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SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC DES TUMEURS DU THYMUS

Tandis que les adénopathies tuberculeuses apparaissent surtout chez l'enfant, les tumeurs du médiastin se développent chez l'adolescent et l'adulte. Cependant, elles peuvent déjà se manifester chez les jeunes sujets : les tumeurs bénignes, les Fyres dermoïdes, les lymphadénomes et lymphosarcomes apparaissent de treize à quarante-cinq ans, Les épithéliomas thymiques vers cinquante ans.

Les tumeurs de thymus peuvent se révéler HQE par des symptômes dramatiques. Plus souvent elles ne se manifestent qu’assez tardivement, et il est probable que le tableau clinique comporte une période de latence parfois: très longue, avant que la néoplasie ne vienne témoigner sa présence par lirritation et la compression d’un organe du médiastin. Les symptômes du début sont souvent fort vagues : toux répétée, dyspnée d'effort, ou signes d'emprunt traduisant une congestion pulmonaire, un épanchement pleural ou péricardique. Les épanchements pleuraux sont de.beaucoup les plus fréquents ; ils siègent plus souvent à gauche qu’à droite, occupant parfois les deux plèvres. :

À cette période, on peut croire à une tuberculose pulmonaire, un emphysème, …

une affection cardiaque. Comme le remarque Marfan, lorsque, chez un adulte, on voit apparaître une toux et une oppression graduellement croissante saus que l'examen du cœur, du poumon et des urines révèle rien d’anormal, c'est. déjà une présomption pour que le médiastin soit intéressé. La radioscopie

pratiquée systématiquement chez les malades se plaignant de troubles res"

piratoires, permet de préciser le début de ces troubles. Bientôt, quelquefois d'emblée apparaissent des symptômes de compression

médiastinale qui viennent établir l'existence d'une tumeur du médiastin. Ces

symptômes sont d’ailleurs variables suivant le siège et l'étendue de la néo-

. plasie. Les tumeurs du médiastin antérieur se manifestent au début par la

compression de la veine cave supérieure, la première exposée et la moins résistante. Elle peut être simplement encerclée et comprimée ou devenir le siège d'une thrombose simple, parfois néoplasique, comme le fait a été vu dans le sarcome par Letulle, le carcinome par Mallet, le lymphadénome par Gandy et Piédelièvre. Alors apparaissent l'œdème, la cyanose de la tête, le. développement de la circulation collatérale. Rendu pensait que l’obstruction du vaisseau était la condition nécessaire de la production de l’œdème et que la circulation veineuse collatérale appartenait aux formes lentes. En même. ternps, on note une douleur rétrosternale sourde, constrictive, fixe, sans irra=

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diations (Rendu), quelquefois une voussuredela région sterno-claviculaire avec matité,

Plus rarement, il s’agit de troubles nerveux. La compression du pneumogastrique et du phrénique est moins souvent observée que la compression veineuse.

Elle est surtout plus tardive. Les tumeurs du médiastin, en atteignant l'arbre trachéo-bronchique, provoquent l'apparition de la dyspnée angoissante, cornage, accès de suffocation. Ces signes, qui sont en rapport avec une compression de la trachée et des bronches et l'irritation du pneumo-gastrique, apparaissent on le conçoit comme symptôme précoce en cas de tumeur primitivement ganglionnaire. Peu à peu le syndrome médiastinal s’accentue et apparaît plusou moins au complet, constitué par des symptômes en rapport avec la compression du médiastin antérieur et du médiastin postérieur. : Enfin, l'apparition des adénopathies secondaires vient encore augmenter l'étendue et la gravité des phénomènes de compression.

Quelques signes permettent d'établir la malignité ou la bénignité de la tumeur. En faveur d’une tumeur bénigne plaident l’évolution très lente de la néoplasie, la tolérance prolongée de l'organisme à son égard, la persistance du syndrome qui ne s'aggrave que peu à peu. Les tumeurs malignes ont une marche plus rapide; de bonne heure et quelquefois d'emblée se constitue un syndrome médiastinal grave par son intensité, et les compressions que détermine un néoplasme envahissant. L'adénopathie sus-claviculaire est un signe de malignité. Toutefois il peut manquer en raison de la rapidité avec laquelle se constitue le syndrome. Pour la même raison, les signes qui pourraient résulter d’une généralisation font souvent défaut. Les Iymphocytomes et lymphomaloses sont d'un diagnostic facile lorsque, dans les antécédents des malades, on relève une opération préalable portant sur l'ablation de ganglions cervicaux ou inguinaux, ou bien lorsqu'il y a leucocythémie. Toutefois, les anamnesliques peuvent manquer lorsqu'il s'agit d'une tumeur lymphoïde primitivement développée aux dépens d’un organe du médiastin. Enfin, même lorsqu'il y a néoplasie secondaire à un cancer viscéral, le diagnotic peut être hésitant lorsque, comme dans un cas de Marfan, latumeurprimitive passe inaperçue à l'examen clinique. Dans bien des cas, rien ne permet de reconnaître un signe caractéristique d'une tumeur dans le syndrome médiastinal observé et le diagnostic ne se fera guère que par exclusion.

Il faut alors examiner avec soin tous les organes thoraciques. Les abcès par congestion, les ostéites et tumeurs du sternum, des côtes, de la colonne vertébrale de la clavicule ont pu prêter à confusion. Les cancers de l’æœsophage, de la trachée, surtout des plèvres et du poumon, donnent lieu au syndrome médiastinalet, en l'absence de signes caractéristiques, il devient difficile, notamment s’il s'agit d'un cancer du poumon à forme médiastinal de déterminer la localisation de la tumeur. La pleurésie médiastine elle-même doit être discutée : certaines tumeurs du médiastin, les sarc:mes en particulier, évoluent avec une fièvre plus ou moins élevée. Ce sont surtout les médiastinites, les syphilomes du médiastin entre autres qui demandent une discussion sérieuse en raison d'une confusion que justifie l’analogie des symptômes et des examens radioscopiques. Plus rarement, il pourra s’agir d'un abcès du thymus,

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