I. — PLEURÉSIES MÉDIASTINES ANTÉRIEURES
A. — Pleurésies sèches.
Elle n'est souvent que le premier stade d’une pleurésie avec épanchement.
Son début est assez brusque : le malade accuse une douleur thoracique très vive, un « point de côté » au niveau de la paroi antérieure, généralement du côté gauche. Parfois, il éprouve une sensation de dysphagie ou une angoisse, simulant l’angine de poitrine (Mantoux). La dyspnée est assez marquée, la toux est sèche. Ces symptômes coexistent avec un état fébrile, accompagné de malaise général.
L'examen permet de constater, dans la région méso-cardiaque, au niveau du 3°, 4° ou 5° espace, un bruit de frottement pleural, rythmé par le cœur (à la fois systolique et méso-systolique), qui en impose pour un frottement péri cardique.
La résolution de cette pleurésie sèche se fait en quelques jours, à moins qu'elle ne constitue la première étape d’une pleurésie séro-fibrineuse.
La pleurésie sèche médiastine antérieure est souvent confondue avec la péricardite sèche. Cependant le frottement pleural se différencie du frottement péricardique par les caractèressuivants, d’après Choyau : C’est un bruitextrémement superficiel, qui s'entend principalement à la partie moyenne de la région précordiale, assez loin du sternum. Il coïncide plus souvent avec la systole qu'avec la diastole ventriculaire. Parfois, il cesse pendant l'inspiration pour se reproduire avec la contraction ventriculaire qui coïncide avec l'expiration. — Il existe, à son niveau et dans son voisinage immédiat, une sonorité manifeste, due à la présence du poumon.
Les points douloureux sur le trajet du phrénique font généralement défaut dans la pleurésie médiastine.
La radioscopie montre une bande sombre, doublant l'ombre cardiaque, dont elle est séparée par une mince zone grise (Destot).
HARVIER et M. PINARD.
B. — Pleurésie séro-fibrineuse.
Elle a été décrite, chez l'enfant, par Grancher et Vélimirovitch sous le nom de pleurésie pseudo-péricardique, car elle siège généralement à gauche. Mais elle peut exister aussi du côté droit, chez l’adulte (Roubier) (1).
Elle débute brusquement, comme une pleurésie ordinaire, par un point de côté siégeant entre le mamelon et le sternum. La première phase de péricardite sèche passe inaperçue et, lorsqu'on examine le malade, l'épanchement est constitué.
Les signes physiques sont caractérisés par une voussure précordiale plus prononcée que dans la péricardite, un élargissement des espaces intercostaux, une circulation collatérale antérieure, avec stase jugulaire, par compression. de la veine cave supérieure.
La percussion révèle une zone tympanique sous-claviculaire, tiaitée. inférieurement, par une maltilé absolue, s'étendant en largeur, depuis le sternum, qu’elle déborde à droite de 1 à 2 centimètres, jusqu'à la ligne axillarre qu’elle ne dépasse pas. La sonorité de l’espace de Traube diminue d'étendue, mais ne disparaît pas complètement.
Les vibrations sont abolies au niveau de la zone de malité.
L'auscultation révèle une diminution ou une obscurilé de la respiration, sans égophonie, ni pectoriloquie aphone. Parfois, on perçoit en même temps un souffle bronchique sous la clavicule, el en arrière, des râles de bronchite disséminés ou des signes d’'épanchement de la base gauche. La pleurésie médiastine gauche peut coexister avec un épanchement diaphragmatique (Duplant).
Le cœur est légèrement dévié vers la droite, mais ses battements restent perceptibles et les bruits ne sont pas assourdis, comme dans la péricardite. Grancher a constaté, dans quelques cas, la surélévalion de la sous-clavière gauche.
Les symptômes fonctionnels sont aussi marqués que dans la péricardite avec épanchement : dyspnée intense accompagnée de cyanose, de faiblesse du pouls et de tendance syncopale.
Ces pleurésies, presque LOHOUTS tuberculeuses, se terminent un par la mort, lorsqu'elles sont associées à une symphyse du péricarde. Cependant la guérison est possible, à la suite d'une ponction, qui permet parfois de retirer une quantité de liquide citrin approchant 1 litre.