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PLANCHE III

Demoulin, Sc. E. Normand, Phot.

Grossissement ——

Lésions alvéolaires péri-granuliques.

. Masson ET Ci*, ÉDITEURS.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. Fasc. XII. — 41

de broncho-pneumonie et d’emphysème ou des cordons noueux de lymphangite tuberculeuse aboutissant aux ganglions du médiastin.

Les lésions histologiques se présentent sous trois types : la pneumonie caséeuse proprement dite, la broncho-pneumonie tuberculeuse, la splénisation bacillaire.

La pneumonie caséeuse, à un faible grossissement, montre de vastes champs opaques, dont toutes ou presque toutes les cavités aériennes sont remplies de matière caséeuse. Parfois irrégulières, ces masses caséeuses affectent le plus souvent une topographie anatomique bien définie, lobulaire habituellement.

Dans les lésions récentes ou à la périphérie des lésions plus anciennes, on voit une véritable hépatisation. Les alvéoles sont gorgés de fibrine, les canaux alvéolaires distendus par des exsudats fibrino-leucocytaires, qui, à première vue, ne diffèrent guère de ceux d'une pneumonie franche. Cependant, la nature tuberculeuse des lésions se décèle par certains détails : dans les alvéoles où la fibrine se dépose en couche mince à la surface de l’épithélium en voie de destruction, les éléments cellulaires sont morts ou ont disparu, coûtrairement à ce qui se passe dans l'hépatisation pneumonique ; la fibrine est modifiée, elle a perdu l'aspect fibrillaire, elle se tasse, prend une coloration brique tirant vers le brun et,-dans son épaisseur, on ne retrouve plus un seul élément cellulaire nucléé. -Le reste de la cavité respiratoire est occupé par de la fibrine fibrillaire, dont les‘mailles enserrent quelques cellules volumineuses, pâles, vacuolaires, avec des noyaux prenant mal les colorants. (Cette alvéolite du début est déjà « caséogène ».) Les bacilles tuberculeux s’y retrouvent en abondance, soit en plein exsudat, soit dans le protoplasma des cellules volumineuses, macrophages bacillifères.

La transformation caséeuse se poursuit et, à ce stade de nécrobiose caséogène, les lésions sont caractéristiques. Les cavités aériennes sont distendues par les exsudats ; la fibrine se tasse par place en blocs amorphes, d’où disparaissent les éléments cellulaires. Acini, bronchioles et infundibula apparaissent comme bourrés à l'extrême par une sorte de mastic opaque, plus ou moins grenu, sec et cassant, entièrement anhiste. Cette matière qui envahit jusqu'aux bronchioles acineuses et aux bronches intra-lobulaires provient d'une mortification particulière, nécrose caséifiante, ayant frappé l’ensemble des produits inflammatoires accumulés dans les cavités aériennes. La pneumonie au lieu de tourner à l’hépatisation grise, à la suppuration, vire à la caséification. L'étude des lésions des divers éléments du poumon s’éclaire ainsi.

Les masses caséeuses se fusionnent en remplissant les cavités aériennes, les canaux alvéolaires et la bronchiole acineuse dont les parois se fondent dans la masse. L'orcéine permet de reconnaître que l’armature élastique du poumon est disloquée. Les espaces inter-acineux et inter-lobulaires sont également envahis par le processus inflammatoire ; le tissu connectif de la lésion est infiltré de sérosité œdémateuse, de fibrine et de macrophages, puis il est noyé dans la nécrose caséifiante qui envahit ses éléments et s’étend ainsi en n'épargnant aucune des parties constitutives du pédicule du lobule pulmonaire.

M. LETULLE et P. HALBRON.

Les veinés pulmonaires sont vite envahies par les lésions caséeuses envi-

ronnantes. Au voisinage du foyer d'infiltration, les veines présentent un processus de périphlébite, de mésophlébite, et enfin d’endophlébite, qui devient rapidement le siège de caséification. L'endophlébite, d’abord pariétale, devient générale et oblitérante et aboutit à la transformation de toute la veine en un bloc fibrinoïde, L’artère bronchique, qui accompagne la bronche intra-lobulaire, est de même rapidement caséifiée.

Fig. 1. — Pneumonie caséeuse. — (Coloration par l’orcéine. Grossissement 65/1).

Transformation caséeuse diffuse de tout l'appareil respiratoire. L'armature élastique des bronches, des alvéoles et des vaisseaux est seule encoré, en partie, reconnaissable. La bronche, délimitée par un cercle élastique incomplet, est comblée par la matière caséeuse. On reconnaît au-dessus d'elle, à droite, l'artère pulmonaire oblitérée, après avoir été atteinte de lésions inflammatoires. Quelques cavités alvéolaires distendues par les lésions tuberculeuses se montrent encore de place en place.

L’artère pulmonaire offre une plus grande résistance à la caséification. Ses couches successives sont plus lentes à être envahies. Cependant la périartère est rapidement transformée, puis l'armature élastique et les fibres mus-

culaires de la mésartère sont progressivement détruites et le bourgeonnement consécutif de l’endartère aboutit à l’oblitération du vaisseau.

Les vaisseaux lymphatiques sont habituellement englobés d’une façon complète et précoce; dans certains cas, on peut saisir le processus de la lésion et vérifier l'existence d’une thrombo-lymphangite aiguë caséifiante.

La plèvre est atteinte par l'extension de la caséification : celle-ci s'étend

SP à

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