‹ Nouveau traité de médicine (volume 3)Chapitre 5 sur 204 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES — HISTORIQUE

La fièvre typhoïde, qui nous apparaît aujourd'hui comme un des types morbides les mieux définis, sous le triple rapport de l’étiologie, de l’anatomie pathologique et de la symplomatologie, et qui est, peut-être, aussi ancienne que l'espèce humaine, n’a élé dégagée du groupe confus des « fièvres » qu'en 1829. C’est à cette date que Louis, résumant sept années de recherches patientes dans un livre dont on a pu dire qu'il constitue « une monographie unique en médecine » (Budd), a édifié l'histoire clinique et anatomique de la maladie qu'il proposait d'appeler la fièvre typhoïde.

La méthode qui lui permit ainsi de constituer l'entité nouvelle était basée sur la confrontation constante des symptômes et des lésions. Tant que l'étude des maladies était restée limitée à l’observalion des symptômes, elle n'avait pu aboutir qu'à créer des types artificiels, où l’on risquait sans cesse de séparer ce qui doit être réuni, et de confondre ce qui doit être distingué. Il en est ainsi de ce chapitre des fièvres, où les médecins du xvne et du xvine siècle considéraient comme autant de maladies différentes les fièvres pestilentielles, malignes, bilieuses, nerveuses, alaxiques, adynamiques, muqueuses, el confondaient dans une même descriplion la fièvre typhoïde, le paludisme, le typhus exanthématique et les dysenteries.

Quelque vingt ans avant Louis, Prost, en 180%, avait été frappé par l'aspect si particulier que présentaient les lésions de l'intestin grêle au cours de certaines de ces « fièvres ». Mais telle était encore l'importance qui restait attachée aux classifications purement symptomatiques, que Prost, au lieu de voir dans ces lésions la marque d’un processus spécifique, 52 borna à constater qu'elles se retrouvaient identiques dans trois {types de « fièvres » qu'il continuait à considérer comme des entités distinctes : Ia muqueuse, l’ataxique et l'adynamique.

est dans la même erreur qudevaient, dix ans plus tard, tomber Petit et Serres. Tout en décrivant és exactement les lésions intestinales et les

F. Wipaz, A. LEMIERRE et P. ABramr.

Page 1