentation de la myéline, la tuméfaction et la rupture des cylindraxes et des altérations des cellules nerveuses révélées par la méthode de Nissi. Ces lésions prédominaient dans le renflement lombaire et dans les cordons postérieurs.
Méninges.— La fièvre typhoïde peut se compliquer de méningite. Après ouverture du crâne et incision de la dure-mère, on voit s’écouler un liquide abondant, tantôt d'aspect normal, tantôt louche, tantôt franchement purulent et même parfois hémorragique. La pie-mère est fortement congesionnée. On voit parfois des plaques blanchâtres, fibrineuses, à la surface de cette membrane, souvent plus abondantes à la convexité du cerveau etspécialement le long des gaines vasculaires. Les plexus choroïdes montrent également des vaisseaux turgescents. Microscopiquement les vaisseaux sont sorgés de globules rouges ; on voit des néo-capillaires à type embryonnaire et, autour des artérioles, un manchon de leucocytes en diapédèse.
Dans la plupart des observations, on a trouvé dans le liquide céphalorachidien le bacille d'Eberth à l’état de pureté. Citons, en France, les observations de Cruchet et Buard, Guinon et Tollemer, Claret et Lyon-Caen, Bergé et Weissenbach, Lemierre et Joltrain. Dans certains cas, on a trouvé, en même temps que le bacille d’Eberth, des microbes d'infection secondaire : pneumocoque (Netter), bacille de Koch (Chantemesse et Ramond, Comby), streptocoque (Ohlmacher), méningocoque (Kerr et Mofft).
Nerfs périphériques. — Pitres et Vaillard ont pratiqué systématiquement l'examen des nerfs périphériques chez une série de typhiques ayant succombé sans avoir présenté de symptômes sensilifs ou paralytiques appréciables. Ils ont vu que ces nerfs sont fréquemment atteints de lésions parenchymateuses, surtout marquées quand la mort était survenue tardivement.