IV. — Pleurésie purulente à pneumobacilles
Le pneumobacille de Friedlander est rarement seul en cause. Il est souvent associé à d’autres microbes, en particulier au staphylocoque blanc ou doré. Netter l'a constaté deux fois, dont une fois à l’état de pureté.
Letulle, Etienne, Rispal, Siredey, Renaud ont publié des observations de pleurésies purulentes à pneumobacilles sans autre association microbienne.
Une broncho-pneumonie ou une pneumonie à pneumobacille précède en général la pleurésie. |
Dans le cas de Netter, le pus était jaune, crémeux, inodore ; dans celui de Siredey, il était légèrement fétide, d’une odeur d'œufs pourris. D’autres fois, le pus est d'une viscosité plus considérable encore que le pus à pneumocoques.
Les symptômes de cette pleurésie sont analogues à ceux de la pleurésie pneumococcique. La guérison peut être observée, après la vomique.
V. — Pleurésies purulentes à bacilles typhiques et paratyphiques.
. Toutes les pleurésies purulentes, qui surviennent au cours de la dothiénentérie, ne sont pas fatalement déterminées par le bacille d’Eberth. Il existe des pleurésies typhoïdiques dues aux pyogènes ordinaires : au pneumocoque (Netter, Courmont); au staphylocoque (Remlinger, Triboulet et Francoz).
Le bacille d'Eberth peut acquérir des propriétés pyogènes chez un sujet déjà immunisé (Chantemesse). Toutefois, les observations de pleurésie purulente à bacilles d'Eberth sont rares.
Le bacille typhique a été constaté à l’état pur (Valentini, Achard, Gerhardt), ou associé au staphylocoque (Rendu et de Gennes), au pneumocoque (Siredey), au colibacille (Macaigne et Théry).
Widal et Merklen, Souques, Lesné et Ravaut ont démontré la coexistence ou la succession possible de pleurésies typhoïdiques séro-fibrineuses, hémorragiques et purulentes, lorsque des cavités enkystées renferment des liquides de nature différente ou lorsqu'un même épanchement subit des transformations successives.
Les pleurésies purulentes typhoïdiques surviennent plus volontiers à la période de déclin de la maladie ou pendant la convalescence. Elles sont insidieuses, s’accompagnent de signes généraux peu marqués, et ne sont reconnues que par la ponction. La vomique et l’'empyème de nécessité ont été signalés. La guérison peut être obtenue par simple thoracentèse ou après pleurotomie.
Ces empyèmes ont le plus souvent pour origine une lésion pulmonaire d'origine typhique : broncho-pneumonie, infarctus pulmonaire (Galliard, Siredey). l1s succèdent encore à une périostite costale où plus rarement à un abcès du foie.
(1) Nerrer, Soc. méd. hôp. Paris, 30 mars 1890 ; — Leruzze, ibid. ; — ErrennE, Arch. méd.
hôp., 1895 ; — Rispa, Gaz. hebdom., 15 déc. 1894 ; — Sireneyx et GRosJEAN, Soc. méd. h6p. Paris, 19 fév. 1897; — Renaup, Th. Paris, 1900.
HARVIER et M. PINARD.
Les pleurésies purulentes à bacilles paratyphiques sont plus rares que les précédentes. Roussel (1) a observé un pleurésie purnlente à paratyphique B. Giroux (2) a rapporté un cas de pleurésie purulente à paralÿ POqUE A.