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AUTRES LOCALISATIONS PRIMITIVES DU COLIBACILLE

Le colibacille est susceptible de déterminer des lésions cutanées surtout dans la région ano-génitale et particulièrement chez les sujets atteints de diarrhée. On l’a trouvé dans le pus d'abcès cutanés multiples chez le nourrisson [Auché(?)!, d’excoriations ou de dermites préexistantes | Tavel(5)}: 1l peut envahir des plaies chirurgicales [Alessandri, Fehling (‘)!, des escarres du siège [Achard et Grenet(5)}, ces diverses lésions pouvant devenir le point de départ de septicémies colibacillaires.

Des recherches bactériologiques effectuées pendant la guerre de 191% 1918, il ressort que le colibacille existe dans 40 pour 100 des plaies de œuerre (5), en général associé à d’autres microbes. Les plaies infectées par le colibacille ont souvent une odeur urineuse: mais ce signe nest pas pathognomonique et peut se rencontrer dans les”plaies infectées par le protéus. La présence du colibacille dans les plaies n’est pas un obstaele à leur réunion par première intention. Le colibacille a pu être rencontré en symbiose avec le bacillus perfringens dans la gangrène gazeuse, mais à titre purement exceptionnel et sans grande portée pathogénique.

1. Pare et Dusoc. Pyosalpinx et pelvipéritonite à colibacilles pendant la grossesse, Presse Médicale, 1919, n° 48, p. 479.

2. Aucxé. Abcès intradermiques multiples chez un nourrisson à colibacille en culture pure. C. R. de la Soc. de Biologie, 20 juillet 1907.

5. TaveL.,Infection des plaies par le bacterium coli. C. R. de la 5° assemblée des médecins suisses, 1889.

4. FEenuixG. Ueber Koliinfektionen. Münch. Med. Woch., 1907, n° 27, p. 1514.

>. AcHARD et GRENET. Septicémie colibacillaire. Tribune Médicale, 1904, p. 775.

6. M. Prissox, Louis Ramonp et CH. VERGELOT. Valeur de l'étude de la flore micro-

bienne des plaies de guerre dans la direction de leur traitement chirurgical. Bull. et mém. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 1917, p. 1295.

F. Wipaz et A. LEMIERRE.

246 COLIBACILLOSE,

SEPTICÉMIES ET PYOHÉMIES COLIBACILLAIRES

Les diverses infections locales que nous venons de passer en revue peuvent être le point de départ de septicémies cohbacillaires. IF est relalivement peu fréquent pourtant que l’hémocullure permette de déceler le colibacille dans la circulation sanguine. Dans les colhibacilloses, comme dans nombre d’autres septicémies, le nombre de bactéries en circulation : dans le sang est le plus souvent peu considérable; d'autre part, ces infections se réduisent fréquemment à de simples décharges bactériennes de courte durée dans la circulation. Les colibacilles'ne restent pas dans le sang: une partie se fixe dans les organes: une partie est probablement aussi presque immédiatement détruite dans l’économie. À ces décharges et à ces destructions microbiennes correspondent les grands accès fébriles si fréquents, comme nous allons le voir, dans les septicémies colibacillaires.

1° Septicémies et pyohémies à point de départ intestinal. — Nous avons déjà noté que, chez les nourrissons atteints de gastro-entérites aiguës ou chroniques, le passage ‘du colibacille dans le sang n’est pas exceptionnel, comme en lémoignent les observations de Lesage, Czerny et Moser, de Kowalewski et Moro, de Szegô, de Ribadeau-Dumas et P.-J. Ménard, et l'existence de complications colibacillaires à distance : méningites et bronchopneumonies.

Chez l'adulte, les septicémies consécutives à des affections gastro-inteslinales semblent être plus rares, mais se traduisent par une symplomatologie plus nette. Le colibacille peut envahir la circulation sanguine soit à la suite de lésions intestinales localisées, mais graves, s'accompagnant souvent de suppuralions et de thromboses veineuses de voisinage; c'est ce qui se passe dans l’'appendicite. D’autres fois, la colibacillémie se rattache à des phénomènes d’entérile plus diffus, mais plus superficiels et plus bénins.

Les observations de seplicémies colibacillaires d’origine appendiculaire rapportées par Curschmann(t), Lenhartz(?), berne ), Jacob}, Wiens(), Panton et Tidy(f) reproduisent à peu près Loutes le même tableau morbide. À la suite d’une crise d’appendicite s’installe une fièvre irrégulière entrecoupée de grands frissons annonçant des exacerbations thermiques qui dépassent souvent 41°. Bientôt, le foie devient gros et douloureux et l’on voit survenir un ictère intense. La langue est sèche, le pouls extrêmement accéléré, l’amaigrissement rapide. L'examen hématologique montre de lhyperleucocylose avec polynucléose neutrophile; on voit parfois apparaître des épanchements pleuraux et des foyers bronchopneumoniques.

4. CursCHMANN. Münchener Med. Woch., 1900, p. 305. | « LenxarTz. Die Seplischen Erkrankungen, 1905. ; . LIEBERMEISTER. Uber des Bedeutung des Bakterium coli für die menschliche Patho-

bas Zeitschrift für Klin. Medizin, 1906, vol. Lix, p. 473.

4. JAcos. Ueber Allgemeininfektion durch Bakterium coli commune. Deutsches Archi. für Klin. Medizin, 1909, vol. xcvnr, p. 505.

5. WIENS. Zur Kasuisitik der Kolibakteriämie. Minchener Med. Woch., 1909, p. 962.

6. P.-N. Panron et H.-L. Tiny. The occurrence of the colon bacillus in the blood. Lancet, 30 novernbre 1912, p. 1500.

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- Des épistaxis et du purpura surviennent et le malade succombe dans le marasme. À l’autopsie on trouve, indépendamment de l’appendicite et de la péritonite périappendiculaire : de la thbromose des veines mésentériques, de la pyléphlébite suppurée, des abcès du foie et parfois des suppurations sous-phréniques, pleurales, pulmonaires. Dans une seule observation, due à Jacob, cette variélé de septicémie colibacillaire

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