HÉMOCULTURE
Depuis 1900, époque à laquelle Schottmüller et Castellani révélèrent la facilité avec laquelle on trouve le bacille d'Éberth dans la circulation générale des typhiques, l’hémoculture est devenue, tout au moins dans les services hospitaliers, une méthode usuelle de diagnostic de cette infection.
F. Wipar, A. LEMIERRE et P. ABrami.
180 FIÈVRES TYPHOIDE ET PARATYPHOIDES.
Les résultats obtenus par Jules Courmont (!) puis par Jules Courmont et Lesieur (?) (53 cas positifs sur 37), par Busquet (°) (85 cas sur 85), énsuite par Widal, Lutier, Lemierre et Gadaud (17 cas sur 20), par Sacquépée et Perquis (32 cas sur 54), par Schottmüller (99 cas sur 119) ont été depuis confirmés par tous les observateurs, et l’on peut considérer actuellement comme une loi la présence du bacille d’Éberth dans le sang des typhiques, dès le début et pendant la période d'état de la maladie. Il en est de même pour les formes typhoïdes des infections paratyphiques, au cours desquelles les recherches de Schottmüller (1900), Brion et Kayser (1901), Kayser et Bruns, Coleman et Buxton, Drigalski et Conradi, Jürgens, Hünermann, celles de Sacquéqée et Chevrel, ont décelé ed la fréquence de la sépHonIe:
Nous n’avons pas à revenir ici sur l'importance exceptionnelle des résul- Lats qu'a fournis l’hémoculture quant à la pathogénie des fièvres typhoïdes et paratyphoïdes. Cette question a été traitée ailleurs, avec tous les détails qu’elle comporte. Nous envisagerons 1ci :
1° La technique de l'hémoculture ; 2 La valeur diagnostique de ses résultats.
1° Technique.
La technique de l’hémocullure présente une importance de premier ordre. Tous les détails en sont minutieusement réglés. Faute de les observer scrupuleusement, on s'expose à des erreurs d'interprétation capitales.
Cette technique comporte :
Le matériel de prélèvement ;
Le prélèvement du sang ;
L'ensemencement des milieux appropriés; | L'examen des cultures ; ; L'identification des germes isolés.
Matériel de prélèvement. — Il comprend une seringue en verre de 20 c.c. (type Lüer ou type Roux) fonctionnant très bien, ne fuyant pas, et une aiguille en acier, à biseau court. La seringue, munie de son aiguille, doit être stérilisée à l'autoclave, à 120, dans un gros tube de verre, bouché de coton, el qui ne sera ouvert qu’au moment du prélèvement du sang. La. stérihsation par ébullition doit être formellement proscrite.
Prélèvement du sang. — Le sang sera prélevé par ponction d'une veine — de préférence au pli du coude — après antisepsie soigneuse de la
1. Juzes CourmonrT. La présence du bacille d’Eberth dans le sang des typhiques. Application au diagnostic précoce de la fièvre typhoïde. Bull. Soc. Méd. HER “21 dec
2. JuLes CourMonr et Cu. LEesiEur. La présence du bacille d'Eberth dans le sang des typhiques. Application au diagnostic précoce dela fièvre typhoïde. Bull. Soc. Méd. H6p. 5 déc 1902.
3. BUSQUET. Présence constante du bacille d’Eberth EE le sang des typhoïdiques. Presse Médicale. 15 janvier 1902. P. 54.