‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 47 sur 204 · RÉSUMÉ CLINIQUE -— DURÉE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ CLINIQUE -— DURÉE

Si l’on envisage dans son ensemble l’évolution de la fièvre typhoïde normale, non compliquée, on voit qu'après un début le plus souvent graduel, insidieux et progressif, d’une durée de quatre à sept jours, s’installe un syndrome spécial, le syndrome {yphoïde. Il est constitué essentiellement par une hyperthermie à type continu, avec pouls modérément accéléré, dicrote et hypotendu; par un état de stupeur cérébrale, accompagné d’asthénie, de prostration, de subdélire doux et tranquille à prédominance nocturne; par du météorisme abdominal, avec douleurs et gargouillements provoqués à la pression de la fosse iliaque droite, par de la constipation ou, plus souvent, par une diarrhée jaune, ocreuse, émise sans coliques, d’une fétidité fade et de réaction alcaline; par une splénomégalie modérée et par une éruption de taches rosées, lenticulaires, de type congestif. Après une période de un à deux septénaires dans les formes légères, de trois, cinq. six seplénaires dans les formes sévères, la défervescence s'établit, généralement én lysis, plus rarement de façon brusque. Tous les troubles fonctionnels s’améliorent; une crise urinaire, polyurique et polychlorurique, d'un rythme variable, se produit; en cinq à huit jours la convalescence s'établit. Elle est, en général, lente, s'accompagne de troubles caractéristiques, parmi lesquels prédominent ceux de la nutrition.

La maladie présente donc trois périvdes évolutives, généralement bien tranchées, comme Chomel et Grisolle l'avaient formulé : une période d’invasion ou de début, qui s'inscrit sur la courbe thermique par un tracé à oscillations ascendantes; une période d'état, période des oscillations stationnaires ; une période de terminaison ou de défervescence, caractérisée par un tracé thermique habituellement en lysis. Les classiques assignaient à la fièvre typhoïde normale une durée habituelle de {rois seplénaires, correspondant le premier à la période d’invasion, le second à la période d'état, le troisième à la période terminale. I semble bien que, de nos jours, lévolution de la maladie excède le plus souvent en durée les vingt et un jours classiques; les fièvres typhoïdes de trois seplénaires sont pour nous l’exception. En réalité, si la première et la dernière période de la maladie ont une durée relativement fixe d’un septlénaire, la période d'état a une durée beaucoup plus variable : de un septénaire, dans les cas légers, elle se prolonge jusqu’à deux, trois, quatre, cinq el même six seplénaires, et c'est en pareil cas surtout que s’observent les oscillations imprécises du stade amphibole.

F. Wipaz, À. LEMIERRE et P. ABraMr.

400 FIEVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.

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