PRONOSTIC SOCIAL DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE
Maladie sociale par les causes, la tuberculose mérite aussi ce titre par les conséquences qu’elle a sur la vie de la société. Différentes recherches statistiques ont été faites, surtout en Angleterre et en Amérique, pour tâcher de chiffrer ce déficit. Des statistiques faites à Glascow sur les soldats ou marins réformes pour tuberculose, Picken (1) conclut que la prolongation de la vie chez des hommes atteints de tuberculose confirmée est d'environ trois ans et demi; chez des individus moins atteints, cette survie atteint 6 ans et dermi. Elle serait de 14 ans, chez les hommes sortis du sanatorium avec la diagnostie de tuberculose enrayée. Si l’on estime à 30 ans le taux moyen de la survie chez un individu normal de 30 ans, on peut apprécier le déficit vital causé par la tuberculose : il est d’au moins 18 ans. |
Kent (2), en Amérique, arrive à des conclusions analogues. La tuberculose paraît plus nocive encore pour les noirs. Les lois des différents pays qui ont estimé à 100 p. 100 l’invalidité provoquée par la tuberculose ouverte sont donc absolument justifiées.
(1) Prcken, Durée probable de la prolongation de la vie dans la tuberculose pulmonaire. Lancet, 19 juillet 1919.
(2) Kewr, Effets de la tuberculose sur la durée de la vie. Lancet, 17 avril 1920, p. 881.
TRAITEMENT
On a préconisé contre la tuberculose d'innombrables remèdes; de grands espoirs sont nés, suivis, le plus souvent, de pénibles déceptions. On ne saurait prétendre indiquer, ici, tous les agents thérapeutiques qui ont été préconisés; beaucoup ne sont plus employés, d’autres, très prônés, n’ont pas fait leur preuve et leur emploi n’a pu être suffisamment contrôlé. On est d'accord sur certains principes. La cure hygiéno-diététique de la tuberculose, fondée sur l’aération, le repos et la bonne alimentation est acceptée par tous les médecins, avec des variantes que nous indiquerons. Les tentatives de traitement spécifique sont loin d'avoir tenu leurs promesses, mais on n’a pas le droit, de les ignorer. Il est un certain nombre de médicaments classiques qui rendent aux malades des services indéniables; d'autre sont à l’essai : nous indiquons les uns et les autres; une méthode récente, le pneumothorax artificiel, donne, dans certains cas, de très beaux résultats, nous l’exposerons longuement; certains symptômes et certains accidents de la tuberculose réclament un traitement symptomatique. La tuberculose considérée comme maladie so- Ciale a amené la création d'établissements de prévention et de cure, a posé des problèmes de législalion que nous avons dû exposer trop brièvement. Enfin nous indiquerons les principes du traitement, suivant les diverses formes cliniques.
Ce chapitre se divise donc en :
L — Traitement hygiéno-diététique.