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L. RIBADEAU-DUMAS

rene à PATHOLOGIE DU MÉDIASTIN.

masse fibreuse, quelquefois chondroïde. La néoplasie tend toujours à s'accroître et à envahir les organes de voisinage, elle envoie des prolongements

dans les espaces celluleux voisins, englobe les artères qu'elle immobilise sans

les envahir, comprime et envahit au contraire la veine cave ét les troncs.

brachio-céphaliques, déterminant ainsi soit une thrombo-phlébile pariéiale | | ou oblitérante, soit des masses bourgeonnantes à l’intérieur des cavités vas-

culaires pouvant aller jusque dans la cavité de l'oreillette droite. Les embo-

liés sont signalées comme rares. Les nerfs sont envahis et atteints de névrite

diffuse. Le cœur est refoulé quelquefois, le péricarde fibréux est infiltré d’ élé-

ments néoplasiques, il se produit un épanchement péricardique et les bour= geons charnus atteignant le péricarde viscéral peuvent füuser dans les espaces interstitiels du myocarde. La plèvre est le siège de lésions inflammatoires ou néoplasiques produisant des épanchements de nature diverse où dés sym-. physes épaisses qui permettent l’envahissement direct du parenchyme pulmonaire. Les bronches et la trachée d’abord comprimées et aplaties sont également infiltrées par les éléments cancéreux. Plus rarement le sympa” thique et l’œsophage sont atteints. I1 peut arriver toutefois que l’espace mé: diastinal soit entièréèment comblé par la masse cancéreuse, dans laquelle il. faudra sculpter les différents organes pour les isoler.

Les ganglions, s'ils ne sont pas le point de départ de la tumeur, sont secondairement atteints : ils forment de volumineuses masses irrégulières, englobant les bronches et la trachée ét pénétrant plus ou moins profondé ment dans le parenñchyme pulmonaire à travers le hile. Les voies lÿmpha- : tiques servent de conductrices aux prolongements néoplasiques qui gagnent les poumons. Le

Enfin ces tumeurs peuvent être le point de départ de différentes métastases qui se manifestent sous forme de noyaux secondaires dans le foie, la rate, les reins, le squelette, les poumons, le pancréas.

Ces tumeurs ont des typés histologiques divers. Le plus communément, leur structure permet de les ranger dans les /ymphadénomes typiques. Vien- nent après par ordre de fréquence, les /ymphosarcomes, puis plus rarement les sarcomes vrais, les endothéliomes, et l’épithélioma qe est une tumeur exceplionnelle. On a décrit dés épithéliomes malpighiens à globes us ques typiques et atypiques, des épithéliomas pavimenteux tubulés et même, des carcinomes à cellules polymorphes. |

Le point de départ des tumeurs primitives du inédisstint est pas toujours le même. Il est quelquefois dans les ganglions, mais il peut être aussi dans le thymus et ses débris atrophiques, les thyroïdes accessoires, des er em- L bryonnaires. de

Origine ganglionnaire. — Elle a été soutenue par un grand nombre dan fe teurs : Rendu croit que l’origine thymique des tumeurs du médiastin est exceptionnelle et doit être établie par la présence de corps concentrique. ar a surtout en vue, comme la plupart des auteurs, les A ct lés lvmphosarcomes. ë

Origine thy mique.— Les tumeursépithéliales,Iymphoïdes, Iympho- conjone- a

tivés peuvent prendre naissance aux dépens du thymus et de ses one atrophiques. |

TÜMEURS DU MÉDIASTIN. Fasc. XII. — 581

D'origine épithéliale, le thymus se différencie en éléments très distincts, cellules de la moelle et réticulum qui paraît de nature épithéliale, et d'autre - part petites cellules thymiques-à type lymphocytaire qui auraicntüne origine autochtone ou proviendraient de l'immigration dans le thymus des lÿmphocytes extrathÿmiques. En faveur de la première théorie plaident la constatation de formes de passage entre les cellules. épithéliales et les lymphocytes dans le thÿmus, la présence de figüres mitosiques spéciales, la non-existence des lymphocytes en d’autres régions de l’embryon, alors qu'ils sont déjà apparus dans le thymus, l'absence d'infiltration lymphocytaire au voisinage du thymus et d'images de migration, la transformation des petites cellules thymiques en cellules épithéliales. Par contre, on pourrait admettre la nature lymphoïde des lymphocytes du thymus, d’après les faits suivants : analogies morphologiques des petites cellules thymiques avec les lymphocytes extra-thymiques, analogies biologiques (mobilité, sensibilité aux rayons X), observations d'immigration lymphocytaire chez certains animaux, restitution par immigration lymphocytaire des éléments détruits ou disparus sous l’action des rayons X ou de l'inanition, action du sérum thymolytique non, seulement vis-à-vis des cellules thymiques, mais encore vis-à-vis des ganglions ét de la rate. La structure complexe du thymus explique la diversité des tumeurs qui peuvent prendre naissance dans cet organe. Quelle que soit en effet là théorie histogénétique du thymus adoptée, ses éléments apparaissent assez différenciés, pour que l’on puisse admettre que le thymus est susceptible de donner naissance à des lymphadénomes et des lÿmphosarcomes.

Les tumeurs du thymus occupent la loge réservée dans le médiastin antérieur à cet organe. Elles ont un contour régulier, non lobulé, une forme qui rappelle celle de la glande au moins au début. Histologiquement leur structure est variable, souvent très atypique. Letulle insiste sur l'importance diagnostique des corps concentriques de Hassal. Mais leur présence n’est pas indispensable (Rolleston) pour établir l'origine thymique de certaines tumeurs. En effet, les corpuscules de Hassal ont souvent une existence éphémère, ebon peut admettre qu'ils puissent être englobés dans une tumeur à marche envahissante développée dans un autre organe que le thÿmus.

Histologiquement le type le plus souvent décrit est le /ymphadénome (Letulle, Auclair, À. Clerc, Véron et Decloux, Lorrain et Durozoy, Boidin, Brault, Paillard et Masson, Gandy et Piédelièvre). Mais on a également décrit le lymphosarcome, dont une observation récente de Havier montre l'existence indéniable, des sarcomes olobo-cellulaires, des fibro-sarcomes, myxomes. Enfin, des épilhéliomes du type malpighien et à globes épidermiques et des épithéliomes à cellules polymorphes.

Origine indéterminée. — Dans quelques cas, les tumeurs malignes du médiastin proviennent de la cancérisation d’une tumeur bénigne préexistante, notamment d'un kyste dermoïde, d’une glande accessoire. Leur origine peut être indéterminée comme dans le cas de Sergent et Babonneix qui ont trouvé chez un malade atteint, croyait-on, d’un cancer du poumon une tumeur située à la partie postérieure du médiastin refoulant et envahissant Fœsophage, rétrécissant l'aorte et englobant étroitement les nerfs phrénique, sym-

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