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CONVALESCENCE

Le typhique sort de sa maladie, surtout si elle a duré plus de trois seplténaires, amaigri, affaibli considérablement et anémié.

« Il est pâle, d’une pâleur spéciale, qui ne ressemble en rien à celle de la chlorotique ou du cachectique : il a la figure d’un inanitié. La face, amaigrie et comme rétractée, est souvent sillonnée de rides et de plis qui s'accentuent lorsqu'il rit ou qu'il parle. Ces sillons n’existaient pas avant la maladie; ils disparaîtront avec le retour de la santé el de lembonpoint. L’œil est vif et reprend son éclat » (Hutinel).

La langue est maintenant humide et n’est plus recouverte qu'à sa base d’un léger enduit sabural. L’appétit reparaît, impérieux, pressant à un point tel que « le besoin de manger devient une véritable complication avec laquelle le médecin doit compter » (Arnould). Ce retour de l'appétit est un des symptômes les plus caractéristiques de la convalescence.

L'énergie musculaire est affaiblie, d’une façon souvent si considérable que le patient ne peut sortir de son lit sans chanceler et qu'il éprouve des vertiges dès qu'il veut effectuer un mouvement un peu pénible. Le cœur

FE. Wipaz, A. LEMIERRE et P. ABRAMI.

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est instable, sujet à des poussées Lachycardiques ou même arythmiques, au moindre effort, à la plus légère émotion. La tension artérielle reste basse. Le système nerveux, qui à été si profondément touché, reste longtemps déficient; le convalescent est impressionnable à l'excès, présente souvent des troubles intellectuels el spécialement une diminution marquée de la” mémoire. Les appétits sexuels reparaissent, avec des érections et des pollutions fréquentes; les règles, supprimées d'habitude dans le cours de la maladie, se rétablissent.

Enfin, deux ordres de phénomènes complètent ce tableau de la convalescence : les troubles de la calorificalion et de la nutrition.

La température est lrès fréquemment inférieure à la normale pendant les premiers jours de la convalescence; chez quelques malades, elle revêt le type inverse, avec un maximum plus élevé le soir que le matin. Pendant celle période, le convalescent reste frileux, comme un inanitié. Puis la température revient assez rapidement à la normale.

Quant à la nutrition, elle donne lieu à des remarques importantes. Le sujet qui termine une fièvre typhoïde de quelque intensité se trouve dans un état d’amaigrissement très prononcé. Cet amaigrissement est plus considérable dans les formes prolongées, dans celles qui sont accompagnées de diarrhée abondante et, incontestablement aussi, chez les sujets qui sont restés soumis à la diète lactée intégrale (Botkin, Vaquez). Le typhoïdique, Pate la période d'état de sa maladie, a parfois perdu, par jour.

50 gr. (Layton), 500 gr. (Botkin), 1000 gr. (Leyden) et même davantage: il” oile la convalescence avec un déficit de poids de 10, 12 et parfois

kilogs (Monneret). La convalescence répare ce déficit avec une surprenante rapidité; l’ascension, d’abord lente, tant que l'alimentation reste prudemment modérée, devient vite très rapide. On peut ainsi voir le typhique augmenter de près de 2 kilogs (Ardet) par semaine, ou même de 2 kg. 500 en cinq jours, comme certains malades observés par Braive. I n’est pas rare . de voir la fièvre typhoïde transformer complètement le tempérament des sujets qui en sont atteints: nous avons vu des malades, maigrés jusqu'alors, acquérir, après une typhoïde, une tendance à lobésité.

La rapidité de la croissance chez les sujets convalescents de typhoïde est un fait bien connu. Elle détermine, au pourtour des grosses articulations, de fréquentes vergetures (Trousseau), qui, comme celles de la grossesse, sont indélébiles (Bouchard). |

En même temps s’observent une série de troubles trophiques tégumenlaires : l’épiderme se renouvelle par une desquamation surtout honda à la paume des mains et à la plante des pieds, et qui peut même se noter à la face dorsale de la langue, où l’épiderme se détache par plaques arrondies (plaques fugitives bénignes de Caspary). Les cheveux tombent souvent, mais d’une façon passagère; et si, comme l’a signalé Lailler, les ongles peuvent tomber aussi, le plus habituellement pourtant ils présentent seulement des dépressions, des sillons transversaux qui se forment près de la matrice de l’ongle et progressent, avec sa croissance, vers le bord libre.

La durée de cette convalescence est des plus variables, sans tenir compte, bien entendu, des complications ou des rechutes qui peuvent y surgir.

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Dans les formes légères, elle dure en moyenne de quinze à trente jours: dans les formes sérieuses, à adynamie marquée, à diarrhée abondante, elle exige souvent deux mois. Elle est rapide chez les sujets jeunes, beaucoup plus lente chez ceux qui ont atteint la quarantaine.

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