TUBERCULOSE FIBREUSE
Les formes cliniques de la tuberculose fibreuse sont très importantes à connaître, car elles sont nombreuses et souvent difficiles à diagnostiquer en raison de leur symptomatologie très différente du tableau ordinaire de la phtisie. Leur caractère anatomique est la réaction fibreuse du poumon à l'infection tuberculeuse. On sait que le bacille détermine des lésions à double évolution, caséeuse et fibreuse : les réactions fibreuses se constatent même dans les lésions microscopiques de la granulie ; les lésions caséeuses s’accom-
pagnent d'un degré plus ou moins marqué de sclérose tendant à encercler (Q
(1} LaïGNeLz-LAvasrine, La psychologie des tuberculeux. Revue de médecine, 10 mars 1907, p. 237.
(2) Crouzon n’a vu, sur 183 décès de tuberculeuses cavitaires, la mort être-due à une hémoptysie foudroyante que dans 2 cas (Bull. Soc. méd. Hôp. Paris, 1922, p. 368).
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et à limiter la destruction caséeuse. La phtisie fibreuse serait définie par le caractère uniquement fibreux des lésions ; pour Bard, rentreraient seuls dans la phtisie fibreuse les cas où la tuberculose détermine uniquement et primitivement les lésions fibreuses. Ces formes fibreuses vraies, primitives, devraient être séparées des tuberculoses fibreuses succédant à la transformation de lésions caséeuses ou évoluant en même temps que des lésions caséeuses. D'autre part, les descriptions classiques de Marfan, de Barbier considèrent que la phtisie fibreuse dépend surtout de la réaction prédominante des lésions, phtisie arthritique et congestive pour Marfan, ou bien qu'elle ne comprend que les accidents terminaux de l'évolution de certaines tuberculoses, pour Barbier.
A ces notions cliniques se sont ajoutées des conceptions pathogéniques : la phtisie fibreuse serait le résultat de l'infection par des races atténuées de bacilles de Koch ou de l’action de poisons spéciaux, tels que la chloroformobacilline avec laquelle Auclair a pu réaliser des lésions purement scléreuses : d'autres voient dans les formes fibreuses la réaction de certains terrains (tuberculose des arthritiques, des alcooliques) ; enfin, à la suite des travaux . de Sergent, on tend à faire de l’action sclérosante de la syphilis, la cause fréquente de la réaction pulmonaire fibreuse et à rechercher l’origine syphilitique de la plupart des scléroses pulmonaires tuberculeuses.
Il nous semble bon de décrire la phtisie fibreuse dans son sens le plus étendu, avec une conceplion large et purement clinique, sans y mêler de restrictions théoriques, anatomiqueS ou pathogéniques. Nous y rangerons les cas où la lésion pulmonaire évolue avec des lésions purement fibreuses ou à prédominance scléreuse, primitives ou secondaires, sans tendance à l'évolulion caséeuse progressive, ni à la généralisation granulique rapide, avec une symptomatologie souvent fruste et larvée, une marche lente, une terminaison relativement favorable. Il ne faut pas cependant voir dans la tuberculose fibreuse une forme se terminant constamment par la guérison, car la mort survient souvent, soit par cachexie lente, soit par granulie terminale, soit. et surtout, par des complicalions cardiaques.
C'est aux travaux de Bard (1), repris et développés par ses élèves Piéry (2), Burnand (3) que nous devons l'analyse des nombreux types de la tuberculose fibreuse. Il nous paraît nécessaire de réunir auprès des formes fibreuses de tuberculose parenchymateuse de Bard, certaines formes fibro-caséeuses et la forme abortive du même groupe, et également les formes bronchitiques chroniques et post-pleurétiques, différentes par leur systématisation anatomique, d’après Bard, mais très voisines par leur allure clinique.
(Nous croyons utile de reproduire ci-après le tableau de la classification des formes cliniques de la tuberculose pulmonaire, d’après Bard.)
(1) Bar, Formes cliniques de la tuberculose pulmonaire. Genève et Paris, 1901.
(2) Piéry, la Tuberculose pulmonaire. Paris, 1910.
(3) Burxanp, Les formes cliniques de la tuberculose pulmonaire d’après la classification de M. Bard. Revue de médecine, 1911, n° 6, p. 448, et n° 7, p. 533.
M. LETULLE et P. HALBRON.
CLASSIFICATION DE BARD DES FORMES CLINIQUES DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE