TUMEURS NON GANG LIONNAIRES
On a réuni sous le nom de tumeurs non ganglionnaires du médiastin des faits assez disparates : Marfan décrit sous ce nom, les tumeurs vraies, les tumeurs parasitaires et les tumeurs anévrysmales. Dieulafoy considère également l’'anévrysme de l’aorte comme une tumeur du médiastin. Boinet décrit l’hypertrophie congénitale du thymus comme une tumeur bénigne d’origine congénitale. Il paraît assez logique avec Letulle et Nattan-Larrier de distraire les anévrysmes de l'aorte et les hypertrophies simples du thymus des tumeurs du médiastin. Ainsi limitées, les tumeurs du médiastin peuvent être divisées en tumeurs bénignes et en tumeurs malignes.
Tumeurs bénignes. — Les lipomes (Auvray), fibromes (Hoffmann) sont extrêmement rares. Les kystes séreux congénitaux du cou peuvent envoyer des prolongements dans le médiastin. Il s’agit dans tous ces cas de faits exceptionnels. Très peu fréquents également sont les kystes hydatiques du médiastin qui peuvent simuler, comme nous le verrons, un kyste dermoïde développé en celte région. Les kystes hydatiques du médiastin sont d’ailleurs assez mal connus dans leurs conditions pathogéniques.
Letulle et Nattan-Larrier rangent les goitres endothoraciques parmi les tumeurs bénignes du médiastin. Il faut les différencier des goitres plongeants, tumeurs cervicales qui ne pénètrent que par accident à l’intérieur du thorax. Le goitre endothoracique se développe en général aux dépens de l’un des lobes latéraux du corps thyroïde: il chemine latéralement en arrière des gros vaisseaux du médiastin (goitre latéral ou rétro-claviculaire) ou plus rarement en avant de la trachée (goitre médian ou rétrosternal).
Les goitres aberrants naissent d’une glande accessoire. Ils siègent plus souvent dans le médiastin antérieur en avant du cœur et du péricarde, plus rarement en arrière de la trachée ou de l’æsophage.
Ces tumeurs s’accompagnent de signes de compression, variables suivant le siège qu’elles occupent. Comme les kystes dermoïdes, il y a intérêt à les extirper, car elles peuvent se cancériser ultérieurement.
Tumeurs malignes. — Tumeurs malignes secondaires. — Les tumeurs malignes du médiastin sont primitives ou secondaires. Les néoplasies secondaires résultent de l'extension par contiguité ou par métastase de diverses tumeurs. La propagation des tumeurs des organes thoraciques et du cou au médiastin est commune; la métastase des cancers éloignés est plus rare.
Tumeurs malignes primitives. — Les néoplasmes primitifs du médiastin occupent presque toujours la loge thymique que limitent en avant le sternum et les cartilages costaux, en bas le cœur et le péricarde, en arrière l'arbre trachéo-bronchique et les gros vaisseaux de la base du cou, sur les côtés, le bord antérieur des poumons. En haut cette loge se confond avec la base du cou.
Les aspects macroscopiques de ces tumeurs sont variables. C’est tantôt une tumeur molle, encéphaloïde, donnant du suc en abondance, tantôt une